Allemagne - Suisse (Deutschland Cup)

Les Allemands en maillot rouge

WICK Roman-120505-078Ce week-end, l'Allemagne prépare les Jeux olympiques. Non, pas ceux de Sotchi, pour lesquels son équipe de hockey sur glace ne s'est pas qualifiée pour la première fois, mais ceux de Munich qu'elle espère organiser en 2022. Ce dimanche, un vote de soutien est organisé auprès de la population pour conforter la candidature. Si le maillot d'entraînement est aux couleurs bleu ciel de l'organisation, le tout nouveau maillot de match des Allemands étonne encore plus : il est rouge, une couleur qu'ils n'avaient plus utilisée depuis le siècle dernier.

Il y en a un qui ne doit pas être dépaysé, c'est Daryl Boyle, le débutant-surprise. Le rouge est en effet assez naturel pour un Canadien... Les grands-parents maternels de Boyle sont cependant originaires d'Allemagne, et il précise les avoir toujours appelés "Opa" et "Oma", à l'allemande. Cela a permis sa naturalisation, même s'il a dit cette semaine qu'il devrait encore apprendre l'hymne national. On verra combien de temps Boyle durera, car si l'Allemagne promeut souvent de nouveaux naturalisés, il est rare qu'ils s'établissent longtemps en sélection, à la notable exception de Tripp. Leur motivation s'étiole parfois, tels Mulock et Olver qui ne s'étaient pas empressés de venir aux Mondiaux et que les performances désastreuses de Berlin en ce moment ne rendent guère sélectionnables.

Le communiqué de presse des organisateurs a désigné la Suisse comme la grande favorite de cette Deutschland Cup, ce qui peut sembler logique pour la nation vice-championne du monde. Sauf qu'il n'y a aucun des finalistes mondiaux dans l'effectif ! Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas de joueurs de grande valeur, tels Romy, Wick ou Sprunger, les principaux absents en mai dernier. Sean Simpson démontre ainsi l'intense concurrence qui est maintenant de mise dans une nation qui compte désormais dix joueurs de NHL.

La Suisse se complique la vie par deux pénalités consécutives de Wieser et de Guerra, permettant ainsi à l'Allemagne d'installer sa domination sur la première période. Pourtant, les visiteurs sont tout près d'ouvrir le score quand Patrick Bärtschi reprend une passe en retrait. L'arbitre vidéo est consulté et indique que le palet n'est pas rentré mais a seulement touché le poteau. Résultat, trente secondes plus tard, c'est le capitaine allemand Michael Wolf qui marque dans l'aurre sens.

Les hommes de Pat Cortina sont toujours bien en place en deuxième période : ils s'imposent physiquement et mettent en place un mur à la ligne bleue que les individualités suisses ne peuvent pas franchir. Sprunger et Schäppi sont envoyés en même temps en prison, et c'est le tournant du match car... la Nati résiste deux minutes à 3 contre 5 !

DU BOIS Felicien-120506-322La vraie cassure, cependant, c'est le moment où le plexiglas craque après une mise en échec de Tristan Scherwey sur Denis Reul (38'15"). Les arbitres renvoient les deux équipes aux vestiaires, mais la pause normale ne suffira pas à la réparation. Aux Mondiaux 2010 à Cologne, l'intervention avait duré dix minutes. Pas aujourd'hui. Il n'y a pas de plexi de rechange dans la patinoire, il faut en faire venir de la salle multifonctions voisine. Comme le morceau n'est pas au même format, il faut le découper... et c'est alors que les techniciens se rendent compte qu'il n'y a pas de prise pour brancher la fraiseuse. Après de longs moments de panique, comblés autant que se peut par la sono avec du sirtaki, le jeu reprend, une heure plus tard.

Pensant que le match allait reprendre, Pat Cortina avait incité ses joueurs à rester chauds tout au long de cette heure interminable. Les Suisses, eux, se sont reposés et calmés avant de se remettre dans le bain. Ils vont s'avérer beaucoup plus frais lorsque le jeu reprendra, surtout mentalement...

La concentration s'étant un peu dissipée, le jeu est moins fermé. Les Suisses mettent du rythme et trouvent des espaces qui n'existaient pas avant. La première pénalité, une charge avec la crosse de Daryl Boyle, est immédiatement exploitée par Michael Liniger. Deux minutes plus tard, Julien Sprunger donne l'avantage aux Helvètes. L'Allemagne parviendra pourtant à égaliser sur un tir du haut du cercle gauche de Frank Mauer. À quatorze secondes de la fin, le gardien Danny aus den Birken préserve la prolongation en arrêtant un tir de Roman Wick qui a réussi un slalom dans la défense.

La journée aura donc beaucoup plus longue que prévue pour les spectateurs : une heure de pause imprévue, et deux rencontres qui vont jusqu'en prolongation et aux tirs au but. Même pas de victoire allemande au bout du marathon : c'est Michael Liniger qui inscrit le pénalty vainqueur.

Désignés joueurs du match : Danny aus den Birken pour l'Allemagne et Michael Liniger pour la Suisse.

Commentaires d'après-match

Daryl Boyle (défenseur de l'Allemagne) : "J'étais un peu nerveux au début du match. Mais après la première présence, la nervosité est partie et je me suis senti très bien. Le tempo international n'a rien à avoir avec celui de la DEL. Nous sommes bien entrés dans le match et avons fait le jeu au premier tiers-temps. Les Suisses sont ensuite bien revenus. Il était important d'égaliser. Les pénaltys sont toujours une loterie."

Michael Liniger (attaquant de la Suisse) : "L'interruption nous a bien réussi. Nous ne devons pas être trop euphoriques après un match et nous devons accumuler de l'énergie pour demain. Mais si nous jouons comme ça, nous pouvons aussi battre les Américains."
 

Allemagne - Suisse 2-2 (1-0, 0-0, 1-2, 0-0) / 0-1 aux tirs au but
Vendredi 8 novembre 2013 à 20h00 à l'Olympia Eisstadion de Munich. 5900 spectateurs.
Arbitrage de Marcus Brill (ALL) et Robert Mullner (SVK) assistés de Christoffer Hurtik et Robert Schelewski (ALL).
Pénalités : Allemagne 4' (2', 0', 2', 0') ; Suisse 12' (4', 4', 2', 2').
Tirs : Allemagne 26 (11, 4, 6, 5) ; Suisse 29 (4, 10, 13, 2).

Évolution du score :
1-0 à 15'17" : Wolf assisté d'Ankert
1-1 à 42'38" : Liniger assisté de Loeffel et B. Plüss (sup. num.)
1-2 à 44'39" : Sprunger assisté de B. Plüss et Liniger
2-2 à 52'53" : Mauer assisté de Hager

Tirs au but : Allemagne : Wolf (arrêté), Schütz (arrêté), Mauer (arrêté). Suisse : Sprunger (arrêté), Liniger (réussi).
 

Allemagne

Gardien : Danny aus den Birken.

Défenseurs : Felix Petermann - Torsten Ankert (+1) ; Denis Reul - Justin Krueger ; Benedikt Kohl - Florian Kettemer ; Daryl Boyle (2') - Benedikt Schopper (+1).

Attaquants : Alexander Barta - Felix Schütz - Ulrich Maurer ; Michael Wolf (C, +1) - Christoph Ullmann (A, +1) - Alexander Weiss (+1) ; Martin Buchwieser (-1) - Marcus Kink (A, -1) - Yannic Seidenberg (-1) ; Frank Mauer (+1) - Patrick Hager (+1) - Daniel Pietta (+1) ; Mathias Plachta.

Remplaçant : Dennis Endras (G). En réserve : Dimitri Pätzold (G), Bernhard Ebner, Peter Lindlbauer, Garret Festerling, René Röthke.

Suisse

Gardien : Daniel Manzato.

Défenseurs : Patrick Geering (-1) - Anthony Huguenin (-1) ; Félicien Du Bois (C, +1) - Romain Loeffel (+1) ; Samuel Guerra (-1) - Dominik Schlumpf ; Alessandro Chiesa (-1) - Dean Kukan.

Attaquants : Roman Wick (-1) - Kevin Romy (A, -1) - Patrik Bärtschi (-1) ; Benjamin Plüss (+1) - Michael Liniger (+1) - Julien Sprunger (A, +1) ; Tristan Scherwey - Reto Schäppi - Dino Wieser ; Juraj Simek (-1) - Gregory Hofmann (-1) - Samuel Walser (-1).

Remplaçant : Lukas Meili (G). Absents : Étienne Froidevaux, Inti Pestoni, Joël Vermin.