Brest - Strasbourg (Ligue Magnus, 21e journée)

Des Albatros quatre étoiles

2014-01-18-Brest-StrasbourgParcours contrasté entre les deux équipes s'affrontant ce soir au Rïnkla Stadium. Si l'Étoile Noire strasbourgeoise était tout heureuse de mettre fin à une série de quatre défaites par une victoire 4-3 face à Amiens, Brest, qui restait sur trois beaux succès, faisait en revanche grise mine après la déconvenue 4-1 à Gap face à un concurrent au maintien. La victoire surprenante de Caen face à Rouen dans le même temps (quatre jours après avoir été étrillé face aux Albatros) accentuait la pression sur les épaules des bretons pour la rencontre de ce soir.

Tel un signe d'encouragement pour les bleus, c'est l'ancien capitaine brestois Alexandre Lefebvre qui donne le coup d'envoi fictif. Aucun absent n'est à déplorer de part et d'autre, Matt Lyall effectuant un retour au jeu au centre de la troisième ligne visiteuse. Les premières minutes sont stériles, la faute à deux formation bien en place. Brest presse haut pour créer un maximum de revirement adverse. Tactique payante puisque Aïna Rambelo pense avoir ouvert la marque mais le but est refusé (4'27"). Une pénalité sans conséquence est signifiée à l'encontre de Daniel Cesnek sur cette action.

À l'approche de la mi-tiers, Strasbourg prend ses marques et la possession du disque pour rôder dangereusement autour du but de Dupont qui s'interpose avec autorité sur une incursion de Julien Correia (7'22"). L'Etoile Noire doit néanmoins faire face à plusieurs contre brestois, mais la défense hermétique alsacienne est très efficace lorsque qu'il s'agit de contrer les tirs adverses ou pour tuer les supériorités numériques. L'opposition est plus relevée que celle proposée par Caen la semaine passée.

Malgré une première période plutôt équilibrée, on sent les jaunes et blancs plus incisifs, et il n'y a pas à crier au hold-up lorsqu'ils ouvrent la marque peu avant la sirène. Sur un "lancer-passe" visiteur, le palet ricoche sur la défense brestoise et tombe dans les griffes de Sébastien Trudeau positionné au deuxième poteau qui marque d'une frappe impeccable dans le haut du but (0-1 à 18'39").

L'entame de la deuxième période laisse peu de doute sur les capacités locales à réagir. Oublié de tout marquage, Michal Dian remet les compteurs à zéro sur un lancer frappé qui laisse Vladimir Hiadlovsky pantois (1-1 à 20'52"). Le ton est donné pour la période. Vingt minutes de dépense d'énergie intense pour prendre à la gorge une équipe strasbourgeoise surprise par la vitesse adverse. Édouard Dufournet perd ainsi un palet dangereux au profit de David Croteau qui ne cadre pas son tir face à Hiadlovsky (22'20"). Matt Lyall lui répond mais son tir trouve le poteau (25'19").

2014-01-18-Brest-Strasbourg-1Michal Dian, encore très en jambe ce soir, provoque des fautes adverses par ses changements de direction incessants. Elie Marcos est pris en flagrant délit de cinglage sur l'un d'entre eux, pour la troisième pénalité de son équipe (25'38"). De grosses sueurs froides passent cette fois sur le front de Daniel Bourdages. Nicolas Motreff, seul face au but, perd trop de temps à essayer de dribbler Hiadlovsky et fini par se faire contrer par les défenseurs strasbourgeois qui ont eu le temps de revenir (27').

Cherchant quasi-systématiquement à prendre à revers les lignes défensives alsaciennes par l'intermédiaire de Michal Dian ou Nicholas Pard postés en embuscade le long de la ligne bleue offensive, les Albatros prennent des risques en se privant volontairement d'un joueur pour défendre. Mais ils forcent les Strasbourgeois à être constamment en alerte pour couper les longues transversales.

À mi-match, Sébastien Oprandi modifie ses lignes en reformant le duo canadien Croteau-Pard. Ce dernier prend complètement de vitesse son compatriote Yann Turcotte qui ne peut que l'accrocher pour l'empêcher de marquer. L'arbitre accorde un tir de pénalité que Pard ne transforme pas (30'11").

Les Brestois sont déchaînés et jouent comme des morts de faim, mais ils se heurtent à une rude défense adverse. Ils passent près d'une frayeur sur une toile de Graham Avenel juste devant son propre but qui est tout proche de profiter à Jan Pardavy (37'19"). Pas vraiment le genre de joueur devant qui on peut se permettre cela, quand on connaît son illustre palmarès. Un solo de Croteau confirme finalement l'emprise brestoise puisque Hiadlovsky laisse filer le tir dans l'axe du Canadien (2-1 à 39'46"). Un moindre mal quand on pense à toutes les supériorités numériques stériles et au tir de pénalité manqué.

Changement de style dans le dernier tiers. Brest presse nettement moins haut et campe davantage en défense, tout en continuant de placer plusieurs contres assassins. Les Albatros ont souvent souffert par le passé lorsqu'ils laissent venir l'adversaire. Les effets s'en ressentent avec la pénalité de Graham Avenel (45'24") qui offre leur premier jeu de puissance aux Alsaciens. Un domaine dans lequel ils sont réputés efficace cette saison. Brest s'en remet à Dupont qui sort le grand jeu sur les tirs de Hugues Cruchendeau et David Striz (45'40" et 45'55"). Graham Avenel sort à peine de prison que son frère Jonathan l'y remplace (47'24").

Deux infériorités numériques coup sur coup, s'en est trop émotionnellement pour le public qui se crispe à chaque arrêt de Dupont ou à chaque rebond dégagé à l'emporte pièce par ses défenseurs. Alors que Brest pense tenir le bon bout et tuer cette deuxième infériorité, Jan Pardavy place une lourde frappe mi-hauteur qui trompe Dupont côté mitaine (2-2 à 49'18"). Le vétéran laisse éclater sa joie mais son équipe va vite être décontenancée par la capacité de réaction adverse.

Brest ne tergiverse pas et se rue à toute vitesse sur la cage adverse. Tellement vite que c'est en situation de deux contre zéro que Nicolas Motreff décale au dernier moment à sa droite pour Nicolas Pard (voir photo ci-dessous) qui refait basculer Brest en tête une trentaine de secondes après le but de Pardavy (3-2 à 49'53").

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L'Étoile Noire est vulnérable aux nombreux contres que tentent de placer les flèches brestoises. On frôle un nouveau penalty lorsque Dian est fauché par Jakub Suchanek après avoir été servi au millimètre par Thomas Evans. L'arbitre sanctionne le défenseur tchèque d'une simple pénalité pour accrocher (54'05"). Strasbourg ne baisse pourtant pas les bras et à coup de sacrifice défensif où les joueurs n'hésitent pas à se jeter sur la glace pour contrer les tirs, les visiteurs maintiennent un 100 % d'efficacité dans cette configuration sur ce match.

Daniel Bourdages pose son temps mort (56'13") afin de faire souffler ses joueurs et d'élaborer la stratégie pour tenter d'égaliser. Le message est visiblement mal passé puisque Michal Dian les crucifie d'un tir pleine lucarne qui troue Hiadlovsky, sorti loin de son but pour couper les angles (4-2 à 56'29"). Les Albatros tiennent le bon bout et conservent leur avance de deux buts malgré la vaine sortie de Hiadlovsky (59'05").

Quatrième victoire des bleus en cinq matchs, voilà le récent bilan encourageant des Bretons. Malheureusement pour eux, cela ne suffit pas pour l'instant à les faire décoller de la dernière place. La faute au mauvais résultat de mardi dernier à Gap mais également, de manière plus surprenante, aux résultats du leader rouennais qui a du mal à digérer son exploit face à Donetsk en Coupe d'Europe, permettant aux concurrents caennais et gapençais d'obtenir chacun deux points inespérés.

Cette victoire permet tout de même aux Brestois de rester au contact de ces équipes. Rien n'est perdu pour la participation au play-off. Le travail physique paye depuis plusieurs rencontres. Les Albatros parviennent dorénavant à tenir un rythme de match élevé tout au long des soixante minutes ce qui faisait défaut en début de saison. Quand on voit le gros travail fourni au cours du deuxième tiers-temps, une baisse régime dans la dernière période aurait été prévisible mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, ce sont le plus souvent les Strasbourgeois qui auront paru à la traîne lors des contre-attaques adverses. Il reste encore plusieurs matchs et il faudra d'autres exploits pour se sauver.

L'Étoile Noire repart déçue de son long déplacement. Les deux points étaient clairement l'objectif mais ils se sont logiquement inclinés face à la fougue adverse d'une équipe qui joue sa survie. Malgré des points positifs comme le bilan parfait des infériorités numériques, les Alsaciens n'ont pas pu endiguer la stratégie de contre de leur adversaire. Ils peuvent repartir de l'avant mardi prochain avec la réception du leader rouennais plus que jamais prenable ces derniers temps.

Commentaires d'après match (Source : Le Télégramme et Dernière Nouvelles d'Alsace)

Sébastien Oprandi (entraîneur de Brest) : « On n'est pas si mal partis. Dans le jeu on était là, un peu plus contracté que contre Caen mais ils ont une défensive d'un niveau supérieur. Là dessus, c'était plutôt bien. Après, c'est vrai que ce but en fin de première nous coupe un peu les pattes et nous fait mal à la tête. J'ai bien aimé la réaction qu'on a eue ensuite. On a dominé la deuxième et on est passé devant. On se doutait qu'avec les pénalités qu'on avait eues, eux allaient avoir les leurs en troisième. On a réussi à contenir leurs offensives et faire preuve de solidarité défensive. »

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : « J'avais l'impression et j'ai maintenant la conviction que tous les deux on se méfiait de la même chose. On savait que Brest contre-attaquait rapidement. Ils prennent plus de risques que nous à ce niveau-là avec des joueurs comme Dian qui peut traîner entre les lignes bleues. On s'est méfié pendant vingt minutes. En deuxième, le fait d'avoir pris les devants, la concentration a baissé. Brest marque quatre buts sur des contre-attaques rapides. On a payé le prix. […] C'est vrai que notre but aurait pu les assommer, mais on est revenu dans le match avec une telle mollesse. C'est comme si on était là sans y être. […] On a fait des kilomètres pour venir ici, mais ce n'est pas ce qui excuse la prestation. On a eu trop de difficultés à sortir de notre zone. Brest a un jeu atypique, mais c'est aussi nous qui ne faisons pas un gros match. »

 

Brest – Strasbourg 4-2 (0-1, 2-0, 2-1)
Samedi 18 janvier 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1405 spectateurs
Arbitrage de Charles-Édouard Salmon assisté de Pierre Dehaen et Laurent Garbay.
Pénalités : Brest 6' (0', 2‘, 4'), Strasbourg 14' (4', 6', 4').

Évolution du score :
0-1 à 18'39" : Trudeau assisté de Cesnek et Marcos
1-1 à 20'52" : Dian assisté de Prosvic
2-1 à 19'46" : Croteau
2-2 à 49'18" : Pardavy assisté Cesnek (sup. num)
3-2 à 49'53" : Pard assisté de Motreff et Croteau
4-2 à 56'29" : Dian
 
Brest

Gardien : Michael Dupont.

Défenseurs  : Vladimir Holik – Thomas Evans ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A) ; Aurélien Gréverend – David Poulin.

Attaquants : Michal Dian – Jaroslav Prosvic (A) – Nicholas Pard (Rambelo à partir de 30') ; Jonathan Avenel – Erwan Pain – Graham Avenel ; Aïna Rambelo (Pard à partir de 30') – David Croteau – Nicolas Motreff ; Quentin Berthon (à partir de 18').  

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Valentin Dumélié, Gaëtan Cannizzo.  

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky (sorti  de 59'05" à 59'54").

Défenseurs : Jakub Suchanek – Cody Carlson ; Hughes Cruchandeau (A) – Daniel Cesnek ; Yan Turcotte – David Striz.

Attaquants : Jan Pardavy – Elie Marcos (C) – Sébastien Trudeau ; Jan Cibula (A) – Édouard Dufournet – Julien Correia ; Peter Bourgaut – Matt Lyall – Julien Burgert ; Valentin Michel (à partir de 14').

Remplaçants : Gilles Beck (G), Yannick Henry, Damien Bourguignon. Absents : Julien Beaumlin, Yann Pflieger (équipe réserve), Pierrick Hoehe (équipe réserve), Romain Schmitt (équipe réserve).