Dijon - Angers (Ligue Magnus, 20e journée)

CROWDERtim20130910142Les tribunes de Trimolet sont pleines pour ce match retour entre Ducs. Un match capital pour les deux équipes, Angers souhaitant conforter sa place en top 3, alors que les Dijonnais ont besoin des deux points pour espérer le top 4 en fin de saison. Mais face à une équipe en bonne forme, les Ducs bourguignons ont-ils vraiment surmonté les errements de la valise contre Morzine ?

Dans la foulée des changements de lignes effectués à Grenoble, Dijon retrouve sur la glace Stephen Dugas dès les premières minutes de jeu, en troisième ligne. Si les Bourguignons se montrent d'entrée plus volontaristes - entre autre par la troisième ligne, justement - les Angevins parviennent les premiers à s'installer chez l'ennemi d'un soir. Cela ne leur servira pas à grand-chose néanmoins puisque Nicolas Ritz, toujours capitaine dijonnais malgré le retour de Benoît Quessandier, s'échappe en break et inscrit le premier but du match (1-0, 3'57'').

Angers riposte par un shoot que Buysse ne peut contrôler, mais personne n'est là pour exploiter le rebond. Le danger est néanmoins revenu dans la zone dijonnaise, mais l'arrière-garde reste impeccable. Et, si Dijon a obtenu son but en break, Angers ne parvient à en faire autant face à Buysse. Les Angevins finissent néanmoins par récolter les fruits de leurs efforts, mais pas de la plus belle des manières. Sur une succession de tentatives de dégagements dijonnais, tous contrés par des patins, c'est un ex-Dijonnais, en la personne de Tim Crowder, qui pousse le palet au fond de la cage de Buysse (1-1, 10'37'').

Trimolet ne boude pas son plaisir, d'autant plus que les arbitres suisses de la soirée ne se montrent pas très obsédés par leurs sifflets et laissent les deux équipes jouer. Cerise sur le gâteau, les locaux dominent et s'offrent les plus belles opportunités, même si la concrétisation tarde à venir. Le public s'offre une seconde d'espoir sur un mouvement de foule devant Hardy, mais la cage a déjà bougé quand le palet franchit la ligne. Aucune protestation ne se fait entendre. Le rythme dijonnais se casse un peu. Le jeu s'établit en zone neutre, Angers s'offre une grosse occasion, mais Eriksson sort les Bourguignons de ce mauvais pas dans le slot. 

Le public proteste à peine quand ses Ducs subissent leur première infériorité, HCB s'interpose sur une déviation, et les Angevins ont bien du mal à installer leur power-play. Les locaux s'autorisent même des breaks, qui n'aboutissent cependant pas, et le premier tiers se termine sur une partie sérieuse des deux côtés, mais où Dijon mène la danse.

Le deuxième tiers reprend sur un retard de jeu angevin, que n'exploiteront pas les Dijonnais. Pire, les locaux sont balbutiants et les "autres" Ducs n'ont pas de mal à tuer la pénalité. Il faudra attendre six minutes pour que Kevorkian centre de derrière la cage. À la réception, Eriksson est un peu juste. Dijon a recommencé à dominer, mais sans concrétiser.

Les moindres palets valent de l'or, y compris cet engagement gagné par Angers, qui autorise les Angevins à se lancer en contre, sans résultat. La troisième ligne dijonnaise, qui a un temps semblé à la peine, reprend des couleurs à l'instar des deux premiers trios, et Kevorkian est récompensé de ses efforts sur les bandes par un joli shoot à la 29e minute. Mais Hardy n'est pas gardien de l'équipe de France pour rien, et tient la baraque angevine tout comme Buysse le fait en Bourgogne. Las, le n°49 finit par craquer quand Ashberg lance Andersson, qui centre pour Gauthier, sans pitié (2-1, 30'01''). Face à lui, "Riton" ne craque pas et sort l'arrêt de la mitaine quelques secondes plus tard. 

GABORITrobin20130910035Le jeu est cadenassé par Dijon, qui récupère le moindre palet ; le penalty kill est solide, même si Angers s'offre de belles occasions, entre autre par Mrena - encore un ex-Dijonnais et sans doute le plus regretté de tous. Les Ducs bourguignons, une fois de plus, peuvent s'appuyer sur leur gardien. On ne peut être aussi satisfait du power-play, en revanche, alors que les arbitres suisses sanctionnent le surnombre angevin comme ils l'ont fait avec les locaux. Dijon ne sait en profiter pour augmenter sa toute petite avance.

Dès les premières minutes du troisième tiers, la pression est sur les épaules de Dijon, face à des Ducs angevins qui doivent rattraper leur retard. La maladresse d'une passe vers l'arrière offre la première occasion aux extérieurs, sans succès. Le jeu est rapide des deux côtés, offrant des contres. Angers, en particulier, se paye une des belles occasions de la soirée après sept minutes dans ce troisième tiers, sur un contre en 2 contre 1. Est-ce la présence de Dave Henderson ? Buysse dans les cages fait des miracles, apportant à son équipe la confiance nécessaire pour maîtriser sa copie. Dijon se renforce, empêchant Angers de tirer un nombre incalculable de fois ; c'est une forme de cercle vertueux auquel les Angevins, sans démériter, ne peuvent rien faire.

Il leur manque la fougue, voire l'envie ? Le talent, lui, est bien là, entre autre personnalisé par un Florian Hardy qui sort plus d'une fois les siens de la panade, comme à la 49e minute, après un centre d'Eriksson pour Ahsberg. Ou à la 50e, où Kevorkian s'illustre sur une mauvaise relance angevine. Dijon se procure plus d'occasions qu'Angers, qui craque finalement sur un shoot de Decock (3-1, 56'59'').

Dijon enchaîne quelques secondes plus tard par Kevorkian, récompensé de ses efforts de la soirée et des matchs précédents (4-1, 57'23''). Angers tente bien de remonter, mais le succès est visiblement local, et Buysse sort un arrêt réflexe venu d'on ne sait où. Les Ducs d'Anjou sont dégoûtés, tentent encore d'inscrire un dernier but, mais le placement de l'équipe est approximatif, et n'autorise pas un dernier tir. C'est Peter Valier qui s'illustre le dernier, pour Dijon - symbole d'un match globalement dominé par les locaux - sur un tir en se retournant. Ce qui aurait pu être une belle réussite doublée d'une bonne dose de chance échoue finalement dans les pads de Hardy, contraint de faire le dernier arrêt.

Trimolet exulte et pardonne aux siens l'épisode morzinois, alors qu'Angers repart avec la pression de devoir faire mieux pour espérer se maintenir dans le top 4, au regard du classement ultra serré avec leurs poursuivants.



Dijon – Angers 4-1 (1-1, 1-0, 2-0)
Mardi 14 janvier 2014 à 20h à la patinoire de Trimolet.
Pénalités : Dijon 4' (2', 2', 0'), Angers 4' (0', 4', 0'). Tirs cadrés : Dijon 26 (7, 7, 12), Angers 31 (15, 10, 6).

Évolution du score :
1-0 à 03'57'' : Ritz assisté de Decock et Robichaud
1-1 à 10'37'' : Crowder assisté de Skinnars
2-1 à 30'01'' : Gauthier assisté d'Andersson et Ahsberg
3-1 à 57'01'' : Decock assisté de Gauthier 
4-1 à 57'23'' : Kevorkian assisté de Dugas et Valier