Dunkerque - Neuilly-sur-Marne (Division 1, 21e journée)

La parole est à la défense…

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Équipe en forme de la Division 1, les Bisons de Neuilly-sur-Marne multiplient les envolées offensives ces derniers temps : la victoire face au Mont-Blanc (7-4) la semaine dernière fait en effet suite à deux larges succès en terres basque et azuréenne. Cinquièmes au coup d’envoi, les hommes de Franck Spinozzi ont effectué une belle remontée vers une place en play-offs. Les Corsaires ne peuvent pas encore en dire autant, malgré un blanchissage face à Nantes et un point rapporté de Mulhouse avec opportunisme.

Ce redressement nordiste, après une longue série de déplacements plus ou moins prolifiques sur le plan comptable, demande confirmation. À condition de ne pas répéter les errements, voire pour certains le "non-match", entrevus au match aller en Seine-Saint-Denis. Un premier indice vient d’un début de match assez volontaire des hommes de Carl Michaelson. Le buteur Latouche-Gauvin est à l’origine de la première intervention de Kevin Beech, suivi de peu par un tour de cage de Mathieu Cyr, capitaine en l’absence prolongée de Ghislain Folcke, dont la commotion cérébrale l’empêchera de rejouer cette saison.

Poussé dans ses derniers retranchements, Neuilly riposte enfin par Arthur Cuzin, dont la tentative est captée en deux temps. Sur l’engagement, Jozef Wagenhoffer inaugure une soirée de pilonnage en règle depuis la ligne bleue. En contournant la cage, Stanislav Polodna occasionne même un semblant de panique devant l’enclave, où le trafic très dense oblige le corps arbitral à refuser le but (05'34"). Avertis, les Dunkerquois répondent de la meilleure des manières, sur un pressing de Daniel Pettersson le long de la bande, aux dépens de Jonathan Lafrance. En possession du disque, le Suédo-Canadien offre l’occasion à Tommy Latouche-Gauvin d’ajuster Beech à mi-distance, d’un lancer tendu (1-0 à 07'56").

Paradoxalement, les locaux semblent les plus perturbés par cette ouverture de la marque. Dubois et Laine sont surpris par une passe en profondeur vers Lukas Pek. Le meilleur pointeur francilien s’avance vers Marc-André Martel, qu’il croit battre en visant la lucarne droite, mais la barre repousse son tir. Moins en finesse, Kadic oblige le Québécois à concéder un rebond que Hervato passe près d’exploiter. Il faut ensuite un repli de Mathieu Cyr face à Marc Slupski pour préserver son portier d’un nouveau face-à-face. Moins offensif mais toujours aussi déterminé dans les duels, Dunkerque n’œuvre plus que par contre-attaques. Sa défense repliée oblige les Franciliens à lancer de loin, jusqu’à une charge trop appuyée de François Moretti en zone offensive.

Neuilly termine ainsi la période en supériorité numérique, et le danger se précise conséquemment pour Marc-André Martel. Ce dernier dévie puis bloque les lancers de la bleue signés Dubuc et Vsetecka, avant d’effectuer un arrêt difficile sur le tir à ras glace de Jonathan Lafrance, dévié au passage.

Cette première pénalité tuée à la reprise, le public redouble d’encouragements… ce que plusieurs projecteurs ne semblent pas vraiment apprécier. Plongés dans une semi-obscurité, les protagonistes sont contraints pendant plusieurs minutes à reprendre leur échauffement, le temps qu’une luminosité minimale puisse permettre au jeu de reprendre (21'13"). Ces péripéties ne perturbent pas plus les Bisons, à nouveau conquérants par Marc Slupski, dont le tir ras glace occasionne un rebond dangereux, et Denis Kadic, au boulet de canon repoussé à la sauvette. À nouveau en supériorité suite à une obstruction de Destoop, toujours en zone offensive, les hommes de Franck Spinozzi ne profitent pas de ce temps fort. Le contrôle de Jozef Wagenhoffer est raté, obligeant un retour en zone neutre, puis le solide Slovaque est contré par Bradac, lui-même trop juste pour inquiéter Beech. Il faut attendre la fin de la sentence pour voir Martel s’employer, du gant devant Dubuc.

Les batailles pour le palet sont si intenses que Monsieur Fabre est touché devant le but local. Quant au faible écart, outre les bonnes dispositions des deux gardiens, il s’explique par un nombre important de lancers contrés par les défenseurs : Krajcik d’un côté, Dubuc de l’autre face à Pettersson peuvent en témoigner.

À l’approche de la mi-match, on revoit les Corsaires pointer leurs crosses aux abords de la cage nocéenne. Daniel Pettersson sort vainqueur d’une lutte dans le coin pour alerter Mathieu Cyr, dont la reprise sans contrôle est détournée par la mitaine du dernier rempart, dont la jambière écarte ensuite un essai de Destoop. Le premier jeu de puissance en faveur des Maritimes, conséquence d’une faute de Zachary Hervato, intervient dans la foulée. Deux grosses alertes sont à signaler : un tir dévié de Krajcik, servi par Cyr, qui passe près de la cage, puis un lancer puissant de Francis Ballet, que Tommy Latouche-Gauvin ne peut reprendre.

Au complet, Neuilly-sur-Marne obtient à son tour une occasion en or lorsque Denis Kadic imite son vis-à-vis. Martel repousse et, au sol, est soulagé de voir qu’aucun adversaire ne peut rediriger le disque dans la cage grande ouverte. Échaudé par cette alerte, Dunkerque hérite de l’opportunité de faire le break quand une passe de Bradac trouve N’Guyen dans l’espace. L’expérimenté attaquant nordiste feinte Kevin Beech, mais ce dernier s’allonge sur la glace pour geler un palet que Kralj et Martial pensaient pouvoir exploiter (37'49"). Maxime Dubuc se remet difficilement de l’échauffourée consécutive à cette alerte ; il ne pourra de sitôt porter main forte à sa défense sur la deuxième faute des siens, une obstruction de Léo Cuzin, bien regroupés pour empêcher Latouche-Gauvin, à l’affût, de signer le doublé.

Le numéro 4, qui n’était pas à cent pour cent avant le coup d’envoi, est de retour à la reprise pour un lancer en hauteur difficile à maîtriser pour son compatriote Martel. Les Corsaires redoublent de vigilance, d’autant que Krajcik est à son tour prié de gagner la geôle. Sans conséquences fâcheuses. Face à une forêt de défenseurs, Wagenhoffer ne trouve pas le cadre. Les visiteurs se cassent encore les dents alors que le chronomètre avance dans une ambiance toujours aussi chaude, alimentée par la fanfare et les chants locaux, ainsi que par une poignée de partisans franciliens.

Une nouvelle faute de Destoop, qui percute Wagenhoffer et se fait sermonner par Michaelson (52'07"), rappelle à certains la fin de match difficile vécue par les Maritimes en Alsace, où les pénalités se sont accumulées. Toutefois, Maxime Dubuc manque le cadre et le palet, après avoir heurté la balustrade derrière la cage, n’est pas repris par Lukas Pek. À son tour contré, Wagenhoffer se heurte à une mitaine toujours solide. L’entrée en jeu du capitaine Loïc Sadoun, blessé, ne permet pas plus aux Bisons de revenir, car Martel tient le choc et écarte in extremis, du haut du corps, un essai d’Arthur Cuzin.

La faute de Hervato à moins de trois minutes du terme complique encore les affaires de Franck Spinozzi. Prudents, les Corsaires font tourner le disque. C’est sur une contre-attaque qu’ils passent près de sceller l’issue des débats. Latouche-Gauvin déjoue Arthur Cuzin et sert Cyr devant la cage, mais la rondelle passe trop à droite. Au retour à cinq, Pettersson manque la cage désertée par Beech. La remise au jeu s’effectue dans la zone nordiste, d’où Jozef Wagenhoffer arme un énième lancer. Le dernier de la soirée pour le défenseur francilien. Ironie du sort, c’est son équipier Hervato qui est heurté dans sa chute par le caoutchouc.

Un cinglage de Lafrance sur Martel (59'42") met fin aux espoirs de Bisons frustrés au dernier coup de sirène mais vite exemplaires à l’idée de regagner le vestiaire. Les saluts sportivement adressés au public local ponctuent une rencontre acharnée et indécise.

Si les hommes de Franck Spinozzi rentrent bredouilles pour la première fois en cinq sorties, ils auront fait preuve d’une organisation et d’une solidité défensive intéressantes à l’abord de la fin de saison régulière. Dunkerque peut au moins en dire autant, enregistrant un deuxième blanchissage de suite à domicile face à des concurrents directs. De bonnes résolutions à confirmer loin de la Mer du Nord.

Commentaires d'après-match

Franck Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "C’était un match de play-offs, entre deux équipes appliquées défensivement. En tant qu’entraîneur, si les joueurs se donnent à fond, on peut juste être satisfait. Il s’agissait d’un match de gardiens, extraordinaires comme leur défense. Ce genre de matchs peut aussi être intéressant, entre deux équipes qui se sacrifient avec travail et hargne. Je suis fier de mes gars, disciplinés au cours de cette rencontre bien arbitrée. Avoir perdu mon centre numéro 1 pour l’année nous a obligés à trouver les bons joueurs et chercher un style. Nous sommes dans une situation de transition car nous faisons jouer tous nos joueurs français et il faut laisser le temps à la formation. Je ne regarde pas encore vers les play-offs, désormais seule la réception de Courbevoie compte."


Dunkerque – Neuilly-sur-Marne 1-0 (1-0, 0-0, 0-0).
Samedi 25 janvier 2014 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 000 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Sébastien et Aurélien Smeeckaert.
Pénalités : Dunkerque 8' (2’, 2’, 4’), Neuilly-sur-Marne 8' (0’, 4', 4’).
Tirs : Dunkerque 27 (7, 13, 7), Neuilly-sur-Marne 36 (12, 10, 14).

Évolution du score :
1-0 à 07'56" : Latouche-Gauvin assisté de Pettersson

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Kristian Krajcik - Francis Ballet (A) ; Grégory Dubois - Jakub Bradac ; Jussi Laine - Benjamin Bataille.

Attaquants : Daniel Pettersson – Mathieu Cyr (C) - Tommy Latouche-Gauvin (A) ; Esben Nielsen - Loïc Destoop – Clément Thomas ; Brendan Martial - Jure Kralj - François Moretti  ou Benjamin N'Guyen.

Remplaçants : Michael Dizgun, Antoine Houque, Antoine Vanwormhoudt. Absents : Ghislain Folcke (commotion), Maxime Brachet (épaule).

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Kevin Beech (sorti à 59'16").

Défenseurs : David Vsetecka - Jonathan Lafrance ; Jozef Wagenhoffer - Maxime Dubuc (A) ; Jérémy Fritsch - Arthur Cuzin (A).

Attaquants : Marc Slupski ou Gabriel Da Costa - Léo Cuzin - Kévin Guimbard ; Denis Kadic - Zach Hervato - Stanislav Polodna ; Leyland Plaire - Julius Sinkovic - Lukas Pek ; Loïc Sadoun (C) à 53'35".

Remplaçants : Rémi Husson (G), Clément Rey.