Neuilly-sur-Marne - Dunkerque (Division 1, 9e journée)

Enlève ces osties de grenouilles...

WagenhofferJozefNeuilly-sur-Marne et Dunkerque avaient pris les deux dernières places en play-offs au printemps dernier. L'arrivée de deux promus performants, Nantes et Cholet, rend la qualification encore plus difficile cette saison. Les Corsaires sont pour l'instant dans les huit, mais pas les Bisons pour qui ce match est encore plus important : une défaite, et ce sera à nouveau le flirt avec la zone de relégation.

Avant-hier au pied du Mont-Blanc, les Bisons ont perdu plus qu'un match : Zach Hervato, le premier centre qu'ils attendaient tant depuis la blessure et la fin de carrière de Steven Kaye en pré-saison, souffre d'une commotion cérébrale. Le défenseur Jonathan Lafrance est donc placé en attaque, comme cela avait été déjà le cas à Montpellier. La ligne française Slupski - Cuzin - Da Costa se présente en premier sur la glace : elle a reçu pour mission de neutraliser Latouche-Gauvin et Cyr, les redoutables armes offensives canadiennes de Dunkerque.

Les Dunkerquois sont avec Anglet l'équipe la plus pénalisée du championnat, et ils sont fidèles à leur réputation en enchaînant deux pénalités de Bradac et Folcke. Le jeu de puissance de Neuilly-sur-Marne est encore poussif en ce début de match, mais au retour à cinq contre cinq, Loïc Sadoun reçoit un bon palet de contre-attaque sur l'aile gauche. Il feinte le gardien, mais reçoit un cinglage de Kristian Krajcik. Ce troisième avantage numérique est transformé en cinq secondes : mise au jeu gagnée par Denis Kadic pour un lancer de Jozef Wagenhoffer rabattu dans le slot par Lukas Pek (1-0, 06'15").

MartelMALes coups de sifflet restent fréquents, mais sans effet sur le score car les powerplays de part et d'autre manquent de dynamisme dans la circulation du palet. La meilleure occasion a donc lieu à quatre contre quatre. Marc Slupski voit qu'il a face à lui le vétéran Grégory Dubois et donne un coup d'accélérateur pour le déborder en un contre un et repiquer devant la cage, mais il ne déstabilise pas Marc-André Martel.

Il faut attendre les cinq dernières minutes du premier tiers pour voir enfin du jeu à 5 contre 5... et aussitôt les buts s'enchaînent. Kevin Beech encaisse un mauvais but sur un tir anodin de Tommy Latouche-Gauvin (1-1, 15'19"). Lukas Pek trouve un trou de souriceau pour marquer en lucarne dans un angle minimal, sur une passe de derrière la cage de Kadic (2-1, 15'45"). La rondelle se fait capricieuse pour les deux gardiens : Beech relâche un tir du revers de Destoop que sa défense dégage, et Da Costa se saisit de son propre rebond après un tir vicieux, mais voit son palet échouer sur le poteau.

La deuxième période est plus calme en évènements, et ils ne se produisent plus que pendant les séquences de déséquilibre numérique. À 4 contre 5, la vitesse de Mathieu Cyr parvient à éliminer Dubuc, mais pas à conclure. Alors que les Dunkerquois sont en supériorité numérique, ils lèvent les bras car le palet est au fond des filets, mais le tir de côté de Brendan Martial a en fait été marqué par dessous la cage. Les Nordistes ont en travers ce qu'ils considèrent comme une erreur arbitrale, mais ceux qui connaissent les lieux ne sont plus étonnés d'avoir vu le palet soulever la cage derrière le poteau et se glisser dans l'interstice : ce n'est pas la première fois...

SlupskiMarcL'écart est toujours d'un but quand Lafrance rejoint Sadoun en prison en début de troisième période. À 5 contre 3, Dunkerque cherche d'abord le décalage à gauche du but, mais Arthur Cuzin se couche bien. Les Corsaires optent alors pour une solution plus basique, le slap puissant en hauteur de Francis Ballet, qui avait participé à la première montée en élite de Neuilly en 2008 (2-2, 45'28"). Une minute plus tard, cependant, ce même Ballet charge Loïc Sadoun à moins d'un mètre de la bande. Wagenhoffer lance fort dans le trafic, et le palet arrive à gauche de la cage sur Julius Sinkovic qui dribble en vitesse pour le ramener dans les filets... tout en subissant un cinglage de Pettersson (3-2, 46'59"). But plus pénalité !

Cette faute sera sans conséquence, par contre Daniel Pettersson retourne en prison dix minutes plus tard pour un "faire trébucher". Jonathan Lafrance dévie parfaitement à mi-distance un lancer de David Vsetecka (4-2, 56'51"). Tout n'est pas fini car Beech, masqué, ne voit pas un lancer de Mathieu Cyr passer au ras du poteau (4-3, 57'42"). Dunkerque passe donc une dernière minute acharnée dans les duels, mais Neuilly rivalise et le palet ne sort pas des bandes.

Après les premières mauvaises sorties à domicile, Neuilly-sur-Marne enchaîne donc une seconde victoire de suite dans sa patinoire et se replace dixième avec huit points avant un derby piégeux à Courbevoie. Dunkerque est toujours devant, huitième avec dix points. Et leurs supporters gardent le moral, continuant d'applaudir leurs joueurs et même de chanter le nom de leur entraîneur. On ne voit pas ça autour de tous les terrains sportifs de France...

Commentaires d'après-match

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "Nous avons retrouvé une équipe très hargneuse, notre jeu habituel. Nous recrutons les joueurs, eux doivent se donner à 100%. Nous avons perdu notre match à Mont-Blanc à cause de nos unités spéciales. Hier on a passé 1h30 de powerplay à l'entraînement, c'est bien quand tu pratiques quelque chose et que tu vois le résultat le lendemain. On ne bouge pas assez la rondelle, mais on est revenu à la base : mettre la rondelle à la pointe et prendre des lancers. Les unités spéciales sont la moitié d'un match maintenant, travailler le jeu à 5 contre 5 ne concerne donc qu'une moitié de match. La ligne de Léo Cuzin a eu le mandat de fermer leur première ligne pour libérer nos deux autres blocs, Gabriel Da Costa y a fait un travail fabuleux en arrêtant nombre de rondelles. C'était un jeu pour hommes ce soir. Le résultat de la saison dépendra de notre gardien. Beech a été chancelant pendant deux périodes, puis a bien goalé en troisième. Je lui ai dit dans le vestiaire : enlève-toi les osties de grenouilles que t'as dans le cerveau, tu ne peux pas douter de toi. Si t'es rendu à ce niveau, c'est que t'as les capacités."

Carl Michaelson (entraîneur de Dunkerque) : "On se fait refuser un but valable, mais chaque punition est méritée. On n'a pas pu prendre notre momentum. On a pris beaucoup de punitions avec le bâton, c'est parce qu'on ne bouge pas les pieds. Je me sens mal pour notre gardien qui fait un excellent match. Trois-quatre joueurs n'étaient pas eux-mêmes et n'étaient pas là mentalement, comme Tommy [Latouche-Gauvin] qui manquait un peu de jambes. Pas d'excuse, on avait un jour de repos de plus qu'eux. C'est la première fois qu'on voit un style de jeu comme le leur, un 2-1-2 vraiment agressif."

 

Neuilly-sur-Marne - Dunkerque 4-3 (2-1, 0-0, 2-2)
Samedi 2 novembre 2013 à 18h30 à la patinoire municipale de Neuilly-sur-Marne. 303 spectateurs.
Arbitrage d'Adrien Ernecq assistés de Sébastien Levasseur et Florian Tocqueville.
Pénalités : Neuilly 24' (6', 2'+10', 6') ; Dunkerque 22' (8', 4', 10').
Tirs : Neuilly 33 (12, 8, 13) ; Dunkerque 28 (10, 9, 9).

Évolution du score :
1-0 à 06'15" : Pek assisté de Wagenhoffer et Kadic (sup. num.)
1-1 à 15'19" : Latouche-Gauvin assisté de Ballet
2-1 à 15'45" : Pek assisté de Kadic
2-2 à 45'28" : Ballet assisté de Laine et Pettersson (double sup. num.)
3-2 à 46'59" : Sinkovic assisté de Wagenhoffer et Polodna (sup. num.)
4-2 à 56'51" : Lafrance assisté de Vsetecka et Pek (sup. num.)
4-3 à 57'42" : Cyr assisté de Nielsen
 

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Kevin Beech.

Défenseurs : Jozef Wagenhoffer - Maxime Dubuc ; David Vsetecka - Arthur Cuzin ; Jérémy Fritsch.

Attaquants : Marc Slupski - Léo Cuzin - Gabriel Da Costa ; Lukas Pek - Denis Kadic - Jonathan Lafrance ou Clément Rey ; Julius Sinkovic - Stanislav Polodna - Loïc Sadoun (C) ; Kevin Guimbard - Leyland Plaire.

Remplaçant : Rémi Husson (G). Absent : Zach Hervato (commotion cérébrale).

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Kristian Krajcik – Francis Ballet (A) ; Jakub Bradac - Ghislain Folcke (C) ; Grégory Dubois - Jussi Laine.

Attaquants : Tommy Latouche-Gauvin - Mathieu Cyr (A) - François Moretti ou Benjamin N'Guyen ; Esben Nielsen - Loïc Destoop - Daniel Pettersson ; Brendan Martial - Maxime Brachet - Clément Thomas.

Remplaçants : Michael Dizgun (G), Benjamin Bataille. Absents : Antoine Vanwormhoudt (genou), Martin Domian.