Nuremberg - Mannheim (DEL, 11e journée)

logo NurembergLogo MannheimLes Ice Tigers de Nuremberg ont montré leurs crocs. Jamais une équipe de la DEL n'avait effectué un tel début de saison : une série de neuf victoires consécutives qui leur assure évidemment la première place au classement. Le huitième gain avait d'ailleurs permis d'effacer la série des Cannibals de Landshut en 1995, détenteurs de l'ancien record. Il a fallu attendre la 10e journée, donc vendredi, pour voir ce surprenant leader s'incliner face à Wolfsbourg.

L'équipe étiquetée Tomas Sabo Ice Tigers - en l'honneur de son principal sponsor - avait atteint le stade des quarts de finale pour la dernière fois en 2010. Cette année, les coéquipiers de Patrick Reimer peuvent viser haut au vu de leurs solides performances. L'équilibre est parfait entre une défense hermétique et une attaque inspirée. Le portier canadien Tyler Weiman, 29 ans, est à son meilleur niveau, le nouveau défenseur Caldwell est devenu leader à la ligne bleue et Steven Reinprecht, bien connu des gradins mulhousiens, est le deuxième meilleur marqueur de la ligue.

Après des débuts délicats, les Adler Mannheim, vainqueurs de la dernière saison régulière mais écartés dès le quarts de finale, ont retrouvé leur rythme de croisière. Les Aigles connaissent une série de cinq succès de rang dont un dernier cinglant, 9-0 contre Munich vendredi.

L'offensive de Mannheim n'a donc rien à envier à personne, menée par la star Jochen Hecht et des trios homogènes. Depuis peu, l'équipe compte désormais sur Simon Gamache. Avec 114 points en 130 parties sous l'uniforme du Fribourg-Gottéron, le Québécois de 32 ans était persuadé de poursuivre son aventure en Suisse. Jusqu'à ce que son agent lui fasse suivre un mail de la direction fribourgeoise qui lui notifiait la fin de son contrat.

Gamache, qui n'a joué qu'en Amérique du Nord et en Suisse, a alors accepté l'offre des Adler. Sous le charme de la SAP Arena, adopté par les fans, jouissant de la pleine confiance du coach Harold Kreis, prêt à se mettre à la langue de Goethe, Simon Gamache est déjà décisif avec 2 buts en 3 journées.

Andreas Jenike Nuremberg

Malgré quelques blessés dont l'efficace Kai Hospelt, l'effectif dense de Mannheim a bouché les creux. Ainsi, devant les filets, l'international Dennis Endras, toujours convalescent en raison d'une blessure à la cuisse, a laissé la place au brillant Felix Brückmann.

À 22 ans, "The Cat" a les meilleures statistiques de la DEL, il comptabilise déjà trois blanchissages et a été élu étoile de la dernière semaine. De son côté, l'entraîneur nurembergeois Tray Tuomie a décidé de mettre au repos Weiman. S'avance dans les buts Andreas Jenike (photo ci-contre), 25 ans, qui a encore beaucoup de choses à prouver en DEL et qui dispute son premier match de la saison.

Ce Nuremberg - Mannheim, le premier face au troisième, c'est un choc. Les deux équipes jouent sans concession dès les premières secondes. Néanmoins, ce sont les hôtes qui abordent le mieux, Mannheim gèrent mal le pressing adverse. Ryan Caldwell frappe, à droite Connor James centre de suite pour Evan Kaufmann qui marque... de l'extérieur du pied doit ! Étant donné que le pied de Kaufmann est immobile, le but est validé (1-0, 03'26"). Jochen Hecht semble vouloir réveiller son équipe. Auteur d'une charge impressionnante en zone neutre, l'ancien ailier de Buffalo adresse un puissant slap à Jenike. À la 8e minute, Ryan Caldwell met les deux poings au visage de Mirko Höfflin, déjà couvert par Pfleger. Le défenseur canadien est expulsé et laisse son équipe en désavantage numérique pendant cinq minutes.

Si le jeu de puissance de Mannheim commence bien avec une bonne passe de Christoph Ullmann pour Jonathan Rheault, devant l'enclave, la suite sera particulièrement brouillonne face à un jeu à quatre agressif des Tigres. Finalement, au bout de quatre minutes de supériorité numérique, Ullmann, loupant juste avant une reprise de peu, sert Hecht qui reprend de volée (1-1, 11'50").

Hecht - Ullmann MannheimNuremberg s'illustre davantage avec notamment un 3 contre 1, mais Steven Reinprecht est trop gourmand, la passe de trop. Le tir est trop croisé pour Marco Nowak et l'angle trop fermé pour Tim Schüle. Alors qu'en face, Matthias Plachta aurait pu profiter d'une mauvaise relance, Nuremberg obtient un jeu de puissance pour une faute de Höfflin.

La sanction tombe 26 secondes plus tard. La frappe lourde de James Pollock n'est pas cadré mais revient comme un boomerang en rebondissant sur la bande, Fredrik Eriksson se saisit du palet et procure un avantage aux locaux en toute fin de tiers (2-1, 19'36").

Yanick Lehoux offre un beau tir croisé, quoique trop enlevé, en visant la lucarne, Mannheim repart à l'assaut dans ce deuxième tiers. Sans Rheault, déséquilibré par Kaufmann, il entre en collision avec Ullmann. Direction les vestiaires car, au final, c'est une fracture de la mâchoire, touchée à trois endroits différents, pour le Texan qui pourrait bien voir sa saison se terminer prématurément. Le jeu reprend après quelques minutes d'interruption. Steven Rupprich tape à la porte deux fois de suite, Brückmann ne faiblit pas. Il le faut pour les Adler car Nuremberg continue de faire forte impression, défensivement et offensivement.

Derrière, un jeu toujours aussi agressif en infériorité qui efface une pénalité. Devant, Pollock, plein champ, qui tire sur réception, les Aigles sont ensuite pénalisés au cours de l'action. Une autre reprise de Reinprecht et un lancer-frappé de Jaspers inquiètent Brückmann. Puis, Dominik Bittner, fautif, inflige à son équipe une double infériorité. À trois joueurs de champ, Mannheim craque devant une splendide reprise de volée de James Pollock, pleine lucarne, suite à une transversale de Jason Jaspers (3-1, 29'02").

bandicam 2013-10-14 17-08-14-848L'écart se creuse et les Adler tentent de se faire violence : Gamache devant le but, tir d'El-Sayed repoussé par la botte de Jenike, Plachta bien placé mais plaqué irrégulièrement au sol par Pollock. Mannheim manque de réussite, y compris lors de ce powerplay, même lors d'un 3 contre 1, à une minute de la pause, et une combinaison en triangle Plachta - El-Sayed - Arendt. Et quand Evan Kaufmann fait faute sur Marcus Kink, ce dernier ne trouve rien de mieux que d'annuler le jeu de puissance offert à son équipe, irrité d'avoir perdu un engagement.

Quasiment dès le retour des vestiaires, Jason Jaspers obtient une opportunité en or en partant seul en contre mais, du revers, il ne lève pas suffisamment le palet pour surprendre "Felix le Chat". Les voyageurs du jour ne se posent plus de questions mais ils concèdent un nouveau contre, cette fois-ci efficace. Le palet est dégagé de la ligne de but de Nuremberg. La passe est déviée par Jason Jaspers et cela décale couloir droit Steven Regier qui tente de dribbler Brückmann. C'est repoussé finalement côté gauche où se trouve Steven Rupprich, bien content de voir le but totalement ouvert (4-1, 47'41").

Les dix dernières minutes du match sont largement à l'avantage des Adler. Le lancer de Jaime Sifers atterrit dans la mitaine d'Andreas Jenike. Florian Kettemer effectue une bonne infiltration dans le mur, Jenike s'interpose avec sang froid. C'est une nouvelle fois du gant que Jenike repousse un puissant essai de Frank Mauer. D'une manière musclée, Martin Buchwieser essaie de contourner les filets, Jenike suit le le mouvement. Calme et attentif, le gardien de Nuremberg a clairement marqué des points. Sans pour autant lâcher prise, Mannheim n'y arrive pas.

Buchwieser justement pénalisé, cela casse totalement le rythme effréné des Aigles. En supériorité numérique, Pollock et Eriksson envoient deux missiles, repoussés par Brückmann. Ce dernier reste vigilant devant un 3 contre 1 même si Reinprecht, au départ de l'action, gardera à tort le palet. La dernière occasion sera pour Mannheim et Gamache, à genoux devant le but, en vain.

Auteurs une nouvelle fois d'une grosse prestation face à un favori, les Ice Tigers de Nuremberg consolident leur première place, conservant un écart de 6 points sur Cologne et 10 sur le trio Wolfsbourg - Krefeld - Mannheim. La rigueur et la solidarité des Tigres ont fait une nouvelle victime tandis que le suppléant Andreas Jenike - 33 arrêts - a convaincu avec brio, calme et laissant peu de rebonds. Pour Mannheim, en manque d'opportunisme, la course-poursuite continue vendredi prochain avec la réception d'une autre pointure de ce début de saison : Wolfsbourg.

Élus joueurs du match : Jason Jaspers (Nuremberg / 1ère étoile), Andreas Jenike (Nuremberg / 2e étoile), James Pollock (Nuremberg / 3e étoile).

 

Nuremberg - Mannheim 4-1 (2-1, 1-0, 1-0).
Dimanche 13 octobre 2013 à 17h45 à l'Arena Nürnberger Versicherung. 5009 spectateurs.
Arbitrage de Simon Aicher et Daniel Piechaczek assistés de Dominic Erdle et Thorsten Lajoie.
Pénalités : Nuremberg 31' (25', 6', 0'), Mannheim 10' (2', 6', 2').
Tirs : Nuremberg 33 (12, 14, 7), Mannheim 34 (9, 13, 12).

Évolution du score :
1-0 à 03'26" : Kaufmann assisté de James
1-1 à 11'50" : Hecht assisté de Ullmann et Rheault (sup. num.)
2-1 à 19'36" : Eriksson assisté de Pollock et Jaspers
3-1 à 29'02" : Pollock assisté de Jaspers et Eriksson (sup. num.)
4-1 à 47'41" : Rupprich assisté de Regier et Jaspers


Nuremberg

Gardien : Andreas Jenike.

Défenseurs : Marco Nowak - Fredrik Eriksson (2') ; James Pollock (A, +2, 2') - Ryan Caldwell (+1, 5'+20') ; Marcus Weber (+1) - Brett Festerling ; Tim Schüle.

Attaquants : Connor James (+1) - Evan Kaufmann (+1, 2') - Leonhard Pföderl (+1) ; Yasin Ehliz - Steven Reinprecht - Patrick Reimer (C) ; Steven Regier (+1) - Jason Jaspers (A, +1) - Marco Pfleger ; Steven Rupprich (+1).

Remplaçants : Tyler Weiman (G), Peter Lindlbauer.

Mannheim

Gardien : Felix Brückmann.

Défenseurs : Jaime Sifers (A, -1) - Steven Wagner (-1) ; Dominik Bittner (2') - Michael Vernace (-1) ; Nikolai Goc - Florian Kettemer (2') ; Denis Reul (-1).

Attaquants : Jochen Hecht (A, -1) - Christoph Ullmann (-1) - Jonathan Rheault ; Marcus Kink (C, -1, 2') - Simon Gamache (-1) - Martin Buchwieser (-1, 2') ; Matthias Plachta (-1) - Yanick Lehoux - Frank Mauer ; Ronny Arendt - Marc El-Sayed - Mirko Höfflin (2').

Remplaçant : Dennis Endras (G).