Suède - Russie (Euro Hockey Tour 3)

KOVALCHUK Ilya-130504-250La Russie est en démonstration en France pour une double confrontation à Marseille et à Gap. Toutefois, ce n'est pas cette sélection, certes remplie de talents KHL, qui retient l'attention des Russes qui n'ont d'yeux que pour l'équipe A, restée chez elle pour l'Euro Hockey Tour. La troisième étape de l'EHT, la Channel One Cup, a lieu dans une atmosphère qui fleure bon l'olympisme, organisée à Sotchi à exactement 50 jours du début de la grande fête hivernale du sport.

Les mauvaises langues diront que les recalés de la sélection olympique de hockey, entrant en piste dès aujourd’hui, auront au moins vu la mer Noire et fouler le Palais des glaces Bolchoï.

La station balnéaire de Sotchi, au climat subtropical et qui n'a pas réellement de culture hockey sur glace, a d'ores et déjà réussi son pari, preuve en est le public qui répond présent ce jeudi. Cette semaine, la légende Vladislav Tretiak, président de la fédération russe, avouait que, il y a 20 ans, du hockey à Sotchi l'aurait rendu hilare. Aujourd'hui, les XXIIes Jeux Olympiques d'hiver sont imminents et Tretiak espère l'officialisation l'année prochaine d'une franchise KHL. Les temps changent...

L'arène, quasiment remplie, est prête à pousser sa Russie qui n'a pas le droit de décevoir à l'approche de SES J.O. La sélection russe est déjà conditionnée, concentrée, surtout que beaucoup disposent encore d'une chance de parader à la cérémonie d'ouverture au sein d'un effectif qui sera mi-KHL / mi-NHL. Parmi eux, les deux gardiens convoqués vont se battre pour un seul fauteuil : Aleksandr Eremenko et Konstantin Barulin.

Si le plan de Zinetula Bilyaletdinov n'est pas encore défini, celui de Pär Mårts est conforté depuis longtemps. Les joueurs réunis ce jour, à part un cercle très fermé, n'ont aucune chance de disputer le Tournoi olympique en février prochain. On parle d'un cercle de cinq joueurs pour deux tickets tout au plus. Ce qui explique que l'équipe alignée aujourd'hui est assez expérimentale et fait avant tout figure de revue d'effectif pour le Championnat du monde. Linus Ullmark, 20 ans et détenteur du deuxième pourcentage d'arrêts de la SHL, est d'ailleurs testé dans ce contexte électrisé par la ferveur de l'Olympe.

Cependant, les Scandinaves ne se laissent pas impressionner et montrent clairement qu'ils ne sont pas là pour une cérémonie d'ouverture. Chudinov pénalisé pour avoir touché au visage Sjögren, la Suède s'offre sa première occasion en supériorité numérique : William Karlsson sert à l'opposé Patrik Hersley qui décoche une puissante reprise de volée, Eremenko arrête de la mitaine. La Russie est pour l'instant contenue, Shipachev, qui partait seul en contre, est repris de justesse par la brigade suédoise. La première occasion nette des Russes sera pour Chudinov, quelques instants plus tard, en avantage numérique.

La Suède se rapproche davantage de l'ouverture du score, encore en jeu de puissance à la 11e minute. Staffan Kronwall frappe sur la barre transversale. Puis Eremenko doit s'employer devant Wandell et Klingberg. Finalement, c'est ce même Wandell qui trouvera la solution. Kronwall frappe de nouveau de la ligne bleue, l'attaquant du Spartak se dirige vers le but pour faire écran et effectue une somptueuse déviation qui passe sous le bras droit du portier russe (1-0, 13'27"). La Tre Kronor gâche un nouveau jeu de puissance par une faute de Thuresson. Néanmoins, à forces égales, elle réussit par s'installer en zone offensive... avant de subir un contre assassin. Popov et Chudinov partent en 2 contre 1, l'ailier de l'Avangard sert le défenseur du SKA Saint-Pétersbourg (1-1, 17'24").

LUNDQVIST Joel-130519-620Un peu timorée dans l'animation offensive en première période, la Russie aborde le deuxième tiers avec davantage de confiance. Shipachev élimine Kronwall mais il lui manque bien un mètre pour cadrer. Perezhogin tente de déborder couloir droit mais son centre ne trouve pas preneur.

Quant à la Suède, elle passe près de reprendre les devants à la 25e, la tentative de Marcus Paulsson touche le montant. Pour ses débuts internationaux, le défenseur Hersley - deuxième buteur de la SHL ! - rate une occasion en or, en récupérant plein axe une mauvaise relance russe. Aleksandr Eremenko est vigilant, y compris devant Daniel Bång avec un double arrêt.

Pluôt silencieuse jusque-là, la première ligne locale commence à montrer les crocs. Radulov centre pour Kovalchuk qui offre une reprise limpide mais qui passe à quelques centimètres de la visée, Ullmark bloque ensuite la porte devant "Radu". À la 35e minute, un éclat de rires traverse la patinoire. Daniel Rahimi arrive pleine vitesse pour charger Kovalchuk... qu'il rate. Le défenseur de Linköping ne peut s'arrêter et tombe alors, la tête la première, sur le banc de ses adversaires !

À l'origine d'une cohue devant le but russe, Bång rejoint la prison pour dureté. À 5 contre 4, la Sbornaïa est inquiétante par Kovalchuk, même déséquilibré, et Chudinov, auteur d'une nouvelle reprise de volée puissante. À 30 secondes de la pause, Burmistrov obtient un contre favorable qui oblige Linus Ullmark à se coucher.

La Russie continue de pousser dès l'entame du troisième tiers. Maksim Chudinov continue de mitrailler, Radulov et Tereschenko sèment la panique dans la camp suédois, Ullmark résiste. Essai couloir droit de Tikonov repoussé de la jambière, essai couloir gauche de Prokhorkin capté du gant, Ullmark résiste.

Jusqu'à une action lumineuse de la Russie. Kovalchuk entre en zone offensive, délègue à Shipachev sur sa gauche qui centre pour Chudinov, le défenseur de 23 ans feinte le tir, élimine Klasen et livre un tir croisé parfait (1-2, 43'49"). Alors qu'il lui manque quelques centimètres en reprenant une passe de Bång, Joel Lundqvist se retrouve en prison juste après. Slap de Kovalchuk et le bas du montant touché par Chudinov, la Suède s'en sort bien.

Dès la pénalité tuée, la sélection aux trois couronnes réalise un sursaut d'orgueil. L'arrière de Skellefteå Niclas Burström montre qu'il n'a rien à envier à Chudinov, plaçant une mine sous la barre de la cage russe (2-2, 52'55"). Cette égalisation annonce une fin de partie excitante. Arrêt de la mitaine de Ullmark sur Averin, arrêt de la mitaine de Eremenko sur Burström, qui va craquer le premier ? Ullmark ! Denis Kokarev, corner gauche et de dos, envoie une passe anodine vers le but, Ullmark manque son intervention, le but est grand ouvert pour Nikolaï Prokhorkin qui, du revers, inscrit son premier but en sélection ainsi que le but gagnant (2-3, 57'49").

La sortie de Ullmark ne servira donc à rien et la Russie réussit l'inauguration de son Palais des glaces de Sotchi où elle espère célébrer d'ici deux mois la médaille d'or. Une rigueur défensive toujours omniprésente, une attaque qui est montée en puissance, malgré la belle opposition suédoise, les Russes ont convaincu. Un peut-être plus que les autres : Maksim Chudinov, défenseur de première ligne de 23 ans, important dans les duels et survolté en attaque, représentatif d'une génération KHL qui veut crier son talent à la face du monde.

Commentaires d'après-match

Pär Mårts (entraîneur de la Suède) : "Le match a été satisfaisant. Il est vrai que nous n'avions pas une équipe très expérimentée mais nous avons tenu la comparaison. C'est la troisième fois cette saison que nous rencontrons la Russie et je suis heureux que nous ayions échoué de si peu. Tout au plus deux joueurs de notre composition iront aux Jeux Olympiques, pas plus. Devant les filets, Linus Ullmark n'a que 20 ans mais il faut parfois faire confiance aux jeunes pour qu'ils s'expriment."


Suède - Russie 2-3 (1-1, 0-0, 1-2)
Jeudi 19 décembre 2013 à 19h00 au Palais des glaces Bolchoï. 9351 spectateurs.
Arbitrage de Martin Frano et Robin Sir (TCH) assistés de Aleksandr Sadovnikov et Aleksandr Zacharenkov (RUS).
Pénalités : Suède 8' (4', 2', 2'), Russie 10' (8', 2', 0').
Tirs : Suède 20 (10, 4, 6), Russie 23 (4, 9, 10).

Évolution du score :
1-0 à 13'27" : Wandell assisté de Kronwall et Klingberg (sup. num.)
1-1 à 17'24" : Chudinov assisté de Popov
1-2 à 43'49" : Chudinov assisté de Shipachev et Kovalchuk
2-2 à 52'55" : Burström assisté de Wandell et Karlsson
2-3 à 57'49" : Prokhorin assisté de Averin et Kokarev


Suède

Gardien : Linus Ullmark [sorti à 58'31"].

Défenseurs : Staffan Kronwall (C) - Niclas Burström (-1) ; Tobias Viklund - Daniel Rahimi ; Niclas Andersén (-2) - John Klingberg (-1) ; Patrik Hersley.

Attaquants : Jimmie Ericsson - Joel Lundqvist (A, -1, 2') - Niklas Persson (A) ; Andreas Thuresson (-1, 2') - Tom Wandell - Linus Klasen (-1) ; Marcus Paulsson (-1) - William Karlsson - Mattias Janmark-Nylén ; Daniel Bång (-1, 2') - Mattias Sjögren - Mikael Johansson (-1, 2') ; Daniel Brodin (+1).

Remplaçants : Henrik Karlsson (G), Andreas Engqvist.

Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko.

Défenseurs : Evgeni Medvedev (+3) - Maksim Chudinov (+3, 2') ; Evgeni Biryukov (-1) - Ilya Nikulin (C) ; Andreï Zubarev (-1) - Denis Denisov ; Evgeni Ryasensky - Bogdan Kiselevich.

Attaquants : Aleksandr Radulov (+1, 2') - Vadim Shipachev (+1) - Ilya Kovalchuk (A, +1) ; Aleksandr Perezhogin (-1) - Alekseï Tereschenko (A, +1) - Aleksandr Popov ; Artemi Panarin (2') - Aleksandr Burmistrov (-1) - Viktor Tikhonov ; Denis Kokarev (+1, 4') - Sergei Soin - Egor Averin (+1) ; Nikolaï Prokhorkin (+1).

Remplaçant : Konstantin Barulin (G).