Gros test réussi pour les jeunes Français

ROUSSEL Thomas-110429-172Cela devient une bonne habitude : comme l'an dernier, l'équipe de France A', après son habituelle tournée contre des clubs tchèques, rencontre l'équipe qui fait l'actualité dans le hockey mondial. Il y a un an, c'était la Pologne qui venait recruter le duo d'entraîneurs russes doubles champions du monde Bykov-Zakharkin. Cette fois, c'est l'Ukraine, qui vient juste de se doter d'un nouveau sélectionneur. Oh, bien sûr, Andrei Nazarov n'a pas le même palmarès, mais au niveau des déclarations tapageuses, il est champion du monde ! Il frappe aussi fort dans les interviews qu'avec les poings quand il jouait en NHL.

À peine engagé, Nazarov a expliqué à la presse russe (qui adore ce "bon client" pour les interviews) qu'il trouverait tout à fait plausible de voir un jour prochain une finale de grande compétition internationale... Russie-Ukraine ! Bon, en attendant, sa première mission consistera à emmener son équipe en Corée du sud pour le Mondial de division IA où son équipe vient juste de remonter. Si Nazarov a de si grands projets, c'est qu'il fait peu de cas des nationalités. Il a commencé par annoncer vouloir "engager" Aleksandr Eremenko, le double champion de Russie avec le Dynamo Moscou. Certes, celui-ci n'a d'ukrainien que le nom, puisqu'il est moscovite de naissance, mais Nazarov pensait que les règlements internationaux, c'est fait pour être contourné. Il n'empêche que, en tant qu'ex-international russe, devrait jouer cinq ans en Ukraine pour tourner casaque (tourner cosaque en l'occurrence !), et qu'à 33 ans, cela ne risque pas d'arriver.

En visant un peu moins haut, Nazarov pourrait cependant arriver à ses fins. Il a un allié de poids : le puissant oligarque Boris Kolesnikov, l'homme derrière l'ascension du Donbass Donetsk, qui a prêté "son" nouvel entraîneur pour l'équipe nationale. En plus d'organiser ces rencontres internationales, les dirigeants du club ont préparé la naturalisation de quatre joueurs russes qui ont joué dans le championnat ukrainien avec la réserve du Donbass : Egor Morozov, Evgeny Belukhin, Vladislav Shalimov et Yuri Silnitsky.

C'est donc une équipe d'Ukraine 'russifiée" qui s'est présentée samedi soir : elle qui s'est longtemps fait dépouiller de ses joueurs par la Russie riposte dorénavant. On reconnaît la patte Nazarov à ce qu'elle met la même agressivité dans son jeu pour maintenir une pression tout au long du match. Les jeunes Français ne se laissent pas prendre de court par cet adversaire motivé. Anthony Rech se crée la première occasion après dix minutes avec une reprise à bout portant, mais Seliverstov reste bien placé. Dans les cages bleues, Florian Hardy reçoit pas mal de tirs lointains.

L'Ukraine prend l'avantage en deuxième période quand Maxim Kvitchenko prend le rebond d'un lancer de Vitaly Lyutkevich. La France ne parvient pas à déstabiliser une équipe locale résistante en infériorité, mais Julien Albert finit par profiter d'une erreur défensive. Le match se joue aux tirs au but, et les Ukrainiens se montrent moins précis à ce jeu que les Bleus. Nicolas Ritz transforme ses deux tentatives et Loïc Lampérier ajoute le point final.

Revanche le dimanche ? Les Français veulent cette fois prendre l'initiative et dominent le début de match, mais l'Ukraine réplique et ouvre le score par Roman Blagoï. Elle marque même un deuxième but, refusé pour crosse haute. Ce 2-0 arrive au début de la deuxième période, que les Français commancent en infériorité : Blagoï, encore lui, dévie un tir de la bleue de Yuri Silnitsky, et Clément Fouquerel ne peut rien faire. Il s'incline même moins de deux minutes plus tard sur un lancer de Pavlo Borisenko.

Les Français réagissent très bien à ces trois buts de retard. Valentin Claireaux puis Romain Gutierrez réduisent l'écart à une petite unité, laissant augurée d'une dernière période animée. Elle l'est jusque dans les dernières secondes, puisque c'est en sortant leur gardien pour un sixième joueur que Benjamin Dieude-Fauvel, l'exilé en ECHL pour qui ce regroupement estival (avant la saison nord-américaine) est une bonne occasion de se mettre en valeur auprès des sélectionneurs, égalise. On en vient donc exactement au même dénouement que la veille, aux pénaltys : Ritz connaît son premier échec en deux jours - à sa quatrième tentative ! - mais Brian Henderson lui succède et marque le but vainqueur.


Ukraine - France A' 1-2 après tirs au but
Samedi 24 août 2013 à 16h00 à Donetsk
1-0 à 29'55" : Kvitchenko assisté de Lyutkevich et Varlamov
1-1 à 49'17" : Albert assisté de Guttig et Lampérier
Tirs au but :
Ukraine : Kasyanchuk (but), Blagoï (arrêté), Varlamov (transversale).
France : Guttig (arrêté), Henderson (arrêté), Ritz (but).
Tireurs supplémentaires : Ritz (F, but), Kasyanchuk (U, but), Guttig (F, arrêté), Toryanik (U, à côté), Lampérier (F, but), Kasyanchuk (U, à côté).

Ukraine - France A' 3-4 après tirs au but
Dimanche 25 août 2013 à 18h00 à Donetsk
1-0 à 07'13" : Blagoï assisté de Toryanik
2-0 à 20'28" : Blagoï assisté de Silnitsky
3-0 à 21'55" : P. Borisenko assisté de Cherdak
3-1 à 25'49" : Claireaux assisté de Serer
3-2 à 32'41" : Gutierrez
3-3 à 59'59" : Dieude-Fauvel assisté de Janil
Tirs au but :
France : Claireaux (arrêté), Ritz (but), Guttig (arrêté).
Ukraine : Kasyanchuk (but), Borisenko (arrêté), Varlamov (arrêté).
Tireurs supplémentaires : Kasyanchuk (U, arrêté), Ritz (F, arrêté), Morozov (U, arrêté), Henderson (F, but).


Ukraine : Seliverstov / Razin-Silnitsky, Kugut-Podebonotsev, Petrukhno-Aleksyuk, R.Borisenko-Skripets / Blagoï-Belukhin-Toryanik, Kasyanchuk-Varlamov-Kvitchenko, Morozov-Shalimov-Nimenko, P.Borisenko-Zakharov-Cherdak.

France A' : Hardy (samedi) et Fouquerel (dimanche) / Baazzi-Roussel, Dieude-Fauvel-Janil, Dusseau-Moisand, Chakhiachvili / Serer-Ritz-Claireaux, Guttig-Henderson-Albert, Gutierrez-Lampérier-Gaborit, Terrier-Thillet-Rech, Kara.