Courbevoie - Montpellier (Division 1, 1re journée)

JaneckaPetrDans une division 1 de plus en plus compétitive, la première journée n'est plus une mise en jambes comme autrefois. Le moindre point compte, aussi bien pour se qualifier en play-offs que pour éviter la relégation, car les équipes prévues a priori pour la seconde moitié de tableau ne peuvent exclure aucune de ces deux possibilités. Il faut être prêt d'emblée.

Montpellier, après une intersaison pour le moins mouvementée, part donc avec le désavantage de n'avoir pas terminé son recrutement. Il reste encore une place à prendre en défense, et en attendant, c'est le jeune Guillaume Bourgain (21 ans) qui complète la première paire avec Bohdan Visnak. Cependant, Courbevoie est dans le même cas avec l'absence de Vladimir Konopka : chaque équipe ne tourne donc qu'à cinq défenseurs.

Courbevoie est le plus prompt à l'attaque, alors que Montpellier se montre d'abord plus prudent... et surtout opportuniste. Bien cachés pendant cinq minutes, les Vipers surgissent et mordent soudain : Einar Engström lance au but, Petr Janecka récupère le rebond à mi-distance et trouve une passe pour la déviation d'Andreas Brockman au poteau gauche (0-1, 05'56"). Le COC manque parfois largement la cible, et n'a en fin de compte qu'une occasion : servi à la ligne bleue par une bonne passe en zone neutre de Motte, Vladislav Vrtek part dans le dos de la défense mais ne déjoue pas le gardien montpelliérain Sami Koskela.

Le pressing courbevoisien se met en place même en infériorité où le duo Motte-Rakanovic maintient longtemps Montpellier dans sa zone, au point que Quentin Garcia se précipite et concède une pénalité en zone neutre. Mais en tentant d'ajouter de l'impact physique à ce fort pressing, Petr Prindis est sanctionné pour une charge avec le genou. Cette fois les visiteurs peuvent s'installer en zone offensive, et Einar Engström envoie un lancer de la bleue, encaissé côté mitaine par Jure Verlic (0-2, 18'43").

MenardAndrePuisque la tactique défensive de Montpellier s'est jouée du pressing local, on se doute bien que les visiteurs ne changeront pas de stratégie, maintenant qu'ils ont deux buts d'avance. Courbevoie se crée tout de même plus d'occasions en deuxième période : Adrien Sebag tire à mi-distance, André Ménard s'échappe en infériorité et subit un cinglage de Garcia (l'arbitre inflige deux minutes, mais le Franco-Américain aurait voulu un tir de pénalité), et Arnaud Bougaran repique devant la cage. Tous se voient dire stop par le même homme : Sami Koskela, l'ancien gardien de Toulouse-Blagnac qui a encore un Bélouga sur son masque.

Si le fort tient, c'est aussi que les Montpelliérains n'ont commis aucune faute (sauf quand ils étaient déjà en supériorité). Leurs deux premières vraies infériorités numériques surviennent en fin de deuxième période. Pendant que Brockman est en prison pour charge incorrecte, Matus Hanes à gauche du but lève le palet dans le haut du filet (1-2, 35'31"). La pénalité suivante contre Janecka a bien failli provoquer l'égalisation, mais le but de Matejicek est refusé pour une obstruction préalable de Hanes.

La troisième période commence de manière plus animée que le reste du match : deux tirs cadrés de chaque côté en 80 secondes, puis une infiltration offensive du défenseur tchèque Jiri Matejicek, accroché par Robin Lambert. Mais après une supériorité numérique de part et d'autre, le soufflé retombe. Les minutes passent en faveur de Montpellier, dont on sent la nervosité liée au chronomètre.

Il reste neuf minutes quand, sur une attaque collective de la cage, Davor Rakanovic n'arrive pas à lever le palet du revers au-dessus de la botte de Koskela accroupi. Une anicroche s'ensuit entre le Slovène et François-Henri Désérable, et quand Visnek est pris à la faute à son tour, Courbevoie bénéficie donc de 50 secondes à 4 contre 3, et le reste à 5 contre 4. On sent une certaine peur de conclure du COC, peu incisif dans le dernier geste. Koskela a juste à arrêter la bonne déviation axiale de Thomas Giorgi, sur une montée rapide.

BourgainGuillaumeLa tension est extrême sur le banc montpelliérain, et on y sent la libération quand Raimonds Danilics transforme une contre-attaque (1-3, 55'36"). La victoire devrait être acquise, mais Engström donne un coup hors du jeu et prend une pénalité qui oblige ses coéquipiers à souffrir à nouveau. Un tir de la bleue de Matejicek est rabattu par la crosse haute de Motte puis envoyé dans la cage vide : l'arbitre a évidemment sifflé. Courbevoie marque quand on ne s'y attend plus, juste avant la fin de pénalité, par un tir rasant d'Arnaud Bougaran (2-3, 59'21"). Trop tard.

Dominé 40 tirs à 20, Montpellier peut remercier son gardien finlandais Sami Koskela : avec un tel rempart, l'option défensive a fonctionné ce soir face à un adversaire adepte du pressing sur sa petite glace. Cette victoire initiale est un grand encouragement pour la suite de la saison.

Courbevoie n'a pas réussi sa rentrée, car une défaite à domicile est forcément gênante dans ce championnat. Le club annonce avoir recruté quatre remplaçants "poste pour poste", mais les mathématiques sont têtues. Le trio canadien ne peut pas être remplacé et le potentiel offensif sera évidemment inférieur cette année. Vrtek a démontré de belles qualités techniques avec le palet, mais ne se dirige pas pour autant vers une saison de 60 points. Devant gérer le passage de D2 en D1, l'ex-Chambérien Rakanovic a paru plus en retrait. Pour le COC, il faudra donc compenser défensivement avec un renfort étranger de plus. Jiri Matejicek, avec son apport offensif, a été naturellement plus en vue dans ce match que Petr Prindis, peu sollicité dans son registre physique par les attaquants montpelliérains. Il a quand même réussi à prendre deux pénalités de rugosité en première période, et on attend encore de voir s'il est capable de doser efficacement son impact.

Commentaires d'après-match

Alexis Billard (entraîneur de Montpellier) : "Cette victoire à l'extérieur fait plaisir, parce qu'on a un groupe jeune. On voit notre inexpérience, car dès qu'on a pris un but, on s'est arrêté de jouer. On s'est mis beaucoup de pression. On a pris une pénalité idiote à la fin, ce n'est pas normal de la part d'un joueur d'expérience. [Guillaume Bourgain] progresse de jour en jour avec Bogdan, on lui donne sa chance. [Sur la tactique défensive] On a joué comme ça parce que j'avais deux-trois renseignements sur Courbevoie. On a plusieurs systèmes de jeu et on s'adaptera par rapport à l'adversaire et à notre forme physique."

 

Courbevoie - Montpellier 2-3 (0-2, 1-0, 1-1)
Samedi 7 septembre 2013 à la patinoire Thierry-Monier. 250 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Sébastien Levasseur et Maxime Durand.
Pénalités : Courbevoie 14' (4', 6', 4') ; Montpellier 18' (2', 8', 8').
Tirs : Courbevoie 40 (11, 13, 16) ; Montpellier 20 (10, 4, 6).

Évolution du score :
0-1 à 05'56" : Brockman assisté de Janecka et Engström
0-2 à 16'32" : Engström assisté de Bohin et Garcia (sup. num.)
1-2 à 35'31" : Hanes assisté de Vrtek (sup. num.)
1-3 à 55'36" : Vigners assisté de Garcia et Désérable
2-3 à 59'21" : Rakanovic assisté de Menard (sup. num.)


Courbevoie

Gardien : Jure Verlic.

Défenseurs : Thomas Giorgi - Jiri Matejicek ; Luc Tanésie - Petr Prindis ; Alexandre Leroux.

Attaquants : Arnaud Bougaran - André Menard - Davor Rakanovic ; Alexandre Motte (C) - Vladislav Vrtek - Matus Hanes ; Anthony Denis - Mickaël Denis - Adrien Sebag.

Remplaçants : Mathieu Boutigny (G), Étienne Azema, Nicolas Domalain. Absents : Vladimir Konopka, Benjamin De Avelar.

Montpellier

Gardien : Sami Koskela.

Défenseurs : Bogdan Visnak - Guillaume Bourgain ; Ivan Bohin - François-Henri Désérable ; Quentin Rodriguez.

Attaquants : Einar Engström - Petr Janecka - Andreas Brockman ; Quentin Garcia - Raimonds Danilics - Rolands Vigners ; Thomas Saunier - Mathieu Combe - Robin Lambart.

Remplaçants : Steven Catelin (G), Arthur Coley, Maximilien Martocq. Absent : Dimitri Juan.