Suisse - Norvège (Arosa Challenge, demi-finale)

BIEBER Matthias-130518-369Les héros sont de retour ! Les médaillés d'argent du Mondial de Stockholm sont de nouveau réunis pour la première fois, et l'évènement a été réservé à domicile pour le public suisse à l'Arosa Challenge. Ils sont (presque) tous là, 16 au total. Il manque Seger, Furrer et Bodenmann (blessés), Diaz, Josi, Niederreiter et Berra (en NHL), plus Moser (qui a aussi tenté sa chance outre-Atlantique et joue en AHL).

Ces rares absents laissent donc quelques places de libres pour ceux qui voudraient intégrer l'équipe. Car cela n'a rien d'un tournoi de gala. À moins de deux semaines de la nomination de la sélection olympique, la concurrence n'a jamais été aussi vive, et les places à prendre sont rares.

La Norvège, elle, n'a pas la même concurrence. Elle a besoin de tous ses cadres, et en particulier de Patrick Thoresen, engagé dans une course contre la montre pour être présent aux JO de Sotchi. Victime de deux fractures du pied en prenant un tir d'un coéquipier, l'attaquant du SKA Saint-Pétersbourg doit revenir sur la glace début janvier. Plusieurs titulaires jouent en DEL, cinq "Suédois" disputent la phase finale de l'European trophy avec leurs clubs de Frölunda et Färjestad, qui ne fait pas de pause en décembre, et d'autres sont blessés : Tommy Kristiansen, Kristian Forsberg, Per-Åge Skrøder et le gardien Lars Haugen. Du coup, les Scandinaves alignent une attaque inexpérimentée qui incorpore un parfait débutant, le jeune Michael Haga.

Face à cet adversaire à sa portée, la Suisse adopte assez vite les bons réglages. Matthias Bieber lui facilite les choses en battant Lars Volden sur le premier tir helvétique. Mais la grande frayeur survient à la neuvième minute, quand Dahlström, en duel avec Hollenstein, est poussé sur le gardien local Martin Gerber, qui n'arrive pas à se relever. La radio sera rassurante : rien de cassé. Le vétéran souffre en fait d'une microdéchirure musculaire au pied, pas de quoi compromettre sa sélection olympique. Il a dû néanmoins quitter la glace et céder la place à Benjamin Conz.

Pour le gardien de Fribourg-Gottéron, c'est un peu la dernière chance, lui qui n'avait pas pu se montrer à la Deutschland Cup parce que sa femme était sur le point d'accoucher. Gerber et les deux gardiens de NHL (Hiller et Berra) sont favoris pour participer aux Jeux olympiques. Encore une fois, Conz risque de rester à quai et n'en finit plus d'attendre sa chance. Alors, il se démène. Les Norvégiens le sollicitent pas mal : dominés techniquement, ils arrivent en effet à bousculer la Suisse en misant sur l'impact physique.

SURI Reto-130518-315À partir de la deuxième période, les Suisses ne se laissent plus faire et répliquent y compris dans les mises en échec. Henrik Ødegaard trouve à qui parler avec Julian Walker, et le Norvégien prend deux minutes de plus que son vis-à-vis pour avoir déclenché les hostilités. Une supériorité numérique, dites-vous ? Goran Bezina attendait ça depuis le début du match pour faire parler son arme fatale, son lancer. Il n'y a pas que de la puissance chez cette montagne de muscles, car il se fend d'un tir du poignet précis en pleine lucarne. Une minute plus tard, l'infatigable Andres Ambühl sert l'efficace buteur Reto Suri, et c'est déjà le deuxième but pour ce trio Suri-Ambühl-Bieber, le meilleur de l'équipe suisse.

À 3-0, le match est joué, et un des enjeux est la possible invincibilité de Conz, mais celui-ci commet finalement une erreur en troisième période sur un tir lointain de Bonsaksen. Denis Hollenstein n'a rien perdu de son talent depuis le Mondial et signe encore un but fantastique, auquel Niklas Roest répond au rebond d'un tir de Dahlstrøm. Le score final est donc de 4-2, et la Suisse peut se satisfaire d'avoir assumé son statut de favorite et su faire le jeu. Cela n'avait rien d'évident autrefois.

Les joueurs helvétiques ont conservé leur niveau depuis le championnat du monde (voire amélioré dans le cas du centre Luca Cunti) et il ne sera pas facile de bousculer la hiérarchie établie durant ce mois de mai de rêve. Goran Bezina, qui avait raté le dernier championnat du monde sur blessure, est sans doute le plus à même d'y parvenir.

 

Suisse - Norvège 4-2 (1-0, 2-0, 1-2)
Vendredi 20 décembre à 20h15 à l'Obersee d'Arosa. 1900 spectateurs.
Arbitrage de Simon Aicher (ALL) et Nadir Mandioni (SUI) assistés de Franco Espinoza et Michael Rohrer (SUI).
Pénalités : Suisse 6' (0', 6', 0'), Norvège 10' (0', 6', 4').
Tirs : Suisse 26 (9, 9, 8), Norvège 25 (3+7, 7, 8).

Évolution du score :
1-0 à 03'23" : Bieber assisté de Suri et Ambühl
2-0 à 24'52" : Bezina assisté de Cunti et Vauclair (sup. num.)
3-0 à 25'36" : Suri assisté d'Ambühl
3-1 à 45'06" : Bonsaksen assisté de Roest et Mathias Trygg
4-1 à 50'00" : Hollenstein assisté de Rüfenacht et Cunti
4-2 à 53'49" : Roest assisté de Dahlstrøm et Mathias Trygg


Suisse

Gardien : Martin Gerber puis à 08'19" Benjamin Conz.

Défenseurs : Goran Bezina - Severin Blindenbacher (2') ; Julien Vauclair (A, +2) - Patrick Geering (+1) ; Eric Blum - Patrick von Gunten (+1) ; Tim Ramholt - Robin Grossman.

Attaquants : Denis Hollenstein - Luca Cunti - Thomas Rüfenacht ; Reto Suri (+2) - Andres Ambühl (A, +2) - Matthias Bieber (+1) ; Thibaut Monnet - Martin Plüss (C) - Ryan Gardner (2') ; Gregory Hoffmann (-1) - Morris Trachsler - Julian Walker (-1, 2').

Norvège

Gardien : Lars Volden [sorti à 59'00"].

Défenseurs : Henrik Ødegaard (6') - Jonas Holøs (A, 2') ; Alexander Bonsaksen (C) - Daniel Sørvik (-1) ; Aleksander Rindal (-1) - Henrik Solberg ; Nicolai Bryhnisveen.

Attaquants : Lars Erik Spets (-2) - Mads Hansen (-2) - Mats Frøshaug (-2) ; Sondre Olden (2') - Steffen Thoresen (-1) - Morten Ask (-1) ; Robin Dahlstrøm (+1) - Niklas Roest (+2) - Mathias Trygg (+2) ; Fredrik Lystad Jacobsen - Andreas Stene - Jonas Djupvik Lovlie ; Michael Haga.

Remplaçant : Steffen Søberg (G). En réserve : Henrik Holm (G).