Statshot - trêve de novembre 2013

magnusAprès huit journées d'exercice, la Ligue Magnus nous a déjà offert des indications importantes sur l'écriture du livre de cette saison : l'impressionnant départ des Dragons de Rouen, les « favoris » au rendez-vous (à l'exception peut-être des Gothiques d'Amiens un peu plus en difficulté), les Ducs de Dijon qui surprennent, les Rapaces de Gap en grande difficulté mais qui semblent retrouver la voie...

Nous vous présentions il y a quelques jours les principes du « Nouveau Statshot », cette volonté entre autres de générer de nouveaux indices, inspirés de ce qui se fait ailleurs, pour l'analyse des performances du championnat de France. Pour retrouver toutes les explications autour des indices et de leur mode de calcul, vous pouvez vous référer à cet article introductif.

En plus de ces indices et de leur analyse, nous mettrons en avant des tableaux inédits pour mieux comprendre les données chiffrées du championnat. Enfin vous découvrirez les « Statshot Facts », qui mettront en évidence des records, des performances ou autres « anecdotes statistiques » pour chacune des 14 équipes.

A présent, voyons concrètement quels sont les premiers enseignements de ce début de saison...


Petite introduction
:

Comme nous l'indiquions dans l'article de présentation, nous avons pertinemment conscience que le traitement des statistiques est un exercice périlleux. En effet, outre les doutes que l'aspect chiffré génère fréquemment, nous ne nous risquerions pas à exprimer, ni même à penser qu'il faille prendre pour argent comptant les données que la fédération nous transmet via les statistiques officielles.

Nous expliquions alors que l'intérêt résidait en le fait que si les chiffres n'étaient peut être pas « parfaits », ils demeuraient intéressants pour pouvoir établir des tendances, ce que nous recherchons au travers ces indices. Il n'est aucunement dans notre volonté de construire sur des chiffres erronés, dès lors nous sommes extrêmement dépendants de la bonne tenue des fiches de jeu en direct de chaque match. A défaut d'en avoir la garantie, nous avons fait le choix de retirer de nos calculs les situations où tout ou partie des fiches nous ont posé problème, soit parce qu'elles n'étaient pas du tout tenues, soit parce qu'elles présentaient des erreurs grossières (chiffres impossibles...).

Voici donc la liste des rencontres ou des tiers-temps de matchs qui sont exclus des calculs dans les indices que nous allons vous présenter :

J1 : Chamonix – Angers
J2 : Dijon – Briançon
J4 : Dijon – Gap (rencontre reportée)
J6 : Brest – Briançon (prise en compte uniquement du premier tiers-temps)
J7 : Dijon – Grenoble (prise en compte uniquement des deux premiers tiers-temps)


PDO après huit journées de championnat :

Pour retrouver l'explication du fonctionnement et du mode de calcul du PDO, le lien vers l'article introductif.

pdo J8

Le PDO est un « indice pari ». Par la différence avec les pourcentages moyens sur un match (90% d'arrêts et 10% de tirs) uniquement sur les phases d'égalité numérique, on part du postulat qu'une équipe est potentiellement en sur-régime (PDO supérieur à 1000, qui correspond à 90% d'arrêts et 10% de tirs) ou en sous-régime (PDO inférieur à 1000).

À partir de là, un PDO doit être évalué dans la durée, et c'est pourquoi l'analyse qui en est faite ici présente uniquement une base, qu'il nous faudra reprendre lors du prochain Statshot à des fins de comparaison.

Comme nous sommes encore dans le premier tiers de la saison, le classement du PDO possède donc forcément des traits communs avec le classement de la Ligue Magnus, c'est tout à fait logique. Le fait de retrouver les Dragons de Rouen largement en tête de l'indice n'est en soi pas étonnant, en revanche les chiffres sont assez significatifs car là il est question d'un PDO plutôt vertigineux ! Il faudra donc conserver un œil sur l'évolution des performances des Normands qui, statistiquement, pourraient connaître un petit coup de pompe très rapidement, sans que cela soit forcément une science exacte. A l'inverse, les Rapaces de Gap possèdent un PDO plus important que celui des Chamois de Chamonix, pourtant derrière au classement général. Cela est justement lié à une question de tendances des résultats, et à ce titre les Gapençais se sont déjà engagés dans une spirale plus favorable depuis quelques matchs, à l'inverse des Chamoniards qui marquent un peu le pas ces derniers temps.

Là où l'analyse de cet indice prend tout son sens, c'est justement quand le classement ne correspond pas forcément avec les chiffres de l'indice : en deuxième position du classement PDO, on retrouve les Ducs de Dijon, l'équipe à qui « tout réussit » ces dernières semaines. Grâce à leurs 5 victoires pour 2 défaites, les Bourguignons apparaissent comme l'invité surprise en haut du classement pour ce début de saison. Pour autant, les chiffres indiquent un PDO très fort, ce qui amènerait à penser que le facteur chance pourrait se dissiper dans les semaines à venir. Affaire à suivre...

Avec pourtant un même nombre de points, les autres Ducs de la Magnus, ceux d'Angers, sont pour leur part... 12e au classement de l'indice PDO ! Un même nombre de points au classement mais des performances à l'opposé l'une de l'autre. Ainsi, Angers a une forte possession (voir plus bas l'IPP) sans réussite tandis que Dijon peine sur le plan de la possession mais a pu compter sur un pourcentage d'arrêts à 5 contre 5 impressionnant (94,8%), principalement sur les 4 dernières rencontres. Pour autant, avec un tel potentiel comme le possèdent les Angevins, les chiffres semblent indiquer que leur chance devrait revenir dans le courant de la saison.

Rendez-vous dans le prochain Statshot pour voir si ces tendances vont se confirmer ou au contraire s'infirmer !


IPP après huit journées de championnat :

Pour retrouver l'explication du fonctionnement et du mode de calcul de l'Indice de Possession du Palet, le lien vers l'article introductif.

IPP J8

Afin d'évaluer au mieux la faculté de chaque équipe à faire le jeu, il était important de tenir compte des tirs cadrés (faute d'avoir l'information pour les autres tirs non cadrés ou bloqués) uniquement en situation de cinq contre cinq, car toutes autres situations d'infériorités ou de supériorités numériques mettent en place des spécificités qui « faussent la norme » d'un rapport de domination dans le jeu.

Sans surprise, Rouen est en tête et témoigne d'un pourcentage de 62,2% des tirs cadrés des rencontres qu'ils ont joué.  Retrouver également Angers et Briançon sur le podium de cet indice n'est guère plus étonnant, en revanche ça l'est plus concernant l'Etoile Noire de Strasbourg : l'équipe alsacienne se voit créditer de 55,03% des tirs cadrés de leurs rencontres. Un gage de domination sur ces matchs, mais qui en l'occurrence ne se reflète pas pour le moment dans les résultats de l'équipe. Ainsi, malgré le fait qu'en moyenne les Strasbourgeois tirent plus à la cage que leurs adversaires, la réussite n'est pas forcément au rendez-vous. Néanmoins, il faudra surveiller cette Etoile Noire, qui a le potentiel pour monter au classement au dessus de sa 10e place actuelle.

A l'inverse, les Dauphins d'Epinal se retrouvent dans le cas contraire : 42,6% des tirs cadrés de leurs rencontres, c'est l'avant-dernier total de la Ligue. Pour autant, les hommes de Raphaël Marciano marquent : avec 30 buts, c'est la deuxième meilleure attaque de Magnus, et pour ramener le chiffre aux situations d'égalité numérique cela donne 18 buts, le quatrième total du championnat. Une preuve flagrante que si l'équipe peine à faire le jeu, elle témoigne d'un fort réalisme.


Evolution des tirs cadrés entre la saison passée et ce début de saison :

Afin d'analyser les performances de chaque équipe en ce début d'exercice par rapport à ce qu'elles étaient tout au long de la saison dernière, nous avons constitué deux graphiques mettant en avant l'évolution des tirs reçus et lancés pour les 14 formations.

graph tirs lm 12-13

LM 13-14 8e

Les axes d'abscisse et d'ordonnée correspondent aux médianes de tirs cadrés (par exemple pour ce début de saison, la moyenne par match est de 31,56 tirs lancés et 31,81 tirs reçus). Cela permet donc une lecture de la représentation en quatre zones : deux zones intermédiaires, pour des équipes qui sont en positif dans l'un des deux domaines mais non dans l'autre, une zone rouge dite des « équipes dominées » (à savoir la moyenne de tirs reçus plus forte et celle de tirs lancés plus faible que la médiane) et une zone verte dite des « équipes dominantes » (moyenne de tirs reçus plus faible et celle de tirs lancés plus forte que la médiane).

La première impression visuelle est sans conteste une différence d'échelle. Cela est lié à deux équipes « hors cadre » chacune dans leur genre en ce début de saison, les deux équipes normandes du championnat : les Drakkars de Caen s'approchent de la moyenne générale des tirs reçus, en revanche le nombre de tirs lancés est famélique : 21,87 tirs en moyenne, soit dix de moins que la médiane ! À l'inverse, les Haut-Normands de Rouen possèdent la moyenne de tirs reçus la plus basse du championnat (25,25 en moyenne) et dominent outrageusement dans le même temps les tirs lancés, dans ce qui doit très certainement être un record si cela tend à se confirmer : 43,12 tirs lancés par match de moyenne, soit 345 tirs en huit matchs !

Ces deux situations « anormales statistiquement » renforcent l'impression d'un resserrement de toutes les autres équipes autour des axes médians.

L'ensemble de la saison régulière passée voyait quatre formations dans la zone des équipes dominantes. On les retrouve une fois de plus cette saison : Rouen, Angers, Briançon et Grenoble demeurent des équipes qui prennent le dessus sur leurs adversaires dans le jeu. Attention toutefois pour les Brûleurs de Loups qui reçoivent très peu de tirs cadrés (troisième de la Ligue avec 25,87 de moyenne), mais qui est juste au dessus de la moyenne des tirs à la cage (32 tirs lancés de moyenne).

Dans cette très prisée zone verte, on retrouve deux équipes surprises : les Chamois de Chamonix et les Rapaces de Gap. Et c'est d'autant plus étonnant que la saison passée, Chamonix ne brillait guère au niveau des tirs lancés, alors que les Gapençais étaient littéralement « dans la zone rouge ». Pour autant, quelles conclusions peut-on tirer du fait que malgré cette présence comme équipes dominantes dans le jeu, ces deux équipes sont en queue de classement ? La réponse se trouve en partie dans le classement PDO : difficile de remporter ses matchs quand on est en sous régime en égalité numérique à la fois au niveau du pourcentage de tir (6,4% pour Gap et 4% pour Chamonix) et du pourcentage d'arrêts (87,8% pour Gap). Pourtant, les deux équipes ne sont pas forcément dans le même bateau, malgré cette proximité au classement. Si Gap affiche un IPP proche du 50%, Chamonix en est loin avec ses 45%. La présence des Chamoniards dans la zone des équipes dominantes est en fait dûe aux phases de supériorité numérique. Ainsi, ils sont actuellement premiers de la ligue avec 63 opportunités de supériorité, largement au dessus du deuxième (Epinal, 45 opportunités). Par ailleurs, en ce qui concerne Gap, figurer bon dernier au niveau du pourcentage de réussite en supériorité numérique avec 7,14% loin derrière l'avant dernier (Brest, 14,3%) n'aide pas à décoller de la dernière place du classement général.

Soulignons également le travail de l'Etoile Noire de Strasbourg, aux performances très proches de celles de Grenoble. Certes une moyenne de tirs lancés un peu plus faible que celle des Isérois, mais la deuxième plus faible moyenne de tirs reçus par match de la Ligue Magnus, avec 25,37. Belle progression défensive comme offensive pour l'instant par rapport à la saison passée comme en attestent ces graphiques.

Si l'on exclut les Pingouins de Morzine, en zone intermédiaire « matchs vivants » (forte pour les tirs lancés et les tirs reçus), comme la saison passée mais plus prêt des médianes cette saison, toutes les autres formations se retrouvent dans la zone des équipes dominées.

Deux ou trois matchs positifs dans les deux sens pourraient conduire les Gothiques d'Amiens à passer du rouge ou vert, tant ils s'approchent de l'intersection entre les deux médianes. La comparaison avec la saison passée prouve d'ailleurs que les Amiénois tirent plus à la cage sur ces huit premières rencontres. Une situation que pourraient bien connaitre également les Ducs de Dijon, à qui ils manquent une rencontre et qui sont actuellement dans une spirale très positive. Quant aux Dauphins d'Epinal, malgré une honnête moyenne de tirs lancés, ils souffrent de trop nombreux tirs reçus : 37,25 par match de moyenne, c'est le deuxième plus mauvais bilan du championnat dans ce domaine. Un problème qu'ils ne connaissaient pas la saison passée, tout du moins pas dans ces proportions.

Bien ancrées dans cette zone, les équipes de Villard et de Brest peinent clairement à faire le jeu. La situation des Ours n'est d'ailleurs pas sans rappeler celle de la saison passée. Le nouveau venu brestois se retrouve quant à lui avec le plus fort total, et forcément la plus forte moyenne de tirs reçus dans une rencontre (38,37). Le fait que les Albatros soient les plus indisciplinés de la ligue (186 minutes) n'est sans doute pas étranger à cette moyenne.

Dernier élément d'ordre général, on peut souligner que sur l'ensemble de la saison passée, six équipes se retrouvaient dans les zones intermédiaires (Strasbourg, Amiens, Chamonix, Dijon, Mulhouse, Morzine) contre deux en ce début de saison (Strasbourg et Morzine). Une tendance qui, si elle vient à se confirmer, peut être interprétée comme le fait que depuis le début du championnat le rapport entre équipes qui dominent le jeu et formations qui subissent est plus fort, qu'il y a moins de « surprises » dans le jeu jusqu'à maintenant.


Statshot Facts !

Autre nouveauté cette saison, les « Statshot Facts » vous donneront des petites statistiques remarquables sur l'ensemble des équipes de la Ligue Magnus. Une occasion de briller auprès de vos voisins de patinoire !

- les Gothiques d'Amiens : rien ne vaut la douceur de la maison pour les Amiénois ! Les Gothiques sont en grande difficulté hors de leur base (treizième de la Ligue en déplacement) mais font du Coliseum une forteresse presque imprenable : au classement à domicile, Amiens est troisième !
- les Ducs d'Angers : remarquée très tôt dans la saison, une statistique étonnante concernant les Angevins s'est confirmée avec le temps. Les hommes d'Alex Stein démarrent fort leurs rencontres avant de faiblir très fortement dans les dernières secondes. Les chiffres sont criants : troisième au classement du premier tiers (avec onze points), les Ducs sont tout bonnement... derniers au classement du troisième tiers ! Avec trois points dans ce classement fictif, l'équipe du Haras est la seule formation de la Ligue Magnus à n'avoir pas gagné le moindre dernier tiers-temps, en huit rencontres.
- les Albatros de Brest : ils ont été rejoints par les Dragons de Rouen lors de la dernière journée en date, mais la statistique est toujours valable. Avec six situations en huit matchs, l'équipe bretonne est celle qui a le plus ouvert la marque dans ce championnat.
- les Diables Rouges de Briançon : c'est à croire que les voyages en bus forment la jeunesse briançonnaise ! Quatre matchs, quatre victoires : les Diables Rouges sont en tête du classement à l'extérieur.
- les Drakkars de Caen : Caen se retrouve dans le cas contraire. L'équipe assure à domicile et décroche même une superbe deuxième place dans ce championnat fictionnel (avec sept points en quatre matchs), en revanche c'est le chemin de croix à l'extérieur : zéro point, cinq petits buts marqués. L'équipe est dernière en déplacement.
- les Chamois de Chamonix : toujours dans le rapport « domicile / extérieur », il faut bien une équipe dernière à domicile... Et cette équipe est Chamonix ! Les Chamois ne se sont toujours pas imposés sur la glace de Bozon en championnat.
- les Ducs de Dijon : parmi les équipes qui ont ouvert au moins cinq fois la marque cette saison, il n'y en a que deux qui l'ont toujours emporté dans ce cas de figure : Rouen et Dijon ! Les Ducs ont marqué cinq fois le premier but, pour un bilan de dix points.
- les Dauphins d'Epinal : la statistique est toujours en cours... Les Dauphins se sont inclinés à chaque fois qu'ils ont ouvert la marque (trois fois jusqu'à maintenant). Ce même fait peut aussi être tourné de manière optimiste pour les Vosgiens, en se disant que tous les points marqués par l'ICE l'ont été en ayant pourtant encaissé le premier but.
- les Rapaces de Gap : après un début de saison très délicat, les Rapaces retrouvent peu à peu des couleurs. Les premiers indicateurs rassurants apparaissent. On peut notamment citer le fait qu'ils démarrent plutôt bien leurs rencontres : Gap est sixième au classement du premier tiers.
- les Brûleurs de Loups de Grenoble : il y a un leadership que les Grenoblois ne lâchent pas, une place pour laquelle ils résistent encore aux Rouennais, c'est celle du classement du troisième tiers. Avec treize points dans cette situation, Grenoble est la seule équipe à ne pas avoir perdu un seul dernier tiers-temps.
- les Pingouins de Morzine-Avoriaz-Les Gets : les Pingouins confirment leur statut « d'équipe à réaction ». Les bons résultats des jaunes sont acquis au fil des rencontres, en général après des débuts plutôt poussifs, puisque Morzine est à la douzième place du classement du premier tiers-temps.
- les Dragons de Rouen : Rouen ou la domination totale jusqu'à maintenant : que ce soit à domicile ou à l'extérieur, en premier comme en dernier tiers-temps, les Dragons tiennent souvent la première place, et ont dans tous les cas la meilleure différence de buts.
- l'Etoile Noire de Strasbourg : une constante concernant les Alsaciens, c'est que l'on ne s'ennuie pas quand Strasbourg joue ! Pas une seule rencontre de l'Etoile Noire cette saison s'est achevée avec moins de cinq buts marqués.
- les Ours de Villard de Lans : après la cinquième journée, les Ours repartaient de l'Ile Lacroix avec une valise de plus que leurs habituels bagages (10-0). Un score fleuve qui fait mal aux Villardiens, peu à l'aise sur les bords de Seine. Pour retrouver trace de la dernière défaite à dix buts des Ours, il faut remonter à la dernière journée de la saison 2011-2012. A l'époque, Villard s'inclinait sur le score de 11 à 5... à Rouen !