Brest - Grenoble (Ligue Magnus, 23e journée)

Une nouvelle tête au tableau de chasse des Albatros

2013-01-24-Brest-Grenoble

La lutte pour la survie en Ligue Magnus se poursuit pour Brest, mais malgré de bons récents résultats à domicile (série de 3 victoires en cours), les sorties à l’extérieur sont plus délicates hormis l’exploit remarquable face à Briançon. Mardi soir dans un match débridé offensivement, les Albatros se sont lourdement inclinés 11-5 à Dijon après avoir longtemps collé aux basques des Ducs.

Cette défaite, qui n’est pas une surprise non plus, rend un peu plus délicate la participation éventuelle des Bretons aux play-offs, car dans le même temps Morzine et Gap terminent fort leur saison tandis que Caen semble complètement décrocher. Il n’y pas vraiment d’autres issues que d’empocher un maximum de points pour permettre au promu de continuer à espérer. Avec 3 matchs à domicile sur les 4 restants à disputer, les Albatros doivent continuer à marquer leur territoire dans un Rïnkla Stadium de plus en plus bondé et de moins en moins prenable.

L’adversité va crescendo en Bretagne puisque après Strasbourg, supérieur à Caen, ce sont les Grenoblois, a priori un cran (voirr deux) au-dessus des Alsaciens, qui posent leurs sacs dans le Finistère. Depuis leur courte défaite lors du magnifique Winter Game, les Brûleurs de Loups crachent des flammes avec 13 points engrangés sur les 14 possibles, soit un point de moins seulement que le total accumulés par Brest depuis le début de saison !

Sur le papier, les Isérois font figure de mastodonte avec leur effectif alléchant comprenant des internationaux couplés à de fines gâchettes étrangères et de bons espoirs. L’un d’eux, Jordan Perret, se met rapidement en évidence en traversant une bonne partie de la patinoire sans opposition adverse. Seul Thomas Evans n’a pas été pris de court par le rush grenoblois, mais il est bien seul et ne peut pas grand chose pour aider son gardien Michael Dupont qui se fait mystifier par le tir de Perret (0-1 à 0’59’’).

Un but pris moins d’une minute après le coup d’envoi, voilà qui sonne comme un désagréable déjà-vu pour Brest qui avait vu Dijon ouvrir le score mardi dernier après seulement 40 secondes de jeu. Mais s’il y a bien un domaine où les Albatros brillent ces temps-ci, c’est dans leur capacité à réagir après un but et à ne plus céder à la panique. Six secondes avaient suffi aux Bretons pour égaliser au Trimolet. Il en faut cinquante-trois cette fois-ci. Des espaces laissés par une défensive visiteuse un peu déserte sur le coup permettent de mettre Michal Dian sur orbite. Le virevoltant Slovaque est esseulé face à Bonvalot mais il fait preuve de sang-froid pour le dribbler tranquillement (1-1 à 1’52’’). Par ce but, les Brestois empêchent le doute de s’installer et remettent vite les choses au clair.

Face à la profondeur du banc isérois qui tourne à trois blocs et demi de haute qualité, Sébastien Oprandi adopte la même stratégie. Sept défenseurs effectuent ainsi une rotation, ce qui permet à Cannizzo d’avoir un temps de jeu inédit ces derniers temps. Les Albatros sont largement dans le tempo et c’est même plutôt eux qui l’imposent en ce début de rencontre. La paire Croteau-Pard met à rude contribution la défensive grenobloise. Sur un excellent décalage du premier qui met Bonvalot à terre, le second voit sa frappe s’écraser sur le poteau gauche malgré un but grand ouvert (7’40’’).

Les regrets sont légitimes après une telle action, d’autant qu'elle semble avoir fait sortir les Brûleurs de Loups de leur torpeur. Michael Dupont est davantage sollicité que son homologue comme le montre les statistiques des tirs (10 tirs à 4 en faveur de Grenoble sur le tiers temps) mais les chiffres sont parfois trompeurs.

Brest a l’habitude de concéder beaucoup de tirs, mais cela ressemble plutôt à une stratégie défensive faisant en sorte que le tireur ne soit pas réellement dans une situation de marquer. Au final, ces lancers sont loin d’être tous dangereux. La frappe de Perret, encore lui, l’est assurément mais elle connaît la même infortune que Pard en ne trouvant que le montant de la cage sur sa trajectoire (15’24’’).

À force de pousser Grenoble se découvre ce qui peut coûter cher face à une équipe comme Brest qui est extrêmement vorace sur les contre-attaques. Suite à un gros débordement de David Croteau à l’aile droite, Bonvalot se fait surprendre sur le tir soudain de Nicholas Pard (2-1 à 15’59’’). Mine de rien ce sont bel et bien les Albatros qui virent en tête à l’aube de la deuxième période.

Après un premier tiers propre où les arbitres n’ont eu à signifier aucune pénalité, Julien Baylacq écope de la première sanction pour une obstruction dès le début du deuxième (21’25’’). L’impeccable et exemplaire Baptiste Amar endosse le costume de sauveur en se couchant sur sa propre ligne pour repousser un tir de Dian alors que Bonvalot était largement battu (21’45’’). Le jeu de puissance breton n’obtient pas d’autre grosse chance de concrétiser.

2013-01-24-Brest-Grenoble-2C’est à égalité numérique que les choses se décantent en faveur des bleus. Les tirs des Brestois sont certes moins nombreux mais plus redoutables. À la lutte devant le slot avec les bouillants Pard et Croteau, les Isérois ne voient pas le danger venir du troisième larron Nicolas Motreff. Le Brestois « pur-beurre » se fait oublier après une charge de Jason Crossman le long de la bande (photo de droite). Mais vite remis sur ses patins, il revient et profite d’un palet errant pour marquer un vrai but de renard des surfaces (3-1 à 27’09’’).

La première faute sifflée à l’encontre de Brest est signifiée à Aurélien Gréverend, pourtant rarement pénalisé, pour un accrocher (30’15’’). Pour revenir à un but, les Brûleurs de Loups cherchent les déviations sur des frappes lointaines, mais cela ne fonctionne pas vraiment. Bien qu’ayant parvenus à tuer la prison, les Albatros se font des frayeurs avec plusieurs palets flottant qui flirtent avec la cage gardée par Dupont (33’). La défense tient néanmoins bon.

Ce sont pourtant les Bretons qui enfoncent un peu plus le clou avec un réalisme implacable. Sur un lancer de Jonathan Avenel en direction de la cage, David Hennebert passe dans le dos de Lessard et fonce vers Bonvalot. Gêné, le gardien grenoblois ne fait que repousser le tir et laisse un gros rebond directement sur Jaroslav Prosvic que Luc Tardif Jr, exténué, ne parvient pas à empêcher de tirer pour le quatrième but des bleus (4-1 à 35’32’’). Grenoble tente de revenir en ré-enclenchant la marche avant, sans résultat jusqu’à la fin du tiers.

Le dernier acte est complètement différent des deux premiers. Comme face à Strasbourg la semaine passée, Brest recule nettement et s’arc-boute autour de son gardien pour tenter de préserver son avance. Déjà bien exposé, Dupont va subir un véritable siège de sa cage. César Joffre manque d’abord le cadre (42’37’’) puis c’est au tour de Lafrance d’échouer sur la jambière du cerbère local. Ce n’est plus la marche avant qui est enclenchée pour Grenoble, c’est carrément le turbo. Le pressing à deux sur le porteur du palet met à genoux de vaillants Albatros qui commencent sérieusement à souffrir. Mais Dupont répond comme souvent dans les moments durs.

Face à l’Etoile Noire, malgré la physionomie résolument défensive de la dernière période, les Albatros parvenaient à créer situations dangereuses. Rien de tel avec Grenoble qui ne laisse que des miettes à son adversaire. On note tout juste un tir de Poulin bien stoppé par Bonvalot après un énième solo de Croteau (52’14’’).

2013-01-24-Brest-Grenoble-1Est-ce par pur sadisme avec les nerfs de leurs supporters ou bien pour offrir une fin de match hitchcockienne que Brest frôle la faute professionnelle en écopant d’un retard de jeu à un moment critique (53’24’’) pour ne pas avoir tout bêtement changé leurs lignes assez rapidement. L’orage passe sans que la foudre ne tombe sur un Dupont qui en rajoute parfois un peu dans l’optique de rassurer les siens et dégoûter un peu plus l’adversaire. Re-belote pourtant peu après avec un nouveau retard de jeu des locaux, mais de manière moins évidente cette fois. Le corps arbitral juge volontaire le déplacement de cage de David Hennebert qui semblait pourtant ne pas pouvoir faire grand chose pour l’éviter suite à une glissade (55’38’’).

Jean-François Dufour prend son temps mort et tente un véritable coup de poker en sortant Bonvalot pour créer un 6 contre 4 (55’38’’). La double supériorité numérique permet évidemment à Grenoble de camper en zone offensive et trouver la faille sur une déviation de Toby Lafrance après un lancer-frappé de Francis Charland (4-2 à 56’52’’).

L’improbable retour visiteur est de plus en plus faisable d’autant que Brest est pris à la faute pour une troisième fois consécutive (57’28’’). Le coach Dufour jette de nouveau son va-tout en faisant ressortir Bonvalot. Il n’est pas loin de le payer d’un cinquième but puisque le tir de loin tenté par Prosvic loupe la cage vide de quelques centimètres (58’). Le siège grenoblois reprend mais les secondes s’égrènent. Dupont réserve son meilleur arrêt pour l’ultime minute en se couchant sur sa ligne pour repousser la tentative de Mitja Sivic (59’21’’) et sceller définitivement la magnifique victoire des Albatros qui ajoutent une tête de plus à leur tableau de chasse.

Durant le tour d’honneur des joueurs, la table de marque annonce les résultats de la soirée et comme souvent ils ne sont pas favorables aux Albatros qui ne peuvent décidément compter que sur eux-mêmes pour s’en sortir. Pour Brest, battre Grenoble est un authentique exploit compte tenu des moyens déployés par les deux équipes. Mais il y a de quoi être amer pour les Bretons quand ils constatent une nouvelle fois que ce bon résultat permet « simplement » aux Albatros de rester au contact de la concurrence. Point positif tout de même, la lanterne rouge a été transmise à Caen. Un détail important dans l’optique d’un éventuel play-down face aux Normands quand on connaît le bilan désastreux des Drakkars hors de leur base.

Comme Épinal, Caen et Strasbourg, Grenoble pensait repartir avec les deux points de leur long déplacement à la pointe bretonne. Mais le piège tendu par des Albatros bien meilleurs qu’en début de saison les a fait chuter. C’était pourtant le podium qui tendait les bras ce soir aux Brûleurs de Loups.


Brest – Grenoble 4-2 (2-1, 2-0, 0-1)
Vendredi 24 janvier 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1308 spectateurs
Arbitrage de Jérémy Rauline assisté de Charles-Édouard Salmon et Jérémie Douchy.
Pénalités : Brest 10' (0’, 2‘, 8’), Grenoble 4' (0’, 2’, 2’).

Évolution du score :
0-1 à 00’59’’ : Perret
1-1 à 01’52’’ : Dian assisté de Cannizzo et Carlsson
2-1 à 15’59’’ : Pard assisté de Croteau et Hennebert
3-1 à 27’09’’ : Motreff assisté de Croteau et Pard
4-1 à 35’32’’ : Prosvic assisté J. Avenel et Hennebert
4-2 à 56’52’’ : Lafrance assisté de Charland et Petit (sup. num)

Brest

Gardien : Michael Dupont.

Défenseurs  : Thomas Evans – Vladimir Holik ; David Poulin – David Hennebert (A) ; Daniel Carlsson (C) – Gaëtan Cannizzo ; Aurélien Gréverend (rotation à sept défenseurs).

Attaquants : Aïna Rambelo – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Nicolas Motreff – David Croteau – Nicholas Pard ; Graham Avenel – Erwan Pain – Jonathan Avenel ; Quentin Berthon et Valentin Dumélié (à partir de 6’).  

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Jérémy Cormier, Clément Gonzales.

Grenoble

Gardien : Antoine Bonvalot [sorti  de 55’38’’ à 55’52’’, de 56’17’’ à 56’52’’, de 57’28’’ à 58’23’’ et de 58’35’’ à 59’21’’].

Défenseurs : Baptiste Amar (C) – Maks Selan ; Pierre-Luc Lessard – Stéphane Gervais ; Jason Crossman – Nicolas Antonoff ; Quentin Scolari.

Attaquants : Mitja Sivic –Felix Petit – Yorick Treille (A) ; Jordan Perret – Toby Lafrance (A) – Francis Charland ; Joris Bedin – Julien Baylacq – Matthieu Leblond ; Luc Tardif Jr et César Joffre.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G). Absents : Christophe Tartari, Sébastien Delemps, Mathieu Pons.