Dijon - Strasbourg (Ligue Magnus, 17e journée)

Gauthier SébastienAprès une défaite probablement évitable à Gap, les Dijonnais recevaient en ce 29 décembre l'Étoile Noire strasbourgeoise, qui avait déjà posé des problèmes aux Ducs lors du match aller. Une deuxième défaite de suite aurait néanmoins fait tache sur la copie largement satisfaisante rendue jusqu'alors par les Bourguignons. Pour l'occasion, Jarmo Tolvanen, le coach dijonnais, avait rendu la première ligne à ce qu'elle était jusqu'à récemment : Ahsberg, Ritz, Andersson. Thomas Decock retrouvait ainsi Eriksson et Gauthier sur le second trio.

En dépit d'engagements essentiellement remportés par Dijon,  le jeu peine à s'installer d'un côté ou d'un autre. Strasbourg se fend d'un tir non cadré (2'25’’), alors qu'Andersson échoue face à Vladimir Hiadlovsky (3'10’’). Le public dijonnais et les quelques Strasbourgeois en déplacement se voient offrir une première véritable occasion de s'animer sur un tir strasbourgeois stoppé par Julian Barrier-Heyligen, doublure de Buysse, suspendu suite à une sortie malvenue face à Gap. Andersson - encore lui - part en échappée pour buter une nouvelle fois sur Hiadlovsky.

Le match s'annonce comme un duel à distance entre un portier slovaque toujours connu sous le nom de "Vlad" à Trimolet et un n°2 bleu et jaune motivé à faire ses preuves. En témoignent ses deux arrêts consécutifs (3'57’’ et 4'04’’).

Dans un match propre, Valier obtient la première supériorité numérique pour Dijon (4'51’’). Un shoot de Boudreau, puis d'Ahsberg, sont tous deux stoppés par un Vlad des grands soirs. À 6'02’’, après un tir de Ritz, les esprits s'échauffent devant la cage, et Hauchart remplit les prisons. Dijon obtient alors une double supériorité, mais ni Decock ni Ritz ne parviennent à ouvrir la marque, alors même que la cage du n°50 strasbourgeois bouge de façon fort opportune.

Eriksson ne parvient à concrétiser sur un rebond obtenu par Valier, Boudreau voit un nouveau shoot stoppé. Hiadlovsky ne semble pas décidé à craquer, en dépit de la pression du public de Trimolet. L'Étoile Noire se trouve en peine pour sortir de sa zone. Un nouveau déplacement de la cage strasbourgeoise (8'59’’) provoque l'ire d'un public dijonnais méfiant des tours de passe-passe de son ex-gardien. Dix secondes plus tard, Ahsberg centre pour Andersson, qui profite d'un instant de flottement devant la cage de Vlad pour inscrire le premier but du match en faveur de Dijon (1-0, 9'09’’).

cibulaUn engagement en zone dijonnaise ne permet pas à Strasbourg d'installer son jeu face à des jaune et bleu ayant visiblement pris le match à leur compte. Barrier laisse échapper un rebond non exploité. Pire, un superbe centre de Ritz offre l'occasion d'alourdir le score, mais les Dijonnais ne parviennent à l'exploiter. Cette difficulté passagère offre à Strasbourg l'occasion de reprendre des couleurs. Barrier s'interpose (11'56’’), Hiadlovsky en fait autant vingt secondes plus tard. Julian Barrier fait encore l'effort (13'25’’), mais le n°58 strasbourgeois, sans pitié, crucifie les Ducs (1-1, 14').


Dijon perd alors pied, ne devant son salut qu'à une troisième ligne du tonnerre, avec un Mulle qui tentait sa chance sur l'occasion provoquée par Kevorkian et Valier. L'Étoile Noire, en retour, ne parvient pas à cadrer, puis Barrier veille après que Roussel s'est fait piquer le palet derrière la cage. C'est au tour de Dijon de peiner à sortir de sa zone, à trop tenter les longues relances imprécises.

La solution arrive finalement par Eriksson, qui ne manque pas sa chance du revers de la crosse, sur une passe de Decock (2-1, 18'25). Strasbourg tente alors désespérément d'égaliser avant la fin du tiers, sans succès malgré une sortie de zone improbable de Boudreau, heureusement sans conséquence pour les Ducs.

En résumé, après une entame équilibrée, Dijon a pris l'ascendant jusqu'à l'ouverture du score. Strasbourg a su profiter d'un regain d'énergie et de chaque imprécision dijonnaise. La fin du tiers s'est avérée à nouveau plus équilibrée en dépit du deuxième but dijonnais.

MulleAu retour de la pause, les Ducs montrent clairement leur volonté de reprendre le jeu à leur compte, shootant dès les premières secondes. L'attentisme du premier tiers semble balayé. Un cinglage - sévère vu des tribunes - sifflé contre Strasbourg peut-il aider les Dijonnais à creuser l'écart ?

Andersson tente de centrer entre la cage et un Hiadlosvky très avancé, mais la défense strasbourgeoise veille. La supériorité numérique tourne même au cauchemar pour Dijon quand un Strasbourgeois pique le palet à Decock pour se présenter seul face à Barrier et égaliser (2-2 à 23'06’’).

C'est une nouvelle fois la troisième ligne qui sort les Dijonnais de l'impasse, Kevorkian gratifiant Hiadlovsky d'un shoot particulièrement appuyé, suivi quelques secondes plus tard par un tir de Mulle. Strasbourg répond par deux tirs consécutifs de Sébastien Trudeau (25'33’’ et 25'38’’) et met le feu sur la cage de Barrier pendant sa première supériorité du match. Le portier dijonnais ne craque pas, et Dijon assume avec un relatif brio ses bonnes stats en infériorité numérique acquises depuis le changement de visage défensif, malgré une certaine fébrilité au retour à cinq.

Ritz dégaine encore son shoot de la mort (28'12’’), repoussé par le portier jaune et noir, avant que le jeu ne s'équilibre à coup de tentatives peinant à aboutir. La troisième ligne dijonnaise - encore elle - force tout de même Hiadlovsly à un gros arrêt, mais c'est malheureusement Decock, décidément en méforme ce soir, qui se fait remarquer. Sur une passe vers l'arrière douteuse, il offre le palet aux Strasbourgeois qui ne manquent pas l'occasion de prendre enfin l'avantage par Julien Correia (3-2, 31'04’’).

hiadlovsky strasbourgCoup de massue pour Dijon, qui peine alors pendant de longues minutes ; c'est encore et toujours la troisième ligne - prouvant ce soir son importance en dépit de son faible rendement - qui offre une porte de sortie aux Ducs dominés par un Strasbourg au jeu considérablement plus séduisant que ces dernières années. Decock, pour racheter ses fautes, fait l'effort sur un palet échappé (33'08’’), mais Hiadlovsky le gèle avant que le n°11 n'ait pu l'exploiter.

Valier obtient une nouvelle supériorité pour Dijon - occasion rêvée de montrer qui est le patron à Trimolet. Ritz joue de malchance, son tir rebondissant sur une crosse cassée au sol. Cela n'empêche pas l'international de retenter sa chance, avant que l'arbitre ne l'envoie en prison sur un cinglage un poil sévère.

À 35'20’’, un shoot de Decock atterrit dans l'épaule de Hiadlovsky, qui reste au sol. Le public dijonnais échaudé par le portier strasbourgeois hurle à la simulation, alors que Vlad - plus vraiment en odeur de sainteté à Trimolet - reprend le match. Strasbourg pénalisé autorise le retour à 4 contre 4, avant qu'une nouvelle pénalité dijonnaise n'annonce en fait 30 secondes de 5 contre 3. Une mauvaise affaire ducale, mais ô combien importante pour des Strasbourgeois acquérant l'opportunité de distancer les Ducs. Barrier ne s'en laisse pas compter - s'affirmant comme un remplaçant largement capable - et Strasbourg ne parvient à s'éloigner de Dijon au score.

L'Étoile noire en a néanmoins profité pour s'installer durablement en zone dijonnaise. Mais le roseau bourguignon sait plier sans rompre. Un contre salvateur finit par évacuer la tension jusqu'alors présente sur la cage de Barrier, autorisant une fin de tiers un brin plus tranquille pour les Dijonnais.

Ce deuxième tiers a prouvé que malgré leur volonté, les Ducs avaient encore bien du chemin à parcourir pour se défaire de Strasbourg, et que tenir ne saurait suffire pour l'emporter.

pardavyStrasbourg attaque fort dès la reprise avec une déviation d'Élie Marcos après 19 secondes, fort heureusement repoussé par Dijon. Une échappée d'Eriksson avortée redonne néanmoins le palet aux Bourguignons qui manquent eux aussi de peu leur but sur déviation, mais cette fois du patin. À 41'41'', Vladimir Hiadlovsky sauve les siens sur un arrêt en deux temps. Rebelote 5 secondes plus tard. Sur une échappée, Ahsberg manque une passe pourtant simplissime - symptôme de la fébrilité de la première ligne dijonnaise où seul Ritz semble parfaitement à son aise. Cela n'empêche pas les Ducs de pénétrer en zone strasbourgeoise. Sur un shoot de Gauthier, le portier jaune et noir s'avère incapable de geler le palet, devant une cage grande ouverte. Les Ducs manquent d'opportunisme. Kevorkian centre, mais personne n'est présent pour exploiter sa passe, en dépit de la relative facilité des locaux à s'imposer dans la zone strasbourgeoise. Une belle occasion (44'58’’) vient l'illustrer, une nouvelle fois sans succès. Strasbourg ne parvient pas à shooter, et le palet est déjà reparti de l'autre côté de la glace, forçant Hiadlovsky à se coucher pour l'arrêter.

Sedlak - bonne pioche dijonnaise - se fend d'un gros slap, ant que l'Étoile Noire ne revienne à l'offensive. Les jaune et noir sont alors sanctionnés pour un surnombre, que Dijon doit absolument mettre à profit. Le public de Trimolet pousse derrière ses chouchous, mais après avoir mis la pression, les Ducs voient le palet s'éloigner à la faveur d'une obstruction malheureuse d'un arbitre. Visiblement, Dijon ne parvient pas à trouver la solution, laissant Strasbourg imposer à son tour son rythme. Les tentatives se multiplient d'un côté comme d'un autre, mais ni Barrier ni Hiadlovsky ne se décident à accorder la délivrance à l'équipe adverse. Le gardien strasbourgeois se jette alors en arrière après un tir de Kevorkian, espérant obtenir une pénalité pendant que les arbitres ont le dos tourné. Peine perdue, M. Hauchart ne s'y laisse pas tromper.

L'Étoile Noire subit la loi dijonnaise - incarnée entre autres par un Ritz toujours dominant - et demande un temps mort pour casser le rythme. Avec succès, puisque Barrier est alors contraint de faire le job, avant que Decock ne se sacrifie sur un shoot strasbourgeois - obtenant instantanément le pardon du public pas vindicatif. Dijon repart à l'offensive, pour peu de temps, mais Roussel s'avère impeccable sur le contre de ses adversaires. Une pénalité (56'05’’) ne fait pas les affaires de Dijonnais déjà en manque de réussite. L'infériorité sera toutefois tuée sans trop de dommages, en dépit d'une belle percée de Strasbourg dans les lignes ducales.

Dijon, même à 4 contre 5, est obligé d'attaquer, mais le repli défensif est à chaque fois irréprochable. À 58'46’’, Jarmo Tolvanen appelle les siens pour un temps mort. Trimolet retient son souffle, le public s'est levé pour pousser derrière son équipe. La cage locale est vide.

Hiadlovsky repousse un shoot d'Andersson, la cage bouge encore. Cette fois, l'arbitre appelle un retard de jeu attendu par le public dijonnais, et mérité. Il reste 35 secondes. Ahsberg manque son tir, puis Hiadlovsky fait encore un arrêt. Trois secondes plus tard, Boudreau libère les Dijonnais de la bleue, dans une explosion de joie des travées (3-3 à 59'50’’). Tout est à refaire pour Strasbourg.

Le couperet n'est pas passé loin pour Dijon, toujours stérile en attaque, face à un Hiadlovsky des grands soirs qui n'avait certainement pas besoin de tout son cinéma.

turcotteC'est parti pour la prolongation. Boudreau, dans la foulée de son but, accomplit un travail considérable, mais Dijon ne parvient pas à engranger. Valier échoue sur une belle échappée (62'45’’), puis Hiadlovsky s'interpose sur un centre dangereux. La possession de palet est majoritairement dijonnaise. En un contre un face à Andersson, le portier strasbourgeois démontre encore tout son talent.

S'enchaîne un 2 contre 1, où le tir d'Ahsberg est une nouvelle fois repoussé. Barrier accomplit lui aussi le travail nécessaire pour que les siens gardent toutes leurs chances. Eriksson centre devant la cage de l'Etoile Noire, mais il est seul. Retour en zone dijonnaise, Strasbourg a repris le leadership, Barrier fait son boulot, et gèle même un palet trop proche (64'52’’).

Un palet maladroitement abandonné en zone dijonnaise n'est heureusement pas exploité par les Alsaciens, et Dijon repart à l'attaque. Boudreau - très en vue sur la fin de match - shoote encore, toujours sans succès. Une crosse est brisée, Hiadlovsky repousse encore l'échéance et fait même des miracles sur un travail ciselé de Gauthier.

Mais le portier strasbourgeois sort une fois de trop de sa cage, renversant un Dijonnais au passage. Dans la cohue momentanée, Ahsberg ne laisse cette fois pas passer sa chance, et ruine les espoirs de Strasbourg dans une cage grande ouverte. La victoire est jaune et bleue.

Boudreau et Pardavy sont nommés joueurs du match de chaque côté. Strasbourg a une nouvelle fois posé de gros problèmes à Dijon, et mérite son point. Du côté des Ducs, on retiendra une performance satisfaisante de Barrier pour son premier match complet en Magnus, et un meilleur équilibre entre la défense et l'offensive. Les Ducs ne sont plus dépendants de leur première ligne ; au contraire, celle-ci s'avère curieusement en difficulté, en dépit des performances toujours remarquables de Nicolas Ritz. Jarmo Tolvanen changera-t-il une nouvelle fois ses lignes pour faire remonter Decock à la place d'Ahsberg ? Une chose est certaine, il faudra marquer plus pour finir les matchs sereinement.

Élus meilleurs joueurs du match : Emmanuel Boudreau pour Dijon, Jan Pardavy pour Strasbourg.



Dijon – Strasbourg 4-3 après prolongation (2-1, 0-2, 1-0, 1-0) 
Mercredi 29 décembre 2013 à 20h à la patinoire de Trimolet, 853 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Sébastien Geoffroy et Matthieu Loos.
Pénalités : Dijon 10' (2', 6', 2', 0'), Strasbourg 14' (6', 4', 4', 0').
Tirs cadrés : Dijon 45 (15, 10, 12, 8), Strasbourg 44 (11, 18, 9, 6).

Évolution du score :
1-0 à 09'09'' : Andersson assisté d'Ahsberg et Eriksson
1-1 à 14'00'' : Trudeau assisté de Suchanek et Carlson
2-1 à 18'25'' : Eriksson assisté de Decock et Gauthier
2-2 à 23'06'' : Cibula (inf. num.)
2-3 à 31'04'' : Correia assisté de Lyall
3-3 à 59'50'' : Boudreau assisté de Ritz
4-3 à 67'54'' : Ahsberg assisté de Boudreau