Épinal - Karaganda (Tournoi international d'Épinal, 3e journée)

Saryarka, c'est plus fort que toi !

breault iukseevUne vaine course-poursuite. Voilà à quoi l'ICE fut réduite lors de son seul et unique affrontement avec le Saryarka Karaganda. C'était à Colmar en août dernier, lors d'un tournoi remporté par les représentants du Kazakhstan.

Point final d'une longue préparation estivale, ce rendez-vous haut-rhinois consacra un collectif aux rouages parfaitement huilés qui allait, par la suite, survoler son championnat. Le Saryarka s'est même transformé en machine à gagner, du 31 octobre au 14 janvier, enchaînant 23 succès d'affilée grâce à cette défense de fer brillamment verrouillée par un gardien aux nerfs d'acier. En l'occurrence Vladimír Kováč, de loin le meilleur cerbère ayant opéré en deuxième division russe (VHL) l'an passé (avec 1,30 buts encaissés par match et plus de 95 % de moyenne d'arrêts de septembre à février)...

Connu pour faire son "show" et danser sur la glace après certains succès, cet excellent portier formé au Dukla Trenčín n'avait pas suffi à priver le Toros Neftekamsk d'une nouvelle Coupe Bratine. Mais qu'on se le dise, le Saryarka s'est encore donné les moyens de jouer les premiers rôles dans son championnat, palliant les départs en KHL de ses meilleurs compteurs (Kokuyov, Tsybin, Ignashin) et défenseurs (Kanarsky, Perry, Kolesnikov) par l'arrivée de plusieurs valeurs sûres, qu'elles soient russes (Stupin, Samarin, Luchkin, Makarov) ou étrangères (comme le Slovaque Ján Homér, une pointure à l'arrière). L'état-major karagandais est même parvenu à "rapatrier" Vitalij Aab, figure du championnat allemand (DEL) depuis plus de dix ans et rare élément de ce Saryarka fortement russifié a être né au Kazakhstan...

Fort d'un degré de préparation très avancé, le Saryarka a depuis longtemps tissé les premiers liens de son nouveau collectif au moyen d'une préparation "marathon" entamée mi-juillet dans le Piémont. Ugouletne vieille habitude lui permettant, comme chaque été, d'affronter plusieurs adversaires "occidentaux", qu'ils soient estampillés "LNA" (Ambrì-Piotta), "LNB" (Olten, Langenthal et Viège)... et même "KHL" (avec les Croates du Medveščak Zagreb, nouveaux pensionnaires de la puissante ligue continentale) !

Comptant sur la fatigue d'un ensemble disputant, cet après-midi, son douzième match en moins d'un mois, les Spinaliens rêvent d'un exploit face au Saryarka. Mais l'armada de Karaganda, si elle n'est pas invincible (Zagreb et Langenthal l'ont récemment terrassée), n'en a pas moins fait carton face aux clubs français, battant tour à tour Gap (4-2 et 7-2), Briançon (4-2) et Morzine-Avoriaz (6-2) avant de dominer Strasbourg (4-3) et Mulhouse (6-2) à Poissompré.

Comme prévu, les visiteurs prennent d'emblée le contrôle des opérations en étalant leur supériorité, tant collective qu'individuelle. Faisant rapidement et précisément circuler le palet, en se montrant aussi solides derrière que pressants devant, avec un patinage de tous les instants et un jeu d'une grande fluidité, toujours en mouvement.

Quand les aigles attaquent...

Ne laissant que des miettes à leurs hôtes, les "casaques jaunes" se procurent tout naturellement les meilleures occasions, toutes enrayées par un Hočevar avare de rebonds sur des lancers déclenchés par des attaquants patinant comme des avions. Mais le portier slovène ne fait que retarder l'échéance en frustrant Aab (01'09"), MacMillan (01'16") et Vasilyev (01'43"). Ou encore Michal Macho, pourtant bien lancé par Alain Goulet (05'12"), l'un des trois étrangers d'uHomerne défense "patronnée" par l'expérimenté Ján Homér, guère plus en réussite que ses pairs (04'36").

Formant une sacré paire avec l'international slovène Sabahudin Kovačevič, le Slovaque couvre parfaitement les arrières... de ses avants, qui ne laissent aucun répit au porteur du palet, lorsque la rondelle est en possession des Dauphins.

Ce qui est rarement le cas dans ce premier tiers à sens unique, où l'homogénéité d'un alignement de qualité (tournant à quatre lignes de haute volée) permet au soufflé de ne jamais retomber. Et de conserver le monopole du palet, tout en gardant la mainmise en zone neutre, coupant chaque ligne de passe grâce à d'excellentes anticipations permettant au Saryarka d'intercepter à tout va.

Ainsi protégé, Vladimír Kováč est donc peu inquiété. À peine sur ce break d'un Petrák lancé dans le dos de la défense, mais incapable de redresser son palet pour "lober" le gardien, qui s'était bien couché (06'34").

Subissant toujours autant, les Spinaliens ne font clairement pas le poids contre une telle armada. Et quand tir il y a... Hočevar est là ! Sans rebonds, la plupart du temps... sauf sur ce tir de Kudryashov repris de volée (et à bout portant) par Lichanec sur la première supériorité de la soirée (0-1 à 09'22") ! Tout sauf illogique après dix minutes de domination sans partage des "VHLers"...

Essuyant ensuite une déferlante de lancers, Andrej Hočevar sauve plus d'une fois la mise à ses coéquipiers, la plupart du temps confinés dans leur zone car largement dominés dans tous les compartiments du jeu par une formation rigoureuse et disciplinée manquant, seulement, d'un soupçon d'efficacité. Les Lebedev (10'11"), Aab (10'16"), Macho (11'01"), MacMillan (11'39") et autres Homér (14'36") ne trouvent pas l'ouverture malgré leurs assauts répétés.

Emgasparovicballé... c'est pesé !

Mais à force d'insister, Karaganda finit par y arriver. En double supériorité, sur un one-timer légèrement excentré de son défenseur grand format Sabahudin Kovačevič, qui file entre les bottes d'Andrej Hočevar, son habituel coéquipier en sélection nationale (0-2 à 18'01").

De quoi précipiter la sortie de Petrák, précédemment "emprisonné" (16'57"). Mais pas celle de Benjamin Breault, qui voit du banc des pénalités Jakub Gašparovič corser l'addition sur un rebond (0-3 à 18'27"). Il va sans dire que la lourdeur du score et les vingt-cinq tirs cadrés (!) du Saryarka reflètent bien l'écart de niveau entre un gros calibre de VHL au grand complet (ou presque) et une formation spinalienne très fortement diminuée (sans Meilleur, Perna, Charpentier ni Slovák, touché la veille au poignet)...

Tel un rouleau-compresseur, le Saryarka d'Evgeni Zinoviev a fait la différence en un tiers-temps. Et n'a par la suite plus vraiment forcé son talent, aidant plus ou moins les Dauphins à sortir la tête de l'eau. L'impression d'archi-domination d'un ensemble se projetant toujours aussi rapidement vers l'avant va donc progressivement s'estomper durant l'acte médian.

Forcé de s'employer pour enrayer l'irrésistible remontée de Makarov (20'41") ou stopper les tentatives successives de Luchkin (23'42"), Bendík (27'01") et Lichanec (27'24"), Andrej Hočevar doit concéder le plus bel arrêt du match à Vladimír Kováč, contraint de sortir sa plus belle mitaine devant Ján Plch, pourtant parfaitement décalé par Michal Petrák (28'28").

Plch3S'efforçant d'établir un périmètre de sécurité et de s'organiser en carré devant Hočevar, lorsqu'ils évoluent en supériorité, les Dauphins parviennent à tuer la pénalité d'Ouimet (31'59"). Mais pas à profiter de leur première supériorité, néée d'un retenir de Logan MacMillan à l'encontre de Michal Petrák (35'15"). La faute, notamment, à un Fabien Leroy incroyablement maladroit dans le dernier geste. L'ex-Amiénois ayant eu par deux fois le but au bout de la palette (37'00" et 37'24") !

Un dernière percée de Makarov, qui voit Hočevar lui fermer la porte au nez (39e), scelle cet acte médian terminé positivement par des Spinaliens cueillis à froid au retour des vestiaires, par l'opportunisme d'Aleksandr Vasilyev et Denis Kuzmin, au rebond d'un lancer dégainé par Konstantin Makarov (0-4 à 40'36").

Brillant d'un double arrêt en infériorité (42'31") devant Yesmukhanbet Tolepbergen (le seul représentant de l'éthnie kazakhe dans ce contingent), Andrej Hočevar lâche un nouveau rebond manquant, cette fois, de profiter à Michal Macho (46e). Mais Steven Cacciotti, qui fait opposition, supplée parfaitement son gardien, à la parade devant un Aleksandr Vasilyev cherchant à répercuter un slap d'Alain Goulet (47'23"). Ce début de troisième tiers sonne comme la reprise d'un monologue karagandais fait d'une succession de temps forts.

kovac kovacevicMais l'étreinte se desserre après cette charge assénée par Denis Kuzmin sur Anže Kuralt (48'51"), sanctionnée d'une pénalité offrant une nouvelle supériorité aux locaux. Lesquels passent tout près de marquer, sur un poteau (à bout portant) de Benjamin Breault (51e). Une déception vite surmontée grâce à la réactivité d'un Steven Cacciotti poussant, au fond des filets, un palet que Vladimír Kováč tenait sous sa mitaine (1-4 à 49'34").

Livrant un joli baroud d'honneur, les joueurs de la Cité des Images tentent de se faire plus menaçants et Breault, parti côté gauche, s'en va buter devant Kováč, auteur d'une sortie "kamikaze" ouvrant en grand la cage pour Victor Pivron. Une occasion inespérée... mais l'ex-junior luganais croise trop son lancer (53'02") !

En guise de "représailles", Lebedev (54e) et Makarov (54'54"), comme souvent lancé par la "tour de contrôle" Luchkin, sollicitent un Hočevar décidé à ne plus rien laisser passer. Et si le staff karagandais surprend à faire rentrer le portier remplaçant Maksim Gryaznov (57e), le banc spinalien étonne en sortant son goalie pour doubler son ultime supériorité. Une manœuvre permettant surtout à Logan MacMillan d'aller marquer du revers dans une cage vidée de son occupant (1-5 à 59'06")...

Le Saryarka Karaganda termine ainsi sa tournée comme il l'avait commencée, par trois succès face à des clubs français. Il est maintenant temps, pour le club de la quatrième ville du Kazakhstan, de regagner ses lointaines contrées après cet ultime succès en terre spinalienne aux dépends d'un adversaire ne "boxant" assurément pas dans la même catégorie. Mais qui aura laissé entrevoir d'excellentes possibilités durant "son" tournoi, limitant les dégâts face au Saryarka grâce aux nombreux arrêts d'un Hočevar ayant prouvé sa capacité à tenir le score au plus fort de l'adversité.

 

Épinal - Saryarka Karaganda 1-5 (0-3, 0-0, 1-2)
Dimanche 1er septembre à 17h15 à la patinoire de Poissompré. 700 spectateurs.
Pénalités : Épinal 12' (6', 4', 2') ; Saryarka Karaganda 10' (0', 2', 8').
Tirs : Épinal 21 (8, 8, 5) ; Saryarka Karaganda 46 (25, 7, 14).

Évolution du score :
0-1 à 09'22" : Lichanec assisté de Kudryashov et Gromov (sup. num.)
0-2 à 18'01" : Kovačevič assisté d'Homér et Macho (double sup. num.)
0-3 à 18'27" : Gašparovič assisté de Iukseev et Goulet (sup. num.)
0-4 à 40'36" : Kuzmin assisté d'Al. Vasyliev et Makarov
1-4 à 49'34" : Cacciotti assisté de Petrák et Plch (double sup. num.)
1-5 à 59'06" : MacMillan (cage vide)

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Maxime Ouimet - Yoann Chauvière ; Gašper Sušanj - Fabien Leroy ; Victor Pivron.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Yannick Offret ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Pierre-Charles Hordelalay - Kevin Benchabane [ou Maxime Martin].

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Justin Chouleur. Absents : Francis Meilleur (en attente de visa), Martin Charpentier (blessé), Dominic Perna (en attente de licence), Peter Slovák (poignet), Nicolas Ravel (gardien surnuméraire), Romain Mauffrey (blessé).

Saryarka Karaganda

Gardien : Vladimír Kováč puis Maksim Gryaznov à 57'.

Défenseurs : Sergei Stupin - Denis Kuzmin ;  Ján Homér (C) - Sabahudin Kovačevič ; Alain Goulet - Aleksandr Iukseev ;  Maksim Kudryashov - Dmitri Gromov.

Attaquants : Konstantin Makarov - Vladislav Luchkin - Aleksandr Vasyliev ; Kirill Lebedev - Michal Macho - Vitalij Aab ; Anatoly Vasyliev - Logan MacMillan - Jakub Gašparovič ; Peter Lichanec - Yesmukhanbet Tolepbergen - Branislav Bendík.

Absents : Dmitri Samarin, Maksim Khudyakov, Dmitri Danilin, Aleksei Anisimov (gardien surnuméraire).

orage devant la cage