France - Japon (match amical U20)

Mise en jambes réussie pour les bleuets

2013-12-05-frajaponu20Français et Japonais terminent leur semaine de stage dans le Nord par un match amical à valeur de répétition générale, moins de quatre jours avant leur premier match du Mondial U20 de Division 1B à Dumfries, en Écosse. Les deux formations se sont déjà croisées en 2011, à Tychy en Pologne. À l’époque, la bande de Baazzi, Ritz et Abramov, en route vers la D1A, avait enregistré un large succès (5-0).

Sauf surprise, les objectifs de chacun seront encore très différents cette année : si les bleus chercheront, comme il y a deux ans, à reprendre l’ascenseur vers l’antichambre de l’élite, les Asiatiques viseront avant tout le maintien. Vainqueurs du Mondial de Brasov l’an dernier, les Nippons avaient ponctué leur semaine dans les Carpates par l’exécution d’un ‘gangnam style’ du plus bel effet lors de la remise des médailles. La possibilité de voir les hommes du coach germano-canadien Mark Mahon, nullement inconnu en France car il encadre également depuis une décennie l’équipe sénior venue à Amiens en 2006, de conserver leur sourire dans quelques jours sera l’une des interrogations du prochain Mondial.

Plutôt sevré de hockey depuis la mise en sommeil de l’équipe sénior en 2012, le public de la métropole lilloise a plus que répondu présent pour ce rendez-vous international. Les 500 sésames ont trouvé preneur depuis plusieurs jours et il aurait été difficile de caser plus de monde dans une enceinte modernisée. Les deux formations investissent d’ailleurs des vestiaires neufs, ajoutés à l’équipement cet été. La rencontre ponctue plusieurs jours de préparation dans le Nord, étape sur la route de Dumfries qui a notamment permis aux Nippons de digérer les 23 heures de périple auxquels ils sont contraints de se (ré)habituer à l’approche de la plupart des compétitions internationales auxquelles ils participent.

gaetan cannizzoPrivés de Thimothé Bozon, demeuré outre-Atlantique, et de Pierre Crinon, laissé au repos, les bleus ne tardent pas à imposer un rythme assez soutenu, trop pour les Nippons encore en rodage lors des premières minutes. La défense montre quelques signes de faiblesse dont profite Romain Carpentier, qui récupère le palet très haut, le transmet à Kévin Bozon, lui-même à la passe pour Floran Douay, dont le tir sans contrôle passe sous la barre (1-0 à 01’12"). Entame difficile pour le gardien Akira Sasaki, pris à froid sur le premier essai tricolore, et vigilant lorsque Hugo Gallet vient tenter de conclure la poussée de la paire Metais-Perret.

De l’autre côté du glaçon, le Grenoblois Antoine Bonvalot vit une entame tranquille, seul un tir du capitaine Hitosato, suite à un bon mouvement de Miura derrière le but, pouvant l’employer. Car l’intensité et le physique des Français font souffrir les Asiatiques, poussés à la faute par Romain Chapuis. Ce premier jeu de puissance n’est pas converti par les hommes de Philippe Bozon, malgré un gros lancer de Bourgeois, et il faut attendre le retour à cinq pour voir un autre Isérois, Fabien Colotti, plonger vers la cage afin d’y pousser le palet relâché par Sasaki, il est vrai contrarié par une tentative initiale de Montenoise, déviée (2-0 à 07’19").

Cet avantage logique pour les bleus aurait pu se creuser sans une bonne intervention du pensionnaire de l’Université Nihon, l’une des plus fameuses du pays : à la rescousse d’une défense prise à défaut par une passe de Guillaume Leclerc, le portier ne tombe pas dans la feinte de Maurin Bouvet. Ses équipiers se montrent sensiblement plus dangereux par la suite, Kento Suzuki résistant à Scolari pour employer à nouveau Bonvalot, et surtout Yu Hikosaka. L’attaquant passé par Salzbourg et désormais à Topeka passe près de réduire l’écart à quelques secondes du premier coup de sirène, Nicolas Leclerc empêchant le disque convoité par Matsumoto de franchir la ligne. La vitesse de patinage des Japonais ne leur permet pas toujours de contrebalancer un jeu de passes moins abouti et des contrôles perfectibles. Ainsi, quand Aurélien Dorey est surpris par un rebond contre la balustrade, il a le temps de se repositionner et d'anéantir la possibilité offerte à ses adversaires de contre-attaquer.

À la reprise, le scénario semble du même acabit qu’au premier tiers. Comme vingt minutes plus tôt, il ne faut qu’une cinquantaine de secondes aux bleus pour trouver le fond de la cage. Guillaume Leclerc chipe le palet à Matsuura, repique vers la cage et trompe Sasaki à mi-hauteur (3-0 à 21’16"). Mais les tricolores ne pourront se détacher plus, le gardien adverse, secouru par la barre transversale face à Floran Douay, sortant à nouveau une parade à la renverse dans un face-à-face avec Fabien Metais. Les joueurs de Mark Mahon se montrent même par moments aussi dangereux que leurs adversaires : un gros tir de Kawamura est bien bloqué par Bonvalot, qui ferme ensuite les bottes devant Keita Kido pour ce qui constitue sa dernière intervention.

jun hashimotoEn effet, les bancs rappellent leur titulaire à la mi-match, Tom Aubrun d’un côté, Keisuke Maekita de l’autre, faisant leur apparition. L’indiscipline française aurait pu exposer le portier rouennais sur une première faute de Scolari (30’16") mais Aoki, en pivotant, ne trouve que l’armature de la cage. Et lorsque Douay, au pressing en zone offensive, est à son tour puni pour crosse haute (33’49"), les Asiatiques multiplient les passes sans lancer. Il en est de même sur la deuxième faute du Genevois, coupable, une fois sa sentence échue, d’avoir regagné le banc (situé du même côté de la patinoire) sans transiter par la glace. Encore à l’affût aux abords de la cage, le même Yunosuke Aoki croit profiter d’une longue passe millimétrée pour défier le nouvel entrant Aubrun, mais un bon retour de Gallet l’en empêche. Au retour à cinq en fin de période, la meilleure occasion est pour Kawamura, isolé dans le dos de Bourgeois, mais l’attaquant de l’Université Meiji échoue à son tour et commet une faute.

Punition suivie d’une pénalité infligée à Suzuki pour charge avec la crosse. Avec deux hommes de plus, la France reprend logiquement le chemin de la zone offensive. L’énergique Maurin Bouvet multiplie les assauts, contrecarrés successivement par le poteau gauche et le masque du portier venu de Saitama. Aux côtés de Romain Carpentier, il use la défense extrême-orientale, en difficulté. C’est finalement le capitaine Cédric Di Dio Balsamo, à l’affût d’un palet repoussé aux abords des deux cercles d’engagement, qui ponctue le succès français en force et sans contrôle (4-0 à 50’54").

Le cinquième but, attendu par un public conquis, ne viendra finalement pas. Maekita s’oppose à Lou Bogdanoff et sa jambière reste ferme sur un nouveau tir de l’attaquant du Mont-Blanc, dévié au passage par Bouvet. Entre-temps, la marque finale s’était établie à 4-1 sur un bon mouvement collectif japonais. Jusque-là auteur d’un unique lancer de la bleue en supériorité, le défenseur Jun Hashimoto, l’un des deux rescapés du périple roumain de 2012 et autre expatrié du groupe, fait enfin parler sa présence dans la zone française. Le joueur de Mora relaie la montée côté droit de Suzuki, d’une reprise écartée vers Yunosuke Aoki, isolé devant le but ouvert (4-1 à 52’25").

Le début de rencontre aurait pu augurer d’une soirée compliquée pour les Nippons. Ils ont su relever la tête pour répondre par moments à des Français supérieurs physiquement et techniquement. L’indiscipline du deuxième-tiers temps a quelque peu freiné les hommes de Philippe Bozon, qui a opéré plusieurs changements dans son dispositif par la suite.

Désignés meilleurs joueurs : Kenta Matsukane pour le Japon et Cédric Di Dio Balsamo pour la France.

Commentaires d'après-match
 
Mark Mahon (entraîneur du Japon) : « C’est notre premier match international de l’année. L’équipe a connu trente à quarante minutes difficiles avant de s’améliorer. L’important est que les joueurs n’ont pas eu peur et ont continué à travailler dur avec un bon esprit d’équipe et de la discipline. Même s’il existe une grosse différence de niveau avec la France, je pense que la place du Japon est en Division 1B. La France et le Kazakhstan devraient être au-dessus du lot, les autres rencontres seront donc très importantes pour nous. Ces matchs s’annoncent serrés, la forme du gardien et l’efficacité des unités spéciales seront bien sûr décisives. La préparation à Wasquehal fut une belle expérience, l’accueil était remarquable. Jouer devant une patinoire comble et enthousiaste était pour nous une agréable surprise.
(Sur l’évolution du hockey au Japon) Il n’existe pas forcément d’évolution positive, celle-ci est plutôt cyclique. Il nous manque encore des patinoires et des joueurs. Depuis peu, les projecteurs sont cependant tournés sur l’équipe féminine, qualifiée pour Sotchi, ce qui va aider à la médiatisation de notre discipline et apporter de l’enthousiasme. L’organisation de rencontres NHL y avait contribué, mais une baisse de la fréquentation est malheureusement constatée depuis la fin des années 1990, ce qui va de pair avec l’économie et les moyens alloués au hockey. Quant aux équipes nationales, les matchs contre nos voisins, comme la Corée du Sud, permettent surtout à ces derniers de s’améliorer. J’aimerais jouer plus souvent en Europe, mais le trajet et le décalage horaire constituent un obstacle de taille. Même chose pour l’Amérique du Nord, où les prix sont encore plus élevés… Une solution serait de développer les rencontres avec les équipes de la Russie orientale, comme c’est le cas avec l’Amur Khabarovsk. Enfin, nous manquons toujours de joueurs à l’étranger. »
 
Philippe Bozon (entraîneur de l’équipe de France) : « Ce fut une préparation sérieuse, dans un bon état d’esprit, alliant travail, rythme, qualité et bonnes conditions. Cela s’est confirmé dans ce match, où l’entame fut bonne, mais les pénalités ont coupé le rythme. J’ai également laissé des gars au repos, ce qui a un peu perturbé l’équipe. Le positif est que l’on peut tirer des enseignements sur le Japon et préparer le match de lundi avec quelques ajustements. On connaît plus ou moins bien nos adversaires, mais il faudra se concentrer avant tout sur nous, garder cet état d’esprit. Par rapport au Mondial de l’an dernier, il faut qu’une défaite soit bénéfique et que les gars qui l’ont vécu gardent en eux l’amertume et la haine pour regarder devant et profiter de l’opportunité de changer la donne. »


France – Japon 4-1 (2-0, 1-0, 1-1).
Jeudi 5 décembre 2013 à 20h00 à la patinoire Serge Charles de Wasquehal. 500 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté de Joffrey Yssembourg et Aurélien Smeeckaert.
Pénalités : France 10' (0’, 6’, 4’), Japon 8' (2', 2', 4’).
Tirs : France 36 (16, 10, 10), Japon 17 (6, 5, 6).

Évolution du score :
1-0 à 01'12" : Douey assisté de Bozon et Carpentier
2-0 à 07'19" : Colotti assisté de Metais et Montenoise
3-0 à 21'16" : G. Leclerc assisté de Dorey et Bourgeois
4-0 à 50'54" : Di Dio Balsamo assisté de N. Leclerc et Colotti
4-1 à 52'25" : Aoki assisté de Hashimoto et Suzuki
 

France

Gardien : Antoine Bonvalot puis Tom Aubrun à 30’16".

Défenseurs : Aurélien Dorey - Fabien Bourgeois ; Nicolas Leclerc - Gaëtan Cannizzo (2’) ; Hugo Gallet - Quentin Scolari (2’) ; Arthur Montenoise.

Attaquants : Guillaume Leclerc - Maurin Bouvet (A) - Lou Bogdanoff ; Kévin Bozon - Romain Carpentier - Floran Douay (6’) ; Cédric Di Dio Balsamo (C) - Fabien Metais - Jordann Perret (A) ; Fabien Kazarine - Julien Laplace - Romain Chapuis ; Fabien Colotti.

Japon

Gardien : Akira Sasaki puis Keisuke Maekita à 30’16".

Défenseurs : Jun Hashimoto (A) - Kenta Matsukane ; Rikiya Matsumoto - Haruhisa Okuda ; Shungo Takagi - Shinnosuke Kato ; Hiroki Matsuura - Yoshiya Yokoyama (A).

Attaquants : Kazuki Kawamura (2’) - Shunsuke Ueno - Shosuke Kudo ; Yuki Miura - Yunosuke Aoki - Tsuyoshi Osawa ; Yoshiri Sekiai - Riki Kaneko - Keita Kido (2’) ; Shuho Namioka, Yu Hikosaka (2’), Shigeki Hitosato (C), Kento Suzuki (2’).