Épinal - Grenoble (Ligue Magnus, 14e journée)

Des Dauphins tout feu tout flamme !

Petrak4Ce sont des Dauphins déçus, mais pas abattus, qui sont repartis d'Angers mardi dernier. Conscients d'être passés à côté de l'exploit au Haras, à l'issue d'un match ayant vraisemblablement basculé sous l'effet des pénalités. Mais toujours confiants en leurs capacités...

C'est pourtant privés de Gašper Sušanj (suspendu) qu'ils doivent affronter les nouveaux coéquipiers de Toby Lafrance et Stéphane Gervais. Des Brûleurs de Loups rentrés dans le rang après leurs débuts fracassants et vivant une fin d'automne compliquée, entre éliminations prématurées et défaites répétées...

La troupe de Jean-François Dufour paraît plus "prenable" que jamais. Ses meilleures individualités, desservies par un coaching n'optimisant pas forcément leurs possibilités, ne marquent pas autant qu'elles le devraient (à l'image d'un Francis Charland peinant à retrouver le chemin des filets). Mais après six revers en sept journées, les "BDL" de Baptiste Amar et Yorick Treille aspirent à se relancer, même amoindris par les blessures (Bedin, Tartari) et l'absence de leurs "Bleuets" Antoine Bonvalot et Jordann Perret, appelés à défendre les couleurs d'une équipe de France U20 disputant actuellement le mondial junior écossais.

C'est donc depuis Dumfries qu'Antoine Bonvalot suivra ses partenaires isérois, lui le Vosgien bon teint parti dans le Dauphiné, il y a quelques années, développer ses talents de gardien. Une progression l'amenant à concurrencer Sébastien Raibon, qu'il a même parfaitement suppléé le mois dernier, lorsque ce dernier chancelait. De bonnes prestations (contre Amiens, Angers ou Brest) réalisées sous la protection de Toby Lafrance et Stéphane Gervais, deux anciens Dauphins retrouvant pour la première fois Poissompré (Lafrance n'ayant pu se déplacer avec Briançon l'an passé).

Ce retour sur les terres de leurs premiers exploits français, les deux Canadiens l'espèrent évidemment gagnant. N'en déplaise aux hommes de Raphaël Marciano, qui sont invaincus depuis plus d'un mois en championnat, comme portés antonoff breault 2par l'excellent rendement de leurs tous meilleurs attaquants. En l'occurrence Anže Kuralt, Michal Petrák et Ján Plch, trois sacrés numéros réunis sur un seul et même trio. Trois gaillards ayant donné de sérieux coups de chaud aux Brûleurs à l'aller (2-3)... et qu'il vaut mieux surveiller comme le lait sur le feu !

Le danger est donc ciblé pour ces Grenoblois en mal d'efficacité, qui s'évertuent à contenir les premières velléités de Spinaliens rapidement forcés de composer sans Martin Charpentier, victime d'une charge appuyée (01'38"). Un coup dur pour l'ICE, dont les rotations défensives se sont drastiquement restreintes avec la suspension de Gašper Sušanj et les mesures disciplinaires prises à l'encontre de Fabien Leroy.

Se déroulant sur un rythme élevé, sans temps morts ni pénalités, les cinq premières minutes de jeu donnent le ton d'un match équilibré, entre deux formations parvenant se neutraliser. Un statu-quo que Charland n'est pas parvenu à briser malgré ses tentatives à mi-distance, toutes bloquées par un solide Hočevar (01'40", 04'39"). Luc Tardif Jr voit également son tir des poignets détourné (09'09") par un gardien spinalien terminant de rassurer ses coéquipiers. Lesquels profitent de la moindre opportunité pour contre-attaquer, prenant la défense de vitesse sur cette ouverture d'un Ján Plch lançant Anže Kuralt dans la profondeur... pour une tentative repoussée par la jambière de Sébastien Raibon (09'21") !

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur (en bénéficiant, parfois, de l'indulgence des référés comme sur cette charge dans le dos - restée impunie - de Benjamin Breault sur Félix Petit), les Dauphins résistent en privilégiant, comme à leur habitude, l'aspect défensif du jeu. Un effort collectif révélateur des valeurs animant ce contingent spinalien doté d'un d'esprit "guerrier". De Breault à Offret en passant par Benchabane, Hordelalay, Chauvière ou Cacciotti, tous sont très impliqués. Personne, ici, n'est plus cigale que fourmi...

Gervais

Les Brûleurs, qui ont pris le jeu à leur compte, misent sur la rapidité d'exécution d'individualités se projetant rapidement vers l'avant. Toby Lafrance, combatif à souhait, œuvre essentiellement au service d'un Francis Charland ne ratant décidément pas une opportunité de lancer. L'incessante activité de Mathieu Le Blond et Luc Tardif Jr provoque la première pénalité de la soirée (11'25").

L'occasion, pour le jeu de puissance grenoblois, d'entrer en action. Une bonne occasion, pense-t-on, pour Stéphane Gervais de faire parler son lancer frappé. Un slap si souvent gagnant par le passé. Mais le Franco-canadien, qui n'appartient pas au "cinq majeur" visiteur (composé de Yorick Treille, Félix Petit, Toby Lafrance, Baptiste Amar et Francis Charland), n'aura aucune possibilité de dégainer. Contrairement à Charland, qui vide son chargeur en devenant de plus en plus "menaçant" (14'54")... sans pour autant parvenir à scorer !

Ouverture du score concédée...

Il suffit d'une erreur d'inattention pour que Sébastien Delemps trouve Mitja Šivic, "oublié" à la gauche du gardien... et suffisamment libre de ses mouvements pour se recentrer et finir le travail à bout portant ! Le Slovène parvient à glisser la rondelle entre les bottes de son compatriote (0-1 à 15'38"). Une largesse coupable, mais quasiment rattrapée dans la foulée. Le slap de Gervais, contré par Cacciotti, permet à Plch de s'échapper pour s'en aller défier un Lessard en un-contre-un. Le vétéran slovaque parvient, malgré l'opposition du Canadien, à prendre un lancer repoussé sur Cacciotti, qui a bien suivi. Mais l'égalisation du capitaine italo-canadien s'effectue dans une cage dessoclée (16'47"). Les Brûleurs ont eu chaud...

Une énième tentative de Francis Charland, qui engendre un "gros" rebond âprement disputé, provoque l'emprisonnement d'un Yorick Treille excessivement rugueux (17'30"). Le powerplay spinalien, bien installé, fait tourner, mais sans parvenir à lancer, gêné par un solide dispositif défensif. Un contre mené côté droit par Félix Petit doit même être annihilé par un Michal Petrák bien replié (18'01"). Seule une reprise de Cacciotti, contrée, manquera de profiter à Perna, bien placé (19'13").

Déterminés à ne rien lâcher, les RaibonDauphins persévèrent et s'en voient récompensés. Une récupération de Ján Plch permettant au vétéran de renverser côté gauche, sur Anže Kuralt. L'international slovène, alerté en entrée de zone, trouve aussitôt Petrák dans l'axe, qui remise à l'arrière sur un Chauvière récupérant le palet à la bleue... pour mieux l'expédier au fond des filets, d'un slap lointain et puissant surprenant Raibon, peut-être masqué au départ du lancer (1-1 à 19'56") !

Le premier tiers s'achève donc sur une égalisation inespérée. Et une autre bonne surprise attend le public spinalien au retour des vestiaires avec le retour bienvenu de Martin Charpentier. Plus de peur que de mal, donc pour l'ancien Gapençais, qui revient au sein d'une défense soudée devant son gardien. Un Hočevar "dépanné" par l'un de ses coéquipiers (après avoir perdu sa crosse dans un choc avec un attaquant grenoblois, 25e) et multipliant les interventions en se montrant toujours aussi avare de rebonds.

Tout pour déplaire à ces Brûleurs légèrement dominateurs, mais piégés sur un tir de Peter Slovák dévié par le patin d'un arrière isérois et récupéré par Yannick Offret, qui contourne la cage pour trouver Kevin Benchabane, trop bien placé devant le filet pour ne pas en profiter (2-1 à 26'42"). L'ailier spinalien marquant entre les jambières d'un gardien fermant pourtant bien son angle gauche. Une belle récompense pour cette troisième ligne, de plus en plus consistante !

Sous l'impulsion d'un Francis Charland bien secondé par Toby Lafrance, les "BDL" repartent de plus belle. Mais à vouloir se la jouer en solo, Mitja Šivic finit par se faire "cueillir", puis contrer. Ján Plch mène le deux-contre-un côté droit avant de renverser à l'opposé, vers un Anže Kuralt reprenant de volée. Une tentative très excentrée que Raibon détourne du bout de la mitaine (27'59").

... mais victoire à l'arrivée...

De toutes les individualités grenobloises, seul Yorick Treille paraît en mesure de faire la différence grâce à l'étendue de son bagage technique et physique. Rien de Petrak3bien étonnant au vu du pedigree de cet international chevronné passé par l'AHL et quelques-uns des plus grands championnats européens ces dix dernières années (LNA, DEL, Extraliga). Ses qualités intrinsèques et son gabarit, qui le font exceller dans la conservation du palet, pèsent sur l'arrière-garde vosgienne. Mais après avoir durement bataillé derrière le filet avec Martin Charpentier, l'ancien "Servettien" se voit pénalisé d'un cinglage (31'29") lourd de conséquence. L'expérimenté Baptiste Amar rate son dégagement du revers, qui atterrit piteusement au-devant d'une cage ouverte à tout vent. Benjamin Breault n'en demandait pas tant (3-1 à 33'19")...

Loin de s'avouer vaincus, les Dauphinois s'en remettent à la détermination d'un Yorick Treille parfaitement lancé (par Selan) dans la profondeur vers un duel singulier. L'ex-attaquant du Sparta Prague tente bien d'embarquer le gardien... mais en vain (33'32") ! Qu'à cela ne tienne, l'international français profite d'une incursion de Šivic (en supériorité) pour intercepter un mauvais dégagement dans l'enclave et faire mouche, d'un tir aussi précis que puissant (3-2 à 35'07").

En repassant aussitôt par la case prison (36'02"), Yorick Treille freine l'allant renaissant de ses coéquipiers, qui passent tout près d'une nouvelle déconvenue sur un rebond difficilement dégagé (36'48"). Peter Slovák et Francis Charland, qui manquent d'en venir aux mains dans le coin, rejoignent conjointement le banc des pénalités (38'48") pour les derniers instants de l'acte médian.

Menés d'un but, les hommes de Jean-François Dufour ont encore un tiers pour se refaire. Mais les Dauphins, qui soutiennent largement la comparaison, font mieux que se défendre. Et ne s'en laissent pas conter, malgré l'abatage d'un Yorick Treille se donnant à fond et pesant lourdement sur le jeu. Le duo Šivic-Treille, qui travaille d'arrache-pied pour arracher l'égalité (42'47" et 43'00"), est toutefois trop esseulé. Le grand talent de Félix Petit ne s'exprime que trop rarement,lafrance comme sur cette habile manœuvre derrière la cage réalisée aux dépens du très solide Francis Meilleur (43'37"). Insuffisant pour malmener ces Spinaliens passés maîtres dans l'art de contrer. Nouvelle démonstration sur cette récupération de Slovák relayée par Chauvière en direction d'un Petrák s'échappant pour ajuster la lucarne opposée, d'un tir croisé filant par-dessus le bouclier (4-2 à 45'11").

... comme toujours à Poissompré !

Sentant le match leur échapper, les Grenoblois accusent le coup et en balbutient leur hockey, à l'image d'un Charland nerveux et dispersé ou d'un Lafrance effacé. Du cousu main pour ces Dauphins restant sur le grand braquet, histoire d'enfoncer le clou. Sur une longue ouverture de Slovák, Plch s'en va même frapper à la porte de Raibon (49'25"), rapidement imité par un Chauvière parfaitement lancé, par Cacciotti, sur les rails d'un break-away. Une échappée menée à bien par l'ancien Montpelliérain, qui trouve l'ouverture entre les bottes du gardien (5-2 à 50'04").

Le "chaudron" de Poissompré, plein à craquer (avec 1 600 spectateurs dénombrés... et de nombreuses marches d'escalier occupées !), peut maintenant exploser et savourer, à l'exception notable d'une poignée d'irréductibles supporters isérois forcément déçus du résultat. La victoire est à portée de main des Dauphins, auteurs d'un match plein du début à la fin et pouvant maintenant s'atteler à gérer les derniers soubresauts d'une bête blessée. Un sursaut d'orgueil en trompe l'œil puisque la machine à gagner est enrayée, tout comme les "gâchettes" supposées. À commencer par Francis Charland, qui aura beaucoup tenté... sans parvenir à marquer ! Contrairement à Yorick Treille, qui profite d'un palet ressorti par Luc Tardif Jr pour s'offrir un doublé, en nettoyant le haut du filet (5-3 à 56'57")...

Grillant leurs dernières cartouches, les visiteurs sortent leur gardien et jettent leurs dernières forces dans une bataille brillamment remportée par ces Spinaliens remarquables d'abnégation, de combativité... et d'efficacité ! Des qualités manquant cruellement à ces Brûleurs s'apparentant plus à une somme d'individualités qu'à un collectif bien né, sans système de jeu identifié. De quoi apporter de l'eau au moulin des (nombreux) détracteurs d'un Jean-François Dufour n'exploitant visiblement pas le potentiel de ses troupes. De bien décevants Grenoblois, pourtant séduisants sur le papier... mais encore repartis battus de Poissompré, pour la quatrième fois d'affilée. Et sur le même score que l'an passé (5-3)...

Seront-ils à la hauteur de l'événement, dimanche prochain (au Stade des Alpes) face à Briançon ?

Reçus cinq sur cinq !

N'en finissant décidément plus de gagner, les Dauphins ont eux conforté leur invincibilité à Poissompré en remportant un cinquième succès consécutif en championnat avec des buteurs (Benchabane et Chauvière, par deux fois) que l'on n'attendait pas. Un signe extérieur d'une vraie richesse intérieure ?Gervais relance

Réaction d'après-match (dans Vosges-Matin) :

Stéphane Gervais (défenseur de Grenoble) : "J'ai connu cette situation difficile l'an dernier avec Épinal. Pour que cela aille mieux, il nous fallait une victoire et cela était arrivé à Briançon. Ce sera peut-être pour la semaine prochaine contre cette équipe au Winter Game. Il faut que l'on gagne un match et on a besoin de quelque chose pour sortir de là. On s'entend bien entre nous mais on ne joue pas à cinq sur la glace."

 

Épinal - Grenoble 5-3 (1-1, 2-1, 2-1)
Samedi 14 décembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 600 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Thomas Caillot et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 8' (2', 4', 2') ; Grenoble 10' (2', 6', 2').
Tirs : Épinal 28 (7, 11, 10) ; Grenoble 35 (12, 11, 12).

Évolution du score :
0-1 à 15'39" : Šivic assisté de Delemps et Treille
1-1 à 19'56" : Chauvière assisté de Petrák et Kuralt
2-1 à 26'42" : Benchabane assisté d'Offret et Hordelalay
3-1 à 33'19" : Breault (sup. num.)
3-2 à 35'07" : Treille assisté de Šivic et Gervais (sup. num.)
4-2 à 45'11" : Petrák assisté de Chauvière et Slovák
5-2 à 50'04" : Chauvière assisté de Cacciotti et Plch
5-3 à 56'57" : Treille assisté de Tardif et Šivic
 

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Martin Charpentier ; Peter Slovák ; Yoann Chauvière.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Dominic Perna ; Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Yannick Offret - Pierre-Charles Hordelalay - Kevin Benchabane.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Romain Mauffrey, Anthony Rapenne, Boris Dunand, Kevin Pernot. Absents : Gašper Sušanj (suspendu), Fabien Leroy (écarté du groupe).

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon (sorti de sa cage à la 58e).

Défenseurs : Pierre-Luc Lessard - Stéphane Gervais ; Baptiste Amar (C) - Nicolas Antonoff ; Jason Crossman - Maks Selan.

Attaquants : Francis Charland - Toby Lafrance (A) - Félix Petit ; Sébastien Delemps [en alternance avec César Joffre] - Mitja Šivic - Yorick Treille (A) ; Luc Tardif Jr - Mathieu Le Blond - Julien Baylacq.

Remplaçant : Bastien Chevallay (G). Absents : Christophe Tartari (clavicule), Joris Bedin (fracture d'une côte), Jordann Perret (équipe de France U20), Antoine Bonvalot (équipe de France U20), Kevin Martenon (blessé).