Dunkerque - Nice (Division 1, 3e journée)

skreckolukas17 septembre 2011, 22 septembre 2012, 21 septembre 2013 : le calendrier du Championnat de France de Division 1 offre parfois de drôles de coïncidences. La fin de l’été rime en effet depuis le retour de Dunkerque en Division 1 avec la venue des Aigles de Nice. À l’occasion de cette sorte de « derby des carnavals », Raffoux attend de ses protégés, vainqueurs à Reims, une confirmation face à des Niçois timides lors de la réception du Mont-Blanc, symbole d’une reprise tronquée. Laminés il y a deux ans (0-7) et battus de justesse l’an dernier (3-4), les hommes de Stan Sutor savent désormais à quoi s’attendre à l’occasion de ce long déplacement, même si seuls Andrej Brejka, Franck Fulop, Aurélien Macon, Jozef Slaninak et Karri Koivu ont vécu la soirée cauchemardesque de 2011.

Si les effectifs sont au complet, les deux équipes seront plutôt avares de jeu à forces égales au cours du premier tiers-temps. Dès la deuxième minute, Antoine Vanwormhoudt subit sur l’aile droite la faute de Lionel Simon. Le repli de Vladimir Kubus sur Nielsen, sur le point de reprendre un rare palet exploitable devant l’enclave, épargne Lukas Skrecko, jusqu’à la première faute de Daniel Pettersson, qui avait au préalable manqué sa relance.

Le jeu de puissance azuréen est bien plus percutant. L’écran du défenseur Raikkonen complique la tâche de Michael Dizgun, préféré à Marc-André Martel après sa bonne sortie en terre champenoise. Le Canadien maîtrise toutefois les lancers de Cerny et Varga. La pénalité tuée, les visiteurs poursuivent sur leur lancée par Koivu, dont le lancer passe à travers le défenseur Krajcik, et par le remuant duo Janneteau-Courcelles, à l’origine d’un faire trébucher de Bradac.

Deuxième infériorité écartée sans trop de difficultés, car Kapicka rate son essai sans contrôle et Varga en fait de même peu après. Le défenseur slovaque ne manque toutefois pas la tête de Maxime Brachet, percutée par son épaule, et glane le droit de se calmer pour dix minutes (12’58"). À son tour en avantage numérique, Dunkerque, en manque d’inspiration, s’en remet encore à son grand défenseur Jakub Bradac, au lancer puissant écarté par la botte de son compatriote. Une faute de Belov dans le dos de Latouche-Gauvin offre encore l’occasion à l’ancien Amnévillois de s’illustrer, sur ce qui semble être la dernière séquence d’unité spéciale avant la pause… Jusqu’à un nouveau coup de sifflet de Monsieur Rousselin à l’encontre de Daniel Pettersson, auteur d’une charge trop appuyée à son goût.

La sentence est quasi immédiate car, si le lancer de la bleue de Slovak est repoussé, le palet demeure derrière le but de Dizgun, où Slaninak sert un caviar à Andrei Brejka. Poussé par ce dernier, le palet franchit la ligne au moment où la sirène retentit (0-1 à 19'59"). Désireux de se racheter, Daniel Pettersson reprend le jeu avec abnégation, lançant le caoutchouc en force vers Lukas Skrecko, contraint de concéder un rebond. Devançant Ales Cerny, le Suédo-Canadien récupère le palet derrière le but mais subit, à son grand désarroi, à nouveau le courroux de l’arbitre. De geôle, son incompréhension n’est pas encore dissipée que le duo Courcelles-Janneteau se remet en marche. Isolé à droite de la cage par le premier, le second trouve d’abord le bâton de Michael Dizgun sur la trajectoire de son lancer, avant de le rediriger au fond des filets (0-2 à 23'08").

Les Corsaires n’abdiquent aucunement et se procurent plusieurs occasions de recoller dans la foulée. Très en vue, Tommy Latouche-Gauvin croit ainsi inscrire son premier filet sur une passe en retrait de Cyr, mais Skrecko sort le grand jeu sur un double arrêt (27’35"). On retrouve le duo québécois sur une déviation de Cyr au ras du poteau et une passe de Domian vers Latouche-Gauvin, seul face au but mais trop court pour reprendre le palet. Laissant passer l’orage, Lukas Skrecko remet en place sa cage et son masque, histoire de permettre à ses équipiers de reprendre leur marche en avant. Une fois la dernière alerte Thomas-Pettersson évanouie, la contre-attaque est amorcée par Janneteau et conclue par Anthony Courcelles, qui contourne la cage (0-3 à 34'36").

Ce troisième but, inscrit en infériorité numérique, assomme les Nordistes. Sur l’action suivante, Koivu écarte le jeu à droite vers Slovak, devant lequel un boulevard s’ouvre pour mieux servir le Finlandais, tranquillement posté devant le but grand ouvert (0-4 à 35'05"). Dunkerque retrouve les vieux démons aperçus lors de la réception d’Anglet. Le palet échu en zone défensive à Tommy Latouche-Gauvin est subtilisé par Michal Kapicka, déjoué par le cerbère local. La fin de tiers peut toutefois permettre aux hommes de Carl Michaelson de réduire l’écart, par les fautes successives de Brejka et Kubus. Mais l’épaule de Srecko reste ferme face à Latouche-Gauvin et sur la double supériorité numérique, un nouvel engagement en zone offensive est perdu par les Corsaires.

C’est donc sans grand espoir que ces derniers abordent l’ultime période, marquée par une succession d’erreurs de transmission et de fautes de déconcentration non exploitées par les Aigles. Comme un symbole, souvent chassé du cercle d’engagement par son nouvel ami Rousselin, Stefan Pettersson retrouve la prison pour avoir percuté Ales Cerny en zone offensive. Il faut alors un sauvetage sur la ligne du revenant Grégory Dubois, sur un lancer puissant de Varga, pour éviter le naufrage. L’ancien défenseur international s’illustre ensuite sur le plan offensif, d’un boulet de canon repoussé sur Tommy Latouche-Gauvin. Le buteur venu de Nantes, transformant le rebond, trouve ainsi la juste récompense de ses efforts jusque-là non suivis d’effets (1-4 à 52'01").

Certes, dans la foulée, la paire scandinave Nielsen-Pettersson s’approche de la cage solidement gardée par Srecko. Le seul résultat de cette escarmouche est une échauffourée, à l’issue de laquelle les pugnaces Thomas et Varga sont renvoyés au vestiaire. En supériorité suite à ces incidents, Dunkerque commet deux nouvelles fautes synonymes de fin pour ses minces espoirs. Sans contrôle, Ales Cerny transforme la passe vers la droite de Slovak en cinquième but (1-5 à 52'18"). Dans une fin de match débridée, les deux formations parviendront à trouver chacune le fond des filets, d’une façon assez similaire : Brachet pour Dunkerque (2-5 à 56'29"), Janneteau pour Nice (2-6 à 56'59") profitent en effet tour à tour d’une position excentrée pour tromper un gardien sur lequel le palet ricoche malencontreusement.

Avec cette large victoire, les hommes de Stan Sutor et Pascal Margerit ont brillamment vaincu le mauvais sort qui accompagnait leurs derniers déplacements sur les bords de la Mer du Nord. La défense solidement positionnée devant la cage de Srecko, ainsi qu’une attaque diversifiée ont constitué autant d’équations difficilement solubles pour un HGD trop brouillon pour espérer créer l’exploit. À l’image de Daniel Pettersson, dans le colimateur du trio arbitral, les Corsaires semblent encore en rodage, alternant modifications de lignes et erreurs techniques voire tactiques rédhibitoires face aux cadors du championnat.


Dunkerque – Nice 2-6 (0-1, 0-3, 2-2).
Samedi 21 septembre 2013 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 700 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Sébastien Levasseur et Jérémy Kahli.
Pénalités : Dunkerque 55' (6’, 2’, 12’+5’+10’+20’), Nice 96' (6’+10', 6', 4’+5’+2x20’+25’).
Tirs : Dunkerque 30 (8, 12, 10), Nice 33 (10, 12, 11).

Évolution du score :
0-1 à 19'59" : Brejka assisté de Slovak (sup. num.)
0-2 à 23'08" : Janneteau (sup. num.)
0-3 à 34'36" : Courcelles assisté de Janneteau (inf. num.)
0-4 à 35'05" : Koivu assisté de Slovak
1-4 à 52'01" : Latouche-Gauvin assisté de Dubois et Cyr
1-5 à 52'18" : Cerny assisté de Slovak et Koivu
2-5 à 56'29" : Brachet
2-6 à 56'59" : Janneteau assisté de Cerny et Courcelles

Dunkerque

Gardien : Michael Dizgun.

Défenseurs : Grégory Dubois - Francis Ballet (A) ; Kristian Krajcik - Ghislain Folcke  (C) ; Jakub Bradac - Benjamin N'Guyen ; Benjamin Bataille.

Attaquants : Tommy Latouche-Gauvin - Mathieu Cyr - Maxime Brachet [Domian à 32’00"] ; Esben Nielsen - Daniel Pettersson - Clément Thomas ; Martin Domian [Brachet à 32’00"] - Loïc Destoop - Antoine Vanwormhoudt ; François Moretti à 20’00".

Remplaçants : Marc-André Martel (G), Brendan Martial, Antoine Houque.

Nice

Gardien : Lukas Skrecko.

Défenseurs : Alexis Besson - Milan Varga (C) ;  Ales Cerny - Joni Raikkonen ; Maxim Belov - Lionel Simon.

Attaquants : Andrej Brejka - Jozef Slaninak - Martin Slovak ; Karri Koivu - Vladimir Kubus - Michal Kapicka ; Aurélien Macon - Anthony Courcelles - Jérémie Janneteau ; César Fleury.

Remplaçants : Kevin Fouassier (G), Cédric Cheylan, Kévin Hamon, Benoît Maschi, Benjamin De Gubernatis.