Brest - Rouen (Ligue Magnus, 2e journée)

Pas de miracle malgré une belle résistance

2013-09-21-Brest-RouenLe Rïnkla stadium copieusement garni retrouve avec plaisir la Ligue Magnus. La place forte brestoise, imprenable en match officiel depuis avril 2012 (quasiment un an et demi, excusez du peu), s’attend néanmoins à vaciller face à l’ogre rouennais. Et pour cause, les Normands sont au complet et doivent presque se sentir comme chez eux étant donné qu’ils ont disputé plus de matchs dans la cité du Ponant ces deux dernières semaines qu’à L’Ile Lacroix. Idem pour leurs nombreux supporters qui connaissent la route pour la patinoire bretonne par cœur à force de faire le déplacement.

Pour Brest, le contexte est plus difficile. Le banc breton, déjà court, s’est encore amoindri avec la perte d’Arnaud Goetz et Vladimir Holik à Angers en Coupe de la Ligue. Aurélien Gréverend est toujours en convalescence mais Daniel Carlsson, ancien joueur emblématique des Dragons, est bel et bien de retour.

On se souvient qu’en 2002 pour la première journée de Super 16, les Albatros étaient également lourdement handicapés par la blessure de leurs deux gardiens. Thomas Morvan, gardien de Division 3, avait alors été lancé dans le grand bain pour une prestation valeureuse malgré la défaite prévisible. Ce soir Michael Dupont est titulaire et Benoît Le Quemener, gardien de la réserve, est sur le banc à la place d’Arnaud Goetz.

Les Albatros avaient été asphyxiés d’entrée de jeu en amical il y a deux semaines. On craint vite à un mauvais remake lorsque Loïc Lampérier ouvre le score d’un tir en pivot sur la première supériorité numérique de la rencontre après quatre petites minutes de jeu (0-1 à 3’51’’). La pression rouennaise est énorme et s’exerce sur la cage du pauvre Dupont qui est pilonné.

Pourtant, contre le cours du jeu, Brest égalise sur une praline à la ligne bleue de David Hennebert qui prend à défaut Fabrice Lhenry (1-1 à 8’27’’). Le défenseur brestois n’est pourtant pas très offensif, mais il lui arrive de faire parler la poudre avec son tir comme ce fut notamment le cas l’an passé en finale de Division 1.

2013-09-21-Brest-Rouen1Les Dragons vont vite cracher à nouveau des flammes. Après un but marqué du patin logiquement refusé à Marc-André Thinel (9’19’’), Rouen s’y reprend à trois fois pour tromper Michael Dupont à bout portant. Malgré de belles parades du portier des bleus sur les tentatives de Yannick Riendeau et Julien Desrosiers, il ne peut rien sur le tir du troisième larron François-Pierre Guenette (1-2 à 11’37’’).

Les Albatros répondent par un 2 contre 1 du duo Michal Dian - Graham Avenel avorté de justesse par la défense visiteuse (12’58’’) qui semble avoir malgré tout quelques réglages à effectuer. Quelques trous laissés par-ci par-là et surtout des fautes commises qui finissent par se voir.

Brest ne profite pas des pénalités sifflées à l’encontre de Stanislav Hudec (15’30’’) puis Julien Desrosiers (17’51’’) malgré une très bonne récupération de palet au niveau des bandes et une occasion en or pour Michal Dian seul dans l’axe face à Lhenry mais qui tire à côté (18’28’’). Sentant les Rouennais fébriles et voulant sans doute voir ses joueurs égaliser avant la pause, Sébastien Oprandi prend son temps mort dans la foulée, mais cela est sans effet.

Anthony Rech plante le décor d’un deuxième tiers-temps au niveau de jeu intense. D’un tir très propre pleine lucarne, il inscrit le but du break peu après la reprise (1-3 à 21’55’). Juraj Stefanka relance les Bretons en étant sanctionné d’un cinglage (23’28’’). Sur un énorme oubli défensif de Rouen, Thomas Evans lance sur orbite Nicholas Pard qui remporte son duel d’un tir plein de sang froid en lucarne (2-3 à 25’16’’). Peine perdue, Thinel redonne deux buts d’avance aux jaunes et noirs moins d’une minute plus tard en exploitant un rebond laissé par Dupont (2-4 à 26’05’’). Rouen reste redoutable et compte bien garder la mainmise sur la rencontre.

Michal Dian, après une prestation remarquée mardi à Angers, est encore en verve ce soir. Andrej Tavzelj est fautif en accrochant le fin technicien slovaque provocant du même coup une supériorité numérique importante pour les Albatros (27’22’’). C’est la triplette canadienne Poulin-Croteau-Pard qui redonne espoir à tout un public en ramenant Brest à 3-4 (28’35’’).

Un vent de folie souffle alors sur la glace du Rïnkla où on trouve des Albatros déchaînés face à des Rouennais visiblement émoussés par tant de résistance. Dian, encore lui, frôle le montant de Lhenry d’un tir ras glace  (30’30’’). Brest patine dans tous les sens et exerce un pressing énorme. Ce temps fort est freiné par une prison d’Evans (32’50’’) que Rouen n’exploitera pas. Le jeu est propre et fluide jusqu’à la pause entre deux équipes bien décidées à jouer et à donner du bon spectacle.

2013-09-21-Brest-Rouen2Les Albatros entament bien la dernière période en se créant deux bonnes occasions. Graham Avenel en débordement sur l’aile droite ne cadre pas (41’10’’) et Erwan Pain a l’égalisation en bout de crosse mais son tir est repoussé par Lhenry (45’20’’). Signe de nervosité chez le champion en titre, Juraj Stefanka parle beaucoup et fort à ses coéquipiers de ligne (46’20’’).

Le tournant du match vient de Janos Vas qui dribble David Hennebert esseulé en défense avant de décocher un tir puissant sous la barre de Dupont. Le palet ressort sans bruit et les arbitres ne bronchent pas. L’espace d’une poignée de secondes le jeu se poursuit avant qu’un coup de sifflet retentisse et que l’arbitre principal accorde le but (3-5 à 47’25’’).

Rentré, pas rentré ? Toujours est-il que les Albatros ont pris un sérieux coup de bambou derrière le casque. La nervosité gagne les locaux qui sont punis par l’intermédiaire de David Croteau pour un accrocher (49’31’’). La dernière prison du match se termine comme la première : un but de Loïc Lampérier qui dévie cette fois un tir de Lauri Lahesalu (3-6 à 50’04’’).

Rouen s’offre quelques occasions de planter un septième but qui aurait été bien sévère pour des Brestois combatifs mais peinant physiquement et visiblement résignés en cette fin de match. La logique est respectée et le champion rouennais met ainsi fin à l’invincibilité de longue durée des Albatros sur leur glace. Défaite 6-3 pour Brest soit exactement le même score que le match d’ouverture du Super 16 en 2002.

Cette victoire les Dragons sont loin de l’avoir volée tant ils ont dominé globalement la rencontre. Ils ont cependant rencontré une farouche opposition qui n’aura cédé qu’à l’usure à dix minutes du terme de la rencontre.

Brest a montré un visage plus convaincant qu’en amical avec une belle résistance, s’offrant même une domination passagère à mi-rencontre. Comme contre Morzine et Angers, le physique, le moral et la concentration semblent avoir joué un rôle important. On constate encore deux derniers buts pris en l’espace de moins de trois minutes. Les Albatros souffrent pour l’instant d’un manque de fraîcheur physique qui les pénalise en fin de rencontre. Les nombreuses blessures subies depuis le début de saison ne les avantagent pas dans ce domaine. S’ils parviennent à exercer la même intensité pendant soixante minutes et à rester mobilisés après chaque but pris ou marqué, alors plus d’une équipe va chuter face à eux.

Commentaires d’après match (Source : Le Télégramme)

David Hennebert (défenseur de Brest) : «Mon premier sentiment reste la déception. On est déçu parce qu’on perd. Après, du point de vue du match, on s’est bien battus, on s’est défoncés. On a fait quasiment jeu égal pendant deux tiers. On perd sur des détails, sur un but litigieux, sur des pénalités sifflées au mauvais moment et peut-être encore sur un petit manque d’expérience. Rouen, ce n’est jamais une équipe qui impressionne forcément. Par contre, ils sont toujours là. Ils sont habitués à jouer ensemble et le résultat leur est comme souvent, favorable.»

Rodolphe Garnier (entraîneur de Rouen) : «Je pense qu’on aurait pu mieux démarrer. Maintenant, on était là pour prendre les deux points. Sur ce plan, la mission est accomplie. On aurait pu peut-être se la rendre plus facile, mais effectivement Brest a fait une grosse performance et ne nous a pas facilité la tâche. On aurait pu notamment, au deuxième tiers-temps, éviter les prisons qui nous ont coûté deux buts et qui n’étaient pas utiles. Ce sont des choses qu’il va nous falloir corriger pour les prochains matchs.»

 

Brest – Rouen 3-6 (1-2, 2-2, 0-2)
Samedi 21 septembre 2013 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1362 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Jérémie Douchy et Pierre Dehaen.
Pénalités : Brest 10' (4’, 2’, 4’), Rouen 10' (4’,4’, 2’).

Évolution du score :
0-1 à 03’51’’ : Lampérier assisté de Lahesalu et Vas (sup. num)
1-1 à 08’27’’ : Hennebert assisté de Pain et J. Avenel
1-2 à 11’37’’ : Guenette assisté de Desrosiers et Riendeau
1-3 à 21’55’’ : Rech assisté de Vas et Thinel
2-3 à 25’16’’ : Pard assisté d’Evans (sup. num)
2-4 à 26’05’’ : Thinel assisté de Lampérier et Guren
3-4 à 28’35’’ : Pard assisté de Croteau et Poulin (sup. num)
3-5 à 47’25’’ : Vas assisté de Thinel et Hudec
3-6 à 50’04’’ : Lampérier assisté de Lahesalu et Janil (sup. num)


Brest

Gardien : Michael Dupont.

Défenseurs  : Daniel Carlsson (C) – Thomas Evans ; Nicolas Motreff – David Poulin ; David Hennebert (A) – Gaëtan Cannizzo ; Clément Gonzales (à partir de 54’).

Attaquants : Michal Dian – Jaroslav Prosvic (A) – Graham Avenel ; Aïna Rambelo – David Croteau – Nicholas Pard ; Jonathan Avenel – Erwan Pain – Quentin Berthon ; Valentin Dumélié (à partir de 29’30’’).

Remplaçants : Benoît Le Quemener (G), Sacha Grimshaw, Jérémy Cormier, Dimitri Motreff. Absents : Aurélien Gréverend (luxation de l’épaule), Arnaud Goetz (genoux), Vladimir Holik.

Rouen

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Stanislav Hudec – Miloslav Guren ; Jonathan Janil – Lauri Lahesalu ; Andrej Tavzelj (A) – Léo Guillemain.

Attaquants : Julien Desrosiers – François-Pierre Guénette (A) – Yannick Riendeau ; Anthony Rech – Janos Vas – Marc-André Thinel (C) ; Romain Gutierrez – Loïc Lampérier – Juraj Stefanka ; Anthony Goncalves – Loup Benoit – Dimitri Thillet.

Remplaçants : Gabriel Girard (G), Aurélien Dorey, Raphaël Faure.