Épinal - Amiens (Coupe de la Ligue, poule B, 4e journée)

La réponse du berger...Hocevar4

S'estimant lésés par l'indisponibilité de leurs cinq "bleuets" (les Leclerc, Thomas, Serer, Kazarine et autres Carpentier, essentiels à la bonne marche d'une équipe de France U20 mobilisée ces jours derniers), les Gothiques d'Amiens avaient obtenu des instances fédérales le report de leur déplacement à Épinal comptant pour la 4e journée de cette poule B très disputée. Une échéance initialement prévue mardi, mais repoussée à ce dimanche, au lendemain d'un rendez-vous crucial au Coliséum... contre Épinal !

Un match à ne surtout pas perdre pour les hommes d'Heikki Leime, qui restaient sur trois défaites d'affilée en championnat et se savaient dans l'obligation de l'emporter pour dissiper les effets d'une crise couvant depuis la victoire de Chamonix en Picardie (le 21 septembre dernier). On imagine donc la pression pesant sur les coéquipiers de Vincent Bachet, qui ont longtemps mené (2-0, puis 3-1) avant de se faire rattraper par leurs visiteurs. Des Vosgiens soutenus par un Hočevar des grands soirs, qui aura quasiment essuyé deux fois plus de lancers que Sopko... sans pour autant parvenir à "voler" la victoiren ! Le Slovène s'est incliné, aux penalties, sur deux réussites des inévitables Gascon et Bouchard...

Première pierre à l'édifice spinalien, ce point durement gagné permet à l'ICE d'enclencher la marche avant. Mais sans pour autant s'extirper des profondeurs du classement. Et plus qu'un besoin, battre Brest samedi prochain apparaît d'ores et déjà comme une impérieuse nécessité pour les Dauphins, qui devraient être bientôt renforcés par l'arrivée d'un "blueliner" canadien solidement référencé.

Le très expérimenté (et non moins rugueux) Mario Larocque (35 ans et 5 matchs de NHL avec Tampa Bay en 1999) est en effet fortement pressenti pour "muscler" un secteur défensif apparu trop souvent déficient ces derniers temps. Une arrière-garde qui devra particulièrement veiller à ne pas laisser la "fusée" Bouchard redécoller sur cette glace qu'elle aura si souvent enflammée l'an passé. L'actuel top-scoreur du championnat retrouve Poissompré pour la première fois depuis son départ au printemps dernier, à l'issue d'une saison marquée par ses trente-six réalisations (toutes compétitions confondues).

Bouchard danickAvec sa vitesse d'exécution et son sens du but exacerbé, Danick Bouchard est encore bien parti pour affoler les compteurs cette saison. Et d'autant plus s'il parvient à développer son degré de complicité avec Martin Gascon, l'un des grands noms d'une formation privée de son "guerrier" Mathias Arnaud, blessé à l'épaule samedi soir et remplacé par Romain Bault sur le troisième trio picard. Yannick Offret prenant lui la place de Dominic Perna (blessé au pied) au côté de Steven Cacciotti et Benjamin Breault... ce qui a pour principal effet de transformer Fabien Leroy en ailier droit !

Cet inédit repositionnement n'altère en rien les bonnes dispositions d'un ensemble spinalien appliqué et plus entreprenant, d'entrée, à l'image d'un Petrák trouvant Kuralt démarqué. Le Slovène cherche la lucarne opposée... mais ne trouve que la mitaine d'un Ramón Sopko très inspiré (01'29") !

Cette première occasion en appelle d'autres tant les Gothiques, apathiques, laissent le contrôle du jeu à des Dauphins autrement plus décidés. Un poke-check salvateur de Sopko empêche ainsi Breault de trouver Cacciotti au second poteau (02'30"). Gascon devant lui se rattraper de sa passe interceptée en contrant le slap de Chauvière (5e).

S'employant à gêner l'installation et la circulation du palet, le box-play spinalien perturbe grandement l'élaboration du premier powerplay de la soirée, né d'un accrocher de Fabien Leroy (04'16"). Yannick Offret allant même jusqu'à bousculer Martin Gascon, mal servi en retrait, pour récupérer la rondelle et l'envoyer loin devant. Vers un Pierre-Charles Hordelalay profitant de l'aubaine pour filer en échappée et marquer, d'un joli revers bien placé côté mitaine (1-0 à 06'08").

Récompensés de leur abnégation, les hommes de Raphaël Marciano mettent toujours autant de cœur à l'ouvrage, ce qui leur permet de contenir les timides assauts amiénois et de mettre le nez à la fenêtre, en s'appuyant notamment sur l'explosivité d'Anže Kuralt, qui a parfaitement trouvé sa place auprès de Ján Plch et Michal Petrák.

Mais c'est d'un autre Slovène qu'arrive le deuxième but spinalien, œuvre de Pierre-Charles Hordelalay lancé dans le dos de la défense par Fabien Leroy, suite à un tir de Romain Bault détourné par Andrej Hočevar. Hordelalay, ancien pensionnaire du centre de formation amiénois, ne manque pas son deuxième break de la soirée en parvenant à glisser la rondelle entre les jambières de Sopko (2-0 à 10'49").

Les Gothiques tentent bien sûr de réagir. Mais rien n'y fait. Cacciotti2Ouimet sert Bastien trop près du gardien (15'57"). Sans parler de ce renversement de Marius Serer permettant à Romain Bault d'armer un lancer lointain. Un tir qu'Hočevar repousse à sa droite, sur Kazarine, ce qui laisse un angle assez ouvert au jeune Amiénois... qui verra néanmoins le portier plonger pour vite le refermer (17'11") !

Faisant preuve du plus grand sérieux défensivement, les locaux sont rarement pris à défaut. Même lorsque Danick Bouchard tente d'y aller en solo et de dribbler (en vain) le gardien (17'35"). C'est qu'il ne manque pas une occasion de tirer et de rapidement projeter vers l'avant, l'ancien "dynamiteur" spinalien, finisseur attitré d'un premier trio peinant à faire la différence, tant collectivement qu'individuellement. Gascon trouve plus facilement Claireaux que Bouchard, surveillé de près par Meilleur et Ouimet.

Ce constat peut s'étendre à l'ensemble du secteur offensif picard, où Marius Serer ne rechigne pas à la tâche, imité par un David Bastien combatif à souhait, mais trop esseulé au côté d'un François Ouimet "tricotant" et patinant sans rien apporter de bien concret. On est loin d'un Anže Kuralt filant toutes voiles dehors, côté gauche, sans toutefois parvenir à se jouer d'un Kevin Dusseau bien replié, mais sanctionné d'un cinglage sur cette action (18'18"). S'ensuit une supériorité numérique anecdotique et sans grand danger pour les Gothiques, qui reviennent des vestiaires animés de bien meilleures intentions. Comme s'ils s'étaient (enfin !) décidés à élever leur niveau de jeu...

Un rempart nommé Hočevar

Sollicité comme jamais en ce début de soirée, Andrej Hočevar affronte cette soudaine pluie de lancers sans trembler, ne laissant aucun rebond devant Claireaux (20'30"), Carpentier (21'06") ou Bault, qui semble s'être fait une spécialité de tirer après chaque entrée en zone (20'44"). Même François Ouimet, pourtant à bout portant, voit sa reprise bloquée par l'international slovène (22'29"). Autant d'arrêts très propres ayant permis aux Dauphins de laisser passer l'orage... sans jamais perdre une opportunité de contre-attaquer !

Voyant le danger s'éloigner sur une faute de Marius Serer (25'45"), les Vosgiens gaspillent cette supériorité sur un mauvais contrôle de Ján Plch en zone offensive, à hauteur de son banc. Un raté immédiatement exploité par ce diable de Bouchard, qui met les gaz côté gauche pour mieux déborder Chauvière, pris de vitesse et contraint de le retenir pour ralentir cette course effrénée (26'22").

La pénalité différée qui suit ne donne toutefois rien, tout comme ce double avantage numérique généré par un accrocher sifflé à l'encontre de Slovák (27'53") et durant lequel Hočevar doit essentiellement s'employer sur un rebond consécutif au tir de Gascon (28'33"). Le centre canadien d'Amiens n'a pas plus de réussite sur un contre mené par Bouchard en tirant de peu à côté (31'38")...

BachetUne passe mal ajustée d'Ohlsson vers Dusseau, à la ligne bleue offensive, manque de profiter à Kuralt, qui jaillit hors de sa boîte et tente de s'échapper en se frayant un chemin entre les deux "colosses" d'Amiens. L'ailier slovène paraît accroché dans son approche (32'05") sans que cela ne fasse broncher les référés, qui ne manqueront pas d'envoyer Petrák au cachot pour sa crosse haute involontairement portée au visage de Bastien (32'14"). Mais que faire face à des Dauphins devenus "tueurs" de pénalités

Plus concernés, les Spinaliens sont aussi plus présents physiquement, à l'instar d'un Maxime Ouimet sans pitié envers Danick Bouchard, son ex-coéquipier, proprement "secoué" derrière cette cage si bien gardée. Mais si Hočevar circonscrit chaque début d'incendie, il reste impuissant sur ce "boulet de canon" expédié par Johan Ohlsson. Un slap aussi lointain qu'excentré nettoyant proprement la lucarne opposée (2-1 à 36'08").

À force d'insister, les hommes d'Heikki Leime ont donc fini par y arriver. Mais le plus dur reste à faire dans cette fin de deuxième tiers disputée sans Marius Serer (passé entre les mains du médecin) et marquée d'une grosse occasion avortée par Bachet (bien présent sur ce centre de Kuralt vers Plch, à l'affût devant Sopko, 37e). Une obstruction de Petrák (39'23") leur permet néanmoins d'amorcer le dernier vingt en supériorité...

Les Gothiques ont donc repris là où il en étaient restés. En zone offensive et en possession du palet, cherchant la faille et le lourd lancer d'Ohlsson. Et lorsque celui-ci est trouvé, son tir, insuffisamment appuyé, finit dans le "buffet" de Maxime Ouimet, qui met aussitôt Ján Plch sur les rails d'un break-away. Mais le vétéran n'excelle plus vraiment dans ce genre de situation. Et il n'y a donc rien d'étonnant à le voir perdre son duel face à Sopko (41'22")...

En ratant sa reprise suite à une bonne combinaison avec David Bastien et François Ouimet, Romain Carpentier laisse quant à lui filer une belle occasion d'égaliser (42'16"), surtout que les belles actions ne sont pas légion côté picard, où l'on se perd parfois dans des schémas stéréotypés. La passe de Valentin Claireaux vers Martin Gascon est ainsi coupée par Benjamin Breault, qui en profite pour piquer un sprint côté droit et finaliser son échappée d'un revers heurtant le masque de Ramón Sopko (46'48").

Breault  4

Loin de pousser les Dauphins dans leurs derniers retranchements, les Picards s'en remettent aux lancers cadrés (mais peu dangereux) d'Aziz Baazzi, régulièrement servi par un duo Bouchard-Gascon apparaissant sans solutions. Danick Bouchard fera pourtant poteau sortant, d'un puissant tir sur réception (54'18")...

Le temps s'égrène donc sans qu'Amiens ne paraisse en mesure de forcer le "verrou" spinalien. Pire encore, le troisième but vosgien ne passe pas loin sur ce débordement d'un Breault enrhumant "facilement" Dusseau pour s'essayer d'un revers relâché sur Cacciotti (56'09"). Et que dire de ce palet "fuyant" repris par Breault et suivi d'une passe en retrait sur Cacciotti, dont le tir est tant bien que mal repoussé par Sopko (57'35")...

Tentant le tout pour le tout, le duo Immonen-Leime prend alors un temps mort (58'36") et sort son gardien pour envoyer au front ses quatre meilleures individualités offensives (Bouchard, Gascon, Ouimet, Bastien) et ses deux défenseurs les plus offensifs (Santala et Ohlsson).

Le siège s'organise en zone offensive mais les Vosgiens, poussés par un public redevenu fervent (comme au bon vieux temps !), se démènent pour contrarier les desseins d'Amiens. Un effort collectif frustrant ces vélléités désordonnées, qui déboucheront sur une mauvaise passe de Bouchard récupérée par Meilleur, qui trouvera Cacciotti, puis Breault, pour une belle conclusion dans une cage vidée de son occupant (3-1 à 59'53").

Une rechute pour Amiens, un tremplin pour les Dauphins ?

Étonnement absents durant tout le premier tiers-temps, les Gothiques d'Amiens ont visiblement retrouvé leurs vieux démons du début de saison. Tant collectivement qu'individuellement, les Samariens n'ont rien montré d'emballant, affichant, par moments, un vrai manque de cohésion et de grosses difficultés à produire du jeu. Incapables de marquer, ils ne méritaient pas mieux que cette défaite, très logique au vu de leur triste représentation. Oui, quelque chose en eux ne tourne pas rond... et le malaise paraît profond !

Loin de ce genre de considérations, les "noir et rouge" ont eux communié avec leur public et savouré ce succès amplement mérité. Andrej Hočevar, plébiscité, n'est évidemment pas étranger au bon déroulement de la soirée, même s'il a pu bénéficier du bon soutien de ses défenseurs. En premier lieu Maxime Ouimet et Francis Meilleur, toujours aussi judicieusement appariés. Le dernier nommé, tout en sobriété, sortant souvent proprement le palet tout en apportant son écot au jeu en supériorité, avec son lancer gagnant à être dévié.

À n'en pas douter, les deux Canadiens ne pâtiront de l'imminente arrivée d'un nouvel élément (Larocque ?), qui pourrait précipiter l'un des cinq autres défenseurs de l'alignement sur le banc. À moins qu'un Chauvière ou un Leroy ne s'improvise attaquant...

Pas toujours considéré à sa juste valeur en ce début de saison, Pierre-Charles Hordelalay a lui remis les pendules à l'heure en rappelant ses indéniables qualités de buteur. Ne cherchez plus le finisseur ayant tant fait défaut au troisième trio spinalien ces dernières années. Il est arrivé de Reims cet été...

Réactions d'après-match (dans le Courrier Picard) :

Valentin Claireaux (attaquant d'Amiens) : "On enchaîne les défaites. Quand on croit se remettre sur les rails, on retombe. C'est de notre faute. À Épinal, on a vraiment poussé. On a touché deux fois les poteaux. Parfois, ça ne veut pas rentrer. Quand c'est comme ça, on ne peut rien y faire... Il y a un meilleur groupe que la saison dernière. Mais cela ne suffit pas. On dirait qu'on attend que quelque chose se passe pour jouer. Certains gars, comme Romain Bault, Martin Gascon et Vincent Bachet, ont pris la parole et dit que nous devions relever la tête. On est tous conscients que ça va peut-être commencer à tourner en notre faveur. On enchaîne mardi avec la réception de Mulhouse en Coupe de la Ligue puis on part vendredi soir à Briançon. Rejouer vite est une occasion de se remettre sur la bonne voie. On déteste perdre. C'est frustrant de voir que nos efforts ne paient pas. Mais ça va finir par payer."

 

Épinal - Amiens 3-1 (2-0, 0-1, 1-0)
Dimanche 6 octobre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 635 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Yann Furet et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 10' (2', 8', 0') ; Amiens 6' (4', 2', 0').
Tirs : Épinal 28 (10, 8, 10) ; Amiens 37 (9, 18, 10).

Évolution du score :
1-0 à 06'08" : Hordelalay assisté d'Offret (inf. num.)
2-0 à 10'49" : Hordelalay assisté de Leroy et Hočevar
2-1 à 36'08" : Ohlsson assisté de Bastien
3-1 à 59'53" : Breault assisté de Cacciotti et Meilleur (cage vide)

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Peter Slovák - Yoann Chauvière ; Martin Charpentier - Gašper Sušanj.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Yannick Offret ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Anthony Rapenne - Pierre-Charles Hordelalay - Fabien Leroy.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Kevin Benchabane, Maxime Martin, Kevin Pernot. Absents : Dominic Perna (pied), Victor Pivron (lumbago).

Amiens

Gardien : Ramón Sopko (sorti de sa cage à 58'36").

Défenseurs : Aziz Baazzi - Jimi Santala ; Kevin Dusseau - Johan Ohlsson ; Vincent Bachet (C) - Nicolas Leclerc.

Attaquants : Valentin Claireaux - Martin Gascon (A) - Danick Bouchard ; Romain Carpentier - David Bastien - François Ouimet ; Fabien Kazarine - Marius Serer (A) - Romain Bault.

Remplaçant : Léo Bertein (G). Absents : Mathias Arnaud (épaule), Rémi Thomas.