Bélarus - Suisse (Arosa Challenge, finale)

CUNTI Luca-130518-348Cette finale se joue à guichets fermés... même si cela ne représente qu'un peu plus de 2100 spectateurs. Quand Arosa dominait la LNA au début des années 80, plus de sept mille personnes se pressaient dans ce temple du hockey. Mais le passé glorieux est désormais lointain, et une des tribunes a été abattue pour être remplacée par des salles de congrès. Et si la fédération suisse organise depuis quelques années un tournoi international dans ce village des Grisons, ce n'est pas pour la taille de la patinoire.

Ce match est un évènement pour le Bélarus : ce pays, qui recourt depuis quinze ans à des gardiens russes, aligne son nouveau gardien... canadien ! Kevin Lalande a été naturalisé dans le cadre de la préparation du Mondial 2014, et est sélectionnable maintenant qu'il a passé les deux années réglementaires dans son nouveau pays. Pour autant, il doit encore prouver son mérite : au Dynamo Minsk, il n'est que la doublure de Lars Haugen, même s'il a profité de la blessure du gardien norvégien pour jouer plus souvent ces derniers temps.

Dans la capitale biélorusse, Lalande choisit souvent la facilité en s'exprimant en anglais, et ce stage de l'équipe nationale l'oblige à une immersion plus poussée en environnement russophone. En effet, il n'a pas de "compatriote" parmi les joueurs : le sélectionneur Glen Hanlon a offert à l'autre naturalisé Platt (qui a débuté en novembre) de décider s'il voulait venir, et il a choisi le repos.

Sur la glace, en revanche, Kevin Lalande est vite dans son élément, et évacue rapidement la petite nervosité de ses débuts internationaux. Son équipe ne lui guère le choix en prenant beaucoup de mpénalités Il remporte ainsi son face-à-face avec Luca Cunti dès la troisième minute de jeu. Mais le jeu se renverse dans la seconde moitié de la première période. Le Bélarus bloque bien la Suisse en l'empêchant de prendre de la vitesse en zone neutre. Ce sont donc Komarov, Stas ou Andrei Kostsitsyn qui se procurent les meilleures occasions.

Le tableau d'affichage se débloque au deuxième tiers-temps. Une sortie de zone un peu négligente de Sergei Kostitsyn aboutit à une contre-attaque suisse lancée depuis l'aile droite. La Suisse réédite alors sa "spécialité" du dernier Mondial : le but du patin ! Le juge vidéo ne voit cependant aucun geste intentionnel de la part de Ryan Gardner, et le but est accordé. Le cadet des Kostistsyn se rattrape lui-même de son erreur en déviant un lancer de la ligne bleue de Vladimir Denisov, pendant que Grossmann est en prison pour obstruction. Trois minutes plus tard, le Bélarus prend même l'avantage sur un tir du cercle gauche d'Andrei Stas, dévié par un patin suisse.

GARDNER Ryan-130518-314Juste avant la seconde pause, les Biélorusses sont sévèrement pénalisés après une action houleuse : Gotovets prend 2 minutes pour obstruction plus 2 minutes pour retenir, et Karev écope de 2 minutes pour charge avec la crosse plus 2 minutes pour dureté. Dans le camp suisse, seul Reto Suri est sanctionné pour dureté. Les Helvètes reprennent donc le jeu à 4 contre 3, puis à 5 contre 3, alors que leurs adversaires aggravent encore leur cas par un cinglage de Stas. Face à la pression adverse, Kevin Lalande perd sa position et se retrouve au sol. Denis Hollenstein ne se fait alors pas prier pour signer un tir du poignet dans le haut du filet. Dernier entré, Stas est le premier sorti, et le Bélarus joue encore à trois pendant près de deux minutes, mais il évite le pire et préserve l'égalité.

Tout se joue donc aux tirs au but. La technique d'Andrei Kostitsyn fait merveille, mais le bon air des Grisons donne envie à Andres Ambühl d'en faire autant. Il exécute une parfaite feinte du revers, Simpson le laisse sur la glace pour une seconde tentative de suite... et le Davosien s'emmêle les pinceaux tout seul. Demagin donne alors la victoire au Bélarus.

Commentaires d'après-match

Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Beaucoup de gens en Suisse croyaient sans doute que nous continuerions facilement sur notre lancée après Stockholm et que nous remporterions sans problème les parties contre le Bélarus. Mais ce n'est pas vrai. Maintenant, tout le monde est prévenu, y compris notre équipe. Elle a assez bien joué ce week-end, mais elle n'a pas mis suffisamment d'émotion dans son jeu aujourd'hui. Nos adversaires sont mieux entrés dans la partie et ont remporté la majorité des duels. Il y a pas mal de travail d'ici l'annonce de la liste olympique le 6 janvier, ce ne sera pas facile mais c'est mon job."

Glen Hanlon (entraîneur du Bélarus) : "Je craignais qu'on s'effondre après la longue infériorité. Les équipes biélorusses - et pas seulement la sélection - ont comme caractéristique assez générale de voir un bon match se briser après une série de fautes. Mais cette fois les joueurs ont bien réagi : après cette séquence difficile, les défenseurs ont tenu de près les attaquants adverses, et ils ont rapidement relancé le palet pour le jeu de transition. La principale conclusion est que toute l'équipe a confirmé son niveau élevé. Comme prévu, nos centres de grand gabarit, Stas et Kitarov, n'ont pas déçu. S'ils continuent dans la même veine, ils seront bien pour le Mondial. Je suis content du travail d'Oleg Yevenko : on n'avait pas encore vu ce gars en fait, on en avait seulement entendu parler, et malgré le long vol et le décalage horaire, il s'en est tiré dignement. On peut dire de même d'Andrei Karev. En novembre en Autriche, les adversaires étaient plus faibles qu'ici, mais il a été tout aussi utile à l'équipe dans les deux tournois. Et, bien sûr, je ne peux que mentionner Sergei Demagin. Deux buts hier, le penalty décisif aujourd'hui. Il a été vraiment fort."

 

Bélarus - Suisse 3-2 aux tirs au but (0-0, 2-1, 0-1, 0-0, 1-0)
Samedi 21 décembre 2013 à 15h45 à l'Obersee d'Arosa. 2051 spectateurs.
Arbitrage de Simon Aicher (ALL) et Nadir Mandioni (SUI) assistés de Balazs Kovacs (HON) et Franco Espinoza (SUI).
Pénalités : Bélarus 18' (8', 8', 2'), Suisse 10' (6', 4', 0').
Tirs : Bélarus 24 (9, 6, 7, 2), Suisse 28 (7, 9, 10, 2).

Évolution du score :
0-1 à 23'08" : Gardner assisté de Plüss et Monnet
1-1 à 30'24" : Kostsitsyn assisté de Denisov et Kitarov (sup. num.)
2-1 à 33'14" : Stas
2-2 à 41'56" : Hollenstein assisté de Bezina et Cunti (double sup. num.)

Tirs au but :
Bélarus : Kisly (arrêté), A. Kostsitsyn (réussi), S. Kostsitsyn (arrêté).
Suisse : Hollenstein (poteau), Suri (raté), Ambühl (réussi).
Tireurs supplémentaires : Ambühl (S, raté), Demagin (B, réussi).


Bélarus

Gardien : Kevin Lalande.

Défenseurs : Nikolaï Stasenko - Oleg Goroshko ; Vladimir Denisov (A) - Kirill Gotovets (+1, 6') ; Andrei Karev (4') - Yevgeni Nogachev (-1) ; Oleg Yevenko (2').

Attaquants : Sergei Demagin (+1) - Andrei Stas (+1, 2') - Artyom Kisly (+1) ; Yevgeni Kovyrshin (2') - Nikita Osipov - Aleksei Yefimenko ; Sergei Kostsitsyn (A, -1, 2') - Aleksandr Kitarov - Andrei Kostitsyn (C) ; Artyom Volkov (-1) - Nikita Komarov (-1).

Remplaçants : Vitali Koval (G), Ilya Kaznadeï. Absent : Konstantin Koltsov (blessé au doigt).

Suisse

Gardien : Benjamin Conz.

Défenseurs : Goran Bezina - Severin Blindenbacher ; Julien Vauclair (A, -1, 2') - Patrick Geering (-1) ; Eric Blum (+1) - Patrick von Gunten (+1) ; Tim Ramholt - Robin Grossman (2').

Attaquants : Denis Hollenstein - Luca Cunti (2') - Thomas Rüfenacht ; Reto Suri (-1, 2') - Andres Ambühl (A, -1) - Matthias Bieber (-1) ; Thibaut Monnet (+1) - Martin Plüss (C, +1, 2') - Ryan Gardner (+1) ; Gregory Hoffmann - Morris Trachsler - Julian Walker.

Remplaçant : Lukas Flüeler (G). Absent : Martin Gerber (G, micro-déchirure musculaire au pied).