Épinal - Rouen (Coupe de la Ligue, 1/4 de finale retour)

Qualifiés... sans trembler !

Riendeau HocevarRien n'est encore joué dans ce quart de finale opposant l'outsider spinalien au grand favori rouennais. Des Dragons vainqueurs d'une courte tête à l'aller (5-4) et pas à l'abri d'un "retour de flamme" à Poissompré, sur les terres d'un adversaire si inconstant... qu'il en est souvent déconcertant !

Ce détour vosgien, sur la route de Méribel, n'a donc rien d'une formalité pour les Normands, délestés de Stanislav Hudec et amoindris par les absences de Loïc Lampérier et Julien Desrosiers (le Franco-canadien souffrant des ischio-jambiers depuis le 19 octobre dernier). Sans parler du cas très particulier d'Antonin Manavian, compliqué par un point de règlement perturbant le grand retour de l'international français, tout récemment revenu à Rouen après avoir commencé la saison du côté d'Angers (où il jouait sans s'être engagé contractuellement).

Mario Larocque, qui attend toujours l'aval des instances fédérales pour rejoindre Épinal, n'est pas mieux loti. Le "joker" canadien des Dauphins, en stand-by, se dit prêt à décoller au feu vert de la "Fédé". Mais comme rien ne sera décidé avant le 26 novembre prochain, il lui faut encore patienter...

C'est à se demander si l'ICE pourra un jour compter sur ce "blueliner" aussi rugueux qu'expérimenté (35 ans) furtivement passé par le Lightning de Tampa Bay à la fin du siècle dernier. Une recrue de poids, au propre comme au figuré, censée donner plus d'épaisseur (et de répondant physiquement) à la garde rapprochée d'un Hočevar défait (2-5) par les Français à Innsbruck (samedi, en début d'après-midi).

Troisième gardien dans sa hiérarchie nationale (derrière Kristan et Gračnar), Andrej Hočevar aura vu des gradins les deux premières rencontres d'un tournoi tyrolien qu'Anže Kuralt a lui disputé dans son intégralité. Mais avec un temps de jeu réduit : le buteur spinalien défendait les couleurs slovènes en temps qu'attaquant de fond d'alignement. Un rôle "mineur" comparé à celui d'Andrej Tavželj, le solide défenseur rouennais... qui vient de fêter sa centième sélection !

Les trois internationaux se retrouvent donc réunis, à trois mois de Sotchi, sur cette glace de Poissompré bien connue d'un Gabriel Girard officiant, dorénavant, devant le filet normand. Une cage que l'ancien Spinalien doit néanmoins partager avec son aîné Fabrice Lhenry, encore préféré par Björn Kinding et Rodolphe Garnier. Un duo d'entraîneurs franco-suédois n'hésitant à faire jouer les attaquants de poche Anthony Goncalves et Johann Saint-André sur une quatrième ligne partagée avec un cadre plus expérimenté (Guénette, Vas ou Thinel).

Tout le monde à Rouen (hormis Girard et Dorey) a donc droit à sa part du gâteau, ce qui est loin d'être le cas à Épinal où Victor Pivron, Maxime Martin et Fabien Leroy se morfondent sur le banc des remplaçants, sans rien à se mettre sous la dent durant cette partie sans relief (et sans mordant) où "l'ogre" rouennais n'aura rien eu d'effrayant.

ICe Rouen CDL actionBien en place, les Dragons se sont surtout employés à contenir les assauts (parfois désordonnés) de Dauphins combatifs et appliqués défensivement. Mais trop limités, offensivement, pour véritablement ébranler la relative sérénité d'une défense rouennaise pourtant "allégée" par l'indisponibilité prolongée d'Antonin Manavian et le départ de Stanislav Hudec (le Finlandais Juho Mielonen va d'ailleurs prochainement débarquer sur les bords de Seine pour le remplacer). Reste la solidité d'un Jonathan Janil taille patron depuis le début de saison et l'expérience d'un Miloslav Gureň apparié au jeune Raphaël Faure, sanctionné d'une obstruction à l'encontre de Pierre-Charles Hordelalay (venu le défier en un-contre-un, 02'32").

Cette première pénalité est aussi la première "grosse" action d'une soirée très pauvre en occasions. Même en supériorité numérique, où l'ICE cherche les positions de tirer sans vraiment les trouver, ne se montrant dangereuse que sur un shoot de Meilleur générant une certaine confusion (3e). Les "noir et rouge" vont même faire chou blanc à leur deuxième powerplay, né d'une charge de Janil dans le dos de Kuralt (07'28"), en prenant toujours aussi peu de lancers.

À court de munitions les Dragons ?

S'employant essentiellement à endiguer les velléités spinaliennes, les Dragons sont loin de "mettre le feu" à ce premier tiers plutôt équilibré dans le jeu et la possession du palet. Marc-André Thinel et François-Pierre Guénette ne parviennent pas à accélérer le jeu, contrariés, il est vrai, par des locaux s'évertuant à limiter l'influence d'un János Vas peinant à "aiguiller" ses ailiers (Rech et Riendeau). La "tour de contrôle" magyare, dotée d'un aussi bon bagage technique que physique, y va en solo pour inquiéter Hočevar (10'24"). Un gardien nullement surpris par le tir de contournement d'un Romain Guttierez s'engouffrant dans la brèche ouverte par Loup Benoît (12'30").

De plus en plus entreprenants, mais manquant de précision pour finir leurs actions, les Seinomarins regagnent les vestiaires sur un score nul et vierge reflétant parfaitement la physionomie d'une rencontre tardant décidément à se décanter. Et n'atteignant assurément pas des sommets d'intensité. Ce diable d'Anže Kuralt a pourtant bien failli nettoyer la lucarne opposée, d'un tir lointain (et excentré) passant de peu à côté (16'57")...

Ne donnant pas l'impression de forcer leur talent, les quadruples champions de France en titre n'offrent que de brefs aperçus de leurs possibilités à l'image d'un Thinel s'essayant d'un revers dos au but repoussé par Hočevar (20'25"). Une belle frayeur pour l'international slovène, presqu'aussitôt sauvé par sa barre sur un slap surpuissant de Jonathan Janil (20'35").

Sanctionné d'un accrocher (20'56"), Michal Petrák laisse ensuite ses coéquipiers affronter le "cinq majeur" rouennais. Une sacrée phalange articulée autour d'un axe Gureň-Thinel œuvrant à la bleue et principalement alimenté par Guénette (côté gauche) et Vas (dans l'enclave). Yannick Riendeau reste en embuscade près de la cage, sur la gauche du gardien, à l'affût d'un décalage ou d'un palet traînant dangereusement.

Mais alors qu'Épinal en finitGuren de "tuer" sa première pénalité de la soirée, Gureň déclenche un lointain lancer repoussé sur un Guttierez oublié à la droite d'Hočevar (0-1 à 22'57"). Ce grand espoir du hockey français ouvrant le score tout en doublant le capital normand. Les hommes de Nicolas Martin (Raphaël Marciano purgeant son second match de suspension) doivent maintenant s'imposer avec trois buts d'écart pour espérer se qualifier...

Autant dire mission impossible, surtout qu'ils enchaînent les pénalités. Yoann Chauvière rejoint à son tour le banc d'infamie (23'49") d'où il assiste aux combinaisons et autres leçons de circulation de palet dispensées par un jeu de puissance normand des plus inspirés. Un échange rapide aboutit même à une frappe de la bleue de Thinel terminant directement sa course dans la mitaine d'un Hočevar (24'37") sauvé par sa barre sur une reprise de Riendeau, parfaitement décalé au second poteau (27'11"). L'ailier canadien, comme toujours bien placé sur la gauche du gardien, ayant vu la cage s'ouvrir sur un relais de János Vas.

Loin de s'avouer vaincus, les Spinaliens résistent et prouvent qu'ils existent, notamment sous l'impulsion d'un Anže Kuralt parti plein gaz... mais "brutalement" stoppé dans sa progression par un Jonathan Janil aussitôt incarcéré (27'56") ! Une pénalité permet à l'ICE d'égaliser par l'intermédiaire de Steven Cacciotti, plus prompt que Léo Guillemain à exploiter le rebond d'un tir pris par Francis Meilleur (1-1 à 28'31"). Mais la riposte normande est cinglante : longue ouverture de Tavželj vers Guttierez, qui accélère côté droit et adresse, du revers, un tir très excentré qu'Hočevar repousse... sur Loup Benoît (1-2 à 29'50") ! Ce but chanceux sur un contre favorable entérine d'ores et déjà la qualification d'un ensemble normand définitivement plus solide qu'impressionnant (sauf, peut-être, en supériorité)...

L'envie n'a pas suffi

Battu par le "café crème" d'Anže Kuralt, Léo Guillemain échappe à la pénalité (31'34"). Mais pas Lauri Lahesalu, puni sur une action consécutive à "chaud" rebond devant Fabrice Lhenry (33'59"). Une sanction que les "Canado-spinaliens" tentent de mettre à profit, mais sans arriver à leurs fins.

L'efficacité fait désespérement défaut à Benjamin Breault, toujours aussi volontaire, mais assurément pas aidé par un Dominic Perna plus improductif que jamais. Qu'elle paraît loin, cette pré-saison où Breault enfilait les points aux côtés d'un Kuralt faisant maintenant le bonheur des "P-P flingueurs" (Plch et Petrák) !

Cette supériorité, comme les autres, ne va rien donner. Pire encore, elle aurait pu permettre aux Dragons de tripler la mise si Andrej Hočevar n'avait pas fermé sa porte au nez de Marc-André Thinel. L'ailier canadien s'était vu lancé sur les rails d'un break-away par Janil, réceptionnaire d'un slap dégainé par Chauvière (35'55")...

ICe Rouen CDL action 2Toujours portés vers l'avant, les Vosgiens jettent leurs dernières forces dans cette bataille au son entraînant d'une fanfare étudiante invitée pour l'occasion. Des airs de corrida rythmant des débats peu emballants, où seul un wrap around de Benchabane met un peu d'animation (45'32"). Le "poids plume" spinalien se voyant sèchement projeté par Štefanka, ce qui échauffe quelque peu les esprits d'Hordelalay et Benoît !

L'ICE n'a pas démérité, jouant crânement sa chance sans pour autant parvenir à forcer le "verrou" rouennais. Les Dragons, tout en gestion, gardant l'entier contrôle des opérations. Et comme Hočevar ne va plus rien laisser passer, le score restera inchangé. Peter Slovák a pourtant bien failli surprendre son propre gardien en déviant, du patin, le centre de Loup Benoît (48'39"). Rouen, avec ses nombreux internationaux français et sa flopée d'étrangers solidement référencés, n'a jamais été poussé dans ses derniers retranchements et aura fait le métier pour se logiquement se qualifier. Sans briller... mais sans trembler !

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin) :

Raphaël Marciano (entraîneur d'Épinal) : "Offensivement on a tenté mais je n'ai pas senti que l'on pouvait faire basculer le match. Défensivement, on a fait des progrès et des bonnes choses. On doit continuer dans cette voie."

 

Épinal - Rouen 1-2 (0-0, 1-2, 0-0).
Mercredi 13 novembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 900 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté d'Anne-Sophie Boniface et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 8' (0', 6', 2') ; Rouen 10' (4', 4', 2').
Tirs : Épinal 19 (5, 8, 6) ; Rouen 29 (4, 16, 9).

Évolution du score :
0-1 à 22'57" : Guttierez assisté de Gureň et Guénette
1-1 à 28'31" : Cacciotti assisté de Meilleur et Perna (sup. num.)
1-2 à 29'50" : Benoît assisté de Guttierez et Tavželj

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar (sorti de sa cage à 59'36").

Défenseurs : Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Gašper Sušanj - Martin Charpentier ;  Yoann Chauvière - Peter Slovák.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Dominic Perna ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Kevin Benchabane - Pierre-Charles Hordelalay - Yannick Offret.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Romain Mauffrey, Fabien Leroy, Victor Pivron, Maxime Martin. Absents : Mario Larocque (en attente de validation), Anthony Rapenne (genou),

Rouen

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Raphaël Faure - Miloslav Gureň ; Jonathan Janil - Lauri Lahesalu ; Andrej Tavželj (A) - Léo Guillemain.

Attaquants : Anthony Rech - János Vas - Yannick Riendeau ; Marc-André Thinel (C) - François-Pierre Guénette (A) - Dimitri Thillet ; Loup Benoît - Juraj Štefanka - Romain Gutierrez ; Anthony Goncalves - [alternance Vas, Thinel, Guénette] - Johann Saint-André.

Remplaçants : Gabriel Girard (G), Aurélien Dorey. Absents : Julien Desrosiers (ischio-jambiers), Loïc Lampérier, Antonin Manavian (en attente de validation), Stanislav Hudec (parti, raisons familiales).