Épinal - Caen (Ligue Magnus, 23e journée)

Net et sans bavure !

Petrak6Émoussés par la débauche d'énergie consentie à Morzine, samedi (4-5), les Dauphins n'ont pu soutenir la comparaison à Briançon le lendemain (4-8)... et sont donc revenus bredouilles de leur week-end alpin ! Un "zéro pointé" malvenu alors qu'une véritable course aux points s'est engagée dans ce championnat très serré, où tous les mal classés peuvent encore rêver des play-offs. Même Caen, pas encore condamné à batailler pour son maintien (le mois prochain) malgré son désastreux bilan en déplacement (aucune victoire à l'extérieur cette saison)...

La défaite concédée mardi soir devant Villard (1-4) assombrit toutefois l'avenir des Drakkars, qui avaient jusqu'alors su faire le nécessaire, sur leurs terres, pour triompher d'une majorité d'adversaires. L'éloignement rendant les Normands plus fébriles qu'à domicile malgré l'abatage des Gauthier, Romand et autres Poudrier, principaux atouts offensifs d'un HCC ayant fait sérieusement "tanguer" les Dauphins à l'aller.

Les hommes de Luc Chauvel, devenus barragistes potentiels (avec les récents succès de leurs concurrents directs), n'ont maintenant plus le choix. En grand besoin de points, il doivent impérativement engranger pour ne pas laisser leurs rivaux morzino-gêtois et gapençais s'échapper. Mais pour cela, il leur faut réaliser l'exploit de s'imposer à Poissompré, sur cette glace n'ayant vu "ses" protégés s'incliner que trois fois...  ces quatre derniers mois (et encore, face aux "ténors" rouennais et briançonnais) !

C'est donc une citadelle quasi-imprenable qu'abordent les Drakkars, avertis du danger représenté par ce trio Kuralt-Petrák-Plch valant presque autant de buts (46) que toute l'attaque caennaise réunie (54). Cette ligne "tchéco-slovaquo-slovène" est même perçue comme l'arme fatale d'Épinal. La fougue et le talent d'Anže Kuralt s'accorde merveilleusement à l'incomparable vision du jeu d'un Ján Plch répondant toujours présent, du haut de ses trente-neuf printemps, aux côtés d'un Michal Petrák réalisant sa meilleure saison dCacciotti8epuis son arrivée dans le championnat français (à l'été 2006).

Petrák, qui détient depuis quelques matchs le "casque d'or" dévolu au "top scoreur" spinalien, n'est pourtant pas un monstre de régularité. Mais s'il alterne même souvent le bon et le moins bon au cours d'une seule et même soirée, le Tchèque trouve toujours le moyen de marquer... ou de faire marquer !

Il aura pourtant fallu vingt bonnes minutes, au "serial pointeur", pour débloquer son compteur dans cette partie très déséquilibrée. Les Normands font illusion en début de partie, mais seulement au prix d'un engagement sans faille et d'une rigueur de tous les instants. Les Drakkars ont logiquement privilégié l'aspect défensif du jeu, parvenant, un temps, à limiter les espaces grâce à de bons placements. Aussi Birolini, en poke-checkant Kuralt en un-contre-un, a-t-il retardé l'échéance (03'10"). Et préservé Lucas Normandon, sauvé par la base de son montant sur une tentative d'Anthony Rapenne, préféré à Kevin Benchabane sur le troisième bloc spinalien (2e).

Ne regorgeant pas de talents, les Bas-Normands s'avèrent ne pas être de grands contre-attaquants. Rares sont en effet les Drakkars capables d'apporter le danger, comme Thiery Poudrier, dont le pressing aboutit à une passe presque décisive pour Jérémie Romand. Presque, seulement, car l'ancien Rouennais rate la cible à bout portant (03'43"), quelques minutes après s'être procuré la première occasion de la soirée, sur un bon débordement (01'00"). Un tir très excentré et sans grand danger pour Hočevar...

Avec sa technique et son physique, Jérémie Romand apparaît sans tarder comme le meilleur des représentants normands avec Jean-Christophe Gauthier, qui donnera quelques petits aperçus de ses possibilités. Mais les visiteurs peuvent également compter sur l'intervention salvatrice de leur défenseur montréalais Jordan Dewey, auteur d'un poke-check bienvenu devant Ján Plch (9e). Un geste d'autant plus important qu'il va permettre à Jérémie Romand de s'échapper côté gauche... pour expédier la rondelle sous la barre d'Andrej Hočevar, d'un tir des poignets nettoyant la lucarne opposée (09'11") !

romandLa stupeur laisse toutefois rapidement place au soulagement dans les travées de Poissompré. Les Calvadosiens s'étant rendus coupables d'un surnombre sur cette action, le but est annulé. La double peine est même appliquée, avec l'attribution d'une pénalité rapidement suivie d'une nouvelle incarcération. Thiery Poudrier rejoint Alexis Birolini sur le banc d'infamie après avoir crocheté Francis Meilleur (09'02"), doublant ainsi la sentence de ses coéquipiers pedant plus d'une minute. Plus de temps qu'il n'en faudra, à Ján Plch, pour trouver Steven Cacciotti, suffisamment bien placé devant la cage pour remettre sur Domenico Perna, en embuscade au second poteau (1-0 à 09'14").

Touchés, mais pas encore coulés, les Drakkars tentent de tuer la pénalité restante malgré la détermination d'un Maxime Ouimet oeuvrant à la bleue pour garder la rondelle en zone offensive. Sans quoi Domenico Perna n'aurait jamais pu tirer sur réception, pour provoquer un "chaud" rebond difficilement repoussé par Normandon (ce qui faillit profiter à Cacciotti, 10'21"). Un portier forcé de s'employer devant Sušanj (11'34") et de détourner une reprise vicieuse à mi-hauteur de Ján Plch (12'11") suite à une pénalité de Nicolas Deshaies (11'02") ayant généré une nouvelle supériorité...

S.O.S. Drakkars en détresse !

Éprouvant les pires difficultés à accélérer le jeu, les Dauphins arrivent à leurs fins sur une combinaison Petrák-Plch-Kuralt permettant d'ouvrir un "boulevard" au Slovène. Une action limpide qui aurait pu doubler la mise des Spinaliens si Kuralt n'avait pas claqué son shoot sur la barre d'un Normandon resté pantois (16'50"). En renversant la passe de Steven Cacciotti vers Domenico Perna, Benjamin Breault va lui démarquer l'Italo-canadien côté droit. Perna s'amenant sur la gauche du gardien , feintant le tir pour mieux le désarçonner et ainsi s'ouvrir le chemin des filets. L'ancien buteur d'Egna, Renon, Vipiteno et Val Gardena finit le travail avec sang-froid, en glissant le puck derrière le cerbère (2-0 à 18'56")...

Comme face à Villard la semaine dernière, l'attaquant de poche Domenico Perna est sorti du chapeau pour mettre l'ICE sur les rails du succès. Ján Plch se chargeant d'accentuer l'avance des Dauphins, qui prennent le large au retour des vestiaires grâce à un revers gagnant du vétéran. Tout étant parti d'un "missile" de Sušanj détourné par Normandon, mais pas dégagé par une défense caennaise laissant Petrák, puis Kuralt, manœuvrer derrière la cage. Jusqu'à ce l'international slovène ne trouve Ján Plch dans l'enclave, qui envoie son palet dans un trou de souris (3-0 à 20'49").

Menant confortablement, les Vosgiens laissent venir et contiennent, sans trop de difficultés, les velléités désordonnées d'un ensemble normand incapable d'élever son niveau de jeu. Et surtout dépassé par la rapidité d'exécution de leurPlch8s hôtes. Livré à lui-même par une défense trop souvent débordée, Lucas Normandon doit faire barrage à Ján Plch, qui aura eu tout le temps d'ajuster son tir des poignets (23'17"). Perna, parfaitement décalé par Breault au second poteau, est lui "petit bras" dans la finition en ratant la cage ouverte... pour tirer sur Normandon (23'58") !

L'ancienne doublure d'Andrej Hočevar chez les Ducs d'Angers (en 2011/12) est plus malheureuse sur l'action suivante en repoussant le tir de Domenico Perna à sa gauche... en plein sur Benjamin Breault (4-0 à 24'08") !

Submergés, les Drakkars prennent l'eau de toute part. Une charge à la crosse de Chauvière (24'31") chasse toutefois quelques nuages noirs et permet, au powerplay, d'inquiéter un tant soit peu Hočevar. Surtout que l'international slovène, après avoir paré du bouclier un tir de Kevin Da Costa (26e), va relâcher le slap de Shawn Stuart, générant un rebond manquant de profiter à Jean-Christophe Gauthier. Manquant, seulement, car Anže Kuralt, bien placé, parvient in-extremis à lui soutirer le palet (25'09")...

Comme quoi l'effort collectif, en infériorité numérique, est l'affaire de chacun, avec des attaquants présents au soutien et des défenseurs qui ne lâchent rien, à l'image d'un Francis Meilleur s'érigeant en taulier en l'absence de Maxime Ouimet, pénalisé (pour avoir légèrement "secoué" Romand, 26'16"). Et sur un lointain dégagement, le palet va rebondir contre la bande, derrière la cage de Normandon, et revenir dans l'enclave sous la forme d'un rebond. Une aubaine pour Ján Plch, qui arrive le premier sur la rondelle mais échoue dans son duel singulier. Lucas Normandon se déportant suffisamment pour fermer son angle gauche (27'33")...

À sens unique

Le cinquième but spinalien n'est pas loin et l'ICE, qui parvient à gérer son avance tout en continuant à attaquer, va bénéficier des pénalités simultanément récoltées par Jérémie Romand et Thiery Poudrier (31'56"). Et rapidement trouver la faille, dans le triangle défensif normand, au moyen d'une triangulation initiée depuis l'enclave par Anže Kuralt et relayée par Domenico Perna, placé à la droite du gardien. L'Italo-canadien renverse aussitôt au second poteau, Breault6vers un Ján Plch n'ayant plus qu'à la mettre au fond (5-0 à 32'15").

Cela tourne à la démonstration pour les Drakkars, en totale perdition... et toujours en infériorité ! L'occasion rêvée, pour Ján Plch, de s'offrir un triplé. Un but en fait "pré-mâché" : Petrák, lancé dans la profondeur par Kuralt (suite à une entrée de zone du Slovène), feintant le lancer pour mieux contourner la cage, déroutant défense et gardien afin de permettre au vétéran d'envoyer le puck sous la barre, dans une cage désertée par un Normandon totalement déboussolé (6-0 à 33'14")...

Les Caennais, dépassés, n'y voient plus que du bleu. Celui des Dauphins, dominateurs, qui cherchent à soigner les compteurs. C'est donc panique à bord chez les Drakkars... et sauve qui peut devant Normandon, surpris par un centre d'Offret contré par l'un de ses coéquipiers (37e) ! Un palet finalement dégagé, en catastrophe, par Nicolas Deshaies...

Décidément, les années se suivent et se ressemblent pour les Drakkars, proches du naufrage dans la Cité des Images et destinés à rentrer, dans leur Basse-Normandie, avec un gros excédent de bagages. Les troupes de Luc Chauvel, redevenues plus combatives, tentent toutefois de limiter les dégâts, avec l'énergie du désespoir, histoire de réduire (un peu) l'écart. La montée latérale de Kevin Da Costa, sèchement interrompue par Peter Slovák (42'16"), ne leur permettra toutefois pas d'inquiéter un Andrej Hočevar s'employant à garder sa cage inviolée.

On se dit alors que l'international slovène peut raisonnablement espérer blanchir ces Drakkars très limités. Mais c'était sans compter sur ce lancer d'Alexis Gomane soudainement déclenché. Un tir allant se loger sous la barre d'Hočevar. Un slap puissant à en décrocher les toiles d'araignées (6-1 à 44'23")...

Les espoirs de blanchissage partis en fumée, les Spinaliens vont ensuite se lâcher. Anthony Rapenne et Jordan Dewey, simultanément sanctionnés (45'00"), verront du banc des pénalités Domenico Perna récupérer le palet derrière la cage et le refiler à Steven Cacciotti. Un caviar permettant au capitaine spinalien, visiblement débarrassé de ses problèmes musculaires (au psoas), de faire à son tour trembler les filets (7-1 à 45'14")Da Costa. Un cinglage de Thiery Poudrier (assorti d'une méconduite, 46'03") offrant ensuite de belles possibilités au powerplay lorrain. Anže Kuralt décalant par deux fois Benjamin Breault sans que le Québécois ne parvienne à marquer. La faute à des tirs sur réception peut-être un trop excentrés pour tromper la vigilance de Normandon (46'32" et 46'47").

Mais ne vous y trompez pas. L'orage fait rage devant la cage normande, alimenté par les nombreuses pénalités récoltées par des Caennais totalement dépassés. Un faire trébucher de Charles Geslain (47'38") double même l'avantage numérique des Vosgiens, qui passent la huitième couche à l'issue d'une séquence rondement menée. Anže Kuralt réceptionnant la passe de Yoann Chauvière au premier poteau pour servir Gašper Sušanj, libre de tout marquage devant la cage. Le défenseur slovène fusille Normandon à bout portant (8-1 à 48'34")...

La messe étant dite, Raphaël Marciano et Nicolas Martin décident d'ouvrir en grand leur banc pour donner une part du gâteau aux Maxime Martin, Romain Mauffrey et autres Kevin Pernot. Le coach spinalien et son adjoint chargeant également Pierre Mauffrey de garder le filet, pour les dix dernières minutes d'une fin de partie devenue sans grand intérêt.

Une tâche parfaitement réussie par l'ex-étudiant toulousain, sauvé par un tir trop enlevé de Geffroy (49'57") et solide dans son face à face avec Chauvel, pourtant bien lancé par un Romand porté disparu depuis le milieu du premier tiers-temps (57'40"). Yannick Offret, en écopant d'une double pénalité (pour avoir quelque peu rudoyé Poudrier, 54'36"), confortant sa place de deuxième joueur le plus sanctionné en Ligue Magnus cette saison (derrière le Caennais Nicolas Deshaies)...

Aussi solides derrière qu'efficaces devant, les Spinaliens n'ont fait qu'une bouchée d'un adversaire limité, qui aura trop rapidement perdu pied. Cette quatorzième défaite consécutive à l'extérieur (Coupe de la Ligue et championnat confondus), qui est aussi la onzième d'affilée contre Épinal (depuis décembre 2006), ferme vraisemblablement les portes des play-offs aux Normands... et leur ouvre celle des barrages ! Mathématiquement pourtant, les play-down sont encore évitables pour Caen. Mais terrasser prochainement Briançon et revenir gagnants de Morzine et Gap (en pleine bourre actuellement) apparaît tout bonnement irréalisable...

Hocevar7Atout cœur !

De toutes autres perspectives s'ouvrent en revanche aux Dauphins, qui ont savouré sans modération cette victoire synonyme de qualification pour les séries éliminatoires en communiant avec un public fervent (et venant toujours plus nombreux à Poissompré).  Il faut dire que le groupe spinalien, soudé autour de sa clé de voûte (Hočevar) et d'une poignée de piliers (les Ouimet, Meilleur, Cacciotti, Charpentier, Sušanj, Kuralt, Petrák, Breault et autres Plch), apparaît comme un modèle de cohésion. Fortes individualités et "seconds couteaux" font front commun pour le plus grand bien d'un collectif capable de braver vents et marées.

Une détermination qui pourrait permettre aux Spinaliens d'entretenir la flamme en l'absence d'Andrej Hočevar et Anže Kuralt, qui partiraient aux Jeux olympiques de Sotchi avec le sentiment du devoir accompli en cas de victoire à Gap samedi...

 

Épinal - Caen 8-1 (2-0, 4-0, 2-1)
Vendredi 24 janvier à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 738 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek et Bruno Colléoni, assistés de Matthieu Barbez et Matthieu Loos.
Pénalités : Épinal 12' (0', 4', 8') ; Caen 26' (6', 4', 6'+10').
Tirs : Épinal 37 (11, 16, 10) ; Caen 25 (7, 7, 11).

Évolution du score :
1-0 à 09'14" : Perna assisté de Cacciotti et Plch (double sup. num.)
2-0 à 18'56" : Perna assisté de Breault et Cacciotti
3-0 à 20'49" : Plch assisté de Petrák et Kuralt
4-0 à 24'08" : Breault assisté de Perna et Cacciotti
5-0 à 32'15" : Plch assisté de Perna et Kuralt (double sup. num.)
6-0 à 33'14" : Plch assisté de Petrák et Sušanj (sup. num.)
6-1 à 44'23" : Gomane assisté de Damy et Deshaies
7-1 à 45'14" : Cacciotti assisté de Perna
8-1 à 48'34" : Sušanj assisté de Kuralt et Chauvière (double sup. num.)

Épinal

Gardien : Andrej Hočevar, puis Pierre Mauffrey à 48'34".

Défenseurs : Gašper Sušanj - Martin Charpentier ; Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Peter Slovák - Yoann Chauvière ; Romain Mauffrey [à partir de 48'34"].

Attaquants : Anže Kuralt - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Dominic Perna ; Anthony Rapenne - Yannick Offret - Pierre-Charles Hordelalay ; Maxime Martin - Kevin Pernot - Kevin Benchabane {à partir de 48'34"].

Absents : Nicolas Ravel (coupure à la main), Fabien Leroy (écarté du groupe).

Caen

Gardien : Lucas Normandon.

Défenseurs : Vadim Gyesbreghs - Shawn Stuart ; Jordan Dewey - Alexis Birolini ; Alexis Gomane (A) - Nicolas Deshaies ; Martin Ropert.

Attaquants : Jean-Christophe Gauthier - Thibault Geffroy (C) - Fabien Metais [ou Yohann Robert] ; Jérémie Romand - Thiery Poudrier (A) - Brice Chauvel ; Hugo Damy [ou Alexandre Palis] - Kevin Da Costa - Charles Geslain.

Remplaçants : Quentin Kello (G), Damien Grendka.