Épinal - Strasbourg (Tournoi international d'Épinal, 2e journée)

Des progrès à confirmer

pardavyÀ eux trois, ils comptent 784 buts et plus de 1700 points en 2313 matchs d'Extraliga tchèque et slovaque. "Ils", ce sont bien sûr Ján Plch, Ján Pardavý et Ján Cibuľa, meilleurs "vieux" d'un tournoi spinalien offrant chaque jour son derby. Et pour ne pas transformer le Strasbourg-Mulhouse du lendemain en simple match de classement, les hommes de Daniel Bourdages doivent impérativement "mater" ces Dauphins vainqueurs, la veille, de vaillants mulhousiens (5-2).

Tombeurs d'une solide formation de LNB (les "Basel Sharks") dans la campagne bâloise (3-2) samedi dernier, les Strasbourgeois avaient auparavant résisté à Ravensburg, l'une des grosses cylindrées de "zweite Bundesliga" (devenue "DEL 2" cet été). De bonnes prestations confirmées en ouverture du tournoi, face au tant redouté Saryarka Karaganda (3-4). Un gros morceau pour les clubs français, comme l'a confirmé son large succès de l'après-midi face aux Scorpions (6-2)...

Les représentants du Kazakhstan, bien partis pour remporter ce tournoi, figureront au menu des Dauphins demain (dimanche). Mais d'ici-là, les Vosgiens auront livré bataille à cette Étoile noire composant avec des ressources défensives limitées en raison de ces restrictions budgétaires jugées incompatibles avec l'engagement d'un défenseur offensif digne de ce nom (le rugueux Yan Turcotte étant surtout venu "muscler" l'arrière-garde).

Forcé de s'en accommoder, Daniel Bourdages ne peut donc compter que sur cinq arrières expérimentés et doit systématiquement compléter ses rotations avec un jeune du cru nommé Pierrick Hoehé (19 ans). La marge de manœuvre offensive est moins réduite avec cette nouvelle "légion étrangère" emmenée par le vétéran Ján Pardavý, un "quadra" au CV long comme le bras qui valait encore 42 points l'an passé en Extraliga... et a déjà marqué sept fois sous ses nouveaux atours strasbourgeois !

Le Slovaque, "argenté" aux mondiaux 2000 (et par deux fois "olympique", à Nagano et Salt Lake City), griffe depuis plus de vingt ans les meilleures glaces du Vieux continent. Pareille longévité au plus haut niveau, à bientôt 42 ans, force le respect, surtout que l'intéressé n'est nullement "rouillé". Il n'a même rien perdu de sa dextérité et de son excellente vision du jeu, louée dans tous les champiengagement breaultonnats qu'il aura fréquenté ces dernières années. Ses 600 points notamment compilés en 700 matchs d'Extraliga slovaque (essentiellement pour le compte de son club formateur, le Dukla Trenčín, dont il était le capitaine depuis trois ans) en disent long sur ses qualités, qu'il aura également su exporter en Extraliga tchèque, en Elitserien et en SM-liiga...

Des buts en veux-tu...

C'est donc peu dire qu'avec "Papy" Pardavý, qui s'aligne au côté d'Édouard Dufournet et du jeune québécois Sébastien Trudeau, l'attaque strasbourgeoise est en de bonnes mains. Ses passes millimétrées et souvent bien senties en font même la plaque tournante du powerplay, par qui transitent tous les palets.

Pourtant, et malgré ses grands talents de distributeur, la première grosse occasion de la soirée arrive, en supériorité, d'une passe quasi-décisive de Matt Lyall vers Julien Correia, dont la reprise à bout portant manque de surprendre Andrej Hočevar (06'00"). L'ex-Gapençais remet ça, dans la foulée, en provoquant un rebond "fuyant" que Turcotte s'avère le plus prompt à récupérer. Mais sans en profiter, sa reprise de volée n'étant pas cadrée (06'25")...

Loin d'être à court de munitions, les Bas-Rhinois accentuent leur domination au fil des dix premières minutes, faisant gronder l'orage sans pour autant parvenir à se jouer d'Hočevar, par moments mitraillé de toutes part. Contrairement à Gilles Beck, sollicité d'entrée par Michal Petrák (01'20"), puis par un Victor Pivron reconverti défenseur (04'05"). Mais pas vraiment inquiété jusqu'à ce déboulé d'un Anže Kuralt remisant dans son dos, vers Ján Plch, dont le tir est stoppé sans coup férir (09'38"). Sur l'engagement qui suit, le Slovaque voit même sa tentative rcacciotti dufournetepoussée par le gardien alsacien sur un Kuralt tout près d'ouvrir le score, du revers (09'43").

Les occasions sont donc légion, et ce des deux côtés du glaçon. Quoi de plus normal entre deux formations très proches l'une de l'autre et chacune emmenée par de fortes individualités. On pense évidemment à Ján Pardavý (quel coup d'œil !), mais aussi à cet indémodable duo Plch-Petrák incontestablement bonifié par l'apport d'un Anže Kuralt bien plus inspiré que la veille (où il se démenait, en vain, sur le troisième trio spinalien). Aucun de ceux-là n'est pourtant passé aussi près du but qu'Élie Marcos, impeccablement servi devant le gardien par Valentin Michel. Mais bien malheureux d'expédier son palet sur la barre transversale (16'55")...

... en voilà !

Il n'aura donc manqué que les buts à ce premier tiers équilibré, rythmé et plutôt agréable à regarder. Il faut dire que les équipes spéciales ont le don de se neutraliser, ce qui retarde une ouverture du score intervenant finalement sur une frappe en hauteur (et légérement excentrée) de Valentin Michel qui s'en ira nettoyer la lucarne gauche d'un Andrej Hočevar visiblement masqué au départ du lancer. Et pris à contre-pied (0-1 à 24'46").

Une joie de bien courte durée pour les Alsaciens, qui n'auront pas vraiment le temps d'en profiter. Fabien Leroy, bien lancé en profondeur par Michal Petrák, prend le meilleur sur ses deux défenseurs (Stříž et Turcotte). Mais plutôt que d'essayer de dribbler le gardien, l'ex-Amiénois choisit très intelligemment de remiser vers un Anže Kuralt arrivant lancé au second poteau. L'ailier slovène reprend victorieusement dans une cage grande ouverte pour égaliser (1-1 à 25'24").

Une charge appuyée de David Stříž à l'encontre de Michal Petrák (29'23") vaut, à l'arrière tchèque, un séjour à durée déterminée sur le banc des pénalités. Un "SDD" que Benjamin Breault tente vainement d'abroger, en tirant sur réception d'une passe renversée de Steven Cacciotti. Mais Gilles Beck fait l'arrêt (31'14"), avant de craquer sur la reprise instantanée d'un Leroy parfaitement décalé par Petrák (2-1 à 30'27").

Shordelalay butubitement devenus très réalistes, les Dauphins plantent une nouvelle banderille sur un tir de Correia contré à la bleue par Hordelalay. Lequel file au but, toutes voiles dehors, et parvient à mener à bien son un-contre-un avec le gardien en lui glissant, du revers, la rondelle entre ses jambières (3-1 à 33'18").

L'ICE a pris l'ascendant dans ce derby mais un changement de ligne inapproprié manque de profiter à Pardavý, qui entre en zone sans opposition et crochète à l'intérieur pour mettre Hočevar en joue. Mais l'ex-international slovaque rate étonnement la cible à bout portant (35'37"). Tout comme Julien Correia, portant bien servi par Matt Lyall (35'57").

L'Étoile noire reprend donc quelques couleurs et intensifie sa présence en zone offensive, arrivant à ses fins sur un but très contesté des Spinaliens. Prétextant qu'une passe avec le gant a servi les desseins de Sébastien Trudeau, bien placé au rond d'engagement gauche et suffisamment précis dans son lancer pour trouver la lucarne opposée (3-2 à 38'39"). Mais là encore, cette joie est de courte durée. Petrák ouvre en grand sur Cacciotti, qui se retrouve lancé dans un deux-contre-un avec Offret, très opportuniste au second poteau malgré l'opposition de Cruchandeau (4-2 à 39'54").

NouveaPlch2u coup d'assomoir sur les casques jaunes d'une Étoile noire fermement déterminée à recoller comme en témoigne son outrageuse domination au retour des vestiaires. Mais si le tir de Trudeau trouve Hočevar sur sa trajectoire (40'12"), l'essai de Cibuľa termine lui sur la barre (40'50"). Le vétéran slovaque, imparablement servi de l'arrière du but par Česnek, avait pourtant parfaitement levé son palet à bout portant.

Ján Pardavý manque, lui, de précision dans la finition, comme sur cette reprise puissante (mais non cadrée) consécutive à une bonne remise d'Édouard Dufournet (42'33"). Julien Correia manquant pour sa part de réussite en redirigeant le slap de Yan Turcotte, mais dans un angle trop fermé pour surprendre Andrej Hočevar, décidément solide au poste (43'34"). Quant à Pierrick Hoehé, il paye un léger manque de réactivité sur une mise au jeu remportée par ses couleurs en zone offensive, laissant Ján Plch contre-attaquer, suivi de près par Anže Kuralt (44'09"). Gilles Beck veille au grain mais sur l'action, une crosse haute est sifflée à l'encontre de Peter Bourgaut. De quoi casser le rythme jusqu'alors effrené des Alsaciens, dès lors forcés de plus défendre qu'attaquer.

La troupe de Daniel Bourdages, loin de s'avouer vaincue, gère néanmoins parfaitement cette infériorité en retardant longuement l'installation du powerplay spinalien malgré les efforts d'un Petrák tentant, par la suite, d'y aller en solo (48e). Mais Lyall, au repli, à la dernier mot face au technicien tchèque des Dauphins. Le centre canadien se distingue peu après d'une puissante reprise (47'32") stoppée par un Hočevar avare de rebonds sur cette tentative de Cibuľa, bien servi par Pardavý (49'57"). Un contre en désavantage numérique (Correia ayant été préalablement sanctionné, 47'40") consécutif à une solide mise en échec du massif Suchánek dans l'arrondi, qui aura fait perdre le contrôle du puck à Cacciotti.

Strasbourg aura donc plus d'une fois buté sur Hočevar ce soir, qui tient sa moyenne de deux buts encaissés par match et fait plus que jamais figure d'assurance tous rihocevar2sques devant le filet. Gilles Beck, s'il n'a pas démérité, s'inclinant une cinquième fois sur un déboulé d'un Benjamin Breault parti de son camp, plein gaz, pour remonter le flanc droit et s'y reprendre à deux fois (5-2 à 54'12").

Le Canadien réussit décidément des débuts fracassants sous ses nouvelles couleurs, enfilant son troisième but en trois matchs. Pour autant de victoires d'Épinal, qui jouera bien la finale de "son" tournoi demain (dimanche) face au Saryarka Karaganda avec une meilleure différence de buts que l'armada "kazakho-russe". Et encore, Anže Kuralt aurait pu signer le doublé sur un caviar de Ján Plch mais le Slovène, à bout pourtant, a vu son frappé court heurter le montant (57'55").

Même éloignés de leur configuration optimale, les Dauphins d'Épinal ont démontré qu'ils n'avaient rien à envier aux nouveaux coéquipiers d'Édouard Dufournet, qui auront chèrement payé leur inefficacité. Cette victoire est donc révélatrice de grandes possibilités. À confirmer...

Réactions d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace) :

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "Je préfère perdre ce soir en préparation qu'en match officiel. On n'a pas eu le même rendement offensif que notre adversaire, qui a su bien tenir dans le troisième tiers-temps quand on avait plus la possession du palet. En étant plus constant derrière et en concrétisant nos temps forts, ça aurait dû être un autre match."

 

Épinal - Strasbourg 5-2 (0-0, 4-2, 1-0)
Samedi 31 août à 20h00 à la patinoire de Poissompré. 700 spectateurs environ.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de David Courgeon et Guillaume Zaegel.
Pénalités : Épinal 16' (4', 12', 0') ; Strasbourg 14' (4', 2', 6').
Tirs : Épinal 26 (8, 10, 8) ; Strasbourg 26 (5, 6, 15).

Évolution du score :
0-1 à 24'46" : Michel assisté de Cesnek
1-1 à 25'24" : Kuralt assisté de Leroy et Petrak
2-1 à 30'27" : Leroy assisté de Petrak et Plch
3-1 à 33'18" : Hordelalay
3-2 à 38'39" : Trudeau (sup. num.)
4-2 à 39'54" : Offret assisté de Cacciotti et Petrak
5-2 à 54'12" : Breault assisté de Cacciotti

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Yoann Chauvière ; Gašper Sušanj - Fabien Leroy ; Peter Slovák - Victor Pivron.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Yannick Offret ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Pierre-Charles Hordelalay - Kevin Benchabane ; Maxime Martin.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Justin Chouleur. Absents : Francis Meilleur (en attente de visa), Dominic Perna (en attente de licence), Martin Charpentier (adducteurs), Pierre Mauffrey (gardien surnuméraire), Romain Mauffrey (blessé).

Strasbourg

Gardien : Gilles Beck.

Défenseurs : Yan Turcotte - David Stříž ; Hugues Cruchandeau (A) - Pierrick Hoehé ; Michal Česnek - Jakub Suchánek.

Attaquants : Julien Correia - Matt Lyall - Ján Cibuľa (A) ; Peter Bourgaut - Élie Marcos (C) - Valentin Michel ; Ján Pardavý - Édouard Dufournet - Sébastien Trudeau ; Julien Baeumlin - Damien Bourguignon - Romain Schmitt.

Remplaçant : Vladimír Hiadlovský (G). Absent : Julien Burgert (blessé).

offret turrcotte