Dunkerque - Mont-Blanc (Division 1, 4e journée)

chartontomLes Corsaires redressent la barre

Au cœur d’une série de cinq rencontres de suite à domicile, Dunkerque reçoit une autre formation en quête de points, les Yétis du Mont-Blanc, au compteur toujours bloqué sur le zéro. Le public de Michel-Raffoux attend une réaction de ses protégés, toujours en difficulté pour fournir un effort sur soixante minutes, comme la remontée des vaillants Montpelliérains l’a démontré la semaine précédente. Une banderole aussi courte qu’explicite accompagne d’ailleurs leur entrée sur la glace : « Vaincre ».

Malgré les couleurs roses arborées par les joueurs locaux comme en octobre dernier pour soutenir la recherche contre le cancer, l’attention des supporters nordistes est vite réorientée vers d’autres acteurs de la rencontre, à savoir les membres du trio arbitral. La raison ? Une série de quatre coups de sifflet pas toujours du goût des deux formations, qui envoie les Maritimes Dubois et Brachet, ainsi que les Haut-Savoyards Valerian Croz et Lazzaroni en prison alors que le chronomètre n’affiche que 02’19". La situation sied parfaitement aux visiteurs, malgré les efforts en infériorité de Daniel Pettersson, d’un premier tir en contre-attaque sur la droite et d’un sauvetage devant la cage devant Etienne Croz. Dizgun effectue son premier sauvetage dans la foulée, à la suite d’une passe de Coulon pour Aimonetto, arrivé en trombe. Le vétéran tient sa revanche d’un savant lancer, dans une position fort excentrée, vers le dessous de la barre (0-1 à 02'03").

Avec un homme de moins, les hommes d’Alain Boisson voient les lancers dunkerquois passer hors du cadre, avant de riposter de la plus belle des manières sur une interception de leur capitaine Romain Orset, à la feinte décisive dans son duel avec le cerbère italo-canadien (0-2 à 02'52"). Pas de quoi réjouir Raffoux, d’autant que Michael Dizgun doit faire face à une série de lancers, souvent lointains, ayant pour seul avantage de le rassurer. Clément Thomas prend alors les choses en mains sur une sortie de zone rapide, s’échappant sur la droite pour tromper Tom Charton d’un lancer croisé surpuissant (1-2 à 07'36"). Le cours de la rencontre s’en trouve bouleversé, les Yétis étant désormais bousculés après une entame sereine. Mathieu Cyr harcèle Richard Aimonetto, le dépossède du palet et va seul défier Charton, en vain (08'10"), ses équipiers occupant la zone offensive dans la foulée. La botte de l’ancien portier chamoniard écarte un nouveau missile, venu de Moretti, puis un lancer expédié vers sa lucarne par Folcke, bien servi par Pettersson. Le cinglage d’Aimonetto illustre sur cette action les difficultés de l’Entente, sans conséquences néfastes car le jeu de puissance des hommes de Carl Michaelson toussote encore.

La période médiane est initiée par deux fautes roses et autant de frayeurs… pour le Mont-Blanc. Sur la première, Francis Ballet prend le palet à Jesse McConney et va défier Charton, solide sur le tir surpuissant. Puis le gardien visiteur sort de sa cage pour relancer le palet, qu’il expédie sur l’armature de sa cage… Les bévues ne sont pas l’apanage des Alpins, car Bradac se troue à son tour devant Orset. Malgré plusieurs atermoiements, l’attaque massive des noirs parvient à ses fins grâce à un coup de génie de Richard Aimonetto. Posté sur la droite du but, l’ancien Amiénois dévie opportunément un essai hors-cadre de Jesse McConney (1-3 à 26'56"). Le public commence à montrer certains signes d’agacement, tout comme Francis Ballet sur une décision arbitrale sanctionnant Pettersson en zone neutre. Privée de l’ancien Brestois, la défense flanche encore sur une montée du grand Lazzaroni, McConney profitant d’un relâchement pour proposer un nouveau lancer, écarté du bâton par Dizgun.

Heureusement pour eux, les Corsaires bénéficient de l’énergie apportée par le trio Thomas-Brachet-Nielsen. Déjà à l’origine de la première riposte sitôt le troisième but concédé, le Danois isole Clément  Thomas, dont le lancer file vers la lucarne, est repoussé par Charton, mais Domian manque de spontanéité pour récupérer le rebond. Un cinglage discuté de Maxime Charette offre aux locaux un avantage numérique en deuxième partie de tiers-temps. Situation vite mise à profit par Esben Nielsen, à la récupération d’une mine de Bradac repoussée in extremis par Charton (2-3 à 35'01"). Il n’en fallait pas plus pour stimuler un public remis en selle. Les décibels redoublent lorsque Clément Thomas remet le couvert d’un nouveau missile de la droite, copie-conforme de son premier coup de semonce (3-3 à 38'48").

L’équilibre initial rétabli, un nouveau festival de pénalités inaugure le dernier tiers. Ballet, en prêtant main forte à ses attaquants, et Tommy Latouche-Gauvin, en débordant Lazzaroni, provoquent deux fautes en une demi-minute, seul leur partenaire Dubois, en reprenant illicitement Arthur Coulon, étant puni entre-temps. Dunkerque se retrouve donc avec un homme supplémentaire et ne laisse pas passer l’occasion de prendre pour la première fois les devants, la passe vers la droite de Krajcik étant reprise sans contrôle par Martin Domian (4-3 à 42'31").

Soulagement pour le Slovaque qui, aux dépens d’un Charton trop court sur son déplacement, ouvre enfin son compteur, après plusieurs saisons très prolifiques au niveau inférieur. Mais pas encore pour les Maritimes, la passe-abandon de Coulon pour McConney étant dangereuse pour Dizgun. Certes, sur une nouvelle supériorité, Kristian Krajcik se démène pour chercher à placer le disque entre les bottes de Charton puis isoler Cyr. Une hésitation de Bradac offre aux Yétis une opportunité de contre par Orset, dont le service pour Julien Laplace contraint le portier venu de NCAA à un plongeon salvateur. Un faire-trébucher peut relancer les hommes d’Alain Boisson, mais Romain Orset, parti en échappée, se rate au moment de défier l’ultime rempart italo-canadien, puis Coulon casse sa crosse en lançant, Jesse McConney manquant ensuite le cadre.

Un cinglage de Sacha Jean, trop engagé en zone d’attaque, et une méconduite signifiée à Arnaud Lazzaroni placent les Corsaires en position idéale. Leur efficacité en jeu de puissance scelle le sort de la rencontre : une nouvelle fois force, Clément Thomas valide son triplé (5-3 à 51'49"), puis Esben Nielsen récupère un dégagement hasardeux de Charton et l’expédie sous la barre depuis la droite (5-3 à 53'17"). Alain Boisson réclame son temps-mort, mais ses hommes devront encore patienter pour décoller au classement. Tout juste parviendront-ils à adoucir la note par leur actif défenseur Jesse McConney, qui s’avance pour mieux ajuster Michael Dizgun (6-4 à 56'00").

À la différence de précédentes sorties, les Dunkerquois n’auront pas levé le pied dans le dernier acte. Les erreurs de transmission d’une défense où Kristian Krajcik s’impose de plus en plus seront à corriger pour la venue des Boxers. Sous la férule d’un trio Nielsen-Brachet-Thomas omniprésent et explosif alors que l’homme en forme Latouche-Gauvin était diminué pour cette rencontre, les Corsaires ont pris la mesure de Haut-Savoyards aussi renforcés par la vista de Richard Aimonetto que pénalisés par leur indiscipline aux moments clés.

Commentaires d'après-match

Carl Michaelson (entraîneur de Dunkerque) : "La victoire fait du bien. À égalité numérique, je pense que nous avons une meilleure équipe, mais il faut encore travailler le box-play. Dès l’entame nous avions de l’énergie positive, mais celle-ci doit être contrôlée. Les erreurs constatées seront à corriger tout au long de la semaine. Les trios ne sont pas forcément fixés, car je dispose de joueurs capables de jouer partout, à l’image de Moretti, Destoop ou Martial. Les joueurs ont proposé de bons jeux, ont évolué en équipe. Jouer autant de fois de suite à domicile n’est ni un avantage ni un inconvénient, il faut jouer de la même manière à l’extérieur, se concentrer sur notre jeu et comment l’améliorer."


Dunkerque – Mont-Blanc 6-4 (0-1, 0-3, 2-2).
Samedi 5 octobre 2013 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 800 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Guillaume Gardiol et Jérémy Kahli.
Pénalités : Dunkerque 30' (4’, 6’+10’, 10’), Mont-Blanc 34' (6’, 4', 14’+10’).
Tirs : Dunkerque 40 (12, 15, 13), Mont-Blanc 39 (16, 13, 10).

Évolution du score :
0-1 à 02'03" : Aimonetto assisté de Orset et McConney (sup. num.)
0-2 à 02'52" : Orset assisté de Cocar et McConney (inf. num.)
1-2 à 07'36" : Thomas assisté de Bataille et Brachet
1-3 à 26'56" : Aimonetto assisté de McConney et Coulon (sup. num.)
2-3 à 35'01" : Nielsen assisté de Bradac et Brachet (sup. num.)
3-3 à 38'48" : Thomas assisté de Nielsen et Brachet
4-3 à 42'31" : Domian assisté de Krajcik et Pettersson (sup. num.)
5-3 à 51'49" : Thomas assisté de Nielsen et Brachet (double sup. num.)
6-3 à 53'17" : Nielsen assisté de Thomas et Bradac (sup. num.)
6-4 à 56'00" : McConney assisté de Coulon et E. Croz (sup. num.)

Dunkerque

Gardien : Michael Dizgun.

Défenseurs : Grégory Dubois - Ghislain Folcke  (C) ; Kristian Krajcik - Francis Ballet (A) ; Jakub Bradac - Benjamin Bataille.

Attaquants : Esben Nielsen - Maxime Brachet - Clément Thomas ; Daniel Pettersson - Mathieu Cyr (A) - Tommy Latouche-Gauvin ; Antoine Vanwormhoudt - Martin Domian - François Moretti ; Loïc Destoop, Brendan Martial.

Remplaçants : Marc-André Martel (G), Benjamin N'Guyen.

Mont-Blanc

Gardien : Tom Charton (sorti de 58’53" à 59’12" et de 59’22" à 59’46").

Défenseurs : Robin Garnier - Sacha Jean ; Victor Cocar - Jesse McConney ; Arnaud Lazzaroni - Quentin Boisson.

Attaquants : Maxime Charrette - Richard Aimonetto - Arthur Coulon (A) ; Romain Orset (C) - Étienne Croz - Valerian Croz ; Alexandre Chauvière - Julien Laplace - Raphaël Ranzoni.

Remplaçants : Pierre Navarro (G), David Gaydon, Adrien Gleveau. Absents : Lou Bogdanoff, Jordan Revel