République Tchèque - Russie (Euro Hockey Tour 2)

La fin d'une génération ?

POPOV Alexander-130504-327Certains commentateurs russes se sont enchantés du changement de style de la Sbornaïa, qui a semblé retrouver un état d'esprit offensif et ouvert, à l'instar du sélectionneur Zinetula Bilyaletdinov pris en flagrant délit de sourire. À vrai dire, il ne fait guère de doute que ses priorités tactiques n'ont guère changé, et ce dernier match le prouve avec une défense de fer face à des attaquants tchèques toujours aussi peu inspirés.

Il faut dire que la ligne Averin-Tikhonov-Lisin, si enthousiasmante contre la Suède, a été mise sur le flanc par la blessure des deux ailiers. La Russie a été obligée de rappeler Evgeni Timkin, qui jouait en Lettonie avec la Russie B, mais ne peut même aligner quatre lignes. Cela aurait pu servir contre des Tchèques qui ont joué la veille au soir et ont eu quelques heures de repos de moins.

Le joueur tchèque le plus actif, c'est le gardien Jakub Kovar, encore titularisé. Comme la crosse de Doudera qui atteint le visage d'un adversaire, il est immédiatement mis à contribution pendant quatre minutes à 4 contre 5 : après une déviation de Tereshchenko qui passe de peu à côté, le gardien d'Ekaterinbourg attrape le lancer de Nikulin et détourne du bout du patin un bon tir de Panarin. Il sera aussi secouru par son poteau à la huitième minute sur une tentative de Zubarev.

La deuxième période commence par des pénalités russes, pendant lesquelles le jeune Kousal s'illustre crânement, et se termine par des pénalités tchèques. Mais pendant 53 secondes à 5 contre 3, Popov n'arrive pas à conclure. Après quarante minutes de jeu, le score est donc toujours de 0-0...

Ceux qui voulaient voir des buts n'avaient pas à intérêt à être en retard à la pause, car la Russie marque deux fois en un peu plus d'une minute. D'abord, le duo d'Omsk s'éclate en équipe nationale pour compenser ses déboires collectifs en club : Aleksandr Perezhogin prend la rondelle comme elle vient contre la bande et Aleksandr Popov vient la dévier juste devant le gardien. Ensuite, Jakub Petruzalek voit sa passe contrée par Artemi Panarin en zone défensive puis tombe en essayant de récupérer le palet. En deux passes latérales rapides, Panarin puis Burmistrov transmettent à l'aile droite à Mikhaïl Varnakov qui tire sans contrôle au ras du poteau. Un but mérité pour cette ligne assez en vue sur ce dernier match.

HUBACEK Petr-100509-011Aleksandr Eremenko conserve son blanchissage jusqu'à la fin et signe donc son grand retour en équipe nationale après deux ans et demi d'absence. Entre Bryzgalov qui signe enfin un contrat NHL à Edmonton, Bobrovsky qui peine à confirmer sa saison passée et Varlamov dont l'avenir pourrait se jouer en justice, le feuilleton des gardiens russes promet encore d'intenses rebondissements, comme depuis plusieurs années.

La République Tchèque, elle, est au point zéro, comme son nombre de points dans ce tournoi. Avec aucun but marqué à 5 contre 5, les joueurs évoluant en Europe n'ont pas fait mieux que leurs collèges de NHL aux derniers Mondiaux. Le changement de génération est plus qu'urgent et certains des champions du monde 2010 le reconaissent eux-mêmes...

Commentaires d'après-match

Zinetula Bilyaletdinov (entraîneur de la Russie) : "Je n'ai pas trop aimé notre première moitié de match. Le troisième tiers-temps est à mettre en avant, et pas seulement parce que nous y avons marqué les deux buts : en premier lieu, nous avons agi avec beaucoup d'attention dans notre zone et n'avons pas laissé l'adversaire créer quoi que ce soit. Eremenko a joué en toute sécurité et en toute confiance. Peut-être qu'il n'avait pas beaucoup de travail face aux Tchèques, mais il avait l'air bien contre la Suède."

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "Très bonne performance du gardien Jakub Kovar, de Tomas Kaberle et de Jan Kovar, peut-être le futur joueur sur lequel bâtir l'équipe. Pour le reste, je suis déçu. Si Cervenka, Vondrka et quelques autres ne sont pas là, nous avons un problème parce que les autres sont tous au même niveau et ne construisent pas grand-chose. Les joueurs évoluant à l'étranger n'ont pas mieux joué que ceux d'Extraliga. Je suis satisfait de Doudera, qui a maîtrisé deux matches difficiles. Les autres débutants Kousal et Buchtel n'ont pas joué plus mal que leurs coéquipiers. Quand nous n'avons plus la joie de la victoire, qu'il y ait au moins le sentiment de découvrir des joueurs de hockey pour l'avenir."

Petr Hubacek (attaquant de la République Tchèque, 34 ans) : "Quand nous sommes à notre puissance maximale, nous pouvons rivaliser. Quand nous sommes à la moyenne, nous sommes à la traîne. Contre de tels rivaux, il faut être à 100% prêt physiquement. On sait quand on n'a pas beaucoup d'énergie en montant sur la glace. Mon jeu est fondé sur le patinage. J'ai gagné le titre finlandais et trois médailles ces quatre dernières années. Chaque année je finis la saison tard, ça s'additionne. Je me demande s'il n'est pas temps pour moi de me concentrer sur le club. Quand vous regardez les nouveaux Buchtel ou Kousal, ils ont bien joué et avaient de l'énergie."

 

République Tchèque - Russie 0-2 (0-0, 0-0, 0-2)
Dimanche 9 novembre 2013 à 12h30 à la Hartwall Arena de Helsinki. 6777 spectateurs.
Arbitrage de Stefan Fonselius et Mikko Kaukokari (FIN) assistés de Markus Hägerström et Masi Puolakka (FIN).
Pénalités : République Tchèque 14' (4', 6', 4'), Russie 6' (2', 4', 0').
Tirs : République Tchèque 23 (11, 9, 3), Russie 29 (13, 8, 8).

Évolution du score :
0-1 à 40'34" : Popov assisté de Perezhogin
0-2 à 41'08" : Varnakov assisté de Burmistrov et Panarin


République Tchèque

Gardien : Jakub Kovár.

Défenseurs : Tomáš Kaberle (A, -1) - Milan Doudera (-1, 4') ; Zdenek Piskácek (-1) - Jakub Nakládal (-1, 2') ; Zdenek Kutlák puis à 44' Jakub Krejcík - Lukáš Krajícek.

Attaquants : Petr Hubácek (A, -1) - Jan Kovár (-1) - Zbynek Irgl (-1, 2') ; Ivan Rachunek (-1, 2') - Petr Vrána (-1) - Jakub Petružálek (-1) ; Tomáš Rolinek (C) - Ondrej Roman - Jirí Sekác (2') ; Jan Buchtele - Robert Kousal (2') - Lukáš Kašpar.

Remplaçants : Jakub Štepánek (G), Radek Smolenák. Blessé : Václav Nedorost.

Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko.

Défenseurs : Ilya Nikulin (C, +1, 2') - Yuri Aleksandrov (+1) ; Evgeni Medvedev (+1) - Maksim Chudinov (+1) ; Evgeni Biryukov - Andrei Zubarev ; Evgeni Ryasensky - Bogdan Kiselevich.

Attaquants : Aleksandr Popov (+1) - Aleksei Tereshchenko (A, +1) - Aleksandr Perezhogin (+1, 2') ; Artemi Panarin (+1) - Aleksandr Burmistrov (+1, 2') - Mikhaïl Varnakov (+1) ; Nikolaï Prokhorkin - Ilya Kablukov - Mikhaïl Glukhov ; Viktor Tikhonov (A) - Evgeni Timkin.

Remplaçant : Konstantin Barulin (G). Blessés : Vadim Shipachev, Egor Averin, Enver Lisin.