Épinal - Dijon (Ligue Magnus, 1re journée)

De la revanche dans l'air...

perna1Il y a sept mois de cela, les Dauphins d'Épinal sauvaient leur saison en sortant les Ducs de Dijon, jouant les fossoyeurs des espoirs bourguignons en piégeant les coéquipiers de Benoît Quessandier sur leur petite glace de Trimolet.

Mais à présent, ces souvenirs appartiennent au passé. Tant du côté spinalien que dijonnais, où Jarmo Tolvanen entendait repartir sur de nouvelles bases offensives et défensives après ces play-offs écourtés. Quitte à devoir entièrement renouveler son "stock" d'étrangers pour remplacer les Tim Crowder, János Vas et autres Kyle Hardy.

Trois ailiers suédois (Eriksson, Andersson et Åhsberg) ont notamment débarqué pour épauler Nicolas Ritz sur le front d'une attaque désormais emmenée par le discret mais très précieux Sébastien Gauthier, fraîchement passé à "l'ennemi" après l'avoir si farouchement combattu l'an passé... et délivré plus d'un "caviar" à Danick Bouchard ! Lequel s'est fait l'auteur mardi (en Coupe de la Ligue) d'un but libérateur pour ses nouvelles couleurs. Mais ô combien assassin pour les Dauphins, défaits d'un rien, au Coliséum, par les Gothiques d'Amiens (5-4)...

Battus de peu pour leurs grands débuts spinaliens, Francis Meilleur et Dominic Perna n'en ont pas moins posé d'intéressants jalons. Le dernier nommé y est même allé de son doublé, confirmant le bien fondé de l'aligner au côté de Steven Cacciotti et Benjamin Breault sur le premier trio. Perna, le "lutin" (1,65 m) italo-canadien et Breault, le nouveau "maître à jouer" des Dauphins, partageant la même vivacité. Et l'envie de briller pour leur première officielle à Poissompré, dans une enceinte appelée à devenir "chaudron". Pour une soirée, le temps d'un "derby" face à Dijon...

Gauthier SébastienForce est de constater que le Dijon version Tolvanen a plus souvent gagné que perdu à Poissompré, sur cette grande glace traditionnellement bien adaptée aux velléités offensives du technicien finlandais. Reste à voir si les Ducs ont vraiment renforcé leurs points faibles (avec l'arrivée d'Henri-Corentin Buysse devant le filet et l'embauche d'arrières plus solidement charpentés) ou s'ils ont regressé sur leur grande spécialité - marquer - en privilégiant, cette année, l'homogénéité aux fortes individualités.

Preuve de ce changement, l'arrivée du peu spectaculaire, mais très efficace Gauthier, un centre travailleur et clairvoyant qui brille dans l'ombre de ses coéquipiers.

Le Québécois va d'ailleurs se rappeler au bon souvenir de son ancien public de Poissompré en profitant des difficultés rencontrées par Fabien Leroy à contrôler le puck et à proprement sortir le palet. Anže Kuralt, mal servi en zone neutre par l'ex-Amiénois, se voyant intercepté par Sébastien Gauthier, qui repasse la bleue et centre aussitôt vers Mikael Eriksson. Une belle offrande pour le Suédois, qui plonge au second poteau et marque entre les bottes d'Hočevar (0-1 à 03'18").

Bien secondé par Ouimet quelques instants auparavant, sur un tour de cage d'Andersson tout près de profiter à Ritz (02'22"), le portier slovène paye ainsi la première grosse erreur défensive de ses nouveaux coéquipiers, qui avaient pourtant pris ce match par le bon bout en signant les tous premiers tirs cadrés.

L'ICE, avec ses meilleurs "vieux" !

Solides derrière et plus prompts à se projeter vers l'avant (avec des attaquants se trouvant plus facilement), les Ducs prennent alors un petit ascendant. Et comme Buysse veille au grain en cas de contre spinalien (il s'impose notamment en un-contre-un devant Offret, lancé en profondeur par Chauvière, 05'14"), le DHC vire en tête après dix minutes d'un jeu ouvert et rythmé, sans temps morts ni pénalités.

Mais cela ne va pas durer. L'éternel Ján Plch, bien décalé par Michal Petrák dans l'enclave, profitant d'un marquage "relâché" pour faire mouche. Son tir frappé court passant entre les jambières d'Henri-Corentin Buysse, étonnement surpris par ce shoot pourtant très ouvert (1-1 à 09'40").

La seconde partie de ce premier tiers en deux temps sera, elle, hachée par les pénalités. Geoffrey Barcelo retrouvant toute sa verve au sifflet après ce double-arrêt décisif d'Andrej Hočevar, à la parade devant Aram Kevorkian (sur un palet traînant dangereusement, 10'13"). Une chaude action n'amenant aucune sanction, contrairement à ce joli solo d'un Benjamin Breault parvenu à s'infiltrer, puis à tirer malgré le déséquilibre engendré par l'intervention illicite d'un Nicolas Ritz aussitôt puni d'un faire trébucher (11'28").

Aussi intenable qu'insaisissable, Breault se démène pour animePlch4r un powerplay avare de lancers. Il va même réceptionner une très longue relance d'Hočevar pour adresser un tir puissant (mais cette fois non cadré) dans la mitaine de Buysse (13'14")... pour la seule véritable opportunité d'Épinal durant cette supériorité !

On est loin de l'efficacité du DHC, matérialisée par cette accélération d'un Decock débordant côté gauche, puis repiquant vers la cage pour surprendre Hočevar d'un joli tir croisé. Le Dijonnais ajustant le petit filet opposé, dans un angle pourtant fermé (1-2 à 14'51").

Les supporters spinaliens, qui ont vu leurs protégés préalablement sanctionnés d'une pénalité de banc mineure, n'en reviennent toujours pas de la raison invoquée par un référé n'ayant fait qu'appliquer un point méconnu du règlement (Perna ayant dû cirer le banc d'infamie pour une "deuxième infraction à la procédure d'engagement")...

En grande difficulté, les locaux doivent s'en remettre à leurs meilleures individualités. Et notamment Benjamin Breault, combatif à souhait et totalement survolté pour ses débuts officiels à Poissompré. C'est qu'il s'engage à fond dans les duels et n'hésite pas à jouer des coudes ou à charger ses adversaires pour récupérer cette rondelle qu'il sait si bien manier.

L'art de l'entrée en zone n'a d'ailleurs plus aucun secret pour cet habile technicien, qui parviendra à fixer la défense pour libérer Perna, d'une astucieuse "passe abandon". Un boulevard s'ouvre devant l'ex-Tourangeau, bien seul dans l'enclave pour ajuster son tir des poignets, qu'il envoie côté mitaine, à mi-hauteur (2-2 à 16'03"). Stephen Dugas venait à son tour d'être sanctionné...

Ce diable de Perna remet ça, dans la foulée, en lançant Breault dans la profondeur. Lequel s'amène du revers devant Buysse... mais trouve porte close (18'02") ! Les Ducs touchent quant à eux le montant sur cette reprise à bout portant d'Andersson en supériorité (18'47"), repoussée par la barre d'Hočevar. Le dernier mot revenant à l'inévitable Benjamin Breault, lancé côté gauche dans le dos d'une défense totalement prise de vitesse. Mais sauvée par l'intervention de son gardien, encore sorti vainqueur d'un face-à-face avec le flamboyant canadien (19'01").

On l'a vu, ce Breault est un sacré bon numéro. Complémentaire, du surcroît, avec l'étonnant Perna, un petit format qui enfilait les points comme des perles dans le championnat transalpin ces cinq dernières années. Ce duo devrait donc tirer vers le haut une attaque spinalienne étoffée, cette année, par l'arrivée d'un Pierre-Charles Hordelalay tout près d'ouvrir (officiellement) son compteur sous ses nouvelles couleurs (22'28"). Mais la reprise à bout portant de l'ancien rémois n'émeut pas un corps arbitral certain d'avoir vu le palet ne pas rentrer (contrairement au ressenti de nombreux spectateurs)...

En poke-checkant devant sa cage pour couper le centre de Breault (à destination de Perna), Buysse sauve encore la mise à ses coéquipiers (23'05"). L'ex-Morzinois, venu dans la capitale des Ducs de Bourgogne pour se rapprocher des Bleus (comme Florian Hardy avant lui), récidive peu après devant Petrák (24'18"), qui se présentait à lui (après avoir été mis sur orbite par Ján Plch).

Le maQuessandiertch s'emballe alors subitement, avec un palet allant d'un but à l'autre sur un rythme effréné. Perna (27e), puis Andersson (27'04") passent même tout près de briser l'égalité. Un statu-quo finalement rompu par Nicolas Ritz... avec l'involontaire complicité d'Andrej Hočevar !

Le Slovène, qui s'était avancé pour parer le lourd lancer de d'Åhsberg, n'a pas vu la rondelle lui échapper et filer, dans son dos, au profit d'un Ritz n'ayant plus qu'à pousser le palet au fond des filets (2-3 à 27'21"). Åhsberg, lancé par Andersson, s'en va ensuite glisser la rondelle sous la botte gauche d'un Hočevar encore livré à lui-même (2-4 à 29'35").

Coup pour coup...

Plus d'une fois esseulé par une défense régulièrement débordée, Andrej Hočevar passe une bien mauvaise soirée. Mais Buysse n'est pas forcément mieux loti, comme en témoigne cette lumineuse ouverture d'un Michal Petrák mettant Ján Plch sur les rails d'un break-away qu'il parvient à mener à bien, en expédiant le puck dans la lucarne, hors de portée du gardien (3-4 à 30'47").

La course-poursuite est engagée. Petrák, après avoir combiné avec Plch, s'en va contourner la cage... mais s'avère un poil trop court dans la finition (32'08") ! Quant à Ján Plch, lancé par Anže Kuralt, il tente bien de s'échapper (36e). Mais Thomas Roussel ne l'entend pas de cette oreille et malmène un vétéran qu'Henri-Corentin Buysse bousculera sans ménagement (et en toute impunité)...

Déjà momentanément privée des services de Breault, qui a vu ses ardeurs réfrenées par un malheureux coup de sifflet (sa méconduite étant la conséquence d'un hors-jeu imaginaire, 34'39"), l'ICE doit également se passer d'un Yannick Offret expulsé après en être venu aux mains avec Thomas Decock, pour une belle empoignade très appréciée dans les travées (36'02").

Une sortie prématurée nécessitant l'incorporation de Kevin Benchabane à l'aile droite du troisième trio... le temps que Victor Pivron termine sa pige au côté de Steven Cacciotti et Dominic Perna (Martin Charpentier ayant lui remplacé le décevant Peter Slovák en cours de partie).

Le jeu s'étant clairement durcit, tous les ingrédients d'un match passionnant sont maintenant réunis. De l'intensité, du spectacle, des occasions, des buts... et même une "baston" ! Que demander de plus ? Une égalisation spinalienne peut-être, pour rendre ce troisième tiers encore plus indécis. Le vœux est exaucé par ce "renard des surfaces" qu'est Steven Cacciotti, à l'affût d'un rebond générant une grosse confusion (4-4 à  39'21")...

MulleRongeant toujours son frein, Benjamin Breault voit, du "mitard", Fabien Leroy s'emmêler les pinceaux à la ligne bleue offensive... et permettre à Alexandre Mulle de s'offrir une belle échappée ! Mais Hočevar sort vainqueur de son duel singulier avec l'ancien junior rouennais (41e), imité dans la foulée par un Buysse très inspiré devant Perna, au rebond d'un lancer dévié en supériorité (45e). La grande spécialité d'un Francis Meilleur pas mauvais relanceur... et instigateur de lancers gagnants à être déviés !

Sur un coup de dés...

Virant au bras de fer, ce "derby" tourne également au duel de gardien. Mais comme la finition fait cruellement défaut aux Dauphins, Buysse s'en tire plutôt bien : les deux reprises à bout portant d'Anže Kuralt (52'17") et Steven Cacciotti (54e) n'étant pas cadrées.

Et comme souvent en pareil cas, c'est l'adversaire "dominé" qui force la décision sur une récupération. Sébastien Gauthier servant de rampe de lancement à Mikael Eriksson. L'ailier suédois menant le deux-contre-un côté droit, préférant ignorer son coéquipier (Åhsberg) pour lui-même porter le coup de grâce. Et faire une dernière fois trembler les filets (4-5 à 56'29").

Cette fois, les hommes de Marciano ne s'en relèveront pas. Ils vont même friser le sixième but sur une relance ratée de Cacciotti interceptée par un Eriksson forçant Hočevar à s'employer. Une dernière fois, avant de déserter sa cage (59'17") pour un ultime powerplay inexploité...

Battus sur un coup de dés par d'accrocheurs dijonnais, les hockeyeurs spinaliens ont payé cher leurs "courants d'air" du deuxième tiers. Et par la même grillé leur premier joker à Poissompré. Un fort sentiment de frustration transpire donc des rangs vosgiens, où l'on reconnaît sans détour avoir gaspillé une belle occasion de l'emporter contre un adversaire à leur portée.

Ce sont donc deux points de perdus pour les Dauphins, pas sûrs de pouvoir engranger dans les jours et semaines à venir avec leur calendrier très compliqué, fait d'un prochain déplacement à Grenoble et de la réception d'Angers...

Réactions d'après-match (dans le Bien Public) :
Henri-Corentin Buysse (gardien de Dijon) : "Défensivement, on était vraiment mal organisé. C'était un peu du grand n'importe quoi. J'ai l'habitude d'avoir beaucoup de boulot ! Cela ne me dérange pas, car quand on est gardien ce qu'on veut, c'est faire des arrêts. Au final, le plus important c'est d'arriver à gagner les matches. [...] Cela fait du bien, mais il va falloir bosser pour gagner plus facilement des matches comme ça. Car on était au-dessus d'eux."

Épinal - Dijon 4-5 (2-2, 2-2, 0-1)
Samedi 14 septembre 2013 à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1000 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo assisté de Joffrey Yssembourg et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Épinal 41' (4', 2'+10'+5'+20', 0') ; Dijon 43' (8, 2'+5'+20', 8').
Tirs : Épinal 38 (14, 13, 11) ; Dijon 34 (10, 11, 13).

Évolution du score :
0-1 à 03'18" : Eriksson assisté de Gauthier et Mulle
1-1 à 09'40" : Plch assisté de Petrák et Kuralt (sup. num.)
1-2 à 14'51" : Decock assisté de Roussel (sup. num.)
2-2 à 16'03" : Perna assisté de Breault assisté de Meilleur (sup. num.)
2-3 à 27'21" : Ritz assisté d'Åhsberg et Andersson
2-4 à 29'35" : Åhsberg assisté d'Andersson
3-4 à 30'47" : Plch assisté de Petrák et Kuralt
4-4 à 39'21" : Cacciotti assisté de Petrák et Ouimet
4-5 à 56'29" : Eriksson assisté de Gauthier

 

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar (sorti de sa cage à 59'17").

Défenseurs : Maxime Ouimet - Francis Meilleur ; Peter Slovák [puis Martin Charpentier] - Fabien Leroy [puis Sušanj] ; Gašper Sušanj [puis Leroy] - Yoann Chauvière.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault [Pivron de 34'39" à 44'39"] - Dominic Perna ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Pierre-Charles Hordelalay - Yannick Offret [puis Kevin Benchabane et Victor Pivron à partir de 44'39"].

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Maxime Martin. Absents : Romain Mauffrey (blessé), Pierre Mauffrey (gardien surnuméraire).

Dijon

Gardien : Henri-Corentin Buysse.

Défenseurs : Emmanuel Boudreau - Maxime Robichaud (A) ; Thomas Roussel - Michal Korenko ; Quentin Mahier - Benoît Quessandier (C).

Attaquants : Johan Andersson - Nicolas Ritz - Daniel Åhsberg ; Mikael Eriksson - Sébastien Gauthier - Alexandre Mulle ; Thomas Decock [puis Peter Valier à 36'02"]  - Stephen Dugas - Aram Kevorkian.

Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Nicolas Lacroix. Absent : Pierre Crinon (suspendu).