Bilan de la saison NHL 2012-2013 (équipes 1-10)

National Hockey LeagueFin du bilan NHL 2012-2013 avec les équipes participantes aux demi-finales de conférence.

La meilleure équipe de la saison régulière l'a finalement emporté au bout du suspense. Le carré final groupait d'ailleurs les 4 derniers champions...

 

Blackhawks ChicagoChicago Blackhawks (1er)

Classement conférence ouest : 1er (77 points)
Parcours en playoffs : remportent la coupe Stanley face aux Bruins de Boston 4 matchs à 2
Attaque : 2e de la ligue, 3,1 buts marqués par match
Défense : 1e de la ligue, 2,02 buts encaissés par match
Gardien : Corey Crawford, 6e de la ligue (92,6% d’arrêts en 30 matchs)
Meilleurs marqueurs : Patrick Kane (AD) : 23 buts, 55 points
Jonathan Toews (C): 23 buts, 48 points
Marian Hossa (AD) : 17 buts, 31 points
Brandon Saad (AG) : 10 buts, 27 points
Duncan Keith (D) : 3 buts, 27 points

L’étiquette de favori n’est généralement pas un bon présage pour remporter la coupe Stanley. Ainsi, l’équipe qui reçoit le trophée des Présidents (qui récompense la meilleure équipe en saison régulière) semble souvent maudite en playoffs, malgré l’avantage de la glace. Ces dix dernières années, seuls les Red Wings de Detroit en 2008 avaient réussi à faire le doublé trophée des Présidents - coupe Stanley. La pression était donc forte sur les épaules des Blackhawks tant ils ont dominé sans partage la saison régulière. En effet, Chicago a démarré la saison avec une série record de 24 matchs sans défaite dans le temps réglementaire qui leur a ouvert la voie vers les playoffs.

Si les Blackhawks avaient été champions en 2010 et que la purge de l’effectif dépassant le plafond du salary cap n’avait alors pas été dramatique (la plupart des cadres avaient pu être conservés), la gueule de bois d’après titre avait été longue. Ainsi, en 2011 et 2012, l’équipe s’était arrêtée au premier tour des playoffs face à Vancouver puis Phoenix. Cette fois, les Hawks n’ont pas tremblé et, sur la lancée de leur saison régulière parfaite, ils ont remporté la coupe Stanley. Si Jonathan Toews, MVP en 2010 a été un peu en retrait pour ces playoffs, c’est Patrick Kane qui en a été le héros. L’ailier droit de 24 ans avait vu ces deux dernières saisons sa réputation de joueur entachée par des histoires de beuveries, au point que les rumeurs de transferts allaient bon train. Sa saison 2012-2013 a été relativement sage. Elle a démarré, à cause du lockout, en Suisse à Biel (où il était surveillé par sa mère !) et elle se termine avec un trophée de MVP des playoffs grâce à 19 points en 23 matchs.

Parmi les autres héros de la conquête du titre, il y a ceux qui étaient présents en 2010 (Toews qui a remporté le trophée du meilleur attaquant défensif, Sharp, Hossa, Hjalmarsson, Keith, Seabrook ou Bolland) mais également des joueurs qui étaient déjà dans l’organisation mais qui n’avaient alors pas soulevé la coupe, comme Bryan Bickell ou Corey Crawford. Si Bickell a signé une saison régulière discrète (23 points en 48 matchs), il s’est révélé lors des playoffs avec 9 buts pour 17 points en 23 rencontres et il a terminé la compétition aux côtés de Toews et Kane sur le premier trio. De son côté, Crawford n’avait pas été épargné par les critiques sur sa prestation dans les buts lors des deux dernières saisons. Avec ses 93,2% d’arrêts lors de ces playoffs, il a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un titulaire. La jeune garde draftée par Stan Bowman n’a pas été en reste car Andrew Shaw et Brandon Saad ont également joué leur rôle dans la conquête du titre. L’éclosion de Shaw est sans doute une des raisons du transfert de Dave Bolland, peu après le titre, les deux joueurs ayant un style de jeu assez semblable.


Bruins BostonBoston Bruins (2e)
Classement conférence est : 4e (62 points)
Parcours en playoffs : éliminés en finale de coupe Stanley par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 2
Attaque : 13e de la ligue, 2,65 buts marqués par match
Défense : 3e de la ligue, 2,21 buts encaissés par match
Gardien : Tuukka Rask, 3e de la ligue (92,9% d’arrêts en 39 matchs)
Meilleurs marqueurs : Brad Marchand (AG) : 18 buts, 36 points
David Krejci (C) : 10 buts, 33 points
Tyler Seguin (C) : 16 buts, 32 points
Patrice Bergeron (C) : 10 buts, 32 points
Milan Lucic (AG) : 7 buts, 27 points

Excellente saison des Bruins même si la coupe n’est pas au bout, Boston aura démontré que c’est probablement l’équipe la plus complète de la NHL avec Chicago en saison régulière et en play-offs. Son parcours en séries éliminatoires a été impressionnant. La formation de Claude Julien a éliminé un par un ses adversaires à la manière d’un rouleau compresseur écrasant tout sur son passage. La finale de conférence contre Pittsburgh en est l’exemple même. Les Pens ont été incapables de poser leur jeu, tant la pression sur les stars et l’échec avant étaient incessants. Claude Julien a pu disposer tout au long de cette courte saison d’une attaque très complète et bien fournie, avec bien sûr les gros pointeurs tel Patrice Bergeron, David Krejci et Brad Marchand (meilleur pointeur de l’équipe en saison régulière avec 33 points) mais aussi les joueurs de l’ombre qui comme à l’habitude furent déterminants en play-offs. Les Rich Peverley, Gregory Campbell et Shawn Thorton ont imposé leur loi dans les bandes et force est de constater que ce fut payant tout au long de la saison. Cette attaque a pu aussi compter sur Jaromir Jagr, arrivé en cours de saison en provenance de Dallas. Le vétéran a su rapidement s’intégrer dans l’équipe et a été un attaquant de soutien fort important dans la réussite des Bruins en séries éliminatoires, même s’il n’a pas marqué un seul but.

Si l’attaque a impressionné, on peut en dire autant sur la défense et de son gardien dantesque ; Tukkaa Rask fut l’homme de ses séries du côté du Massachussetts. Le portier finlandais a rapidement fait oublier Tim Thomas avec ses arrêts spectaculaires et son style efficace. L’arrière garde a encore une fois pu compter sur ses cadres et aussi sur ses jeunes talents. On citera notamment Doug Hamilton qui fut très bon en saison régulière et surtout Torey Krug, la révélation des play-offs, qui est devenu le nouvel homme fort du power-play. Mention spéciale à Matt Bartkowski qui a réalisé de très bonnes séries. Les habituels Zdeno Chara, Johnny Boychuk ou Andrew Ference ont pour leur part apporté leur impact physique et leur qualité de relance.

Bien que la défaite fut cruelle, les perspectives du coté de Boston sont très intéressantes pour les saisons futures. Nul doute que les Bruins continueront à jouer les premiers rôles dans l’Est dans les années à venir.

 

Penguins de PittsburghPittsburgh Penguins (3e)
Classement conférence est : 1er (72 points)
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 0
Attaque : 1er de la ligue, 3,38 buts marqués par match
Défense : 12e de la ligue, 2,48 buts encaissés par match
Gardien : Marc-André Fleury, 13e de la ligue (91,6% d’arrêts en 33 matchs)
Meilleurs marqueurs : Sidney Crosby (C) : 15 buts, 56 points
Chris Kunitz (AG) : 22 buts, 52 points
Pascal Dupuis (AG) : 20 buts, 38 points
Kris Letang (D) : 5 buts, 38 points
James Neal (AG) : 21 buts, 36 points

Pour les Penguins, la saison 2012-2013 s’apparente fortement à une douche froide. Porté par un Sidney Crosby au dessus du lot - 56 pts en 36 matchs, bien relayé par Kunitz, Dupuis ou Neal, la franchise de Pennsylvanie n’a pas connu de gros problèmes pour survoler une division Atlantique très affaiblie. La conférence Est s’est résumée à un duel avec Boston pendant l’essentiel de la saison. Pittsburgh a bien su le gérer en saison régulière, malgré une prestation en demi-teinte pour Evgeni Malkin (9 buts, 33 pts en 31 matchs) - tout est relatif quand on tourne à un point par match...

Pour tenter d’effacer l’échec des playoffs 2012, où les joueurs de Dan Bylsma avaient peiné physiquement face aux Flyers, le staff a sorti le grand jeu à la date limite des transactions : du leadership et du costaud, avec les anciens capitaines de Dallas, Brenden Morrow, et de Calgary, Jarome Iginla, avec l’ajout en prime du rugueux défenseur Doulas Murray des Sharks. L’émergence de l’ancien premier choix Beau Bennett (14 pts en 26 matchs) fut également un plus en deuxième partie de saison. Un recrutement audacieux, qui a pu compenser la blessure de Crosby à la mâchoire (12 matchs manqués).

Bref, Pittsburgh arrivait en playoffs en pleine confiance. Les inexpérimentés Islanders allaient dérouiller… et non ! les Penguins auront eu bien du mal à sortir Tavares & Co en 6 matchs. Puis, ce fut plus simple face à Ottawa (4-1). Le choc attendu face à Boston n’en fut pas vraiment un : Crosby, Malkin muselés, la défense dépassée, des gardiens à la rue… les Bruins plient la série en 4 matchs secs : 3-0, 6-1, 2-1 (ap.) et 1-0. Deux blanchissages subis, deux petits buts marqués ! Ironie du sort pour Iginla, qui avait décliné au dernier moment une offre de Boston à la date limite des transactions… Mauvais choix ! L’attaque explosive des Penguins a disparu de la circulation et la défense n’a pas réussi à vraiment compenser, sans pour autant exploser, sauf au 2e match. A l’heure du bilan, Dan Bylsma a tout de même été reconduit, mais la remise en question de Marc-André Fleury dans les buts - bien secondé par Tomas Vokoun - doit se poursuivre, de même que la consolidation de la défense, où Letang fut bien souvent trop seul. Une finale de conférence c’est excellent pour beaucoup, mais pas vraiment pour des Penguins qui faisaient figure de favoris.

 

Kings de Los AngelesLos Angeles Kings (4e)
Classement conférence ouest : 5e (59 points)
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 1
Attaque : 10e de la ligue, 2,73 buts marqués par match
Défense : 7e de la ligue, 2,38 buts encaissés par match
Gardien : Jonathan Quick, 25e de la ligue (90,2% d’arrêts en 37 matchs)
Meilleurs marqueurs : Anze Kopitar (C) : 10 buts, 42 points
Jeff Carter (AD) : 26 buts, 33 points
Justin Williams (AG) : 11 buts, 33 points
Mike Richards (C) : 12 buts, 32 points
Dustin Brown (AD) : 18 buts, 29 points

Le champion en titre espérait bien répéter l’histoire et être la première équipe depuis Detroit (1997, 1998) à doubler la mise. Mais ce n’est pas facile d’être l’équipe à abattre. La saison n’avait pas encore débuté que Los Angeles perdait Willie Mitchell, blessé au genou. Puis, l’autre spécialiste défensif, Matt Greene, se blessait au dos dès le premier match, manquant trois mois de compétition. Les Kings auront malgré tout connu une saison régulière suffisamment convenable pour terminer 5e à l’Ouest, avec un effectif très peu changé par rapport à celui qui avait soulevé la coupe Stanley en juin 2012.

Les playoffs se sont révélés une autre affaire en revanche. Un premier tour plus compliqué que prévu face à St Louis, marqué par une bévue monstre de Jonathan Quick et deux défaites d’entrée, n’a cependant pas empêché Los Angeles d’atteindre le carré final. Le 2e tour face aux Sharks fut âprement disputé et il aura fallu un Quick exceptionnel pour tenir le fort, peu aidé par une attaque anémique où Dustin Brown et Anze Kopitar auront été portés disparus. Ces insuffisances ont coûté cher face à Chicago en finale de conférence : les Hawks remportaient la série en cinq manches, avec un contre assassin en prolongations du dernier match, après trois matchs joués à un petit but d’écart. Côté joueurs, Kopitar (42 pts) aura encore brillé en saison régulière, même s’il n’a marqué que 10 buts, et aucun en avantage numérique. Derrière, le trio Jeff Carter, Justin Wiliams et Mike Richards aura produit, Carter signant même avec 26 buts le meilleur total de l’équipe. Ce quintet offensif (avec Dustin Brown) était cependant bien esseulé, aucun autre attaquant n’ayant dépassé les 20 pts ou les 7 buts…

Finalement, la saison aura surtout vu l’éclosion de Slava Voynov. Le défenseur russe, après plusieurs saisons en AHL, aura inscrit 6 buts et 25 pts en saison régulière, avant de terminer meilleur marqueur des playoffs chez les Kings avec 6 buts et 13 pts - ex-aequo avec Carter. C’est bien ce terrible déficit de profondeur offensive qui a fait la différence en 2012-2013 : là où les 3e et 4e lignes contribuaient au titre, elles ont été totalement absentes cette saison. Le manager général Dean Lombardi espère sincèrement que les quelques coups d’éclat de Tyler Toffoli, brillant en AHL et auteur de 5 pts en 10 matchs, et 6 pts en playoffs, ne sont pas un feu de paille pour palier ce problème.

 

Sharks San JoséSan José Sharks (5e)
Classement conférence ouest : 6e (57 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Kings de Los Angeles 4 matchs à 3
Attaque : 24e de la ligue, 2,42 buts marqués par match
Défense : 6e de la ligue, 2,33 buts encaissés par match
Gardien : Antti Niemi, 7e de la ligue (92,4% d’arrêts en 43 matchs)
Meilleurs marqueurs : Joe Thornton (C) : 7 buts, 40 points
Logan Couture (C) : 21 buts, 37 points
Patrick Marleau (AG) : 17 buts, 31 points
Joe Pavelski (C) : 16 buts, 31 points
Brent Burns (D/AD) : 9 buts, 20 points

Encore raté ! Les Sharks sont encore en playoffs, passent encore le premier tour, mais ne gagnent toujours pas la coupe Stanley. La saison aura été assez étrange. Après un départ canon - 7 victoires de rang - San José explose en mars. Une attaque anémique, un jeu pauvre… Le manager Doug Wilson et le coach Todd McLellan commencent alors la stratégie de renouvellement d’un effectif qui touche ses limites : exit Ryane Clowe (0 but en 28 matchs) et Douglas Murray, arrivée de Raffi Torres et du vétéran Scott Hannan. Plus radical encore, Brent Burns quitte la défense pour l’attaque, retrouvant ainsi le poste qu’il occupait en junior. San José rebondit, finit bien la saison et se qualifie encore une fois en playoffs.

Le premier tour fut spectaculaire : Vancouver, leader de la saison régulière, ne trouve pas la faille et est balayé en quatre manches sèches. Les Sharks tombent cependant sur un os au 2e tour, manquant sérieusement de réalisme offensif face à Quick et les Kings. Au final, la saison 2012-2013 apparaît celle de la croisée des chemins. Les trois cadres majeurs de l’équipe, Joe Thornton (40 pts), Patrick Marleau (17 buts, 31 pts) et le défenseur Dan Boyle (20 pts) restent les leaders naturels sur la glace. Mais on sent bien que le vent tourne : Logan Couture a terminé meilleur buteur et 2e marqueur (21 buts, 37 pts) et fut clairement le joueur majeur de l’équipe en playoffs. Joe Pavelski, 16 buts et 31 pts, n’a pas été en reste, de même que Brent Burns.

En défense, Marc-Edouard Vlasic a encore été excellent, étant même récompensé par une invitation pré-olympique. Les Sharks ont aussi lancé Matt Irwin et Justin Braun en défense. Dans les cages, que dire de la saison d’Antti Niemi, nominé au trophée Vezina ? Mais c’est en attaque qu’il faudra trouver de la profondeur de banc. Les 3e et 4e lignes n’ont quasiment pas produit de la saison : les blessures à répétition de Martin Havlat, les faibles contributions de Gomez, Galiardi ou Wingels, la suspension de Torres en playoffs, n’auront pas vraiment aidé. Clairement, San José est à un carrefour et il va falloir trouver de nouvelles pistes pour toucher enfin le Graal.

 

Red Wings DétroitDetroit Red Wings (6e)
Classement conférence ouest : 7e (56 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 3
Attaque : 20e de la ligue, 2,54 buts marqués par match
Défense : 5e de la ligue, 2,29 buts encaissés par match
Gardien : Jimmy Howard, 9e de la ligue (92,3% d’arrêts en 42 matchs)
Meilleurs marqueurs : Pavel Datsyuk (C) : 15 buts, 49 points
Henrik Zetterberg (AG/C) : 11 buts, 48 points
Johan Franzen (C) : 14 buts, 31 points
Niklas Kronwall (D) : 5 buts, 29 points
Damien Brunner (C) : 12 buts, 26 points

À Detroit, on attend toujours de pied ferme le déclin, qui semble inéluctable tous les ans mais l’insubmersible franchise parvient toujours à rester au sommet. Certes, les Wings n’ont terminé qu’à la septième place de la conférence ouest à l’issue de la saison régulière mais, sur le plan de la possession du palet, la cuvée 2012-13 de Detroit a été aussi dominatrice que les précédentes, au point de faire figure d’épouvantail des playoffs. Ainsi, après avoir éliminé Anaheim au premier tour, les hommes de Mike Babcock sont passés près d’éliminer les futurs vainqueurs de la coupe Stanley, leurs rivaux de Chicago (ils ont mené 3 matchs à 1 avant de perdre 3 matchs d’affilée). La franchise aborde donc son passage dans la conférence Est avec de sérieuses prétentions.

Sans surprise, Pavel Datsyuk et Henrik Zetterberg ont été les leaders offensifs de l’équipe mais la relève a également fait son apparition : des débuts difficiles pour Cory Emmerton (8 points en 48 matchs) dans un bottom-6 moins dominateur que le top-6 mais plus probants pour Tomas Tatar (7 points en 18 matchs) et Gustav Nyquist (6 points en 22 matchs). Des débuts compliqués également en défense pour Brendan Smith et Brian Lashoff. La signature de l’universitaire Danny De Keyzer en fin de saison a fait un bien fou, et sa blessure en playoffs n’est pas pour rien dans l’élimination au 2e tour.

Au niveau des révélations, Damien Brunner a fait forte impression avec 26 points en 44 matchs mais le buteur suisse ne sera pas présent la saison prochaine car il n’a pas trouvé un terrain d’entente avec le manager général Ken Holland. Par contre, l’autre révélation, le gardien Jimmy Howard est là pour durer car il a prolongé pour six ans. Bien qu’il soit le titulaire du poste depuis la saison 2009-10, il n’avait signé que des statistiques correctes depuis cette saison. Mais cette année, le portier s’est révélé avec un pourcentage d’arrêts de 92,3%, autant lors de la saison régulière que des playoffs. La relève est bien là, bien en vue avec le titre AHL de l’équipe-ferme, les Grand-Rapids Griffins.

 

Rangers New YorkNew York Rangers (7e)
Classement conférence est : 6e (56 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 1
Attaque : 15e de la ligue, 2,62 buts marqués par match
Défense : 4e de la ligue, 2,25 buts encaissés par match
Gardien : Henrik Lundqvist, 5e de la ligue (92,6% d’arrêts en 43 matchs)
Meilleurs marqueurs : Derek Stepan (C) : 18 buts, 44 points
Rick Nash (AG) : 21 buts, 42 points
Brad Richards (C) : 11 buts, 34 points
Ryan Callahan (AD) : 16 buts, 31 points
Carl Hagelin (AG) : 16 buts, 31 points

Après une finale de conférence Est en 2012, les Rangers de New York espéraient franchir une marche supplémentaire. Pour cela, l’acquisition de Rick Nash devait régler les problèmes offensifs récurrents des joueurs de John Tortorella. L’ancien capitaine de Columbus n’a pas grand chose à se reprocher : avec 21 buts et 42 pts en 44 matchs, il a contribué et l’équipe n’a guère brillé lors des 4 matchs qu’il a manqué sur blessure. L’essentiel de la saison des Rangers fut marquée par l’inconstance et un jeu de puissance anémique. Le manque de profondeur, déjà criant en 2011-2012, a encore coûté cher et l’échange Nash n’a pas arrangé les choses. Malgré tout, New York a fini la saison en feu (10 victoires, 3 défaites en avril) avant de rencontrer en Washington une autre équipe en forme.

La série difficile, en sept manches, a usé les Rangers qui ont explosé face à Boston au deuxième tour, incapables de répondre au défi physique et à l’agressivité adverse. Sur le plan offensif donc, une équipe assez pauvre. Il aura fallu la signature de Mats Zuccarello, blessé et en conflit avec le club plusieurs mois, et l’acquisition de Derrick Brassard pour trouver un second souffle, ce dernier remplaçant un Marian Gaborik transparent. Les deux hommes ont réveillé Brad Richards, invisible jusque là. L’ancien Lightning a plutôt bien fini la saison, sauf qu’il a à nouveau disparu en playoffs au point d’être mis en tribune en fin de série face à Boston. Pour le reste, Ryan Callahan, Derek Stepan ou encore Carl Hagelin auront alterné le chaud et le froid toute l’année.

Le point fort du système Tortorella était de tout façon la défense : un Henrik Lundqvist toujours aussi régulier, un excellent système défensif autour de Dan Girardi, Ryan McDonagh et Anton Stralman. En revanche, Marc Staal, blessé à l’oeil, a manqué une bonne partie de la saison, et Michael Del Zotto n’a pas confirmé. John Moore, acquis avec Brassard, a montré de belles promesses. New York apparait comme une équipe à sa place : suffisamment solide derrière et dans les buts pour viser les playoffs, mais trop limitée pour aller plus loin. Les dirigeants l’ont compris : John Tortorella a été remercié en fin de saison. Alain Vigneault, ancien coach des Canucks, aura la lourde tâche de dynamiser le jeu offensif des Rangers en atténuant la mentalité hyper-défensive de l’équipe.

 

Ottawa SenatorsOttawa Senators (8e)
Classement conférence est : 7e (56 points)
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Penguins de Pittsburgh 4 matchs à 1
Attaque : 27e de la ligue, 2,33 buts marqués par match
Défense : 2e de la ligue, 2,08 buts encaissés par match
Gardien : Craig Anderson, 1er de la ligue (94,1% d’arrêts en 24 matchs)
Meilleurs marqueurs : Kyle Turris (C) : 12 buts, 29 points
Sergei Gonchar (D) : 3 buts, 27 points
Daniel Alfredsson (AD) : 10 buts, 26 points
Mika Zibanejad (C) : 7 buts, 20 points
Jakob Silfverberg (AD) : 10 buts, 19 points

Grande surprise de la saison 2011-2012 avec une qualification en playoffs, les Sens ont réédité l’exploit cette année alors que les différentes blessures accumulées au cours de la saison régulière laissait penser à une fin prématurée. En effet, les longues absences de Jason Spezza, qui n’a joué que 5 matchs en saison régulière et 3 parties en play-offs, et d’Erik Karlsson auraient pu avoir de graves conséquences pour Ottawa. Mais les rouges et noir ont tenus jusqu’au bout et de fort belle manière. Autour de leur gardien Craig Anderson, auteur une nouvelle fois d’une saison remarquable avec une moyenne de 1,69 buts encaissés et 94,1% d’arrêts, les Sénateurs ont fini avec la deuxième meilleure défense de la ligue derrière Chicago avec seulement 100 buts encaissés en 48 rencontres. S’ils doivent beaucoup à leur gardien, les défenseurs ont aussi fait le métier en l’absence de Karlsson avec les bonnes performances du vétéran Sergei Gonchar à la fois à l’offensive et à la défensive, de Marc Méthot qui lui a valu d’être appelé au camp de développement de Hockey Canada en vue des prochains Jeux Olympiques de Sotchi et surtout de Patrick Wiercioch qui finit avec le meilleur ratio +/- de l’équipe. Pour sa première saison complète le jeune canadien de 22 ans réalise une grosse saison et pourrait bien être le nouvel homme fort de la défense d’Ottawa.

L’attaque a par contre énormément souffert de l’absence de Jason Spezza, finissant la saison régulière avec seulement 112 buts marqués. C’est l’une des pires attaques de toute la ligue. Ce n’est guère mieux individuellement puisqu’aucun joueur n’atteint le plateau des 30 points. Le meilleur pointeur de cette équipe est Kyle Turris qui ne totalise que 29 points. Bien que prometteuse, cette attaque n’a jamais réussi a trouvé la bonne stratégie pour marquer. Cependant, les Sens possèdent plusieurs jeunes prometteurs comme Jakob Silfverberg, Mika Zibanejad (grand protégé du Directeur Général Bryan Murray) et Jean-Gabriel Pageau, l’une des révélations des play-offs avec 6 points lors de ces séries. Le franco-ontarien originaire d’Ottawa sera le concurrent numéro un de Stéphane Da Costa pour une place de centre la saison prochaine. Malheureusement, le Français ne part pas avantagé avec une saison mitigé en NHL et en AHL. S’il a pourtant réalisé neuf matchs de bonne facture en NHL, Da Costa n’a pas su marquer suffisamment de points pour convaincre Bryan Murray de le maintenir en équipe première. Renvoyé en AHL à Binghamton, Da Costa fut très inconstant dans ses performances.

Paul McLean a donc réussi son pari de faire passer un tour de play-offs à son équipe, ce qui lui a permis de recevoir le trophée du meilleur entraineur de la saison. Ottawa monte en puissance saison après saison. Mais le plus dur commence, puisqu’il faudra maintenant se maintenir dans le top 8 tout en gérant l’après Alfredsson : le capitaine historique vient d’effectuer son ultime saison sous le seul maillot de NHL qu’il a porté jusqu’à présent. Il poursuivra sa carrière aux Red Wings de Detroit.

 

Ducks d'AnaheimAnaheim Ducks (9e)
Classement conférence ouest : 2e (66 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Red Wings de Detroit 4 matchs à 3
Attaque : 8e de la ligue, 2,79 buts marqués par match
Défense : 11e de la ligue, 2,4 buts encaissés par match
Gardien : Jonas Hiller, 15e de la ligue (91,3% en 26 matchs)
Meilleurs marqueurs : Ryan Getzlaf (C) : 15 buts, 49 points
Corey Perry (AD) : 15 buts, 36 points
Bobby Ryan (AD) : 11 buts, 30 points
Saku Koivu (C) : 8 buts, 27 points
Teemu Selanne (AD) : 12 buts, 24 points

Après avoir manqué les playoffs en 2011-2012, les Ducks d’Anaheim ont repris des couleurs. Sous l’impulsion de Bruce Boudreau, nouvel entraîneur depuis le milieu de la saison précédente, les Californiens ont débuté tambour battant, maintenant leur élan jusqu’à la fin de la saison pour le premier titre de division Pacifique en cinq ans. Malheureusement, entamer les phases finales avec la tête de série n°2 n’a pas été un cadeau. Detroit venait de récupérer ses blessés et, à l’expérience, a su renverser une série longue durée, s’imposant à plusieurs reprises en prolongations. Au rayon positif, le capitaine Ryan Getzlaf a su rebondir après une saison particulièrement médiocre. Getzlaf a signé 49 pts en 44 matchs, montrant l’exemple d’une attaque soudainement plus efficace, notamment en supériorité numérique (4e de la ligue, 21,5%).

Le renouvellement d’un effectif vieillissant est par ailleurs en marche : Boudreau, qui a patiemment étudié les jeunes pousses pendant le lockout, aura lancé Kyle Palmieri sur la première ligne (10 buts, 21 pts) et l’ancien premier choix Emerson Etem (3 buts, 7 passes et 5 pts en playoffs). Peter Holland et Rickard Rackell auront aussi fait leurs débuts. Les snipers habituels, Corey Perry et Bobby Ryan, auront produit, avec une contribution toujours précieuse de l’éternel Teemu Selänne. L’autre bonne surprise vient de Nick Bonino, dont la progression constante est encourageante.

Les autres satisfactions sont dans les cages. Jonas Hiller a connu une bonne saison, et Viktor Fasth s’est révélé. À 30 ans, le vétéran suédois a connu des débuts formidables en NHL, remportant ses 8 premiers matchs et terminant la saison avec 15 victoires, 4 blanchissages et 92,1% de moyenne d’arrêts en 25 apparitions, un partage du temps de jeu équitable entre les deux portiers. En défense, les vétérans François Beauchemin et Sheldon Souray ont plutôt bien encadré la relève, composée de Cam Fowler et Luca Sbisa. Malgré l’échec du premier tour, Anaheim a retrouvé des couleurs et compte sur sa jeunesse montante pour retrouver les sommets.



Canadiens de MontrealMontréal Canadiens (10e)
Classement conférence est : 2e (63 points)
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Senators d’Ottawa 4 matchs à 1
Attaque : 4e de la ligue, 3,04 buts marqués par match
Défense : 14e de la ligue, 2,58 buts encaissés par match
Gardien : Carey Price, 23e de la ligue (90,5% d’arrêts en 39 matchs)
Meilleurs marqueurs : Max Pacioretty (AG) : 15 buts, 39 points
P.K. Subban (D) : 11 buts, 38 points
Tomas Plekanec (C) : 14 buts, 33 points
Andrei Markov (D) : 10 buts, 30 points
Lars Eller (C) : 8 buts, 30 points

Le duo Marc Bergevin - Michel Therrien risquait gros pour sa première saison à la tête du Canadien de Montréal, en tant que DG et entraineur-chef respectivement. Après une saison 2011–2012 chaotique, le Tricolore devait se relever rapidement. Les supporters attendaient au minimum de batailler pour les séries éliminatoires. L’objectif est donc clairement atteint après une saison régulière maitrisée de la tête et des épaules : titre de champion de division et 63 points au compteur. Therrien a su parfaitement gérer son équipe au cours de cette saison, en offrant un jeu simple mais efficace où son équipe a excellé en jeu à 5 contre 5.

L’attaque fut le fer de lance de cette réussite avec une profondeur de banc qui a permis aux attaquants de performer avec trois lignes capables de marquer. Le leader en attaque fut Max Pacioretty avec 39 points en 44 matchs. L’ailier américain sort d’une grosse saison, tout comme Thomas Pleckanec et Lars Eller. Les deux centres européens du Tricolore ont largement contribué à l’offensive mais aussi à la défensive lors des situations d’infériorités numériques. Eller a fait sa meilleure saison dans la NHL jusqu’à présent, et devrait être l’une des pièces maitresses du Canadien à l’avenir. L’avenir se construira aussi avec les deux rookies: Brendan Gallagher et Alex Galchenyuk. Les deux grandes révélations de la saison ont confirmé tous les espoirs portés en eux, avec 28 points pour Gallagher et 27 pour Galchenuyk. Ils devraient devenir les nouveaux leaders de l’offensive montréalaise. Cela faisait bien longtemps que le Canadien n’a pas sorti de rookies de ce niveau en attaque ! Pour le reste de l’escouade offensive, notons les bonnes saisons de Brandon Prust qui aura su tenir son rôle de policier et de Michael Ryder, venu des Dallas Stars en échange d’Erik Cole. Ryder termine avec 21 points en 27 matchs : Marc Bergevin a eu du flair dans ce trade et c’est un beau coup qu’a réalisé le directe général.

En défense, cette saison a vu l’avènement de P.K Subban. Le jeune Canadien réalise une saison dantesque avec un trophée Norris plus que mérité. Deuxième marqueur de son équipe avec 38 points, Subban aura été un véritable moteur pour toute l’équipe. La défense a également pu compter encore une fois sur Andrei Markov, qui a enfin connu une saison sans blessures. Il a disputé tous les matchs de son équipe et terminé avec un belle fiche offensive de 30 points. On appréciera aussi les belles performances d’Alexei Emelin (jusqu’à sa blessure), de Raphael Diaz qui confirme tout son potentiel et de Francis Bouillon qui a réussi son retour au Canadien.

C’est un peu plus problématique du côté des gardiens avec les prestations ô combien décevantes de Carey Price sur l’ensemble de la saison et surtout en play-offs face à Ottawa. Price réalise l’une de ses plus mauvaises saisons en NHL, au grand malheur des supporters. Avec une fiche de 2.59 de buts encaissés par matchs et 90.5% d’arrêts en saison régulière et surtout une moyenne de 3.26 en play-offs, Montréal ne pouvait pas faire des miracles face aux Sens lors du premier tour des séries. Si l’on ajoute les nombreuses blessures (Gionta, Eller…) à ce moment-là de la saison, la mission devenait trop compliquée. Dommage, car jusqu’au séries, la saison du Canadien était proche de la perfection.