Analyse de l'effectif norvégien pour les JO

Gardiens

Lars Haugen (Dynamo Minsk, KHL)
Lars Volden (Espoo Blues, FIN)
Steffen Søberg (Vålerenga, NOR)

HAUGEN Lars-110430-264Lors de la précédente olympiade, la Norvège était devenue performante malgré la faiblesse de ses gardiens. Elle a encore franchi un palier parce qu'elle s'appuie sur Lars Haugen. Le chômeur semi-pro qui a décroché un contrat professionnel en KHL après le Mondial 2011 a largement prouvé depuis ce temps qu'il n'était pas un feu de paille. Mais début décembre, il s'est blessé à la hanche gauche, et même s'il a repris l'entraînement, son club ne l'a pas encore aligné à son retour. Il arrive donc sans référence en compétition alors que les Norvégiens comptent énormément sur lui.

Le jeune Lars Volden a connu une trajectoire plus linéaire en partant à Espoo dès l'âge de 18 ans pour suivre la belle carrière qui lui est promise. Il a les atouts athlétiques et les bases d'un grand gardien, mais même s'il a été intégré en équipe nationale dès sa dernière année junior, il n'a toujours que 21 ans et reste encore un peu fébrile et inexpérimenté au niveau international. Sa place est celle qu'il occupe en Finlande : numéro 2. La génération suivante est déjà là avec Steffen Søberg, 20 ans, qui avait excellé il y a un an au Mondial junior d'Amiens où il avait fait remonter la Norvège dans l'élite (même si le titre de meilleur gardien du tournoi était revenu à un Gracnar encore plus impressionnant dans une équipe moins forte).

Les absents dans les cages : maintenant que la Norvège s'est découvert de jeunes gardiens, elle a jeté l'ancienne génération avec l'eau du bain. Pourtant, Ruben Smith a récemment montré ses étonnants réflexes avec Stavanger en Coupe Continentale. Malheureusement pour lui, les dix buts encaissés contre le Canada en 2010 ont porté un coup fatal à sa carrière internationale. Une première titularisation en championnat du monde qui s'est avérée un chausse-trappes...

 

Défenseurs

Alexander Bonsaksen (Vålerenga, NOR) - Jonas Holøs (Lokomotiv Yaroslavl, RUS)

Jonas Holøs aura comme toujours un énorme temps de jeu, certainement à près de 30 minutes par match, y compris pour mener le jeu de puissance. La Norvège a besoin qu'il soit à un meilleur niveau, car une contre-performance de sa part signifie un recul de l'équipe, comme on l'a vu aux derniers championnats du monde. Fatigue-t-il ? Un tournoi court comme les Jeux olympiques lui sera-t-il plus favorable ? Alexander Bonsaksen est un partenaire idéal, le genre de défenseur qui sait qu'il n'est pas un génie technique et qui s'efforce donc de toujours jouer sans la moindre fioriture.

Ole-Kristian Tollefsen (Färjestad, SUE) - Mats Trygg (Lørenskog, NOR)

TOLLEFSEN Ole Kristian-110430-301La présence norvégienne aux derniers Jeux olympiques s'était achevée par l'affreuse charge de Tollefsen à la tête de Bartecko. Peu après, le numéro 55 a quitté la NHL pour la Suède, mais il n'a jamais rien perdu de son agressivité qui flirte avec la limite, la plus extrême sans doute du hockey international. La Norvège a absolument besoin de son impact physique, mais elle a tout autant besoin qu'il reste sur la glace et non en prison ou en suspension. Le quatuor majeur reste indispensable, y compris le défenseur offensif Mats Trygg qui approche pourtant de la fin à 37 ans.

Henrik Ødegaard (Missouri Mavericks, CHL) - Henrik Solberg (Stavanger Oilers, NOR)

La troisième ligne défensive est souvent le talon d'Achille de la Norvège quand le niveau s'élève, notamment du fait des erreurs de Henrik Solberg. Ce défenseur physique s'est cependant comporté en patron à Rouen quand Stavanger a triomphé en Coupe continentale. Excellent en club, il lui faut réussir la transition avec le rythme international pour ne pas se retrouver hors de position, car il n'a jamais quitté le championnat norvégien. C'est aussi le cas de Henrik Ødegaard jusqu'à cet été où il a tenté sa chance en Amérique du nord en signant en AHL. Il a vite été prêté en CHL, n'ayant pas un niveau d'élite même s'il reste physiquement solide.

Daniel Sørvik (Vålerenga, NOR)

La troisième paire ayant certainement une mission de pure protection de sa zone, on peut penser que Daniel Sørvik, défenseur un peu plus défensif que les autres, sera plutôt en réserve. Tout seul, car la Norvège est le seul pays à aligner 7 arrières pour 15 avants. L'entraîneur Roy Johansen préfère reconvertir un attaquant derrière (Ask par exemple) que risque d'aligner un défenseur non éprouvé sans expérience internationale. Il n'y a tout simplement pas d'autre candidat.

 

Attaquants

Patrick Thoresen (SKA Saint-Pétersbourg, RUS) - Kristian Forsberg (MODO Örnsköldsvik, SUE) - Mats Zuccarello (New York Rangers, NHL)

Le forfait à la fin janvier de Marius Holtet, toujours pas remis d'une commotion cérébrale, porte un rude coup à son équipe nationale : même s'il joue un rôle essentiellement défensif à Färjestad, Holtet est un des rares centres norvégiens à pouvoir amener du talent offensif. En son absence, qui pourra alimenter les stars en palets ? La solution pourrait être de replacer Thoresen au centre, mais Roy Johansen ne l'a jamais employé à ce poste alors que le déficit en centre numéro 1 ne date pas d'hier. Argument qui vaut aussi pour Ken André Olimb, profil très offensif qui joue centre à Düsseldorf. S'il se refuse à innover, Johansen pourrait donc bien utiliser un centre à vocation défensive, tel le spécialiste d'infériorité numérique Kristian Forsberg.

Reste à savoir si l'environnement conviendra à Mats Zuccarello, le plus petit joueur du tournoi olympique, qui donne la pleine mesure de son génie cette saison en NHL. Après avoir été banni de l'équipe nationale pour avoir fait la publicité d'un site de paris en ligne (voir les citations de mai 2013), il a rompu son contrat avec Unibet cet été afin de pouvoir revenir en sélection. Il y a déjà brillé ponctuellement, mais n'a jamais été transcendant dans une grande compétition internationale. Est-ce son année ?

Ken André Olimb (Düsseldorf, ALL) - Anders Bastiansen (Färjestad, SUE) - Mathis Olimb (Frölunda, SUE)

ASK Morten-110430-397Il y aurait eu pire que la commotion de Holtet pour la Norvège : la hernie discale d'Anders Bastiansen, dont il s'est heureusement guéri. Bastiansen est indispensable, c'est le type de joueur qu'un entraîneur veut avoir dans les situations de jeu importantes, que ce soit en supériorité ou en infériorité, et plus encore quand il s'agit de protéger le palet dans les bandes. Il s'est trouvé depuis plusieurs années un complément idéal avec Mathis Olimb, joueur techniquement doué, au point que leur ligne - jamais officiellement la première - a souvent été la meilleure de l'équipe. Le patinage rapide des frères Olimb peut compenser le déficit en la matière de Bastiansen, son seul défaut, qui ne l'empêche pas de participer aux contre-attaques.

Martin Røymark (Färjestad, SUE) - Mads Hansen (Storhamar, NOR) - Per-Åge Skrøder (MODO Örnsköldsvik, SUE)

Ce trio a été formé au cours des derniers championnats du monde. Le vétéran Per-Åge Skrøder, pur buteur, a toujours concrétisé le travail de sa ligne et figurait pour cela sur les premiers trios, mais avec les ans il a progressé défensivement. Sauf à ce que l'un des quatre ailiers majeurs se convertisse au centre, sa place hiérarchique est maintenant en troisième ligne. Lui aussi âgé de 35 ans, Mads Hansen a perdu un peu de vitesse et d'endurance, mais reste précieux en infériorité numérique, sa spécialité. Martin Røymark, rapide et intelligent, peut aussi être un pilier dans ce secteur.

Niklas Roest (IK Karlskoga, SUE-2) - Morten Ask (Vålerenga, NOR) - Robin Dahlstrøm (Örebro, SUE)

Connaissant Roy Johansen, il n'est pas certain qu'il aligne régulièrement une quatrième ligne complète. Il a plutôt tendance à employer son bout de banc avec parcimonie en fonction des situations de jeu. Le centre Morten Ask, utile par son engagement physique y compris en infériorité, sera sans doute plus utilisé que les ailiers qui peuvent tourner. Ceux-ci apporteront chacun leur style en fonction des circonstances : d'un côté le costaud et verbalement provocateur Dahlstrøm quand il faut énerver l'adversaire, de l'autre le petit gabarit peu physique Roest quand il faut ajouter de l'offensive.

Mats Rosseli Olsen (Frölunda, SUE), Sondre Olden (Vålerenga, NOR), Fredrik Lystad Jacobsen (Storhamar, NOR)

L'ailier offensif Rosseli Olsen s'est habitué en Suède à un rôle plus dans l'ombre, alors que Sondre Olden, meilleur joueur actuel du championnat norvégien, reste encore un joueur uniquement offensif. Du fait de ses douleurs à l'épaule, il n'est pas certain qu'il joue beaucoup. Jacobsen Lystad a été choisi au dernier moment pour remplacer le blessé Holtet : c'est le joueur le plus rapide de l'effectif, et on se dit qu'il peut suivre le rythme international même si son inexpérience ne le destine guère à du temps de jeu.


Les absents en attaque : l'effectif norvégien compte deux omissions inattendues. Andreas Martinsen (Düsseldorf) était présent en quatrième ligne depuis deux saisons, avec un fort impact physique. Et que dire de Lars Erik Spets (Lørenskog), qui n'hésite pas à engager son corps malgré sa taille modeste : il n'avait jamais manqué une seule compétition internationale officielle depuis son intégration en équipe nationale en 2005 alors qu'il était encore junior !