Mulhouse - Mont-Blanc (Division 1, 7e journée)

L'affiche de ce jour semblait pour le moins déséquilibrée entre un des prétendants à la (re)montée en Ligue Magnus, à savoir les Scorpions mulhousiens, et un prétendant... au maintien, les Yétis du Mont-Blanc. Les Haut-Savoyards ont en effet bien mal commencé leur saison (5 défaites) avant d'amorcer une remontée (deux victoires de rang contre Courbevoie et Nantes). Les Alsaciens n'ont, eux, perdu que deux rencontres dont une en prolongation. Autre déséquilibre, celui de l'effectif : les visiteurs sont venus quand même à trois lignes et devront faire face aux quatre de leurs hôtes du soir.

Qu'importe, les anciens Mulhousiens Richard Aimonetto, Tom Charton et Étienne Croz, ainsi que leurs coéquipiers, n'étaient pas pour autant décidés à jouer les victimes expiatoires d'un match qui commence plutôt pépère. Les Alpins se risquent un peu plus hardiment à l'offensive, sans toutefois trop inquiéter Guillaume Richard (un de leurs anciens). Mulhouse est plus prudent mais ouvre les hostilités lors d'un raid à deux conclu par Michal Klejna, bien alerté au deuxième poteau par son collègue Pavel Mrna (1-0 à 4'20"). La doublette manquera d'ailleurs de marquer de la même façon dans les minutes suivantes.

L'ouverture du score libère progressivement les locaux, laissant Niko Uola partir en break (10'40"), puis voir sa reprise captée d'un réflexe par Tom Charton, lors d'un raid de son jumeau Aki Uola (13'41"). Mans Papaux rate ensuite le dernier geste (12'30"). Les Alpins tentent bien de remonter,  mais manquent un peu de percussion pour s'imposer durablement devant la cage locale. Ils connaissent d'ailleurs de plus en plus de difficultés à contenir les Mrna ou Chipaux, comme sur cet embrouillamini devant Charton : Jesse MacConney est obligé de commettre plusieurs "bonnes" fautes pour limiter les dégâts (16'52"). C'est lors de sa sortie du banc d'infamie que ses collègues vont revenir au score, lorsque Robin Garnier profite d'une très mauvaise relance adverse qu'il contre en entrée de zone alsacienne avant de battre en duel l'infortuné gardien local (1-1 à 19'04"). Malheurseusement pour lui, l'engagement qui suit est rapidement gagné par les Mulhousiens et Aleksandrs Galkins envoie sur Charton qui n'avait pas assez bouché son angle. Les locaux peuvent donc remercier le tout petit trou de souris laissé qui leur permet de rentrer aux vestiaires sur un avantage retrouvé et mérité (2-1 à 19'25").

De retour des vestiaires, Joe Dubé montre tout de suite à bout portant les objectifs mulhousiens, à savoir ne rien lâcher (20'52"). Mais Tom Charton ne lâche rien non plus de son côté, tout comme sur ce break heureux de Niko Uola qui profite d'une glissade de son défenseur attitré (22'45"). La partie s'équilibre progressivement sur un tempo plutôt agréable à suivre et permet à Mulhouse d'ajouter une nouvelle longueur d'avance sur un tir décentré de Niko Uola (3-1 à 26'03"). Ce qui n'empêche pas Mont-Blanc de venir titiller Richard à bout portant sur une infériorité alpine (28'06").

Pourtant, les Savoyards commencent à perdre pied dans la deuxième moitié de tiers, sur deux situations spéciales : la première lors d'un travail à trois conclu par Maxime Joly ( 4-1 à 30'25"), la deuxième bien plus tard quand Dubé conclut une combinaison de ses deux collègues canadiens (5-1 à 37'45"). La partie est devenue alors bien plus hésitante, les espaces se créent mais ne sont pas exploités par les deux équipes, visiblement émoussées physiquement  et qui manquent de lucidité comme sur ce break de Mont-Blanc qui termine complètement à côté de la cage locale. Ce ne sera pourtant pas le cas de ce nouveau palet envoyé de la bleue savoyarde : initialement envoyée "devant" pour ensuite être captée et exploitée, la rondelle connaît une trajectoire flottante pour rebondir juste devant l'infortuné portier alsacien (5-2 à 58'38"). Ce but heureux, plus souvent connu chez les amateurs de foot, permet aux Alpins de rentrer aux vestiaires sur une note un peu plus optimiste que ce qu'ils ont pu produire lors des dix dernières minutes. Ceci aura son importance.

En effet, de retour des vestiaires, le Mont Blanc reprend "mollement" la tête de cordée. Qu'importe, Mulhouse fait preuve d'indiscipline et les visiteurs en profitent, à commencer par "papy" Aimonetto qui distribue les palets gagnants : un trébucher à retardement de Tarik Chipaux, et Maxime Charrette allume à bout portant Guillaume Richard (5-3 à 41'17"). Une charge à retardement de Mrna, et Tim Carr à mi-distance profite d'un bon travail de l'assistant-capitaine savoyard, posté derrière la cage haut-rhinoise (5-4 à 44'36"). Le match est pourtant flou et imprécis, mais Mulhouse peine à tirer sur Charton, alors que son homologue Richard s'allonge encore tant bien que mal sur un palet chaud (48'57"). Les locaux remontent très progressivement à l'assaut, notamment par l'intermédiaire de la ligne Chipaux-Mrna-Klejna enfin réactivée, sans toutefois se montrer percutants. Il n'est donc pas surprenant de voir Étienne Croz égaliser sur un embouteillage monstre devant la cage de Richard (5-5 à 58'15"), devant une patinoire de l'Illberg qui se met alors à trembler.

Les Savoyards se félicitent déjà, en cette fin de tiers, de la bonne opération qu'ils viennent d'effectuer, et abordent dès lors la prolongation avec sûrement l'objectif d'atteindre les tirs aux buts. C'est en effet Mulhouse qui pousse, les visiteurs se contentant de renvoyer le plus loin possible. Ils ne pourront cependant pas grand chose lors de cette remontée rageuse de Fiset qui libère alors un Illberg bien crispé (6-5 à 66'25").

Les Alsaciens devront se souvenir de ce match afin de ne plus recommencer les mêmes erreurs. Il peut paraître anormal pour un prétendant au titre de perdre un avantage de 4 buts. C'est peut être que le mental est encore à travailler. On l'a encore vu au troisième tiers, le doute s'est progressivement installé, les joueurs ont commencé alors à tenter seuls. Pourtant, les trios ont en même temps montré que les combinaisons savaient se trouver. Avec un peu plus de concentration et de discipline, l'avantage de bénéficier de quatre lignes devrait payer immanquablement.

Les Yétis ont réalisé une bonne affaire : qui pouvait donner une pièce sur leur remontée en fin de deuxième tiers ? Comparé au quantitatif et qualitatif alsacien, le Mont-Blanc a répondu par du patinage, du courage, de l'opportunisme et du réalisme. C'est peu mais ce fut efficace, le tout bien épaulé par "papy" Aimonetto dont la science du jeu, du placement, et des petits gestes qui font la différence, a considérablement encouragé la persévérance des Mac Conney, Bogdanoff, Orset ou Laplace.

Récompensés à la fin du match : Jesse Mac Conney pour Mont Blanc et Aleksandrs Galkins pour Mulhouse.

 

Mulhouse - Mont-Blanc 6-5 après prolongation (2-1, 3-1, 0-3, 1-0)
Samedi 26 octobre 2013 à 18h00 à la patinoire de l'Illberg. 1300 spectateurs.
Arbitrage de M. Colleoni assisté de MM. Moncozet et Roulet.
Pénalités : Mulhouse 12' (2', 4', 6') ; Mont Blanc 8' (2', 4', 2').
Tirs : Mulhouse 44 (12, 14, 9, 9) ; Mont Blanc 32 (9, 12, 9, 2).

Évolution du score
1-0 à 04'20" : Klejna assisté de Mrna et Martinka
1-1 à 19'04" : Garnier
2-1 à 19'25" : Galkins assisté de Dubé et Levasseur
3-1 à 26'03" : N. Uola assisté de Joly et Bini
4-1 à 30'25" : Joly assisté de Bini et N. Uola (sup. num.)
5-1 à 37'45" : Dubé assisté de Levasseur et Vydrov (sup. num.)
5-2 à 38'38" : Mac Conney
5-3 à 41'17" : Charette assisté d'Aimonetto et Laplace (sup. num.)
5-4 à 44'36" : Carr assisté d'Aimonetto et Bogdanoff (sup. num.)
5-5 à 58'15" : E. Croz assisté de Orset et Carr
6-5 à 66'25" : Fiset assisté de Pozivil

Mulhouse

Gardien : Guillaume Richard.

Défenseurs : Aleksandrs Galkins – Denys Vydrov ; Ondrej Martinka – Ondrej Pozivil (A) ; Aki Uola (A) – Mathieu Chevalier; Nicolas Lehericey.

Attaquants : Joe Dubé – Kevin Fiset – Marc-André Levasseur ; Pavel Mrna – Michal Klejna – Tarik Chipaux ; Niko Uola - Lucas Bini (C) - Maxime Joly ; Mans Papaux – Raphaël Papa – Michaël Marchand.

Remplaçants : Mickaël Muller (G), Charles Ferrigno.

Mont-Blanc

Gardien : Tom Charton.

Défenseurs : Victor Cocar – Jesse Mac Conney ; Sacha Jean – Quentin Boisson ; Tim Carr – Arnaud Lazzaroni puis David Gaydon à 20'00".

Attaquants : Maxime Charette – Richard Aimonetto (A) – Lou Bogdanoff ; Valérian Croz – Julien Laplace – Raphaël Ranzoni ; Romain Orset (C) - Étienne Croz (A) – Robin Garnier.

Remplaçants : Pierre Navarro (G), Jérémy Bochatay.