Dijon - Brest (Ligue Magnus, 22e journée)

Des Brestois en pleine bourre pour se sauver la mise en Magnus, des Dijonnais convaincants sur leurs derniers matchs - avec même une certaine efficacité offensive retrouvée. Deux points plus qu'importants pour les deux équipes - pour les Albatros, maintien en ligne de mire, pour les Dijonnais, top 4 à conforter. Les ingrédients d'une soirée de hockey riche en tensions, à priori.

Les supporters, encore une fois bien présents à Trimolet, ne sont d'ailleurs pas déçus. Le premier engagement est à peine sifflé, le premier shoot de Brest à peine tiré, que déjà Dijon inscrit son premier but par Åhsberg (1-0, 0'41''). Le public n'a cependant pas le temps de fêter ça. Une relance de Buysse pour Robichaud, un Brestois qui traîne trop près et titille la palette de son adversaire, et HCB se fait cueillir à froid. Coup de tonnerre - de Brest, évidemment (1-1, 0'47'').

Trimolet est abasourdie, d'autant plus que le jeu s'établit ensuite de façon relativement équilibrée. Dijon domine physiquement, certes, mais les oiseaux en face ne sont pas manchots. Dijon s'installe en zone brestoise ? Les Albatros répondent par quelques jolies constructions de jeu, mais ne sont pas capables d'exploiter un palet qui glissait dangereusement le long du pad de Buysse, jusque devant la cage vide de ce côté. La première pénalité met Dijon en infériorité. Sans conséquence. Brest n'aura que peu tiré. Peu de temps après, Åhsberg - plutôt en vue ce soir - est à peine gêné devant la cage brestoise, et c'est au tour de Brest de se retrouver en infériorité. Les Dijonnais ne seront pas aussi cléments, et Nicolas Ritz redonne de l'avance à son équipe d'un gros shoot de la bleue (2-1, 9'41'').

Côté brestois, Nicolas Pard a prouvé dès le début du match qu'il serait l'homme de la soirée pour les Albatros, et manque de peu une nouvelle égalisation. Ce sera la dernière grosse occasion de Brest pendant de longues minutes, et les Ducs mettent à profit ce temps pour augmenter encore leur avance par Eriksson qui contourne la cage de Dupont (3-1, 13'43''). Brest s'offre une demi-seconde d'espoir quand le palet passe la ligne de Buysse... qui s'était arrêté dans le même temps au sifflet de l'arbitre pour une passe à la main.

Ce premier tiers, s'il n'a pas procuré un jeu de l'intensité attendue, a offert un affrontement globalement plaisant à regarder. Le début du deuxième tiers voit Dijon imposer une domination beaucoup plus nette. Brest est plus à la peine pour construire, et la première ligne dijonnaise s'empresse d'en profiter. Eriksson et Åhsberg, partis en échappée, ne laissent aucune chance à Dupont (4-1, 23'07'').

Les locaux se laissent alors endormir par le rythme du match, et Michal Dian ne manque pas de leur rappeler qu'il faut jouer 60 minutes pour espérer l'emporter (4-2, 25'42''). Mais les Bourguignons n'ont visiblement pas encore compris la leçon, et Pard enfonce le clou (4-3, 27'21''). Les Ducs ont tout pour l'emporter, et ce troisième but brestois sonne la révolte dans leurs rangs. C'est le jeune capitaine Nicolas Ritz - également meilleur pointeur de la formation ducale - qui se charge de montrer le chemin à ses collègues dans une action d'une apparente facilité désarmante (5-3, 29'15'').

Les Albatros ne l'entendent cependant pas de cette oreille, et canonnent la cage de "Riton" jusqu'à rupture du portier dijonnais (5-4, 32'07''). À peine plus d'une moitié de match a été jouée, et les supporters présents ont déjà eu droit à 9 buts - amateurs de jeu défensif, passez votre chemin, ce ne sera pas pour ce soir. Même en faisant bloc à 5 devant Dupont, les Brestois ne peuvent empêcher les Dijonnais de leur reprendre une foulée d'avance (6-4, 33'46). Fou fou fou, d'autant plus qu'il faudra l'intervention de Pierre Crinon - peut-être le meilleur défenseur dijonnais de la soirée - pour empêcher Brest de revenir. Oprandi finit par faire sortir son numéro 1, après un septième but par Robichaud - même les défenseurs se mettent à l'attaque ce soir (7-4, 38'01'').

Cela n'aidera pas les Bretons à revenir avant la fin du deuxième tiers. À la reprise, en revanche, Brest s'impose ; on ne peut que saluer le volontarisme des visiteurs. Une attitude qui paye puisque les Albatros inscrivent leur cinquième but - le troisième de Pard - au début de la troisième période (7-5, 41'35''). Dijon est brouillon en défense, peine à sortir le palet de sa zone, ce qui manque de leur causer de vrais problèmes, face à des promus en Magnus qui ont repris leur destin en main. Il faudra 4 minutes de jeu pour que les locaux se créent enfin une véritable occasion, et près de 2 minutes encore pour que Brest sente passer le vent du boulet sur un centre aux petits oignons d'Åhsberg - apparemment en pleine rédemption après sa période creuse.

Dans ce match où la défense et les gardiens ne sont pas à la fête, Buysse sauve tout de même l'honneur sur une erreur de relance de Roussel. Le manque de chance de Brest sur cette action est en quelque sorte compensé quand Åhsberg loupe une cage vide quelques secondes plus tard - un problème récurrent à Dijon, cette angoisse du vide... Etrangement, les Brestois semblent avoir plus d'énergie qu'en début de partie, et la nouvelle infériorité dijonnaise qui s'annonce est une opportunité en or. Opportunité qui se transforme vite en cauchemar quand Eriksson récupère un palet, passe à Boudreau, qui lance Andersson en contre. Goetz est dans la cage, mais c'est peine perdue - à moins même que cela n'ait rassuré le Suédois ? Le but, en tout cas, vaut le coup d'oeil (8-5, 51'30'').

Hélas pour les Albatros, les Ducs reviennent au complet juste à temps pour fêter le quatrième but de Nicolas Ritz, qui soigne ses stats et ne se contente pas pour une fois pas de son shoot à vous tuer quiconque se trouve sur la trajectoire du palet - non pas que les Archiducs et autres supporters dijonnais n'apprécient pas le shoot en question (9-5, 53'25'').

Les actions s'enchaînent, Trimolet s'exclame, on se croirait au feu d'artifice du 14 juillet. Et même, miracle, Dijon parvient, par Åhsberg, à exploiter une cage laissée vide. Enfin un peu d'opportunisme ! (10-5, 56'33''). C'est beaucoup pour Brest, qui va pourtant devoir boire le calice jusqu'à la lie - Thomas Decock en remet une couche une minute plus tard, prenant son temps en échappée pour crucifier Goetz (11-5, 57'32'').

N'en jetez plus, les Albatros n'en méritaient pas tant, et ont, en dépit de ce lourd score, montré à Dijon comment ils avaient pu l'emporter dans 4 de leurs 5 précédentes confrontations. Malheureusement pour ce promu pas encore sauvé des play-downs, l'attaque de Dijon, ce soir, avait trop à rattraper.

 

Dijon - Brest 11-5 (3-1, 4-3, 11-1)
Mardi 21 janvier 2014 à la patinoire de Trimolet. 751 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez et Laurent Garbay assisté de Anne-Sophie Boniface et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Dijon 10' (5x2'), Brest 2' (2x2').
Tirs : Dijon 39 (13, 13, 13), Brest 31 (16, 10, 5).

Évolution du score :
1-0 à 00'41" : Åhsberg assisté de Eriksson et Andersson
1-1 à 00'47" : Pard assisté de Greverend
2-1 à 09'41" : Ritz assisté de Decock et Valier (sup. num.)
3-1 à 13'43" : Åhsberg assisté de Andersson
4-1 à 23'07" : Eriksson assisté de Åhsberg et Andersson
4-2 à 25'42" : Dian assisté de Evans
4-3 à 27'21" : Pard assisté de Prosvic et Croteau
5-3 à 29'15" : Ritz assisté de Decock et Boudreau
5-4 à 32'07" : Rambelo
6-4 à 33'46" : Ritz assisté de Roussel et Decock
7-4 à 38'01" : Robichaud assisté de Valier, Dugas
7-5 à 41'35" : Pard assisté de Croteau
8-5 à 51'30" : Andersson assisté de Eriksson et Boudreau (inf. num.)
9-5 à 53'25" : Ritz assisté de Robichaud et Kevorkian
10-5 à 56'33" : Åhsberg assisté de Boudreau et Eriksson
11-5 à 57'32" : Decock assisté de Boudreau