Épinal - Mulhouse (Coupe de la Ligue, poule B, 2e journée)

En rouge et noir...

Breault ChipauxCensés ne plus s'affronter aussi souvent cette saison avec la relégation des Scorpions en division 1, Haut-Rhinois et Vosgiens en sont déjà à leur troisième confrontation. Rien de bien inédit à priori, sauf qu'Épinal étrenne, pour l'occasion, son nouveau chandail spécial Coupes nationales. Un détail comparé à l'objectif premier de cette soirée : renouer avec le succès après le tout récent "couac" dijonnais (4-5)...

Cet énième "derby" spinalo-mulhousien doit donc contribuer à relancer des Dauphins plutôt performants offensivement, mais encore très perfectibles défensivement. L'arrière-garde lorraine, appelée à serrer les rangs, n'est pourtant pas diminuée. Contrairement à celle des Scorpions, toujours privée des services d'un Aleksandrs Galkins purgeant le troisième de ses quatre matchs de suspension. La raison d'une telle sanction à l'égard du défenseur letton ? Ses agissements coupables lors du sulfureux Strasbourg-Mulhouse disputé à Poissompré le 1er septembre dernier. Un duel "fratricide" durant lequel Ondřej Poživil s'était lui-aussi tristement "distingué".

Les deux matchs de suspension attribués à l'arrière tchèque lui auront donc valu de rater les premières rencontres officielles des Scorpions à la maison. La difficile victoire de ses nouveaux coéquipiers sur l'étonnant promu choletais (3-2) puis la défaite, en Coupe de la Ligue, subie aux mains du grand rival strasbourgeois (3-6). Des faits qui commencent à dater, Mulhouse n'ayant pas joué ce samedi (le déplacement des Scorpions à Lyon étant décalé au 28 septembre).

En attendant de retrouver son ancienne glace de Charlemagne, Guillaume Richard doit ce soir officier à Poissompré, contre un adversaire décidé à faire oublier son faux-pas dijonnais. Des Spinaliens privés de leur capitaine Steven Cacciotti (préservé en raison de douleurs cervicales) et parés d'étonnants maillots aux couleurs noires et rouges... des Scorpions.

Désigné pour remplacer l'Italo-canadien sur l'aile gauche du premier trio, Yoann Chauvière n'a pas seulement engagement breault uoladû jouer les capitaines intérimaires. Il lui a également fallu profiter de l'échauffement pour retrouver quelques repères au poste d'attaquant et se familiariser à ses nouveaux compères, Dominic Perna et Benjamin Breault. Un duo parfaitement couvert par Maxime Ouimet, aussi sûr dans ses interventions que précis dans ses relances et ses transmissions.

Passant rarement au travers de ses duels face aux attaquants, le Canadien n'est pas seulement le leader des lignes arrières. Il a également tout d'un vrai joueur de caractère, qui ne manque pas de répondant physiquement et peut à tout moment servir de rampe de lancement pour Breault, Perna ou même Chauvière, tout près d'ouvrir le score sur une longue ouverture du numéro trois (01'16").

Parti s'essayer, du revers, après avoir fait parler son explosivité (02'13"), Pierre-Charles Hordelalay va lui signer une échappée précédant la première pénalité de la soirée. Un faire trébucher reproché à Mathieu Chevalier (03'01") qui ne permettra toutefois pas à l'ICE d'affirmer sa (nette) supériorité, tant collective qu'individuelle. Le temps de jeu est pourtant équitablement réparti entre les quatre trios, ce qui permet aux principaux cadres de "s'économiser"Kuralt2 en vue des prochaines échéances.

Inspirés par la solidité d'Ouimet, ses coéquipiers s'appliquent défensivement. Sans véritablement donner l'impression de forcer leur talent, mais en s'impliquant suffisamment pour étouffer les (timides) velléités d'un adversaire ayant mis plus de dix minutes à déclencher son premier tir cadré. Et encore, sur un contre en infériorité de Levasseur qui verra Joly reprendre à bout portant, pour une tentative stoppée en deux temps (10'48").

Mais trouver le chemin des filets n'est qu'une question de temps pour les Dauphins, qui arrivent à leurs fins sur un parfait décalage de Ján Plch profitant à Michal Petrák. Le vétéran slovaque, bien servi dans l'enclave par Ouimet, pivotant près du rond d'engagement pour remettre à sa droite, vers un Petrák n'ayant plus qu'à pousser la rondelle dans une cage ouverte à tous vents (1-0 à 11'22"). Guillaume Richard n'a pas suivi sur le mouvement...

Loin de se relâcher, les locaux maintiennent leur pression pour éloigner toute forme de danger, à l'image d'un Ouimet s'érigeant en muraille infranchissable pour quiconque approcherait Hočevar d'un peu trop près (comme Pavel Mrňa, venu le défier en un contre un, 16'38")...

Et sous l'impulsion d'un Maxime Ouimet taille patron, les Dauphins finissent par doubler la mise. Petrák décrochant pour récupérer la passe d'Ouimet avant de renverser, côté gauche, vers un Kuralt arrivant lancé. L'ailier slovène poursuivant son débordement avant de repiquer vers la cage, éliminant l'ultime défenseur pour habilement se jouer du gardien, en le couchant sur sa ligne pour glisser la rondelle entre sa mitaine et son poteau (2-0 à 18'00"). Un montant qu'Anže Kuralt, proprement déchaîné, touche dans la foulée (18'26"), après s'être procuré une nouvelle opportunité (18'14")...

Sans surprise et sans suspens

La logique hiérarchique est largement respectée à l'issue d'un premier tiers qu'Épinal termine sans Peter Slovák, sorti sur blessure (au coude)... en supériorité ! Les cinquante secondes restantes sont reportées à l'entame d'un acte médian lancé par ce break de Breault, parfaitement mis sur orbite par ChaRichard Guillaumeuvière suite à une récupération d'Ouimet en zone défensive (22'06"). Un duel singulier que le centre canadien ne pourra mener à bien, frustré par un Guillaume Richard aussi inspiré qu'Andrej Hočevar sur ce coup. L'international slovène déjoue Raphaël Papa, pourtant bien placé à bout portant (22'28").

Animés de bien meilleures intentions qu'en première période, les Scorpions mettent (enfin !) Hočevar à contribution. Mais l'ancien portier des Ducs d'Angers essuie sans coup férir cette subite "pluie" de lancers. Sans se faire surprendre par ce tir voilé du plus offensif des jumeaux Uola (24'10").

Dégainant sa mitaine sur un slap de Lucas Bini, le natif de Ljubljana sortira un arrêt servant de base au troisième but spinalien de la soirée. Un contre mené à la vitesse "grand V" par un Anže Kuralt utilisant le défenseur comme écran pour s'essayer d'un tir puissant. Au grand dam de Richard, resté sans réaction devant son "boulet de canon" (3-0 à 29'10") !

Pareille impuissance se retrouve dans la quatrième réalisation "maison", œuvre d'un Benjamin Breault tirant sur réception... d'une relance axiale d'Ondřej Martinka ! Le défenseur tchèque ayant paré au plus pressé dans son dégagement, intercepté dans l'enclave par le Québécois, qui ne s'est pas fait prier pour expédier la rondelle sous la barre de Richard (4-0 à 30'47").

Cela tourne à la démonstration pour les Scorpions, dépassés quand le jeu tend à s'accélérer et tout près de voir l'addition se corser sur un changement de ligne permettant à Kuralt de lancer Breault côté droit. S'ensuit un tir excentré sur le montant (33'54"). La dernière "frayeur" d'une sale soirée pour Guillaume Richard, presque aussitôt remplacé par Mickaël Muller (34'14") lors d'un arrêt de jeu dicté par l'attribution d'une pénalité.

MarchandAyant fait le plus dur, les Dauphins terminent "tranquillement" ce deuxième tiers-temps. Mais sans pour autant négliger l'aspect défensif du jeu, comme sur ce pressing très appuyé d'un Petrák finissant par subtiliser le palet à un Mrňa bien moins agressif qu'à l'accoutumée pour le refiler à Plch, dont le tir est bien bloqué par Muller (36'23"). Lequel devra s'employer, au retour des vestiaires, pour contenir l'assaut d'un Benjamin Breault bien lancé par Maxime Ouimet et venu l'inquiéter après avoir crocheté Aki Uola (43'49").

Ne laissant rien passer, Andrej Hočevar reste fort durant les (très) rares temps faibles de ses coéquipiers, gardant ainsi sa cage inviolée jusqu'à l'entrée de sa doublure Pierre Mauffrey (48'07").

L'ex-universitaire toulousain, revenu cet été dans son bercail spinalien, se voit affublé d'une "grosse" responsabilité. Terminer l'œuvre engagée par son aîné, qui était bien parti pour "blanchir" les Scorpions.

Une mission presque accomplie par Mauffrey, jouant du bouclier pour détourner l'essai de Poživil (51'16") et freiner les ardeurs des Bini, Papaux et autres Chipaux. Mais Michaël Marchand joue les rabat-joie en privant l'ICE d'un jeu blanc mérité, d'un tir en pivot effleuré par la mitaine d'un Pierre Mauffrey légèrement pris à contre-pied (5-1 à 58'20"). Fabien Leroy, d'un maître-tir en pleine lucarne, a passé la cinquième couche quelques instants auparavant, après avoir été parfaitement décalé par Ján Plch et Michal Petrák en supériorité (5-0 à 54'04")...

Punis de leurs manquements défensifs samedi, les Dauphins ont refait le plein de confiance, démontrant qu'ils avaient retenu les leçons de leur "accroc" dijonnais en faisant preuve d'application et d'efficacité... sans jamais tomber dans la facilité. C'était là l'unique piège à éviter dans ce "derby" dépassionné...

 

Épinal - Mulhouse 5-1 (2-0, 2-0, 1-1).
Mardi 17 septembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 650 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Sébastien Geoffroy et David Courgeon.Mauffrey
Pénalités : Épinal 8' (0', 4', 4') ; Mulhouse 14' (6', 4', 4').
Tirs : Épinal 34 (13, 11, 10) ; Mulhouse 25 (2, 9, 14).

Évolution du score :
1-0 à 11'22" : Petrak assisté de Plch et Ouimet
2-0 à 18'00" : Kuralt assisté de Petrák (sup.num.)
3-0 à 29'10" : Kuralt assisté de Ouimet et Hočevar
4-0 à 30'47" : Breault
5-0 à 54'04" : Leroy assisté de Petrák et Plch (sup. num.)
5-1 à 58'20" : Marchand assisté de Papa et Papaux

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar puis Pierre Mauffrey à 48'07".

Défenseurs : Peter Slovák - Gašper Sušanj ; Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Martin Charpentier - Fabien Leroy.

Attaquants : Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yoann Chauvière (C) - Benjamin Breault - Dominic Perna ; Anthony Rapenne - Pierre-Charles Hordelalay - Yannick Offret ; Kevin Benchabane - Victor Pivron - Maxime Martin.

Absents : Steven Cacciotti (douleurs cervicales), Romain Mauffrey (blessé), Nicolas Ravel (G).

Mulhouse

Gardien : Guillaume Richard puis Mickaël Muller à 34'14".

Défenseurs : Ondřej Poživil - Ondřej Martinka ; Nicolas Lehericey - Aki Uola ; Mathieu Chevalier - Denis Vydrov.

Attaquants : Maxime Joly - Michal Klejna - Pavel Mrňa ; William Kern - Joé Dubé - Marc-André Levasseur ; Lucas Bini (C) - Niko Uola - Tarik Chipaux ; Michaël Marchand (A) - Mans Papaux - Raphaël Papa.

Remplaçant : Charles Ferrigno. Absents : Aleksandrs Galkins (suspendu), Kevin Fiset (douleurs à la cheville).