États-Unis - Allemagne (Deutschland Cup)

"Trop de démocratie"

WOLF Michael-110511-353Ce dimanche, des référendums ont été organisés dans les quatre communes de Bavière choisies comme sites potentiels pour la candidature aux Jeux olympiques 2022. Les responsables sportifs avaient abordé ce vote populaire avec une grande confiance, ils s'inquétaient simplement du taux de participation dans la grande ville Munich pour atteindre le quorum et ont donc utilisé cette Deutschland Cup. Il n'y a pas eu de problème de participation... et les résultats ont été clairs et nets : non ! Le nouveau projet olympique a été rejeté, aussi bien à Munich que dans les trois villages de montagne. Même Garmisch-Partenkirchen, haut lieu des sports d'hiver, a voté non à 52%, alors que le oui l'avait emporté à 56% pour la candidature de 2018.

Trop de démocratie : telle fut la réaction du sélectionneur allemand Pat Cortina en apprenant ce vote. Les dirigeants du hockey étaient abattus, même si ces JO n'étaient qu'un projet à moyen terme. Une telle gifle mérite analyse. Pourquoi l'opinion publique s'est-elle retournée ? La crise économique a sans doute effrayé le contribuable. Une frilosité qui gagne les stations les plus huppées : quelques semaines plus tôt, la candidature olympique suisse avait été plantée par des votations négatives à Davos et à Saint-Moritz... Munich ne déposera donc pas de candidature face à Oslo, Cracovie, Lvov ou Pékin.

L'enthousiasme sportif était pourtant bien présent dans la patinoire du parc olympique de Munich pour cette "finale" de la Deutschland Cup. La salle est pleine et les 6000 spectateurs assurent une ambiance de tous les instants pour encourager l'Allemagne, qui a gagné 3 fois en 4 ans depuis que le tournoi est organisé de nouveau à Munich. Leur équipe est en feu et marque après seulement vingt secondes : Frank Mauer délivre une passe transversale à pleine vitesse qui décale Patrick Hager. Trois minutes plus tard, le palet passe de crosse en crosse entre Benedikt Kohl, Felix Schütz et Michael Wolf. 2-0, le public est aux anges... et les Américains demandent déjà leur temps mort. Jeremy Dehner réduit rapidement le score.

Le deuxième tiers-temps part aussi fort que le premier, et Michael Wolf ramène tout de suite les deux buts d'avance avec son 48e but en équipe nationale... mais Grant Lewis réplique 13 secondes plus tard. Le jeu s'emballe tout à fait avec des buts à deux minutes d'intervalle : d'abord Peter Mueller égalise, puis Marcus Kink frappe dans son domaine de spécialité, l'infériorité numérique. Si tous les électeurs avaient assisté à ce match, peut-être auraient-ils voté oui ?

Ou peut-être pas, dans le cas où leurs coeurs de patriotes auraient été blessés par la suite. Menant 4-3, l'Allemagne va en effet subir la furia américaine. À 3 contre 5, et sans pouvoir utiliser Kink qui est justement en prison, la Nationalmannschaft ne pourra faire plus de miracles pour empêcher l'égalisation de Chad Kolarik. Juste avant la pause, MacArthur donne l'avantage aux États-Unis.

En troisième période, Benedikt Kohl fait un très bref séjour en prison, dix secondes, le temps qu'il faut à Steve Moses pour marquer. Phil McRae inscrira le dernier but (7-4), et pour son retour en équipe nationale, Dimitri Pätzold aura donc bu le calice jusqu'à la lie.

C'est la première victoire des Américains en Deutschland Cup depuis leur doublé 2003-2004. Un succès obtenu par un entraîneur de 68 ans, Jack Parker, qui prendra sa retraite en mars prochain. Le coach de la Boston University a pris sa mission très au sérieux en analysant avec calme et expérience le jeu de ses opposants pour tirer le meilleur de cette équipe.

Désignés joueurs du match : Michael Wolf pour l'Allemagne et Steve Moses pour les États-Unis.

Commentaires d'après-match

Pat Cortina (entraîneur de l'Allemagne) : "Nous n'avons pas joué comme nous l'aurions voulu. Nous avons joué inconsidérément avec le palet dans notre zone. Je l'ai toujours dit : le hockey allemand ne peut avoir du succès que s'il a une bonne défense et un gardien exceptionnel. Nous n'avions ni l'un ni l'autre aujourd'hui. Nous savons que Dimitri Pätzold est un meilleur gardien que ce qu'il a montré dans ce match. Nous avons eu une bonne semaine avec deux bonnes parties. Elles nous ont peut-être coûté trop de forces pour cette dernière journée. Néanmoins je ne suis pas mécontent de notre performance dans ce tournoi."

Patrick Hager (attaquant de l'Allemagne) : "Quand on inscrit quatre buts devant son public, on doit avoir une bonne chance de gagner dans un tournoi international comme la Deutschland Cup. Si nous n'avons pas gagné, c'est entre autres parce que nous sommes pas vraiment allés dans les duels et que nous avons plus réagi qu'agi. À 2-0 et 3-1, nous avions toutes les possibilités de ramener la victoire à la maison. On doit aussi reconnaître que les Américains étaient meilleurs."

 

États-Unis - Allemagne 7-4 (1-2, 4-2, 2-0)
Dimanche 10 novembre 2013 à 16h45 à l'Olympia Eisstadion de Munich. 6000 spectateurs.
Arbitrage de Robert Mullner (SVK) et Jens Steinecke (ALL) assistés de Dominic Erdle et Christoffer Hurtik (ALL).
Pénalités : États-Unis 2' (2', 0', 0') ; Allemagne 12' (2', 8', 4').
Tirs : États-Unis 34 (11, 16, 7) ; Allemagne 27 (8, 8, 11).

Évolution du score :
0-1 à 00'20" : Hager assisté de Mauer et Pietta
0-2 à 03'22" : Wolf assisté de Schütz et Kohl
1-2 à 10'14" : Dehner assisté de Connolly
1-3 à 21'14" : Wolf assisté de Schütz et Plachta
2-3 à 21'37" : Lewis assisté de Sexston et Connolly
3-3 à 23'55" : Mueller assisté de Wilson et Bailen (sup. num.)
3-4 à 25'25" : Kink assisté de Reul et Seidenberg (inf. num.)
4-4 à 34'14" : Kolarik assisté de Sexston et Wilson (double sup. num.)
5-4 à 38'53" : MacArthur assisté de Kolarik et Moses
6-4 à 43'50" : Moses assisté de Kolarik et Dehner (sup. num.)
7-4 à 54'14" : McRae assisté de Wilson et Sexston


États-Unis

Gardien : Ryan Zapolski.

Défenseurs : Andy Wozniewski (C, -1) - Dylan Reese (-1) ; Clay Wilson (-2) - Nick Bailen (-2) ; Jeremy Dehner (+3) - Grant Lewis (+3) ; Gabe Guentzel.

Attaquants : Nick Palmieri - Chad Kolarik (2') - Steve Moses ; Chris Bourque (-3) - Tim Stapleton (A, -3) - Peter Mueller (-3) ; Chris Connolly (+2) - Ryan Shannon (A, +3) - Dan Sexston (+3) ; Phil McRae (+1) - Derek Ryan - Pete MacArthur.

Remplaçant : Jeff Frazee (G).

Allemagne

Gardien : Dimitri Pätzold.

Défenseurs : Benedikt Schopper (-2, 2') – Torsten Ankert (-2) ; Daryl Boyle - Peter Lindlbauer ; Benedikt Kohl (2') - Florian Kettemer (+1) ; Denis Reul (+1, 4') - Felix Petermann (+1, 2').

Attaquants : Frank Mauer (-2) – Patrick Hager (-1) – Daniel Pietta (-2) ; Alexander Barta – Christoph Ullmann (A) – Ulrich Maurer ; Martin Buchwieser (-1) - Marcus Kink (A, 2') – Yannic Seidenberg ; Michael Wolf (C, +2) – Felix Schütz (+2, 2') - Mathias Plachta (+2).

Remplaçants : Danny aus den Birken (G), Garret Festerling. En réserve : Dennis Endras (G), Bernhard Ebner, Justin Krueger, René Röthke, Alexander Weiss.