Épinal - Morzine-Avoriaz-Les Gets (Ligue Magnus, 9e journée)

La victoire qu'il fallait

Ouimet et HocevarLe marché des transferts vient de se clôturer pour les clubs français et l'ICE attend toujours d'être fixée sur le sort de son "joker" Mario Larocque, dont l'avenir ne sera éclairci qu'à la fin du mois. Et d'ici-là, les Vosgiens auront quasiment bouclé la phase aller d'un championnat leur réussissant, pour l'instant, très moyennement.

Faire dès à présent le plein de points est donc fortement recommandé pour la "santé" des Dauphins, qui s'attaquent aux Pingouins quarante-huit heures après s'être frottés aux Dragons rouennais (1-2).

Cette débauche d'énergie consentie mercredi risque de peser dans la balance, surtout qu'aucune retouche n'a pu être apportée ces jours derniers. Il se murmurait pourtant qu'un "ancien" pourrait venir donner un petit "coup de main". Mais Guillaume Chassard (35 ans et plus de 300 points amassés sous les maillots verts, plus bleus de l'ICE), se sentant insuffisamment prêt à retrouver le haut niveau, a décliné l'invitation d'un Anthony Maurice séduit par l'idée de le voir temporairement réintégrer l'équipe première.

C'était donc lui, ce fameux nouveau joueur annoncé jeudi sur Twitter. La piste Razingar, visiblement relancée, ayant dû être abandonnée. Les velléités d'expatriation du capitaine de la sélection nationale slovène l'ayant amené à s'engager en faveur d'un club de deuxième division suédoise (Troja-Ljungby)...

Prévenus du piège qui les attend à Poissompré, sur cette glace ayant particulièrement réussi aux Pingouins ces deux dernières années, les Spinaliens se doivent ne de pas sous-estimer les possibilités d'un contingent "morzino-gêtois" récemment renforcé par l'arrivée d'un jeune Canadien bien connu d'Andrew Hare. Le centre Jon Whitelaw, qui offre "bénévolement" ses services au club du Chablais, n'étant autre que son ancien capitaine sur les bords du lac Ontario (à l'université new-yorkaise de SUNY-Oswego)...

Reste à voir si les débuts de Jon Whitelaw seront aussi réussis que ceux du néo-Villardien Jimi Palanto, auteur d'un triplé fatal à Épinal le 2 novembre dernier ! Un match que les Vosgiens avaient pourtant bien en main puisqu'ils menaient 4-0... avant d'inexplicablement s'effondrer. Lâchant prise pour laisser filer de précieux points et ainsi s'éloigner de ces Pingouins restant sur un authentique exploit à la Škoda-Arena, aux dépens du favori grenoblois. Une belle victoire (7-6) ayant hissé le HCMAG parmi les sept premiers du championnat. Quatre points devant les Dauphins...

harePrivés de leur maître à jouer Peter Szabó (qui purge le premier de ses deux matchs de suspension) et délestés de Joakim Arsenault (une "gâchette" du junior A québécois partie à Nice après n'avoir marqué qu'une fois en huit journées), les Pingouins se présentent offensivement diminués à Poissompré. Mais Tommie Hartogs peut compter sur Andrew Hare, son jeune gardien issu du second échelon universitaire américain (NCAA III). Une bien belle trouvaille des dirigeants alpins, contraints de recruter "malin" en ces temps économiquement difficiles.

Un dribble raté de Perna, en sortie de zone, provoque un premier temps fort morzinois. Et donne le ton d'une entame difficile pour les Dauphins, dans leurs petits patins et bien peu rassurants défensivement, à l'image d'un Yoann Chauvière décidément spécialisé dans les palets rendus à l'adversaire. Une fébrilité partagée par ses coéquipiers, inoffensifs jusqu'à ce revers excentré de Benjamin Breault (02'56"). Un tir bien capté par Andrew Hare, loin d'avoir à s'employer pour garder sa cage inviolée.

Hočevar, sans devoir se démultiplier, est lui plus sollicité. Et avec une défense aux abois, ce qui devait arriver... arriva ! Jānis Ozoliņš gratte le palet derrière la cage pour mieux le ressortir sur Carl Hudson, à l'extérieur du cercle d'engagement droit, qui tire sur réception pour nettoyer la lucarne opposée (0-1 à 05'01").

On le sentait venir, ce but "morzino-gêtois", pas immérité au vu des efforts déployés par des visiteurs plus mordants. Mais l'ICE va progressivement redresser la barre. Et trouver la bonne carburation, malgré l'obstruction d'un Chauvière (05'59") engendrant la première pénalité de la soirée. Un avantage numérique de courte durée : Jon Whitelaw rétablit la parité en se faisant presqu'aussitôt sanctionner d'une crosse haute (06'55").

Au revers de "Captain" Cacciotti, qui passe de peu à côté (07'06"), succèdent les tentatives de Chris Jones (07'48") et Numa Besson (08'00"). Deux lancers peu dangereux comparés à cette remise d'Anže Kuralt vers un Ján Plch bien placé, dont le tir est finalement contré (08'52"). Kim Nabb, d'une accélération fulgurante, alerte bien le gardien (09'40"). La menace se précise pour les Pingouins et Benjamin Breault profite d'une récupération en zone neutre pour s'ouvrir le chemin des filets et s'essayer d'un lancer qu'Andrew Hare repousse sur "Domenico" Perna. Une occasion que l'Italo-canadien ne va pas rater, en logeant le palet côté crosse, d'un tir croisé à bout portant (1-1 à 10'15").

La "machine "est lancée !

L'ICE monte en puissance dans ce premier tiers, théâtre du grand retour, à l'arrière, d'un Fabien Leroy remplaçant Yoann Chauvière. Le duo Martin-Marciano éjecte logiquement l'ancien Montpelliérain des rotations défensives au profit d'un Leroy s'associant de nouveau à Slovák pour soutenir les montées d'Offret, Benchabane et Hordelalay. Un trio volontaire, mais loin d'être aussi complémentaire que cette paire Petrák-Plch profitant, d'un changement de ligne hasardeux, pour rejouer les "P-P flingueurs" !

Michal Petrák n'est toutefois directement impliqué dans cette réalisation puisqu'Anže Kuralt, en Kuralt5voyant Ján Plch totalement démarqué côté droit (à hauteur de la ligne bleue), ouvre un boulevard au vétéran slovaque. Lequel s'avance, sans opposition, pour faire mouche, à bout portant, d'un lancer frappé trop précis pour finir dans la mitaine d'Andrew Hare (1-2 à 12'20").

Pour sa 200e match apparition parmi l'élite du hockey français, Numa Besson écope d'une pénalité pour obstruction (13'56"). L'occasion, pour le gardien des Pingouins, de montrer qu'il n'est pas manchot en sortant sa plus belle mitaine devant Kuralt, parfaitement mis sur orbite par Petrák (16'02").

Les Dauphins terminent mieux ce tiers qu'ils ne l'ont commencé, sous l'impulsion d'un Kuralt s'activant toujours autant pour marquer. Benjamin Breault n'est pas en reste, mais le centre canadien n'est pas aussi bien entouré que le Slovène, parfaitement soutenu par Michal Petrák et surtout Ján Plch, dans tous les bons coups.

À croire que le temps n'a aucune prise sur le talent de ce "quasi quadra" toujours aussi impliqué collectivement. Et impressionnant techniquement. Si Gašper Sušanj, bien lancé par Anže Kuralt, tarde trop à déclencher son lancer (17'19"), Ján Plch parvient à se rattraper un contrôle manqué en entrée de zone pour temporiser et servir Michal Petrák, dont l'essai se voit détourné du bouclier (19'47").

Affublé d'une lourde responsabilité (celle de pallier l'absence de Szabó au centre du premier trio), l'ex-Genevois Loïc Mora s'illustre au retour des vestiaires en repiquant vers la cage pour s'essayer du revers (20'34"). Une action individuelle sans grand danger pour un Hočevar solide au poste et bien secondé par une arrière-garde totalement retrouvée. Les Pingouins, pourtant animés des meilleures intentions, ne parviennent plus à percer le "blindage" de Spinaliens bénéficiant d'une nouvelle supériorité après un accrocher sifflé à l'encontre de Grégory Béron (22'35"). Mais là encore, une obstruction de Cacciotti (22'53") limite les effets du powerplay. Et permet à Balázs Gõz, l'international hongrois, d'armer un lancer lointain suffisamment dévié... pour manquer de prendre Hočevar à contre-pied (23'01") !

Reconverti défenseur depuis le début de la saison, Mickaël Brodin se loupe devant Michal Petrák, qui en profite pour filer au but. Le Tchèque s'en va dribbler Hare, parvenant à le contourner... sans pour autant trouver le "trou de souris" qui lui aurait permis de scorer (23'53") !

Le troisième but spinalien ne se fera pourtant pas attendre très longtemps. Une crosse haute de Carl Hudson sur Pierre-Charles Hordelalay provoque une pénalité différée qui permet à l'ex-Rémois de poursuivre son action pour laisser Yannick Offret remiser vers Peter Slovák, trop bien placé dans l'enclave pour ne pas en profiter. L'arrière slovaque, peu habitué à monter au filet, ajustant Hare d'un tir précis à mi-hauteur (3-1 à 24'34").

La réussite, qui sourit à Slovák, fuit en revanche Petrák. Le centre tchèque, bien servi par Kuralt, parvient à repiquer au second poteau mais s'enferme jusqu'à se retrouver en angle trop fermé pour espérer marquerNabb (27'27"). Kim Nabb, dans la foulée, ne se fait pas prier pour contre-attaquer mais le Finlandais bute sur Hočevar (27'37"). Un gardien bénéficiant de la protection rapprochée d'un box-play s'employant à ne laisser aucun répit au porteur du palet. Un "carré" défensif tuant la pénalité (27'38") d'un Petrák lancé par Sušanj, sitôt sa peine purgée, vers un duel singulier gâché par un tir trop enlevé (29'52").

Suffisamment solides, derrière, pour récupérer un nombre conséquent de palets, les Lorrains ne se relâchent pas et restent portés vers l'avant. Autant dire que ce retard de jeu (32'49") envoyant au cachot le "colosse" Chris Jones (1,94 m pour 102 kg) n'arrange pas les affaires d'Haut-Savoyards tout près d'à nouveau s'incliner sur un tir excentré de Petrák générant un rebond "brûlant" restant inexploité (Sušanj était pourtant bien placé, 34e).

La quatrième couche finit tout de même par être passée. Le centre de Cacciotti, destiné à Perna, se voyant dévié sur Breault, à l'affût au second poteau... qui reprend pour marquer dans un angle relativement fermé (4-1 à 34'06") !

Cette fois, la messe est dite. Mais le remuant trio Kuralt-Petrák-Plch n'a pas encore dit son dernier mot. Un "tic tac toe" initié par Petrák, ligne de fond, se voit relayé par Plch à sa gauche, vers un Kuralt n'ayant plus qu'à pousser la rondelle au fond des filets (5-1 à 35'09").

Cette superbe combinaison en première intention est rapidement suivie d'un deux-contre-un mené par  "Domenico" Perna. L'ailier de poche voit Cacciotti démarqué à l'opposé mais l'impeccable Hudson se couche parfaitement pour contrer cette passe, stoppant ainsi l'hémorragie (35'38").

Ne pesant plus très lourd, le HCMAG a perdu pied durant cet acte médian qui aura également vu Jānis Ozoliņš sortir prématurément. Un "pépin" contraignant Tommie Hartogs à repositionner Mickaël Brodin au centre d'un trio complété par Kim Nabb et Loïc Mora. Vu la tournure des événements, le coach néerlandais choisit également de remplacer Andrew Hare par Landry Macrez au retour des vestiaires, espérant donner un second souffle à ses troupes. Des Pingouins "mangés" par des Dauphins ayant pris le large en moins de dix minutes... et qui semblent avoir retenu les leçons de Villard !

Ne baissant pas leur garde, ils tentent de rester pressants, portés par l'abatage et l'incessante activité d'Anže Kuralt et Ján Plch. Les "Morzino-gêtois", eux, n'arrivent pas à concrétiser leurs opportunités malgré la puissance des slaps de l'excellent Carl Hudson et les nombreuses occasions d'un Jon Whitelaw incapable de les mettre au fond. Le numéro soixante-trois enchaînant les ratés devant la cage (43'31", 46'13")... quand il ne tombe pas sur Hočevar (46'41") ! L'international slovène, solide au poste, n'hésitant jamais à faire apprécier la qualité de son jeu à la crosse. Sans parler de ses réflexes, qui contribuent (avec l'intervention de Sušanj) à priver Whitelaw de son premier but "français" (48'57").

Dans un tout autre style, Landry Macrez parvient lui-aussi à voler la vedette aux attaquants en répondant systématiquement présent. Mais la palme du plus bel arrêt revient à Andrej Hočevar, dont la mitaine frustre un Grégory Béron venu le défier en un-contre-un (51'20"). Le Slovène, ensuite sauvé par la maladresse d'un Whitelaw n'ayant toujours pas réglé la mire (51'37"). Benjamin Breault rate l'immanquable en levant exagérément le palet suite à un très mauvais renvoi de Numa Besson (53'43"). Perna, en s'échouant dans les bottes de Macrez (57'30"), manque lui l'occasion de donner plus d'ampleur à une victoire spinalienne ne souffrant, vraiment, d'aucune contestation...

Petit à petit, l'ICE fait son nid dans ce championnat très indécis qu'elle a pourtant si mal commencé, par quatre défaites d'affilée. Mais si les progrès défensifs sont manifestes (avec seulement trois buts encaissés depuis la reprise et une paire Sušanj-Charpentier gagnant en solidité), ils se doivent d'être confirmés. Dès mardi, pour la réception des Lions de Lyon en Coupe de France...

 

Épinal - Morzine-Avoriaz 5-1 (2-1, 3-0, 0-0)
Vendredi 15 novembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 957 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Joffrey Yssembourg et d'Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Épinal 12' (2', 8', 2') ; Morzine-Avoriaz 12' (4', 6', 2').
Tirs : Épinal 31 (13, 8, 10) ; Morzine-Avoriaz 24 (8, 7, 9).

Évolution du score :
0-1 à 05'01" : Hudson assisté d'Ozoliņš
1-1 à 10'15" : Perna assisté de Breault et Cacciotti
2-1 à 12'20" : Plch assisté de Kuralt
3-1 à 24'34" : Slovák assisté d'Offret et Hordelalay (pén. différée)
4-1 à 34'06" : Breault assisté de Cacciotti et Perna (sup. num.)
5-1 à 35'09" : Kuralt assisté de Plch et Petrák

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Gašper Susanj - Martin Charpentier ; Yoann Chauvière [puis Fabien Leroy] - Peter Slovák.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Dominic Perna ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Kevin Benchabane - Pierre-Charles Hordelalay - Yannick Offret.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Romain Mauffrey, Victor Pivron, Maxime Martin. Absents : Mario Larocque (en attente de validation), Anthony Rapenne (genou).

Morzine-Avoriaz

Gardien : Andrew Hare puis Landry Macrez à 40'00".

Défenseurs : Balázs Gõz - Carl Hudson ; Numa Besson - Simon Barbero ; Charlie Doyle - Mickaël Brodin.

Attaquants : Kim Nabb - Loïc Mora [puis Brodin] - Jānis Ozoliņš [puis Mora] ; Grégory Béron - Jon Whitelaw - Chris Jones (A) ; Josselin Besson - Cyril Papa (C) - Loïc Gaydon.

Remplaçant : Kevin Maso. Absent : Peter Szabó (suspendu).