Dijon - Chamonix (Ligue Magnus, 24e journée)

Si Chamonix en est encore à la course aux points en cette 24e journée, pour Dijon, l'équation est beaucoup plus simple : 3 points suffisent sur les trois derniers matchs, à supposer qu'Angers et Grenoble l'emportent par trois fois. Trois points synonymes de 3e place - la seconde meilleure performance du club après la 2e place de 2012. Ce n'est pas pour autant que la pression est moindre, et le public de Trimolet, présent en nombre, peut témoigner de l'enjeu.

Pour l'occasion, Nicolas Ritz a été remonté en première ligne, et emporte le premier engagement. Quarante secondes de match et une belle occasion de chaque côté témoignent de ce que devrait être la soirée. Et pourtant... Dijon subit une première infériorité numérique, et au lieu de se trouver en difficulté, s'offre une tentative de break par Andersson. Les Chamois ont le plus grand mal à installer leur jeu. La pénalité est tuée sans trop de difficultés pour les locaux, et c'est au retour de leur 5e joueur que les Dijonnais se font le plus peur.

Chamonix offre un jeu énergique et rapide grâce à ses petits gabarits, mais Dijon a du répondant. La construction laisse néanmoins à désirer, d'un côté comme de l'autre. Il faut attendre plus de cinq minutes de jeu pour que les Ducs s'offrent une nouvelle vraie occasion, par Kevorkian en forme depuis quelques matchs. Tremblay, à contrario, n'a pas grand chose à montrer pour Cham', et son premier face-à-face avec Buysse sera à l'image du reste du match : inoffensif. Un palet à peine poussé que le portier bourguignon n'a aucun mal à maîtriser. L'excitation retombe un peu à Trimolet, jusqu'à ce que Valier s'élance seul face à Fouquerel, après une relance coupable des Chamois. Sans complexe, le 21 de la cité des Ducs envoie le palet au fond (1-0, 7'21'').

Ce but met un coup sur la tête des visiteurs, jusqu'à un surnombre pour le moins décrié, sifflé contre Dijon. Sur son banc, le coach Tolvanen s'emporte aussi fort que le public dans les tribunes. L'arbitre inflige 10 minutes de méconduite à Dijon, c'est Eriksson qui s'y colle. Cham se crée un peu plus d'occasions, mais toujours pas de succès. Le 61 de Dijon quitte la prison... pour y retourner immédiatement, l'arbitre ayant transformé son 2'+10' en 2'+2', avec une communication minimale à la table de marque. Trimolet gronde déjà, et la colère s'amplifie sur une action "effet d'optique". Buysse gèle le palet, Chamonix commet un cinglage, le palet glisse lentement au fond de la cage, les tribunes sont en furie. À la décharge du public, il faut reconnaître que l'illusion était totale, et après les errements du surnombre, l'ambiance dans les tribunes n'était pas à la tolérance envers le trio arbitral. Pourtant, le portier dijonnais confirmera lui-même en fin de match qu'il n'avait pas gelé le palet, et que le but était parfaitement valable (1-1, 14'19''). La fin de tiers sera plus plate, à l'exception d'une nouvelle pénalité infligée à Dijon, sur laquelle Tolvanen invite le public à exprimer son mécontentement.

Le match reprend donc avec Dijon en infériorité, sans que Chamonix n'en profite. L'incroyable nombre de supériorités obtenues par les Chamoniards - 150, soit 25 de plus que Morzine, et près du double de Dijon - ne sert apparemment pas à grand-chose à des Hauts-Savoyards qui ont également le plus faible pourcentage de réussite en powerplay.

À vrai dire, Chamonix offre de la vitesse, beaucoup, mais guère plus ; pas le plus utile quand on bénéficie d'une supériorité. La preuve, puisque Dijon inscrit son 2e but en infériorité, par Gauthier sur un beau travail de Kevorkian (2-1, 24'01''). Chamonix hérite de sa première pénalité quelques minutes plus tard, et Dijon, plutôt que d'augmenter son avance, se montre fébrile. Un powerplay gâché, en somme, que les Ducs rattrapent quelques minutes plus tard quand Chamonix perd le palet en zone neutre. Les occasions alternent, c'est ensuite Buysse qui signe un bel arrêt, avant que Decock ne tente de faire plier Fouquerel. Les locaux s'offrent ensuite la frayeur de la soirée, sur un palet que leur portier n'a pas gelé. Aucun Chamois n'exploitera cependant cette opportunité devant la cage grande ouverte. Deux minutes avant la fin, à contrario, le n°35 de Dijon montre qu'il est bien présent et nous interroge - est-il extra-terrestre ?

Une pénalité provoque encore des remous. Le bras de l'arbitre ne se lève que plusieurs secondes après la prétendue faute, quand Gras reste au sol. Dijon en prison, le Chamoniard a tout le loisir de se relever et, plus vraiment souffrant, de reprendre immédiatement le match. Chamonix ne marque pas, Dijon n'ira pas s'en plaindre, et le 2e tiers se termine avec une toute petite avance pour les locaux.

Début du troisième tiers. Dijon, qui croit avoir fait le plus dur en tuant la pénalité, voit ses espoirs anéantis par une reprise de Kara, au retour de Decock (2-2, 40'57''). Tout est à refaire, et après de longues minutes en zone chamoniarde, Dijon finit par forcer le portier des Chamois à un arrêt du pad. Les Hauts-Savoyards jouent en contre, s'appuyant fréquemment sur Tremblay, qui ne parvient pas à tromper Buysse

Dijon n'a pas paniqué après le retour au score des adversaires, et continue de construire son jeu, à l'image de leur 2e powerplay, beaucoup plus satisfaisant que le 1er bien qu'insuffisant pour reprendre de l'avance. La domination reste locale, les Ducs s'offrent une belle occasion à la 50e minute de jeu. Chamonix tombe avec grâce, et y met tout son coeur, mais l'arbitre a décidé de ne plus s'en laisser conter. Leur prochaine supériorité sera, à contrario, tout à fait justifiée, et Trimolet ne peut que retenir son souffle alors que les Chamoniards attaquent fort. Korenko en rajoute une louche sur une relance plus que douteuse, heureusement Buysse gèle le palet.

Trimolet, pas toujours au mieux question ambiance ce soir malgré un match à guichets fermés, se réveille quand Ritz et Decock butent successivement sur Fouquerel, alors que l'on s'achemine doucement mais sûrement vers la prolongation. Le coup de sifflet final retentit, les Ducs prennent un point d'office, bonne affaire.

Débute la prolongation, qui ressemble à un powerplay dijonnais, même s'il faut attendre presque deux minutes pour une première occasion - par Dijon. Chamonix ne touche pas beaucoup le palet, mais les locaux ne parviennent pas pour autant à faire plier Fouquerel. Tremblay, sur une rare échappée, tente d'obtenir un penalty, en vain. Chamonix en profite pour s'installer en zone dijonnaise, sans plus de succès que les Ducs. Cette fois, on sent la fatigue des deux côtés. Ahsberg manque de lucidité et tente la passe là où un tir semblait évident. Quatorze secondes de la fin, Chamonix se congratule déjà quand l'arbitre refuse le but, et ce malgré les protestations d'Hardy. Direction les tirs au but.

Ritz s'élance le premier, se complique la vie, échoue. Tremblay décidément pâlichon ce soir ne fait pas mieux. Valier ne peut en mettre un 2e, Gadoury bute sur Buysse. Decock fait mentir ses bonnes stats de janvier, Kara s'élance sous les huées dijonnaises et offre le but à son équipe. Trimolet n'aura qu'à faire comme à son habitude la prochaine fois : silence et respect pendant les tirs au but.

Chamonix n'a pas volé sa victoire, devant les difficultés à concrétiser des Ducs ; leur vitesse ne saurait cependant suffire pour espérer aller loin en play-offs. Quant aux Ducs, ils prennent un point précieux en vue du top 3. Place maintenant à Villard - dans le Vercors - et à Épinal - en Bourgogne - pour aller chercher au moins les deux points manquants.

 

Dijon - Chamonix 2-3 tab (1-1, 1-0, 0-1, 0-0, 0-1)
Samedi 1er février 2014 à la patinoire de Trimolet. 1000 spectateurs.
Arbitrage de J. Rauline assisté de Y.Furet et F.Peuriere.
Pénalités : Dijon 16' (8x2'), Chamonix 4' (2x2').
Tirs : Dijon 31 (11, 9, 11), Chamonix 42 (18, 14, 10).

Évolution du score :
1-0 à 7'41" : Valier assisté de Mulle
1-1 à 14'19'' : Gras assisté de Haudibert et Hardy (sup. num.)
2-1 à 24'01" : Gauthier assisté de Kevorkian et Korenko (inf. num.)
2-2 à 40'57": Kara assisté de Tremblay