Mondial 2014 au Bélarus : la Finlande gronde

Le 8 mai 2009, à l'occasion du congrès annuel de l'IIHF, l'annonce avait largement divisé. Aux dépens de la Hongrie, de la Lettonie et de l'Ukraine, le Bélarus était désigné hôte du Championnat du monde de Hockey 2014. En dépit du fait que, depuis deux décennies maintenant, le gouvernement Loukachenko est fortement contesté en terme de droits de l'homme, la liberté de la presse fortement méprisée (classée 168e sur 179 pays par Reporters sans frontières).

À quelques mois du début du Mondial 2014 à Minsk, il a été précisé aux journalistes que seule la couverture de l'aspect purement sportif de cette compétition était autorisée. Dans le cas contraire, une demande au préalable auprès du Ministère des Affaires étrangères est obligatoire. Bref, le but est clairement de dissuader tout média qui serait tenté de parler d'autre chose que de hockey.

Cette mise au point a largement agacé un pays : la Finlande. En effet, depuis le début de la semaine, un vent de contestation s'est propagé à travers le pays comme une traînée de poudre. Trois des principaux médias, à savoir le groupe télévisuel Yle, les groupes de presse écrite Helsingin Sanomat et Ilta-Sanomat, ont haussé le ton, affirmant qu'ils ne se déplaceront que s'ils jouissent d'une liberté journalistique totale et que leur sécurité soit assurée, n'hésitant pas à parler de boycott. Ceux-ci ont rapidement été soutenus dans leur initiative par d'autres médias, TV, presse écrite et internet, sans parler des réseaux sociaux.

Alors qu'Amnesty International a appuyé ce mouvement, de même que les sponsors de l'équipe nationale dont Finnair, la gronde s'est même propagée au plus haut sommet de l'État. Le Ministre délégué aux Sports et à la Culture, Pavo Arhinmäki, qui ne mettra pas les pieds à Minsk soit dit en passant, a demandé à l'IIHF de déménager la compétition dans un autre pays.

Pour avoir accepté l'organisation biélorusse, la fédération internationale est donc pointée du doigt. Néanmoins, au cours des Jeux Olympiques, une réunion sera prévue à cet effet. Son vice-président, et actuel président de la fédération finlandaise de hockey sur glace, Kalervo Kummola, qui n'a d'ailleurs pas sa langue dans sa poche, a appelé l'État biélorusse et les organisateurs à revoir cette condition au risque d'une énorme déconvenue. Sans y croire réellement, il a précisé que l'annulation de la compétition demeurait tout de même une option. Il a enfin rappelé qu'il était convenu, à l'origine, que chacun soit accueilli sans aucun visa et que les promesses seraient tenues.

Pour l'instant, cette réaction protestataire est localisée à la seule Finlande. Le Premier Ministre suédois, Fredrik Reinfelt, a déclaré que le boycott n'était pas la solution et qu'il fallait absolument détacher la politique du sport.

Cependant, la prochaine échéance mondiale continue de soulever de nombreuses interrogations. Quand on connaît l'affaire du drapeau biélorusse, l'année dernière en Suède. Quand on observe la situation actuelle dans cette zone géographique : le voisin ukrainien qui s'embrase, l'organisation de Sotchi largement débattue (désastre écologique, insécurité liée à la menace du terrorisme et cause homosexuelle conspuée par Poutine), on est en droit de se poser des questions.