Grenoble - Dijon (Ligue Magnus, 19e journée)

Grenoble à l'arrachée

2014-01-11-Grenoble-Dijon1L'opération rédemption continue pour les Brûleurs de Loups. Après avoir pris leur revanche face aux Rapaces de Gap ce mardi (5-3), les voilà confrontés aux Ducs de Dijon. Si Gap a été le point de départ d'une série noire fin octobre avec la coupe de France, Dijon l'a été en Ligue Magnus. Alors invaincus dans cette compétition, les Brûleurs de Loups s'étaient inclinés 1-2 à Trimolet lors du match aller. S'en est suivie une descente aux enfers au classement avec huit défaites en neuf matchs de championnat. L'occasion est donc belle de remettre les pendules à l'heure, surtout après une série de trois victoires. Mais attention car les équipes battues récemment (Caen, Brest et Gap) sont toutes des équipes de bas de tableau alors que Dijon occupe la cinquième place au classement juste devant... Grenoble. C'est donc une très belle opération comptable que feraient les Brûleurs de Loups en cas de victoire, car ils dépasseraient ainsi leurs adversaires du jour.

Pour Dijon, l'objectif est tout autre. D'abord se rassurer défensivement et se remettre de la claque monumentale reçue samedi dernier à Morzine (12-1). Une claque plutôt inattendue même si elle est partiellement explicable par des absences en défense. Une claque qui fait tout de même désordre pour une équipe réputée pour sa solidité défensive et qui aspire à figurer dans le quatuor de tête à la fin de la saison régulière. Surtout face à une équipe qui était à la dérive et privée de victoire depuis le 2 novembre. Avec les retours de blessure de Adam Sedlak et Benoît Quessandier, il faut s'attendre à voir les Ducs faire amende honorable ce soir tout en défendant leur cinquième place.

2014-01-11-Grenoble-Dijon4Et dès le coup d'envoi, les Dijonnais montrent qu'ils ont beaucoup à se faire pardonner. Ils attaquent très fort, mettant sous pression une défense grenobloise qui ne s'attendait pas à une telle entame. Antoine Bonvalot, de nouveau titularisé dans les cages grenobloises, est canardé et doit sortir plusieurs arrêts réflexes déterminants, dont un en bloquant le palet sans laisser de rebond devant Daniel Åhsberg.

Dijon domine les débats en ce début de premier tiers et Grenoble est obligé de procéder par contre-attaques à l'image de Lessard qui bute sur Buysse après une rapide remontée de palet. Les rôles semblent donc inversés jusqu'à ce qu'Emmanuel Boudreau soit pénalisé pour une charge un peu trop vigoureuse sur Sébastien Delemps. Les Brûleurs de Loups bénéficient d'une supériorité numérique mais n'en tirent guère profit. Un mal récurrent ces derniers temps. Pire, Lessard se fait même contrer à la ligne bleue, laissant Johan Andersson partir tout seul en contre-attaque. Bonvalot remporte le duel avec l'attaquant dijonnais et sort une belle épine du pied à son équipe.

Félix Petit tente de sonner le réveil grenoblois mais ne cadre pas son tir. Des Isérois qui se font une nouvelle frayeur lorsque Sivic est contré par Andersson, mais cette fois-ci l'attaquant suédois est repris avant de se présenter face à Bonvalot. À l'image de Lessard qui charge Andersson, les Grenoblois essaient de hausser le ton physiquement, mais les occasions sont toujours dijonnaises. Alors que Petit bute une nouvelle fois sur Buysse, Åhsberg manque une occasion en or en ne cadrant pas son tir face à une cage grande ouverte. La domination dijonnaise s'intensifie lorsque Maks Selan est pénalisé à son tour. Mais le bloc grenoblois répond présent en infériorité numérique. La dernière occasion du tiers est pour Sivic qui contourne la cage mais ne parvient pas à déclencher son tir.

2014-01-11-Grenoble-Dijon2Les Brûleurs de Loups ont souffert dans ce premier tiers, mais ont tenu bon face à une équipe dijonnaise bien en jambes.

Dès le début de la deuxième période, Bonvalot doit réaliser un arrêt important. Alors que Sivic manque une nouvelle fois le cadre, Buysse s'illustre lui aussi en captant difficilement un tir lointain de Lessard dévié juste devant lui. Les attaquants rivalisent de maladresses, les gardiens eux multiplient les prouesses à l'image de Bonvalot, une nouvelle fois déterminant face à Andersson. Une supériorité numérique grenobloise n'est pas mise à profit. Dans une rencontre au rythme enlevé et pas vraiment fermée, le score nul et vierge à la mi-match peut surprendre.

Crossman se retrouve en prison après avoir fait trébucher Ritz. Mais le power-play dijonnais n'est pas plus efficace que son vis-à-vis. Finalement, les Grenoblois prennent petit-à-petit le dessus. Un contre de Le Blond se termine par un tir bloqué par Buysse alors que Lafrance manque le cadre en étant pourtant en bonne position. Puis c'est un lancer de Lessard à la ligne bleue qui est capté par Buysse. Le danger se rapproche et Stéphane Gervais finit par ouvrir la marque sur un lancer de la bleue dévié au passage dans le trafic par un patin dijonnais (1-0, 36'31"). L'ouverture du score semble déterminante dans un match aussi serré. Yorick Treille rate même une belle occasion de faire le break face à une cage grande ouverte dans la dernière minute de la période.

2014-01-11-Grenoble-Dijon3bQuelques sifflets se font entendre dans les tribunes de Pôle Sud pendant la pause. La cause : l'affichage de certaines banderoles revendiquant la liberté d'expression dans l'enceinte de Pôle Sud, pas du goût du service de sécurité. L'affichage de ces banderoles fait suite à un accrochage mardi dernier entre le manager des Brûleurs de Loups et le président d'une association de supporters (MH2G), alors que ce dernier avait affiché une pancarte réclamant la démission de Jean-François Dufour. Bref, on ne s'ennuie pas à Pôle Sud pendant les pauses, même si cet incident démontre le manque de sérénité qui entoure le club grenoblois depuis la mauvaise passe de fin d'année.

Après cet intermède, la troisième période peut reprendre, sans Luc Tardif, resté au vestiaire et visiblement de nouveau en délicatesse avec son genou. Le jeu est nettement plus fermé. Bonvalot est encore mis à contribution pour bloquer un tir de Peter Valier, alors que Jordann Perret ne parvient pas à bonifier une belle passe de Joris Bedin. Grenoble se met en danger quand Crossman fait trébucher Åhsberg. Les Ducs passent quasiment les deux minutes dans la zone grenobloise. La défense iséroise est au supplice et ne parvient pas à dégager le palet. Bonvalot fait de la résistance dans ses cages avec un certain brio. Finalement, les Grenoblois s'en sortent, mais un excès d'engagement de Perret en zone offensive lui vaut de nouveau deux minutes de pénalité. Cette fois, le boxplay grenoblois s'en sort mieux et la pénalité est tuée plus facilement.

2014-01-11-Grenoble-Dijon5De retour à cinq contre cinq, les Brûleurs semblent vouloir se contenter de leur but d'avance qu'ils défendent chèrement. Une tactique risquée qui les oblige à reculer. Et sur une action dijonnaise en zone offensive, Eriksson récupère un palet derrière le but grenoblois, centre pour Andersson libre de tout marquage. Après de nombreux échecs, la ténacité de l'attaquant suédois est finalement récompensée puisqu'il finit par battre Bonvalot d'un tir sous la barre (1-1, 55'22").

Tout est à refaire pour les Brûleurs de Loups qui accusent le coup. Petit, pas en réussite ce soir, manque encore une belle occasion en bonne position face à Buysse. Mais c'est surtout Bonvalot qui fait le spectacle à la fin du temps réglementaire avec un arrêt exceptionnel face à Andersson dans la dernière minute.

Grâce à son gardien, Grenoble peut disputer la prolongation. Une seconde chance de remporter deux points ce soir, après être passé tout près du zéro pointé. Les hommes de Jean-François Dufour semblent bien en jambe en début de prolongation mais aucune occasion vraiment majeure n'est à signaler. Et ce jusqu'à ce que M. Fabre siffle une crosse haute à l'encontre d'Antonoff. Une « balle de match » pour les Ducs qui butent une nouvelle fois sur Bonvalot. Le portier grenoblois sauve encore la mise de son équipe face à Ritz et les Isérois parviennent à tuer cette pénalité. Un déboulé de Bedin est ponctué par un arrêt de la mitaine de Buysse alors que Petit rate la cage au rebond suite à un tir de Treille.

On semble s'acheminer vers la séance des tirs au but lorsque Charland passe derrière la cage dijonnaise, tente de glisser le palet sous Buysse mais le palet est contré par Ritz et passe derrière la ligne (2-1, 69'49"). Ce but limite « gag » met fin au suspense et libère les Brûleurs de Loups qui enchaînent leur quatrième succès d'affilée.

2014-01-11-Grenoble-Dijon6Les Ducs ont bien réagi après leur déroute à Morzine. Ils se sont montrés dignes d'une équipe de haut de tableau en imposant un rythme élevé dès le début. Avec une rigueur défensive retrouvée autour d'un Buysse de nouveau imperméable, il s'en est fallu de peu pour qu'ils repartent de Pôle Sud avec deux points dans leur escarcelle. En défense, les retours de Sedlak et Quessandier ont fait le plus grand bien. En attaque, la première ligne suédoise a constamment donné le tournis à l'arrière-garde grenobloise.

Les Ducs ne pourront regretter finalement qu'un manque d'efficacité en supériorité numérique et plus de lucidité devant la cage même s'ils sont tombés sur un excellent Bonvalot. Malgré tout, l'égalisation à cinq minutes de la fin leur permet de marquer un point et donc ne pas se faire dépasser par Grenoble au classement. Et en cas d'égalité avec les Brûleurs de Loups à la fin de la saison régulière, ils seront devant aux confrontations directes. Pas une mauvaise affaire au fond.

Comme lors des trois matchs précédents, la victoire a été bien longue à se dessiner pour les Brûleurs de Loups. Cette victoire, ils la doivent en grande partie à leur gardien, Antoine Bonvalot, auteur d'une partie majuscule dans les cages. S'il est capable de rééditer régulièrement ce genre de performance, Raibon aura du souci à se faire pour retrouver son poste de premier gardien. Mais Dufour peut se frotter les mains car sa décision de faire confiance à Bonvalot depuis le Winter Game s'avère payante : déjà décisif à Strasbourg, il a de nouveau donné une chance à son équipe d'aller chercher la victoire. Prometteur pour la suite.

On ne peut pas en dire autant de l'attaque, cette fois bien stérile. Seul attaquant buteur ce soir, Francis Charland confirme son retour en forme même si c'est par un but « de raccroc ». Mais l'attaque grenobloise, pourtant séduisante sur le papier, peine dès que la défense adverse est plus solide. La maladresse récurrente de certains attaquants face à la cage a de quoi inquiéter, surtout pour une équipe bâtie principalement autour de son attaque. La confiance reviendra peut-être avec les victoires. Car maintenant Grenoble rame mais Grenoble gagne. Et cela fait déjà une grosse différence...

Désignés meilleurs joueurs du match : Antoine Bonvalot (Grenoble) et Mikael Eriksson (Dijon)

(Photos Philippe Crouzet - www.ipernity.com/doc/182273/album)

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « On s'attendait à une grosse performance de leur part et ils nous ont surpris par leur vitesse en début de match. Puis on a bien réagi. Parfois on est trop timide, parfois on est trop agressif. »

Baptsite Amar (capitaine de Grenoble) : « Nous avons débuté plutôt moyennement. On n'a pas pu leur mettre autant de pression qu'on l'aurait souhaité. Cette victoire fait du bien car elle s'inscrit dans une série mais il y aura toujours le regret d'avoir laissé un point ».

Stéphane Gervais (défenseur de Grenoble) : « Bonvalot a réalisé un match exceptionnel. Il nous a maintenus en vie. On s'est beaucoup moins affolé. Si on reste calme, on s'en sort. »

Nicolas Ritz (capitaine de Dijon) : « Sur le but de Charland, on n'a pas de chance. Je contre le palet, il rebondit sur mon épaule et il rentre... »

 

Grenoble – Dijon 2-1 après prolongations (0-0, 1-0, 0-1, 1-0).

Samedi 11 janvier 2014 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3450 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assistés de Guillaume Gielly et Adrian Popa
Pénalités : Grenoble 10' (2', 2', 4', 2'), Dijon 4' (2', 2', 0', 0')
Tirs cadrés : Grenoble 26 (6, 11, 4, 5), Dijon 28 (8, 9, 8, 3)

Évolution du score :

1-0 à 36'31" : Gervais assisté de Bedin et Baylacq
1-1 à 55'22" : Andersson assisté de Ahsberg et Eriksson
2-1 à 69'49" : Charland assisté de Petit et Amar

 

Grenoble

Gardien : Antoine Bonvalot

Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Stéphane Gervais ; Baptiste Amar (C) – Maks Selan (2') ; Jason Crossman (4') – Nicolas Antonoff (2').

Attaquants : Francis Charland – Felix Petit – Toby Lafrance (A) ; Mitja Sivic – Mathieu Le Blond – Yorick Treille (A) ; Luc Tardif Jr [puis Baylacq] – Jordann Perret (2') – Joris Bedin ; César Joffre – Julien Baylacq – Sébastien Delemps.

Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Kévin Martenon (rechute), Christophe Tartari (clavicule).

Dijon

Gardien : Henri-Corentin Buysse

Défenseurs : Emmanuel Boudreau (2') – Adam Sedlak (2') ; Thomas Roussel – Maxime Robichaud (A) ; Benoît Quessandier – Pierre Crinon ; Michal Korenko.

Attaquants : Johan Andersson – Mikael Eriksson (A) – Daniel Åhsberg ; Nicolas Ritz (C) – Sébastien Gauthier – Thomas Decock ; Aram Kevorkian – Stephen Dugas – Alexandre Mulle ; Peter Valier.

Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Quentin Mahier.