Russie - République Tchèque (Euro Hockey Tour 3)

RADULOV Alexander-130505-464Après tant de déconvenues internationales, les Tchèques sont eux-mêmes surpris de connaître un si bon tournoi alors qu'ils commençaient à désespérer à moins de deux mois des Jeux olympiques. Mais le plus dur reste à venir : affronter l'adversaire majeur, la terrible Russie, chez elle. C'est également un très gros test pour Alexander Salak, de nouveau aligné dans les cages tchèques. Le "gardien du mois" de novembre en KHL a avoué qu'il n'avait plus joué deux jours de suite depuis son passage en AHL. Or, c'est une condition indispensable pour un tournoi international, et sa place aux JO est sans doute à ce prix.

Poussée par son public, la Russie veut mettre fin à ses doutes offensives et attaque d'entrée. Aleksandr Burmistrov teste Salak dès la deuxième minute, un revers de Radulov se perd dans le trafic, puis Shipachev déboule sur l'aile gauche mais bute sur le gardien.

Les Tchèques ont peu d'occasions, et c'est la quatrième ligne des jeunes qui se montre la plus dangereuse. Buchtel pénètre la défense et sert Nosek pour un arrêt du toujours solide Aleksandr Eremenko. Le vétéran est la seule certitude russe, son retour en équipe nationale est un franc succès.

En revanche, l'offensive russe inquiète. Kovalchuk et Radulov paraissent de plus en plus nerveux et se lancent dans des actions individuelles qui n'ont aucune chance d'aboutir. Le trio Popov-Tereshchenko-Perezhogin, qui paraissait acquis pour revenir sur cette glace de Sotchi dans deux mois, n'a pas marqué durant ce week-end. Popov se retrouve seul face à Salak peu après la mi-match, mais il échoue. Cette attaque semble s'éteindre, et le sélectionneur Bilyaletdinov va encore avoir les oreilles qui sifflent à cause des nombreuses voix qui réclamaient la sélection des vétérans Mozyakin et Zaripov qui affolent les compteurs en KHL, mais ne correspondent guère à ses attentes défensives (Zaripov étant de plus fâché avec lui depuis longtemps).

MEDVEDEV Yevgeni-130505-314Le score est de 0-0 après deux tiers-temps, quand Aleksandr Radulov s'échappe et subit une faute de Martin Ševc. La vedette du CSKA Moscou transforme lui-même le tir de pénalité, et comme souvent son émotion est communicative pour son équipe. Perezhogin enchaîne avec une autre occasion, arrêtée par un solide Salak.

Ce sont les jeunes qui relancent l'équipe tchèque. D'abord, Lukas Radil, qui fait ses débuts internationaux dans ce match, teste Eremenko de près. Puis c'est au tour de l'étonnante quatrième ligne : le centre Robert Kousal prend de la vitesse dans l'axe en zone neutre et décale parfaitement Tomas Nosek, qui inscrit son premier but international. Deux minutes plus tard, Jiri Simanek sert une passe idéale à Jiri Novotny, son vieux partenaire de jeunesse à Ceské Budejovice, et le capitaine du Lev Prague la reprend pour donner la victoire aux Tchèques. En effet, les Russes ne réagiront plus, malgré un poteau de Kovalchuk qui n'a toujours pas la réussite avec lui.

Pendant que les Tchèques savourent la victoire dans le tournoi - la première sur le sol russe depuis 11 ans ! - les Russes tirent un bilan proche du désastre. Ils finissent avec 3 points, le pire bilan du siècle pour eux dans une manche à domicile de l'Euro Hockey Tour. À Moscou, ils balayaient souvent leurs adversaires, mais Sotchi ne leur porte pas bonheur pour l'instant...

Les attaquants n'ont pas plaidé leur cause pour Sotchi, même si Burmistrov et Tikhonov ont abattu leur travail défensif et pourraient intégrer l'effectif grâce à leur polyvalence. Si l'inefficacité offensive était évidente, la défense a été tout aussi inquiétante. Malgré ses qualités techniques avec le palet, le vieux capitaine Nikulin est de plus en lent et risque d'être dépassé par des adversaires rapides, même si on voit mal la Russie se priver de lui. Son collègue de Kazan, Evgeni Medvedev, qui était considéré comme un titulaire quasiment certain, a commis d'inquiétantes erreurs individuelles. Evgeni Biryukov ne s'est pas montré au niveau. La hiérarchie a-t-elle donc été bouleversée ? Chudinov a montré son visage offensif, mais est-il assez combatif dans sa zone ? Denisov s'est montré sûr, mais son gabarit moyen suffira-t-il aux JO ? Ou la prestation de ce week-end bénéficiera-t-elle surtout aux joueurs de NHL ?

Commentaires d'après-match

Zinetula Bilyaletdinov (entraîneur de la Russie) : "Toute l'équipe a bien joué. Mais les erreurs individuelles que nous avons faites, bien que peu nombreuses, étaient désagréables. Le nombre de candidats s'est réduit au cours du tournoi. Il y a des joueurs qui ne répondent pas aux attentes. Malheureusement."

Jiří Novotný (attaquant de la République Tchèque) : "Comme à chaque match, nos gardiens nous ont tenus. Ces deux gars étaient nos meilleurs joueurs. Nous avions déjà retourné le match contre la Suède et nous n'avons pas paniqué après le but russe. Dix-neuf minutes, c'est un temps très long. Fantastique travail de la quatrième ligne, qui est en fait celle qui avait poussé le plus. À la fin nous n'avons pas laissé les Russes mettre la pression. Je pense que des joueurs comme Méďa (Nedvěd) ou Hlína (Hlinka) ont fait du grand travail, chapeau à eux, c'est comme s'ils avaient caché leur âge. [...] Les deux gardiens [Kovar et Salak] devraient aller à Sotchi, Červus (Červenka) a joué excellemment tout le tournoi. Je ne veux pas trop en parler, on verra. Personnellement, j'ai essayé de faire de mon mieux."

 

Russie - République Tchèque 1-2 (0-0, 0-0, 1-2)
Dimanche 22 décembre 2013 à 14h00 au Palais des glaces Bolchoï de Sotchi. 9897 spectateurs.
Arbitrage d'Anssi Salonen et Aleksi Rantala (FIN) assistés d'Aleksandr Sadovnikov et Aleksandr Zacharenkov (RUS).
Pénalités : Russie 6' (2', 4', 0'), République Tchèque 6' (4', 2', 0').
Tirs : Russie 32 (13, 11, 8), République Tchèque 19 (2, 5, 12).

Évolution du score :
1-0 à 40'18" : Radulov (tir de pénalité)
1-1 à 42'23" : Nosek assisté de Kousal et Buchtele
1-2 à 44'08" : Novotny assisté de Simanek


Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko [sorti à 58'41"].

Défenseurs : Evgeni Medvedev (-1, 2') - Maksim Chudinov (-1) ; Andreï Zubarev (-1) - Ilya Nikulin (C, -1) ; Evgeni Ryasensky - Denis Denisov ; Bogdan Kiselevich.

Attaquants : Ilya Kovalchuk (A, -1) - Vadim Shipachev (-1) - Aleksandr Radulov (-1) ; Aleksandr Popov - Alekseï Tereschenko (A, 2') - Aleksandr Perezhogin ; Artemi Panarin (-1) - Aleksandr Burmistrov (-1) - Viktor Tikhonov (-1) ; Denis Kokarev - Egor Averin - Nikolaï Prokhorkin (2').

Remplaçants : Konstantin Barulin (G), Ilya Kablukov. Absents : Sergei Soïn (blessé), Evgeni Biryukov.

République Tchèque

Gardien : Alexander Salák.

Défenseurs : Martin Ševc - Petr Zámorský ; Michal Barinka (+1) - Lukáš Krajícek (+1) ; Petr Čáslava (A, +1) - Ondrej Němec (+1).

Attaquants : Roman Červenka (2') - Jaroslav Hlinka - Petr Nedvěd (C) ; Michal Vondrka - Jan Kovář (2') - Jirí Sekáč ; Jirí Šimánek (+1) - Jirí Novotný (A, +1, 2') - Lukáš Radil (+1) ; Jan Buchtele (+1) - Robert Kousal (+1) - Tomáš Nosek (+1).

Remplaçants : Jakub Kovár (G), Tomáš Mojzis, Tomáš Vincour.