Brest - Nantes (Coupe de France, 16e de finale)

Zéro pointé

2013-10-22-Brest-Nantes-2À peine remis de leurs émotions du match contre Briançon, Brest tente de passer à autre chose en entamant la Coupe de France. Le tirage offre un derby contre le voisin nantais bien connu des Albatros. Les deux équipes ont eu l’occasion de s’affronter lors du tournoi « Baril de Pétrole » au mois d’août avec une victoire brestoise 5-1 dans une rencontre accrochée où Arnaud Goetz avait brillé. Les clés de la cage lui sont confiées ce soir, de même pour Pierre Pochon préféré côté nantais à Mojmir Bozik.

Peu importe le gardien aligné, les supporters brestois étaient sûrs de revoir un ancien Albatros dans les buts. La paire Bozik-Pochon était en effet celle qui a mené Brest en finale de D1 lors de la saison 2009-2010. Ce sont même quatre anciens bretons que l’on retrouve aujourd’hui à Nantes avec Julien Le Gall en attaque et Alan Dana en défense.

Même si la rencontre promet d’être accrochée entre une équipe dans le dur actuellement en Ligue Magnus, et un étonnant promu leader de Division 1, on s’attend à ce que les locaux prennent le dessus et fassent respecter la hiérarchie ce soir. D’autant plus que leurs adversaires restent sur deux défaites consécutives et comptent trois absents.

Alexandre DemersEt pourtant il y a des attitudes qui ne trompent pas. On sent que Brest ne force pas un clou son effort, à l’exception du bloc Rambelo-Berthon-Dumélié qui profite d’un temps de jeu important pour tenter d’insuffler du dynamisme. Les Albatros se la jouent trop tranquille en tentant des choses inhabituelles. On assiste à des phases dangereuses où les joueurs s’exposent à des pertes de palet juste devant leur cage en ne prêtant pas attention aux Nantais qui les poursuivent et en se focalisant uniquement sur leur relance vers l’avant.

Habitué à être dominés en Ligue Magnus, les Albatros semblent avoir oublié comment s’y prendre pour faire le jeu. Ils se procurent malgré tout plusieurs occasions, mais soit ils ne cadrent pas (Dian au-dessus de la cage à 2’13’’) soit ils butent sur un Pochon impeccable face à Prosvic (9’51’’) et Croteau (16’43’’). Nantes est dominé dans l’ensemble mais parvient à titiller Goetz sur un débordement d’Alexandre Demers (10’40’’) ou le tir sur bouclier de Bryan Ten Braak (17’40’’).

Ce tiers avare en franches occasions se termine sur un score nul et vierge. Indiscipliné en Ligue Magnus, Brest est ce soir nettement moins sanctionné que Nantes qui enchaîne les prisons (4 dans le deuxième tiers). Mais le jeu de puissance local est complètement inefficace et totalement méconnaissable. On avait eu un aperçu peu brillant face à Briançon d’un jeu très statique avec un palet qui circule lentement et de manière prévisible. Ce soir c’est la même chose. Le box play nantais souffre peu et lorsqu’il se fait prendre en défaut il y a toujours Pochon pour rattraper le coup derrière. Où est passé ce qui constituait le meilleur jeu de puissance de Division 1 l’an passé ?

2013-10-22-Brest-NantesLes Corsaires donnent une leçon de réalisme en concrétisant leur seule supériorité numérique de la deuxième période. Sur un palet contré qui s’élève dans les airs devant le but de Goetz, Nicholas Pard et David Croteau anticipent une contre-attaque et ressortent de leur zone défensive abandonnant à leur triste sort leurs deux défenseurs. Le palet est récupéré par les Nantais qui n’ont aucun de mal à trouver un coéquipier démarqué, Radek Hovora en l’occurrence, qui place un slap sur réception en pleine lucarne (0-1 à 33’13’’).

Brest a largement le temps de revenir au score mais la suite de la rencontre sera du même acabit malgré une pression locale de plus en plus importante qui donne quelques sueurs froides aux supporters nantais dans la dernière période. Pochon ne craque pas face à des attaquants brestois peu efficace à l’image de Dian qui a vraiment du mal à cadrer ses tirs.

Le fond est touché sur une prison de Josef Slavik (56’24’’). Il reste 3’36’’ pour tenter d’égaliser. Sébastien Oprandi prend son temps mort pour assister au final à un jeu de puissance complètement incohérent où les joueurs brestois se rentrent dedans, se gênent et n’adressent pas un seul tir sur Pierre Pochon.

Slavik purge sa prison et lancé par Peronnard il s’en va sceller la qualification de son équipe en glissant le palet en deux temps sous les jambières de Goetz collées à son poteau (0-2 à 58’45’’). Mickaël Mahaut aurait même pu planter un troisième but en cage vide si l’action n’avait pas été arrêtée pour cause de passe à la main.

2013-10-22-Brest-Nantes-1Nantes décroche une qualification méritée pour les huitièmes de finale où une grosse affiche les attend à coup sûr. Pas favori au coup d’envoi, ils ont su faire corps devant leur excellent gardien et être réaliste en concrétisant une de leurs deux supériorités numériques de la rencontre. Ils ont été néanmoins très indisciplinés, mais cela ne leur à pas porté préjudice face à un jeu adverse aux abonnés absents. La revanche est belle pour Pierre Pochon qui blanchit son ancienne équipe où il occupait un rôle de doublure. L’ensemble de la patinoire ne manque d’ailleurs pas de saluer sa sortie.

Son homologue, Arnaud Goetz, est un des rares à avoir fait son travail dans les rangs brestois. À part les deux pénalités seulement sifflées à leur encontre, il n’y pas grand chose à retirer de positif côté brestois. L’équipe n’était clairement pas dedans, surtout sur les nombreuses phases de supériorités numériques. Le public déçu préfère largement voir son équipe s’incliner avec le cœur comme ce fut le cas face à Briançon que de manière insipide comme ce soir. La prestation offerte est tout sauf rassurante avant le match crucial de samedi prochain à Caen.

Une semaine après la fin de leur aventure en Coupe de la Ligue, celle en Coupe de France connaît la même issue à peine commencée. Les Albatros ont maintenant l’esprit libre pour se concentrer sur l’objectif du club : le championnat et rien que le championnat.

 

Brest – Nantes 0-2 (0-0, 0-1, 0-1)
Mardi 22 octobre 2013 à 20h00 au Rïnkla Stadium.  800 spectateurs.
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Charlotte Giard et Jérémy Kahli.
Pénalités : Brest 4' (2’, 2’, 0’), Nantes 26' (4’, 8’+10’, 4’).
Évolution du score :
0-1 à 33’13’’ : Hovora assisté de Slavik et Demers (sup. num)
0-2 à 58’45’’ : Salvik assisté de Peronnard


Brest

Gardien : Arnaud Goetz (sorti à 59’).

Défenseurs  : Nicolas Motreff – David Poulin ; Vladimir Holik – David Hennebert (A) ; Daniel Carlsson (C) – Thomas Evans ; Gaëtan Cannizzo.

Attaquants : Jonathan Avenel (puis Dian) – David Croteau – Nicholas Pard ; Aïna Rambelo – Quentin Berthon – Valentin Dumélié ; Michal Dian (puis J. Avenel) – Jaroslav Prosvic (A) – Graham Avenel ; Clément Gonzales (une présence à 25’40’’).

Remplaçants : Michael Dupont (G), Jérémy Cormier, Dimitri Motreff, Marlo Chapron. Absents : Aurélien Gréverend (luxation de l’épaule), Erwan Pain.

Nantes

Gardien : Pierre Pochon.

Défenseurs : Alan Dana – François Trouve ; Justin Vienneau – Hubert Genest ; Jan Kudrna –Louis Boucherit.

Attaquants : Mickaël Mahaut – Rémi Peronnard – Julien Le Gall (A) ; Josef Slavik – Alexandre Demers (A) – Radek Hovora (A) ; Nathan Bernier – Bryan Ten Braak – Nicolas Le Dren ; Charley Marcos.

Remplaçants : Mojmir Bozik (G), Benjamin Valere. Absents : Samson Samson, Petr Grygar, Magnus Lindgren.