Présentation de NHL 2013/14 : division Pacifique

La NHL a finalement procédé à la nécessaire réorganisation des divisions, qui avait été retardée par un recours du syndicat des joueurs. Il fallait bien s'adapter au déménagement de franchise d'Atlanta à Winnipeg, et remettre les Jets à leur place, à l'ouest. La ligue en a profité pour tout changer en passant de 6 divisions de 5 équipes à 4 divisions de... bientôt 8 équipes ? L'arrière-pensée de l'expansion transparaît clairement et guide la démarche. Les divisions comptent 7 équipes à l'ouest et 8 à l'est, ce qui favoriserait l'inclusion de prétendants du nord-ouest comme Seattle ou du centre comme Kansas City plutôt que de Québec. L'accès aux play-offs est actuellement déséquilibré puisqu'il y a 4 qualifiés dans chaque cas. La régionalisation prévaudra ensuite, puisque les deux premiers tours des play-offs seront joués à l'intérieur de la même division. Cela redéveloppera des rivalités locales récurrentes comme on en avait connu de 1982 à 1993 avec un système similaire (les grandes séries Edmonton-Calgary notamment).

logo nhlLe lockout a débouché sur une nouvelle négociation du plafond salarial, revu à la baisse pour cette saison, ce qui a poussé les franchises à de sérieuses économies. De nombreux directeurs généraux ont préféré racheter certains contrats, resigner d'autres joueurs au compte-gouttes, lancer des jeunes et ne proposer que des invitations aux camps pour des joueurs d'expérience. Ces simples essais n'ont pas toujours débouché sur un contrat (exemples : Guillaume Latendresse, Johan Hedberg) mais ont parfois débouché sur de bonnes pioches (tel Damien Brunner aux Devils).

Ce phénomène d'invitations traduit surtout un leitmotiv : place aux jeunes ! Une bonne quinzaine de premiers choix 2012 ou 2013 vont faire leurs débuts. Ces juniors enthousiastes disposent de contrats plus abordables et apportent une solution au problème de plafond salarial.

Parmi les autres nouveautés de l'intersaison, l'adoption de dégagement interdit "hybride" a fait parler. Suite à plusieurs graves blessures de défenseurs "chargés" par des attaquants chassant un palet, la ligue a décidé de mettre en place ce système testé l'an passé en AHL. Désormais, les arbitres siffleront le dégagement interdit si le défenseur dispose d'une nette avance sur l'attaquant arrivé au cercle d'engagement défensif. De quoi accélérer le jeu et peut-être limiter les blessures.

Enfin, difficile de ne pas aborder un des événements majeurs de l'intersaison : le départ d'Ilya Kovalchuk vers la KHL. Après douze ans de carrière nord-américaine, la star de New Jersey a rejeté son contrat longue durée et pris sa retraite NHL pour s'engager au SKA Saint-Pétersbourg. Une victoire de la KHL, qui ne va pas atténuer les hésitations des franchises nord-américaines envers les jeunes talents russes...

Les quatre derniers champions se sont retrouvés en 2012-2013 dans le carré final. Chicago, Boston, Los Angeles et Pittsburgh font encore figure de favoris pour cette nouvelle édition. Le suspense devrait toutefois être assez intense, car plusieurs franchises en reconstruction ont témoigné de réels progrès la saison dernière. La jeunesse triomphante espère bien bousculer la hiérarchie !

Le tour d'horizon débute par la division Pacifique, remaniée avec l'arrivée des franchises canadiennes.

 

Los Angeles Kings

Départs notables : Jonathan Bernier (G, Toronto), Rob Scuderi (D, Pittsburgh), Dustin Penner (AG, Anaheim), Brad Richardson (C, Vancouver).

Arrivées notables : Ben Scrivens (G, Toronto), Daniel Carcillo (AG, Chicago), Matt Frattin (AD, Toronto).

150px-Kings de Los AngelesLes Los Angeles Kings n'ont pas réussi à défendre leur Coupe Stanley, comme tous les autres champions dans ce siècle, mais ils ne sont pas rentrés dans le rang non plus. Après avoir eu du mal à se remettre dans le bain, ils ont fini en trombe et n'ont été éliminés qu'en finale de Conférence par le futur champion Chicago. Ils restent une des grosses équipes de la NHL, donc ils ont dû un peu délester pour respecter la baisse (provisoire) du plafond salarial à la suite du lock-out.

Première mesure d'économie, le second gardien. Inutile de garder une des meilleures doublures de la ligue - Jonathan Bernier - pour le faire jouer épisodiquement. On l'a donc envoyé à Toronto contre le peu cher Ben Scrivens, aux résultats AHL prometteurs. C'est une marque indirecte de confiance envers Jonathan Quick, qui a balayé tous les doutes en retrouvant son meilleur niveau pendant les derniers play-offs. Malgré son inexpérience internationale, il vise maintenant la place de titulaire pour les États-Unis aux Jeux olympiques et devra prouver sa constance dès le début de la saison.

La défense a été allégée d'un joueur important, Rob Scuderi. Les Kings espèrent compenser en interne par le retour au jeu de Willie Mitchell, qui a connu une saison blanche par une blessure au genou. Quand on dispose de meneurs-relanceurs aussi jeunes que Drew Doughty et Vyacheslav Voïnov (23 ans), on a le droit de se dire que les lignes arrières progressent naturellement et que l'avenir leur appartient. Jake Muzzin, qui a un an de plus mais est apparu tard en NHL, a signé la meilleure fiche des défenseurs rookies (+16) et sera attendu pour la confirmation.

L'attaque dit au revoir à Dustin Penner, qui n'a pas su exprimer son potentiel en Californie. Il a été remplacé par le peu expérimenté Matt Frattin, excellent en universitaire mais peu convaincant pour ses débuts. Les Kings ont ajusté leur masse salariale, mais pensent ne manquer de rien. Ils restent éminemment complets, à l'instar de leur capitaine Dustin Brown. Principale interrogation, Anze Kopitar, qui vivra un rêve en participant aux JO avec la Slovénie, saura-t-il se pincer ensuite pour revenir à la réalité de la NHL ? L'attaque dispose donc d'éléments majeurs avec un top-6 capable de marquer 20 buts chacun. La clé du succès reposera sur les 3e et 4e lignes, pas très efficaces la saison dernière.

Attaquants :
Dustin Brown - Anze Kopitar - Justin Williams
Matt Frattin - Mike Richards - Jeff Carter
Dwight King - Jarret Stoll - Trevor Lewis
Kyle Clifford - Colin Fraser - Jordan Nolan
Daniel Carcillo

Défenseurs :
Robyn Regehr – Drew Doughty
Willie Mitchell – Slava Voynov
Alec Martinez – Matt Greene
Jake Muzzin

Gardiens :
Jonathan Quick (Ben Scrivens)

 

Vancouver Canucks

Départs notables : Cory Schneider (G, New Jersey), Keith Ballard (D, Minnesota), Mason Raymond (AG/AD, Toronto), Maxim Lapierre (AD, St. Louis), Derek Roy (C, St. Louis).

Arrivées notables : Yannick Weber (D, Montréal), Brad Richardson (C, Los Angeles), Mike Santorelli (AD, Winnipeg).

150px-Logo Canucks Vancouver.svgRévolution copernicienne à Vancouver ? Comme les Canucks n'arrivaient pas à remporter cette maudite Coupe Stanley avec Alain Vigneault à la barre, le manager Mike Gillis a embauché John Tortorella, qui a aussi été élu une fois meilleur entraîneur de NHL, mais qui a surtout soulevé le trophée convoité, avec Tampa Bay en 2004. Agressif dans le style de jeu prôné mais aussi dans le comportement, Tortorella bousculera les habitudes à Vancouver : un pari risqué... nécessaire pour rafler la mise ? C'est la dernière carte des Canucks pour le seul objectif qui leur sied, la victoire finale.

Tout n'est pas nouveau pour autant. Le gardien se nomme... Roberto Luongo ! Bien décidé à démontrer que c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes, le Montréalais a le cuir épais. Il a résisté à tant de critiques et tant de sifflets. Supplanté par Cory Schneider, il voulait quitter cette ville qui le reniait et ne voulait plus de lui. Mais il n'y avait aucun candidat pour reprendre son trop gros contrat. Bon gré mal gré, les deux parties ont dû revoir leurs plans. Les Canucks ont échangé Schneider, qui devait être leur gardien d'avenir, et gardé Luongo, qui indique qu'il donnera le meilleur de lui-même sans arrière-pensée. La saison olympique y aide. Le gardien médaillé d'or en titre, c'est lui et personne d'autre. Et il compte bien prouver que le Canada doit préférer un vétéran éprouvé à un jeune blanc-bec. Comme Vancouver y a été contraint. Son remplaçant sera le Suédois Eddie Läck, titulaire de l'équipe réserve depuis trois ans.

On parle tellement du "poids" de Luongo qu'on en oublie que 30% de la masse salariale est consacrée au quatuor défensif Hamhuis-Bieksa-Edler-Garrison, qui ne compte pourtant aucun joueur exceptionnel. Quand votre meilleur marqueur chez les arrières est un profil purement défensif à la Dan Hamhuis, c'est que votre powerplay manque cruellement d'un blueliner de compétition. Alexander Edler et Jason Garrison devront donc avoir plus d'impact dans ce domaine. Le reste de la défense comprend deux jeunes, Chris Tanev et l'inattendu Ryan Stanton, 24 ans, pris au ballotage après quatre saisons dans la réserve de Chicago.

Avant même que Tortorella ne commence à travailler, il a suscité beaucoup de fantasmes. Le souvenir de son conflit tout frais avec la star Brad Richards aux Rangers de New York a été transposé sur la côte Pacifique : les jumeaux Sedin, maîtres incontestés du hockey technique, ne s'adapteront jamais, disait-on, voire seront échangés ! Le style Tortorella repose en effet sur une abnégation défensive de tous les instants. Les frères Sedin devront désormais jouer aussi en infériorité numérique et ne pas hésiter à contrer des tirs, eux qui jusque-là avaient été protégés de cet exercice pour leur éviter des blessures. Vu l'importance statistique des jumeaux dans l'attaque des Canucks, cette prise de risque n'est pas anodine. Tortorella n'est pas du genre à établir des passe-droits ! Pourtant, les Sedin ne semblent pas si mécontents.

Quant à leur dernière saison à moins d'un point par match, elle dépend aussi du troisième homme. Alexandre Burrows a longtemps été considéré comme le "complément idéal", mais aux championnats du monde, les jumeaux ont fini par trouver un partenaire encore plus performant en équipe de Suède (Loui Eriksson). De quoi remettre en cause Burrows et ses maigres 24 points l'an passé : sa blessure au pied tombe mal. Tortorella met en effet en place sa nouvelle hiérarchie, avec en haut de l'affiche la surprise Mike Santorelli, un natif de Vancouver, mais il subit le manque de profondeur et n'a pas vraiment de quatrième ligne.

Attaquants :
Daniel Sedin - Henrik Sedin - Alexandre Burrows
David Booth - Ryan Kesler - Jannik Hansen
Mike Santorelli - Chris Higgins - Zack Kassian
Zac Dalpe - Brad Richardson - Tom Sestito
Dale Weise

Défenseurs :
Dan Hamhuis - Kevin Bieksa
Jason Garrison - Alexander Edler
Christopher Tanev - Ryan Stanton
Andrew Alberts

Gardiens :
Roberto Luongo (Eddie Läck).

 

San José Sharks

Départs notables : Thomas Greiss (G, Phoenix), Scott Gomez (C, Florida), Dominic Moore (C, NY Rangers), TJ Galiardi (AD, Calgary).

Arrivées notables : Tyler Kennedy (AD, Pittsburgh).

180px-Logo Sharks San José.svgLes Sharks de San José font partie des franchises les plus régulières depuis une dizaine d'années. Malheureusement, cette régularité au plus haut niveau n'a toujours pas débouché sur un trophée majeur. L'édition 2013-2014 apparaît comme la dernière chance pour la "vieille" génération d'y parvenir : Joe Thornton, Patrick Marleau et Dan Boyle arrivent en fin de contrat. Le staff a déjà préparé la transition et a profité de l'intersaison pour offrir des contrats à long terme aux deux nouveaux leaders offensifs, Logan Couture et Joe Pavelski. Les autres mouvements ont été plus discrets : les incertitudes pesant sur Raffi Torres, entre blessures et suspensions, ont poussé San José à offrir un deuxième choix de draft pour Tyler Kennedy. L'ailier des Penguins est un joueur rapide et physique, ce qui correspond parfaitement au style de jeu.

Pour cette opération de la dernière chance, les Sharks comptent beaucoup sur Antti Niemi. Un peu moqué par les experts après le titre de Chicago, le Finlandais a progressé et réussi la meilleure saison de sa carrière l'an passé, culminant par une nomination au trophée Vézina. Niemi jouera quasiment sans soutien : Alex Stalock a gagné le poste de remplaçant face à Harri Säteri, mais il est peu probable qu'il touche beaucoup la glace...

Pour limiter la fatigue du gardien, il faudra une défense imperméable. Et dans ce domaine, celle des Sharks tient la route. Le vétéran Dan Boyle mène un groupe comptant autant de joueurs d'expérience (Hannan, Stuart, Vlasic) que de quasi-novices (Braun, Demers, Irwin). Des arrières qui se caractérisent tous par un excellent patinage, une qualité de relance et une grande mobilité.

Le style agressif des Sharks n'est pas tant dans l'impact physique que dans cette mobilité de tous les instants : la vitesse, l'échec-avant étouffant l'adversaire illustrent la "patte" du coach Todd McLellan, aux excellentes statistiques depuis son arrivée en 2008... du moins en saison régulière. Cette année encore, l'attaque devrait faire parler la poudre, avec notamment un jeu de puissance explosif. Le passeur Joe Thornton aura l'embarras du choix pour la finition entre Couture, Marleau, Pavelski et même Brent Burns, défenseur reconverti. Mieux, la relève débarque : le premier choix 2012, Tomas Hertl, a réalisé un superbe camp d'entraînement, et un début de saison non moins exceptionnel. Il ne sera pas le seul rookie, avec les débuts de Matt Nieto et Freddie Hamilton, compensant les blessures de Torres et Havlat (encore...). Quatre lignes techniques, rapides, portées vers l'avant, mais dont la vitesse permettra un repli défensif rigoureux : San José est en mission cette année.

Attaquants :
Patrick Marleau - Logan Couture - Tyler Kennedy
Tomas Hertl - Joe Thornton - Brent Burns (Freddie Hamilton)
Raffi Torres (Matt Nieto) - Joe Pavelski - Tommy Wingels
Andrew Desjardins - James Sheppard - Adam Burish (John McCarthy)
Blessé, Martin Havlat

Défenseurs :
Matt Irwin - Dan Boyle
Marc-Edouard Vlasic - Justin Braun
Scott Hannan - Brad Stuart
Jason Demers

Gardiens :
Antti Niemi (Alex Stalock)

 

Anaheim Ducks

Départs notables : Toni Lydman (D, arrêt), Bobby Ryan (AG, Ottawa).

Arrivées notables : Mark Fistric (D, Edmonton), Dustin Penner (AG, Los Angeles), Jakob Silfverberg (AG, Ottawa), Mathieu Perreault (C, Washington).

200px-Ducks dAnaheim logo 2009.svgOn renforce une équipe qui perd, mais on ne change pas une équipe qui gagne : c'est pour ça qu'Anaheim a été beaucoup moins actif que l'été précédent. Les seuls agents libres (Penner et Fistric) ont signé pour un an, qui est aussi la durée de la prolongation des pré-retraités Koivu et Selänne. Ils imagineraient bien un bouquet final à leur carrière dans une des équipes les plus imprévisibles de la NHL.

La difficulté de pronostic commence déjà dans les cages pour la désignation du titulaire. Le Suisse Jonas Hiller a gardé son poste pour les play-offs en vertu de son ancienneté, mais il ne lui reste qu'un an de contrat et le nouveau venu Viktor Fasth l'a déjà dépassé statistiquement la saison passée. On se bouscule à la porte avec l'international danois Frederik Andersen mais aussi le prodigieux gardien américain de 20 ans John Gibson qui a prouvé aux derniers championnats du monde qu'il est déjà prêt pour le haut niveau.

En défense, le rajeunissement a déjà eu lieu avec l'intégration du petit Sami Vatanen et du solide junior Hampus Lindholm. Après sa fantastique résurrection l'an passé, Sheldon Souray a malheureusement été opéré du poignet et sera absent quatre mois : Mark Fistric a été engagé pour pallier cette absence, mais s'il fait le même poids (106 kg), il n'est pas apte à peser autant sur l'adversaire. François Beauchemin, qui a lui-même été opéré du genou droit en mai, va donc devoir confirmer son excellente saison en étant plus seul à mener des lignes arrières. L'incertitude plane malgré tout sur le niveau de ce secteur défensif.

L'offensive d'Anaheim reste bâtie sur le duo tout en puissance Corey Perry - Ryan Getzlaf. Mais ils ont perdu leur partenaire depuis quatre ans Bobby Ryan, dont les envies de départ devenaient pressantes. L'Américain a donc été échangé à Ottawa contre l'avenir : Jakob Silfverberg et un premier tour de draft. Mais le Suédois, qui n'a joué qu'en troisième ligne chez les Senators, n'est pas prévu tout de suite pour remplacer Ryan. Les Ducks ont fait revenir pour cela Dustin Penner, qui avait éclos aux côtés de Perry et Getzlaf lorsqu'ils avaient atteint la finale de Coupe Stanley en 2007. À l'époque, Edmonton avait proposé un gros contrat à Penner, acte "hostile" très rare en NHL pour un agent libre "restreint" car les managers n'aiment pas cet encouragement à l'inflation salariale, et Anaheim n'avait pas égalé l'offre. Penner est le dernier joueur à avoir changé d'équipe de cette façon, et cela ne lui avait pas vraiment réussi. Ce retour aux sources relancera-t-il sa carrière ? Il devra gagner sa place, car Bruce Boudreau ne veut lui accorder une place sur "sa" ligne que si sa forme le mérite. Anaheim a acquis une dernière recrue à la fin du camp de pré-saison, Mathieu Perreault, qui s'est vu offrir un privilège : être le centre de Teemu Selänne pour la dernière saison de sa carrière. Pour le reste, les Ducks affirment un certain rajeunissement avec des responsabilités accrues pour des joueurs comme Bonino, Palmieri, Etem et Maroon.

Attaquants :
Dustin Penner - Ryan Getzlaf - Corey Perry
Jakob Silfverberg - Mathieu Perreault - Teemu Selänne
Kyle Palmieri - Saku Koivu - Andrew Cogliano
Emerson Etem - Nick Bonino - Daniel Winnik
Patrick Maroon

Défenseurs :
François Beauchemin - Sheldon Souray (Hampus Lindholm)
Luca Sbisa - Cam Fowler
Bryan Allen - Sami Vatanen
Ben Lovejoy

Gardiens :
Jonas Hiller (Viktor Fasth)

 

Edmonton Oilers

Départs notables : Nikolaï Khabibulin (G, Chicago), Ryan Whitney (D, Florida), Shawn Horcoff (C, Dallas), Magnus Pääjärvi (AG, St. Louis), Lennart Petrell (AD, Genève-Servette, SUI), Éric Bélanger (C, Ekaterinbourg, KHL), Teemu Hartikainen (AG, Ufa, KHL).

Arrivées notables : Jason LaBarbera (G, Phoenix), Richard Bachman (G, Dallas), Andrew Ference (D, Boston), Anton Belov (D, Omsk, KHL), Denis Grebeshkov (D, Khanty-Mansiysk, KHL), Philip Larsen (D, Dallas), David Perron (AG, St Louis), Boyd Gordon (C, Phoenix), Linus Omark (AG, Zoug, SUI), Jesse Joensuu (AD, New York Islanders).

150px-Oilers dEdmontonLa franchise aux trois numéros 1 de draft (Hall, Nugent-Hopkins, Yakupov) a commencé sa remontée, mais tout doucement. Edmonton a fini douzième de la conférence ouest et a donc encore choisi assez haut, en 7e position, utilisée pour un défenseur (Darnell Nurse) car les Oilers sont très - trop ? - bien servis en potentiel offensif. Le "nouveau" manager Craig MacTavish - qui avait occupé tous les postes dans le club sauf celui-là - a pas mal remanié l'équipe, en plus de s'être séparé de Ralph Krueger, après six mois seulement de travail réel, pour installer un entraîneur débutant en NHL, Dallas Eakins.

Le gardien Devan Dubnyk, lui, reste en poste : pas de reproche majeur à faire au Canadien, qui a maintenu 92% d'arrêts sans que son sort soit le souci premier de tous ses coéquipiers. Il bénéficie maintenant d'une "double couverture" avec les arrivée de Jason LaBarbera et Richard Bachman.

Le grand chambardement a surtout eu lieu en défense. Il reste cinq titulaires de l'an passé, un partiel (Corey Potter, actuellement blessé au dos) et quatre (Smid, Petry et les deux Schultz) qui ont joué chaque match de la dernière saison. Il est improbable que ça se reproduise. Pas moins de quatre nouveaux joueurs arrivent en effet. Andrew Ference, fort de son expérience à Boston, est indiscutable et a reçu le "C" de capitaine. Denis Grebeshkov a l'avantage d'avoir déjà joué à Edmonton, mais les suiveurs de la KHL savent que l'ex-international russe est en déclin, au contraire d'Anton Belov, plus fort physiquement (au prix d'un contrôle positif en 2012...), taillé pour le combat nord-américain. Cela ne laisse pas beaucoup de place au Danois Philip Larsen, qui affronte une concurrence en fin de compte plus forte qu'à Dallas.

L'attaque n'a pas besoin de renfort, ses talents ont simplement besoin de grandir. Les débats lors des derniers Mondiaux sur le cas Taylor Hall l'ont prouvé : ses apologistes voient en lui le meilleur ailier gauche de NHL, ses contempteurs pensent qu'il a encore beaucoup à apprendre pour se mettre au service du collectif. Hall a maintenant un contrat de six millions de dollars pendant sept ans et doit être jugé en meneur de franchise. En l'absence de Nugent-Hopkins en début de saison, Hall a été testé au centre, un fiasco : sa place est bel et bien à gauche. Naïl Yakupov a encore tout à prouver dans l'investissement défensif et sa maturité a même été sérieusement mise en doute. Même problématique pour Linus Omark, qui s'est vu offrir une dernière chance après une grosse saison à Zoug où il n'a pas dépareillé aux côtés de Zetterberg et Brunner... et qui a comme d'habitude fini en AHL. Edmonton n'a tout simplement pas les moyens de développer autant de talents en même temps, raison pour laquelle Magnus Pääjärvi a été transféré à Saint-Louis contre le "produit fini" David Perron. La seule autre recrue est Boyd Gordon qui remplace poste pour poste Shawn Horcoff, mais la sensation du moment s'appelle Mark Arcobello, un centre de poche (173 cm) qui profite de la mâchoire cassée de Sam Gagner pour avoir sa chance en NHL. Cette équipe d'Edmonton va-t-elle enfin mûrir ?

Attaquants :
Jordan Eberle - Ryan Nugent-Hopkins - Naïl Yakupov
Taylor Hall - Sam Gagner (Mark Arcobello) - Ales Hemsky
David Perron - Boyd Gordon - Ryan Smyth
Ryan Jones - Will Acton - Luke Gazdic
Jesse Joensuu, Ben Eager

Défenseurs :
Nick Schultz - Andrew Ference
Ladislav Smid - Jeff Petry
Justin Schultz - Anton Belov
Denis Grebeshkov

Gardiens :
Devan Dubnyk (Jason LaBarbera)

 

Phoenix Coyotes

Départs notables : Jason LaBarbera (G, Edmonton), Boyd Gordon (C, Edmonton).

Arrivées notables : Thomas Greiss (G, San José), Mike Ribeiro (C, Washington), Brandon Yip (AD, Nashville), Tim Kennedy (AG, San José), Jeff Halpern (C, Montréal, via une pige en septembre au TPS Turku, FIN).

150px-Logo Coyotes Phoenix.svgL'inénarrable feuilleton Phoenix a pris fin le 3 juillet 2013. Par 4 voix contre 3, la municipalité de Glendale a approuvé le bail de l'aréna, condition sine qua non à la reprise des Coyotes par un groupe d'investisseurs canadiens. Pour obtenir cette courte majorité, elle a négocié que les contribuables locaux ne subiront les pertes d'exploitation qu'à hauteur de 30 millions de dollars sur 5 ans. Pour tout déficit au-delà de ce montant, les repreneurs assument le risque. Cela n'a pas l'air comme ça, mais c'est effectivement une amélioration par rapport à la situation actuelle : ces dernières années, Glendale a perdu plus de dix millions de dollars par an dans ce gouffre. Que les "fans" se rassurent, le feuilleton reprendra en 2018. Une clause prévoit que les investisseurs pourront sortir du contrat avec la ville - et donc déménager la franchise - si les résultats sont toujours déficitaires.

Pour que les Coyotes fassent des bénéfices, il faudrait (un miracle et) une équipe qui gagne. Cela passe d'abord par un bon gardien. Mike Smith a fait une saison correcte, mais moins brillante que la précédente. Le manager Don Maloney souhaitait donc l'associer à "un jeune gardien qui se battra peut-être un peu plus [que LaBarbera] pour ses titularisations". Vu comment Thomas Greiss s'est acharné à San José pour obtenir des miettes, on se dit qu'il correspond au profil.

La défense n'a subi aucun changement car elle est le point fort de l'équipe. Keith Yandle est un meneur parfait, Oliver Ekman-Larsson un grand talent, et leurs aspirations offensives sont bien contrebalancées par deux vétérans tchèques très défensifs, Zbynek Michalek et Rostislav Klesla. La profondeur de banc est également assurée car les jeunes David Rundblad et Brandon Gormley poussent derrière, à l'affût derrière les sans-grade, David Schlemko et Michael Stone.

Reste l'épineux problème du meneur offensif. Sitôt l'avenir à court terme de la franchise réglé, Phoenix a enfin pu convaincre un agent libre, en ayant l'autorisation de signer un gros chèque : Mike Ribeiro a signé pour la bagatelle de 22 millions de dollars en 4 ans. Le centre de la deuxième ligne de Washington reste sur une saison à un point par match, une moyenne qui relevait jusqu'ici du mirage dans l'Arizona. Il aura donc pour mission de faire en sorte que le meilleur marqueur ne soit plus... le défenseur Yandle. Autour de Ribeiro, plutôt une collection de seconds couteaux qui fonctionnent sur courant alternatif. Bødker, Hanzal, Vrbata, Korpikoski et Vermette doivent avant tout gagner en régularité. Les chances d'atteindre les séries ? À voir, mais toujours supérieures à celles d'avoir des comptes positifs.

Attaquants :
Shane Doan - Mike Ribeiro - Mikkel Bødker
Lauri Korpikoski - Martin Hanzal - Radim Vrbata
Rob Klinkhammer - Antoine Vermette - David Moss
Kyle Chipchura - Jeff Halpern - Paul Bissonnette
Brandon Yip

Défenseurs :
Oliver Ekman-Larsson - Zbynek Michalek
Rostislav Klesla - Keith Yandle
Derek Morris - David Schlemko
Michael Stone

Gardiens :
Mike Smith (Thomas Greiss)

 

Calgary Flames

Départs notables : Miikka Kiprusoff (G, arrêt), Anton Babchuk (D, Salavat Yulaev Ufa, KHL), Cory Sarich (D, Colorado), Alex Tanguay (AG, Colorado), Roman Cervenka (AG/C, SKA Saint-Pétersbourg, KHL).

Arrivées notables : Karri Rämö (G, Avangard Omsk), Kris Russell (D, Saint Louis), Shane O'Brien (D, Colorado), T.J. Galiardi (AG/AD, San José), David Jones (AD, Colorado), Sean Monahan (C, Ottawa, OHL), Joe Colborne (AG, Toronto).

150px-Logo Flames Calgary.svgFin juin, lors de la crue de l'Elbow River, le Saddledome de Calgary a été inondé jusqu'à hauteur du neuvième rang des tribunes. La partie basse, incluant les vestiaires et les locaux techniques, était noyée. Certaines pièces du musée du club étaient perdues. Sur le coup, on se demandait même comment la patinoire des Jeux olympiques 1988 pourrait rouvrir. Mais début septembre, comme si de rien n'était, les travaux de remise en état étaient déjà terminés. Malheureusement, la reconstruction du projet sportif prendra bien plus longtemps. Un nouveau poste de "président des opérations de hockey" a été créé pour que Brian Burke, un des dirigeants les plus influents de NHL, supervise ce chantier.

Tranchée prioritaire, le poste de gardien. Miikka Kiprusoff prenait une telle place que sa retraite serait compliquée. Joey MacDonald a pas mal joué l'an passé (21 rencontres sur 48), mais de là à le bombarder seul titulaire, il y a un monde. Calgary a donc recruté un autre Finlandais, Karri Rämö, qui a joué 24 fois en NHL à Tampa Bay quand il avait 22 ans et a passé entre-temps quatre saisons à Omsk. Être resté aussi longtemps titulaire en KHL dans le même club lui tient lieu de viatique.

Pour Burke, une équipe se bâtit d'abord en défense. C'est pour ça que l'ancien manager de Toronto avait recruté en 2010 Dion Phaneuf... en provenance de Calgary. À l'époque, les Flames avaient un peu trop de cadres en défense avec les trois internationaux canadiens Phaneuf, Bouwmeester et Mark Giordano, mais aujourd'hui, il ne reste que le dernier nommé. Dennis Wideman est bon, mais vaut-il cinq millions de dollars par an ? Et surtout, hormis le jeune défenseur offensif TJ Brodie, il n'y avait plus grand chose derrière. L'arrivée de Kris Russell et Shane O'Brien est un premier pas pour donner un peu de densité à ces lignes arrières dépeuplées.

La venue d'un supérieur direct aurait pu être vécue comme une défiance par le manager en place, Jay Feaster. Burke s'est donc attaché à louer le travail déjà effectué en faisant valoir qu'à son avis, les Flames avaient réalisé meilleure draft 2013 de toutes les franchises. On n'a pas tardé à voir ce qu'il voulait dire : Sean Monahan, numéro 6 de cette draft, a immédiatement intégré l'équipe à quelques jours de ses 19 ans et épate aux côtés du talent suisse de 21 ans Sven Bärtschi - qui commence aussi à mieux défendre - et du vétéran américain Lee Stempniak. Le duo Cammalleri-Hudler n'est donc plus seul. La jeunesse est au pouvoir, et on a déjà oublié la décennie où tout reposait sur Jarome Iginla, échangé l'an passé.

Calgary ne devrait pas remonter tout de suite, mais quelques saisons en "fond de cale" pourraient permettre de se doter de jeunes talents comme le voisin Edmonton.

Attaquants :
Mike Cammalleri - Jiri Hudler - Curtis Glencross
Sven Bärtschi - Sean Monahan - Lee Stempniak
T.J. Galiardi - Mikael Backlund - David Jones
Lance Bouma - Matt Stajan - Brian McGrattan
Joe Colborne

Défenseurs :
Mark Giordano - Dennis Wideman
T.J. Brodie - Kris Russell
Chris Butler - Shane O'Brien
Derek Smith

Gardiens :
Karri Rämö (Joey MacDonald)