Brest - Dijon (Ligue Magnus, 10e journée)

Cruellement bredouille

Quentin Berthon 1Après presque deux semaines de repos méritées, les Albatros ont repris le rythme marathon de la Ligue Magnus. Le début de match vendredi à Strasbourg (3 buts pris dans les 11 premières minutes) montre que les grosses lacunes défensives du début de rencontre face à Gap étaient encore présentes. Toujours derrière au score, ils sont rentrés bredouilles de leur long déplacement en car à l’autre bout de la France en Alsace.

Les Ducs bourguignons sont en forme avec cinq succès consécutifs en championnat. Ils ont mis les petits plats dans les grands en se rendant en avion privé (s’il vous plait) à la pointe bretonne afin de préparer au mieux un match qu’ils se doivent d’emporter face à un mal classé. Leur récente recrue Adam Sedlak n’a pas fait le voyage, ce qui laisse le champ libre aux jeunes défenseurs prometteurs Pierre Crinon et Quentin Mahier. À noter le retour à Brest de Sébastien Gauthier qui porta le maillot bleu et rouge lors de la saison 2010-2011.

Daniel Ahsberg donne un premier frisson aux spectateurs brestois mais les Albatros ont du répondant et Berthon loupe de peu un rebond exploitable laissé par Henri-Corentin Buysse (1’). Une chose est sûre, les boulons ont été resserrés dans la défense brestoise et il n’y a pas de « soirée portes ouvertes » cette fois.

Les bleus sont plutôt convaincants et tiennent largement tête à son adversaire. Nicolas Motreff fausse compagnie à la défense jaune et s’en va défier Buysse qui le déboute en papillon (9’30’’). Le jeu est malgré tout équilibré et Thomas Decock se rappelle au bon souvenir des Brestois mais il ne peut ajuster son tir (10’).

Brest, équipe la plus pénalisée de la ligue, est la première sanctionnée de la rencontre suite à une faute de David Croteau. Un tir dévié de Mahier (14’10’’) puis une reprise de Andersson (15’30’’) alerte Michaël Dupont. La pénalité est tuée mais ça chauffe puis brûle lorsque Ahsberg en sortie de prison se présente seul face au cerbère canado-suisse qui est sauvé par son poteau (18’55). C’est finalement le capitaine dijonnais Nicolas Ritz qui ouvre le score d’un tir en pleine course suite à un palet récupéré en fond de patinoire par Andersson (0-1 à 19’25’’).

Il n’est jamais bon de prendre un but mais celui-ci tombe bien mal juste avant la pause après 19 minutes de bon travail pour les locaux. Un effort qui se poursuit dès l’entame du deuxième tiers où les Bretons mettent le feu sur Buysse. Aïna Rambelo du revers échoue à bout portant (21’10’’) puis Graham Avenel dévie un tir d’Hennebert (21’30’’) et enfin Berthon ne trouve que le plastron du portier dijonnais imperturbable (24’06’’).

Suite à une prison très sévère sifflée à l’encontre d’Hennebert (cinglage à 31’21’’), l’ex-Brestois Gauthier, pourtant servi sur un plateau par Ahsberg, expédie son tir au-dessus du but adverse (31’31’’). Peter Valier a la tâche moins facile que son coéquipier et pourtant il créé du danger à l’aide d’une grosse feinte qui déroute Vladimir Holik (33’34’’).

De retour au complet, les locaux poussent mais bute sur une équipe très bien en place défensivement. À ce jeu, la paire défensive canadienne Boudreau-Robichaud fait des merveilles et s’avère quasi infranchissable. Les Ducs sont souvent souverains le long des bandes et dans les duels dans leur zone défensive.

La rencontre bascule de plus en plus vers un duel épique de gardien en feu. Si Buysse est impressionnant, Dupont n’est pas en reste avec des arrêts miraculeux face à Ahsberg et Decock isolés (35’50). Grâce à lui, son équipe reste au contact de son adversaire et peut encore largement revenir au score dans la dernière période.

Gauthier SébastienLes chiffres le montrent, Buysse est très sollicité dans les vingt dernières minutes (19 tirs à 9). Il effectue déjà 3 arrêts dès la quarantième minute. Brest a beau créer du danger, il manque toujours un petit quelque chose pour que cela aille au fond. Buysse a la baraka à l’image de son arrêt réflexe du bout du gant sur David Poulin (45’05’’).

Dijon, bien que moins présent offensivement, reste dangereux par Peter Valier qui frappe le montant de Dupont (48’20’’). C’est tout de même Buysse qui a le plus de travail au fur et à mesure que les minutes s’égrènent et il effectue un festival. Sur une passe en pivot de David Croteau, Quentin Berthon pense déjà avoir égalisé, mais c’est sans compter sur un nouvel arrêt énorme du portier dijonnais (52’41’’). Une poignée de secondes plus tard il est encore plus spectaculaire en effectuant une sortie kamikaze loin de son but pour annihiler une offensive de Croteau (52’50’’).

La prison de Robichaud, impeccable jusque là, à 55’47 est un moment décisif et Sébastien Oprandi choisit ce moment opportun pour prendre son temps mort. Hélas pour son équipe, son jeu de puissance peu efficace depuis le début du match (et même avant) ne fait pas mouche. La sortie de Dupont (59’42’’) offre un ultime surnombre qui voit Croteau centrer mais sa passe ne trouve personne juste devant Buysse (59’55’’).

Malgré une domination aux tirs ainsi qu’un effort important et convaincant, les Albatros ne sont pas récompensés de leur prestation. Ils repartent bredouilles et frustrés. La faute à un gardien en feu (Buysse) bien soutenu par d’excellents défenseurs et un jeu de puissance (ou d’impuissance ?) toujours aussi peu convaincant.

Le point positif est la défense qui, malgré des situations chaudes, a quand même été plus efficace qu’habituellement. Dupont a été très bon mais malheureusement pour lui le seul palet qu’il a laissé passé a été de trop. Mais le casse-tête est insoluble puisque quand la défense tient bon, c’est l’attaque qui lâche.

Au complet offensivement avec le retour de suspension de Pard (discret ce soir), les Albatros ont tourné à 10 attaquants, ce qui a régulièrement provoqué des changements dans les blocs. Cette configuration a forcé les brestois à s’adapter constamment pour trouver leurs repères au plus vite. Peut-être que cela a pesé dans le manque de réussite offensif.

Dijon fait une bonne opération comptable. Deux nouveaux points qui portent à six le nombre de victoires consécutives en championnat. Même s’ils ont été dangereux et on touché par deux fois les poteaux adverses, ils doivent une fière chandelle à leur gardien Buysse qui décroche un très beau blanchissage. Les Ducs ont montré qu’ils étaient solides et sans doute plus habitués à ce type de match qui se joue sur des détails.

Les deux équipes sont chaleureusement applaudies par un public satisfait du spectacle offert malgré la défaite des locaux et le peu de but inscrit. Des spectateurs pas rancuniers du tout et pour cause : dix d’entre eux ont favorablement répondu à l’appel aux volontaires lancé par le club de Brest pour ramener les Dijonnais à l’aéroport de Guipavas après la rencontre. De quoi inciter Dijon à prêter leur avion privé aux Brestois pour le match retour ?

Commentaires d’après match (Source : Ouest-France)

Aurélien Gréverend (défenseur de Brest) : « On est très frustré, car on a beaucoup donné et on savait que cette équipe était bonne en contres. On avait visionné les vidéos. Hélas, on se fait prendre une seule fois… »

 

Sébastien Oprandi (entraîneur de Brest) : «On savait que Dijon était une équipe qui prend peu de buts. Mais, au-delà de la déception, j’ai apprécié le côté conquérant et discipliné de l’équipe. Il ne faut pas baisser la tête, parce que ce que l’on fait depuis le début n’est pas mal du tout. On est loin d’être ridicule et nos adversaires nous prennent au sérieux. D’ailleurs, s’ils ne le faisaient pas, nous aurions bien plus de points au classement. Non, il faut garder le cap. Nous sommes dans la bonne attitude, mais on n’a pas une marge de manœuvre incroyable. »

 

 

Brest – Dijon 0-1 (0-1, 0-0, 0-0)
Dimanche 17 novembre 2013 à 19h00 au Rïnkla Stadium. 1080 spectateurs.

Arbitrage de Laurent Garbay assisté de Charles-Edouard Salmon et Pierre Dehaen.
Pénalités : Brest 6' (2’, 2’, 2’), Dijon 10' (2’, 4’, 4’).

Évolution du score :

0-1 à 19’25’’ : Ritz assisté de Andersson

 

Brest

Gardien : Michael Dupont (sorti à 59’42’’).

Défenseurs : Aurélien Gréverend – David Poulin ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A) ; Vladimir Holik – Thomas Evans.

Attaquants : Aïna Rambelo – David Croteau – Nicholas Pard ; Jonathan Avenel – Quentin Berthon – Graham Avenel ; Nicolas Motreff – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Erwan Pain.

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Valentin Dumélié, Clément Gonzales, Jérémy Cormier. Absent : Gaëtan Cannizzo

Dijon

Gardien : Henri-Corentin Buysse

Défenseurs : Emmanuel Boudreau – Maxime Robichaud ; Pierre Crinon – Michal Korenko ; Quentin Mahier – Thomas Roussel.

Attaquants : Johan Andersson – Nicolas Ritz (C) – Daniel Ahsberg ; Mikael Eriksson – Sébastien Gauthier – Thomas Decock ; Aram Kevorkian – Alexandre Mulle – Peter Valier.

Remplaçant : Julian Barrier-Heyligen (G). Absents : Adam Sedlak, Benoit Quessandier, Stéphan Dugas, Nicolas Lacroix, Arthur Montenoise.