Brest - Briançon (Ligue Magnus, 6e journée)

Les Albatros sévèrement sanctionnés.

2013-10-19-Brest-BriançonRetour sur une glace lointaine mais qui leur avait souri le 7 septembre dernier pour les Diables Rouges briançonnais. Cette équipe avait laissé une très forte impression aux spectateurs présents en venant à bout du champion de Ligue Magnus. C’est dire l’ampleur de la tâche qui attend les Albatros qui n’évoluent pas dans la même catégorie. Le président du club, Jean-Louis de Bougrenet de la Tocnaye, lance même un appel aux dons avant le coup d’envoi pour aider le club à se maintenir impérativement à ce niveau.

Et pourtant, Luciano Basile doit se frotter les yeux (ou les lunettes) en constatant que le tableau d’affichage arbore un improbable 2-0 en faveur de Brest à deux minutes du terme de la première période. Aïna Rambelo a en effet inscrit son premier but officiel sous le maillot brestois sur la première grosse occasion bretonne (1-0 à 1’40’’) après un très bel arrêt initial de Ronan Quemener. Le duo Pard-Croteau est à la baguette aux assistances et on les retrouve une nouvelle fois pour le 2-0 avec l’ancien attaquant mulhousien qui nettoie proprement la lucarne briançonnaise (17’36’’). Les anciennes terreurs de D1 s’affirment de plus en plus en Ligue Magnus, y compris contre les ténors de la division.

Alors oui, Briançon a largement dominé le tiers temps en terme d’occasions, oui, l’avantage au score relève du miracle pour Brest. Mais est-ce vraiment anormal ? À peu d’exceptions près, tous les adversaires des Albatros cette saison ont dominé les Bretons en nombre d’occasions ou de tirs, sans pour autant créer des écarts très importants au score. Dupont a longtemps eu les anges du hockey de son côté tant les Diables Rouges ont loupé l’immanquable comme sur cette cage ouverte face à Bostjan Golicic qui ne trouve que le poteau (11’40’’).

La logique finit par reprendre ses droits. L’homme du match Denny Kearney inscrit un but très important psychologiquement juste avant la pause sur une action en solo qui transperce la défense brestoise (2-1 à 19’10’’). Brest rentre malgré tout avec un but d’avance aux vestiaires mais au fond tout le monde sait que le processus de remontée visiteuse est en train de se mettre en place.

Une porte s’ouvre puis claque les espoirs brestois

Le premier tiers-temps laisse poindre également un arbitrage tatillon et pas vraiment « maison », bien au contraire. Brest a été sanctionné, à juste titre, deux fois au cours des vingt premières minutes. Mais Briançon méritait tout autant de l’être comme par exemple sur ce « café-crème » de David Croteau sur Sébastien Bisaillon qui pousse l’ex-NHLer à une faute non-sanctionnée (17’21’’).

Jimmy Jensen 1Le jeu de puissance visiteur n’avait pas fait mouche jusqu’à présent mais connaît une réussite maximale par la suite. Damien Raux propulse au fond un rebond laissé par Dupont sur un tir de Mathieu Jestin (2-2 à 25’38’’).

Intervient alors le tournant du match. Quentin Berthon effectue une charge contre la bande régulière a priori. Le problème est que sa « victime » se trouve au niveau de la porte donnant accès au banc brestois. Sous la puissance du choc, la porte cède et l’attaquant haut-alpin se retrouve à plat ventre à l’extérieur de la patinoire. Il n’y a aucun blessé mais le corps arbitral se laisse prendre au caractère spectaculaire de l’action et inflige un très sévère 5’+20’ à Quentin Berthon qui rentre aux vestiaires. La sanction aurait-elle été la même si l’équipement de la patinoire n’avait pas été défaillant ?

Avec une dynamique en cours pour les visiteurs et un powerplay incompressible de 5 minutes, cela devient mission impossible pour les Albatros. Briançon ne laisse pas passer cette chance et inscrit deux buts similaires : Denny Kearney, en embuscade derrière le but, remet dans l’enclave pour Golicic (2-3 à 27’20’’) puis Marc-André Bernier (2-4 à 29’12’’). Imparable.

Les Albatros sont évidemment frustrés qu’un fait de jeu est autant de poids sur une rencontre. La tension monte et se lâche sur un pressing briançonnais trop appuyé après un arrêt de Dupont. Jonathan Avenel, Nicholas Pard d’un côté et Teddy Trabichet, Gasper Cerkovnik de l’autre se frictionnent. En résulte un saupoudrage de prisons qui offre enfin une supériorité numérique au locaux (34’02’’).

À l’inverse des visiteurs, les Albatros ne concrétisent pas cette phase de jeu. Il faut dire à leur décharge que Briançon n’a pas encaissé un seul but dans cette configuration depuis le début de saison et que le premier bloc offensif Brestois est amputé au deux tiers pour cause de prison en cours.

Ronan QuemenerUn deuxième tiers fatal et c’est toute une rencontre qui file entre les mains d’adversaires plus réalistes et plus efficaces. Les Diables rouges sereins et en pleine maîtrise inscrivent même un cinquième et dernier but par l’inévitable Denny Kearney (2-5 à 43’02’’). Ils s’en remettent ensuite à leur portier Ronan Quemener pour les sauver d’une réduction du score. Croteau et Pard auront quatre énormes occasions de le faire (y compris en infériorité) mais le gardien d’origine bretonne s’interpose avec brio (45’, 46’, 49’, 55’).

La victoire briançonnaise est logique et indiscutable. Les Albatros ont été sévèrement sanctionnés et sont tombés sur plus fort qu’eux tout simplement. Un réalisme diabolique en jeu de puissance, une sérénité à toute épreuve y compris en étant mené de deux buts, un portier solide et une défense bien en place, voilà les clés du succès alpin.

Même si la remontée au score de Briançon était en cours et paraissait irrémédiable, le match bascule sur la charge de Berthon qui a des conséquences disproportionnées. La défaite attendue est tout de même amère au vu du déroulement de la rencontre : une avance inespérée qui n’aboutit pas auquel on peut ajouter des décisions arbitrales pas toujours évidentes.

Comme la semaine passée à Epinal, les bretons ont pris les devants à la marque mais n’ont pas été en mesure de conserver leur avantage. Les deux prochaines rencontres plus abordables à priori contre Nantes en Coupe de France et surtout contre Caen en championnat s’annoncent déjà comme essentielles pour le moral des troupes.

Commentaires d’après match (Source : Le Télégramme)

Sébastien Oprandi (entraîneur de Brest) : « J’ai eu l’impression d’avoir eu à faire à une belle équipe de Briançon. En première période, on a su les prendre à la gorge, jouer chez eux. On a été capable de capitaliser, puis, sur le deuxième tiers, ils ont fait un gros effort. C’est une équipe très bien en place. Ils sont revenus progressivement dans le match en marquant sur les pénalités. C’est une équipe complète avec un bon powerplay, un prétendant au titre. Ce soir, on prend trop de prisons pour pouvoir gagner. On peut être frustré de cette pénalité qui fait basculer le match en milieu de partie et qui nous coûte deux buts. »

Luciano Basile (entraîneur de Briançon) : « Ce qui m’a plus le plus, c’est notre maîtrise et notre sérénité lorsqu’on encaisse les deux buts. On n’a pas paniqué, on est resté dans notre match. Brest a été dangereux en contre et est très efficace à proximité de la cage. Je pense qu’on en est à 22 à 11 au nombre d’occasions. La victoire est logique. On n’a pris aucun but en infériorité numérique. On a des spécialistes dans ce domaine. On est très regroupé devant la cage, on bloque les lignes de passes, on ne donne pas beaucoup d’occasions. Ce n’est pas un hasard si, après six matchs, on n’en a pris aucun dans cette situation. »

Brest – Briançon 2-5 (2-1, 0-3, 0-1)
Samedi 19 octobre 2013 à 18h40 au Rïnkla Stadium.  1500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Charles-Édouard Salmon et Yann Furet.
Pénalités : Brest 43' (4’, 6’+5’+20’, 8’), Briançon 10' (0’, 8’, 2’).
Évolution du score :
1-0 à 01’58’’ : Rambelo assisté de Croteau et Pard
2-0 à 17’36’’ : Croteau assisté de Pard et Motreff
2-1 à 19’10’’ : Kearney assisté de Bisaillon et Bernier
2-2 à 25’38’’ : Raux assisté de Jestin et Jensen (sup. num)
2-3 à 27’20’’ : Golicic assisté de Kearney et Chakiachvili (sup. num)
2-4 à 29’12’’ : Bernier assisté de Kearney et Golicic (sup. num)
2-5 à 43’02’’ : Kearney assisté de Bernier et Ankerst

Brest

Gardien : Michael Dupont.

Défenseurs  : Daniel Carlsson (C) – Thomas Evans ; Nicolas Motreff – David Poulin ; Vladimir Holik – David Hennebert (A) ; Gaëtan Cannizzo.

Attaquants : Michal Dian – Jaroslav Prosvic (A) – Graham Avenel ; Jonathan Avenel – David Croteau – Nicholas Pard ; Aïna Rambelo – Quentin Berthon (jusqu'à 25'55'')– Valentin Dumélié ; Nicolas Motreff (après 25’55’’).

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Sacha Grimshaw, Clément Gonzales, Jérémy Cormier, Dimitri Motreff. Absents : Aurélien Gréverend (luxation de l’épaule), Erwan Pain.

Briançon

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs   : Richie Crowley – Sébastien Bisaillon ; Florian Chakiachvili – Mathieu Jestin ; Gasper Cerkovnik – Teddy Trabichet (A).

Attaquants : Denny Kearney – Jaka Ankerst – Marc-André Bernier ; Jimmy Jensen – Damien Raux – Bostjan Golicic ; Cédric Di Dio Balsamo – Sébastien Rohat – Pierre-Antoine Devin; Matthieu Frecon.

Remplaçants : Aurélien Bertrand (G), Thybaud Rouillard. Absents : Dave Labrecque, Viktor Szelig, Lionel Tarantino, Thibault Farina.