France - Russie B (à Gap)

DA COSTA Teddy-130503-263Ces rencontres de décembre n'ont pas un enjeu immédiat pour l'équipe de France du fait de la non-sélection olympique, mais elles permettent surtout de se présenter sous son meilleur jour devant son public, dans les patinoires les plus modernes du pays. Après Marseille hier, c'est au tour de Gap d'accueillir la sélection nationale pour la première fois depuis 26 ans, un évènement soigneusement préparé depuis des mois par le club haut-alpin. Tous les billets ont été vendus à l'avance et l'Alp'Arena est à guichets fermés. C'est également le premier match de hockey diffusé sur une chaîne en clair depuis de longues années, en vertu de l'accord signé cette saison entre l'Équipe 21 et la FFHG.

Que la Russie B se déplace sur le sol français, ce n'est pas si nouveau. Les habitués de l'ancien tournoi du Mont-Blanc se souviennent d'avoir beaucoup de formations estampillées du label "Russie". Il s'agissait certes de joueurs Superliga russe, l'équivalent de l'actuelle KHL, mais sans grand lien avec le vrai processus de sélection de l'équipe nationale russe. Ce n'est plus le cas. Désormais, c'est vraiment une Russie B avec les meilleurs espoirs de la nation. Les passerelles sont directes, au point que, quand des titulaires se sont blessés en novembre, Evgeni Timkin est passé directement du tournoi joué en Lettonie par l'équipe B à celui joué en Finlande par l'équipe A. Il y a un mois, Yuri Aleksandrov était testé sur la première paire défensive de la Russie A avec le capitaine Nikulin, et aujourd'hui il fait partie de ces "réservistes" confiés à l'ancien entraîneur des champions du monde juniors 2011, Valeri Bragin.

Deux joueurs, Kirill Petrov et l'arrière de réserve Nikita Zaïtsev, étaient d'ailleurs présents aux derniers championnats du monde, où la Russie avait été battue dans une colossale surprise par la France (1-2). La soif de revanche était évidemment présente dans l'esprit des jeunes Russes, qui ont répliqué sur le même score hier à Marseille (2-1). Les Bleus ayant changé de gardien aujourd'hui, ce n'est plus Cristobal Huet mais Florian Hardy qui prend place dans les cages : c'est-à-dire le héros de cette victoire historique de Helsinki ! Dusseau et Roussel ont quant à eux remplacé Moisand et Amar en défense.

Si elle concède la possession aux techniciens russes, l'équipe de France met en place son système défensif solide en zone neutre. Elle est donc peu menacée, et fait preuve d'un grand opportunisme sur sa première supériorité numérique : le tir bien exécuté par Julien Desrosiers bénéficie d'un bon écran de Nicolas Besch (1-0). Les Bleus se font une petite frayeur quand Florian Hardy voit seul face à lui un joueur russe servi devant la cage après avoir lâché le marquage de Kevin Dusseau dans le coin. Le gardien angevin est solide durant ce temps faible de ses coéquipiers.

La France semble bien dans son match et c'est au moment où elle commence à se créer des occasions à cinq contre cinq qu'elle encaisse un but en contre-attaque. Un tir contré par le patin de Julien Albert arrive sur Daniil Apalkov seul face au but, une position en or évidemment exploitée (1-1). Mais ce but ne perturbe pas le bon élan tricolore. Un bon travail en zone offensive de Raux et Tardif provoque une pénalité de Dybkenko en fin de premier tiers. Le jeu de puissance français utilise donc toujours la même recette : Luc Tardif masque complètement le gardien sur le lancer lointain de Nicolas Besch (2-1).

PETROV Kirill-130504-240Dès le début de la deuxième période, Teddy Da Costa avance dans l'axe du but, mais le gardien Emil Garipov s'avance pour un bon arrêt de la mitaine. Après cette rapide occasion, les Français sont dominés et subissent de plus en plus de jeu, jusqu'à ce que Thomas Roussel fasse trébucher le vif Anton Glinkin. Mais la Russie est très loin d'être aussi efficace que les locaux en jeu de puissance. Ayant traversé une fois de plus les moments les plus difficiles avec beaucoup d'abnégation, les Bleus repartent de l'avant en fin de tiers avec un joli une-deux entre Desrosiers et Da Costa, accroché par Vishnevsky. L'avantage numérique est tout de suite annulé par une faute de Manavian à la ligne bleue pour empêcher une contre-attaque.

À vingt minutes de la fin, la France semble donc se diriger vers une belle victoire. Tout s'effondre pourtant avec deux buts-gags encaissés à une minute d'intervalle : à chaque fois, il s'agit d'un centre d'un ailier droit russe (Plotnikov ou Karpov), dévié... par un défenseur tricolore contre son camp. Le malheureux Hardy est piégé à deux reprises. C'est un double coup sur la tête pour des Bleus qui en subissent le contrecoup psychologique. Ils subissent maintenant le jeu et perdent les duels, abandonnant les qualités qui avaient fait leurs forces. C'est particulièrement sensible sur le quatrième but russe, dans lequel Apalkov se montre le plus oppportuniste dans le slot au milieu d'une défense trop passive (2-4).

Le temps mort demandé par Dave Henderson rappelle ses hommes à leurs valeurs, mais il semble trop tard pour renverser la tendance. Le public gapençais se prend pourtant à y croire quand Kevin Dusseau envoie un fort lancer en entrée de zone, que Garipov touche du gant, sans l'arrêter. L'espoir dure cependant seulement une minute et demie, jusqu'au but suivant de Maksim Karpov, jeune joueur originaire de Chelyabinsk et révélé en ce début de saison au Dynamo Moscou (3-5).

L'équipe de France sortira bien son gardien, mais uniquement pour encaisser un dernier but en cage vide de Daniil Alpakov, autre joueur originaire de l'Oural (Magnitogorsk) qui a fait partie des joueurs "récupérés" par le Lokomotiv Yaroslavl pour se rebâtir après le crash aérien.

La maîtrise affichée pendant deux tiers-temps, avec un scénario idéal pour les unités spéciales, n'aura donc pas survécu à deux mauvais buts en début de troisième période. Un enseignement toujours utile, même si Gap aurait préféré une belle victoire pour célébrer le retour des Bleus.

Désignés joueurs du match : Teddy Da Costa pour la France et Kirill Petrov pour la Russie.

 

France - Russie B 3-6 (2-1, 0-0, 1-5)
Vendredi 20 décembre 2013 à 20h00 à l'Alp'Arena de Gap. 2700 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau et Alexandre Hauchart assistés de Mathieu Loos.
Pénalités : France 10' (2', 4', 4'), Russie B 12' (4', 4', 4').

Évolution du score :
1-0 à 05'42" : Desrosiers assisté de Manavian et Y. Treille (sup. num.)
1-1 à 11'38" : Apalkov assisté de Plotnikov et Petrov
2-1 à 19'34" : Besch assisté de Desrosiers et T. Da Costa (sup. num.)
2-2 à 44'25" : Plotnikov assisté de Petrov
2-3 à 45'35" : Karpov assisté de Popov
2-4 à 49'30" : Apalkov assisté de Plotnikov et Petrov (sup. num.)
3-4 à 55'22" : Dusseau assisté de Tardif
3-5 à 56'59" : Karpov assisté d'Aleksandrov
3-6 à 59'47" : Apalkov assisté de Petrov et Antipin (cage vide)


France

Gardien : Florian Hardy [sorti de 59'30" à 59'47"].

Défenseurs : Nicolas Besch - Jonathan Janil ; Thomas Roussel - Kévin Dusseau ; Aziz Baazzi - Antonin Manavian ; Florian Chakiachvili.

Attaquants : Julien Desrosiers - Teddy Da Costa - Yorick Treille (A) ; Anthony Guttig - Pierre-Édouard Bellemare (C) - Damien Fleury ; Nicolas Ritz - Brian Henderson - Julien Albert ; Luc Tardif - Damien Raux (A) - Anthony Rech.

Remplaçants : Cristobal Huet (G), Loïc Lampérier. Absents : Baptiste Amar (ischio-jambiers), Maxime Moisand.

Russie B

Gardien : Emil Garipov.

Défenseurs : Yuri Aleksandrov - Nikita Zaitsev (A) ; Vassili Tokranov - Viktor Antipin ; Dmitri Vishnevsky - Nikita Pivtsakin ; Yaroslav Dyblenko - Roman Rukavishnikov.

Attaquants : Anton Glinkin - Andrei Popov - Maksim Karpov ; Evgeni Timkin (A) - Sergei Kalinin - Aleksandr Kadeikin ; Sergei Plotnikov (C) - Daniil Apalkov - Kirill Petrov ; Denis Golubev - Vladimir Tkachev.

Remplaçant : Stanislav Galimov (G). Absent : Dmitri Kugryshev.