France - Kazakhstan (Tournoi EIHC de Briançon)

En dépit des deux revers de décembre contre la Russie B (1-2 et 3-6), l'équipe de France est encore invincible dans cet EIHC au bénéfice de l'excellent tournoi de novembre d'Innsbruck. Les Bleus avaient en effet battu Biélorusses, mais surtout Autrichiens et Slovènes, qualifiés pour Sotchi.
 
L'effectif français est une fois de plus jeune, 25 ans de moyenne d'âge et avec 18 pensionnaires de Ligue Magnus. Il s'agit d'une des dernières revues d'effectif, sans certains cadres blessés, retenus par leur club ou tout simplement ménagés, avant la prochaine échéance mondiale au Bélarus.
 
L'entraîneur finlandais Ari-Pekka Selin - qui coache déjà le club du Barys Astana en KHL - effectue ce soir ses premiers pas comme sélectionneur du Kazakhstan. Il dispose d'une grosse moitié de cadres d'expérience. Fedor Polishchuk, neuf championnats du monde et un tournoi olympique au compteur, est à l'origine de la première occasion en cherchant la déviation de Gasnikov - non cadrée - au second poteau. Mais l'attaquant de 34 ans du Barys Astana prend aussi la première pénalité, un cinglage. En l'absence des anciens, Jonathan Janil prend ses responsabilités et se charge de mener le jeu de puissance. Il ouvre le score depuis la ligne bleue (1-0, 02'45"). Les hockeyeurs d'Asie centrale sont de nouveau réduits à quatre après une charge avec la crosse de leur ancien joueur de NHL Nikolai Antropov, mais les Bleus n'en profitent pas.
 
Quand on revient à 5 contre 5, c'est toutefois le Kazakhstan qui domine les débats. Florian Hardy est de plus en plus sollicité, et après déjà deux arrêts difficiles dans la même minute, il finit par s'incliner devant Evgeni Gasnikov (1-1, 08'52"). Gasnikov est un nouveau venu en équipe nationale et un des rares à ne pas évoluer pour le Barys puisqu'il joue pour le Lada Togliatti en VHL, son club l'a libéré bien que ce championnat ne s'arrête pas (ce qui n'est pas le cas du club kazakh d'Ust-Kamenogorsk qui participe à la même ligue).
 
Deux minutes plus tard, Roman Starchenko s'échappe en contre-attaque et tire sur le poteau. Même une pénalité contre le buteur Gasnikov n'entrave pas l'élan des visiteurs, qui se procurent une nouvelle occasion en infériorité numérique. Il est donc parfaitement logique qu'ils prennent l'avantage en fin de période par Starchenko (1-2, 17'55"). La victoire du Kazakhstan ferait peu de doute... s'il ne prenait pas autant de pénalités.
 

Un retard de jeu en début de deuxième période offre un tir à Nicolas Ritz et un bon rebond à Damien Fleury, mais le gardien Vitali Kolesnik parvient à dégager le palet. Cinq minutes plus tard, quand Robin Gaborit déborde côté droit pour un bon tir, Semyonov lui inflige une charge avec la crosse après l'arrêt du gardien. Il est rejoint en prison par Litvinenko à la mi-match : la France joue dix-huit secondes à 5 contre 3. Nicolas Besch a alors plus de champ pour s'avancer, mais son lancer est arrêté par Kolesnik. Puis, à 5 contre 4, Damien Raux trouve près de la cage Yorick Treille qui tire... sur la transversale ! Les Bleus viennent probablement de laisser passer leur chance.
 
L'avantage se renverse ensuite avec une pénalité de Dusseau (accrocher) et Hardy essuie plusieurs tentatives dangereuses. Après la fin de la prison française, le Kazakhstan part même à 3 contre 1, et c'est Jonathan Janil qui rattrape le coup en coupant magnifiquement la passe d'adversaires trop collectifs. La fin du deuxième tiers-temps est cependant plus favorable à la France, au point qu'Ari-Pekka Selin appelle son temps mort. Cela n'empêche Semyonov de prendre une nouvelle prison dix secondes plus tard...
 
Par conséquent, le troisième tiers-temps débute en avantage numérique pour les tricolores, qui égalisent tout de suite par Yorick Treille (2-2, 40'28"). Berthon et Grebenshchikov sont pénalisés tour à tour, ce qui permet aux deux gardiens Hardy et Kolesnik de s'illustrer. La dernière prison sera fatale, et elle sera pour Antonin Manavian, à trois minutes de la fin. Nikolaï Antropov, toujours dangereux, réussit une passe en retrait décisive pour le défenseur Aleksei Litvinenko (2-3, 57'27").
 
La France ne pourra même pas sortir son gardien, le Kazakhstan ne lui en laisse pas le temps et finit avec deux buts d'avance par l'intermédiaire d'un autre arrière, Roman Savchenko (2-4, 58'42"). Le métier et la technique du Kazakhstan auront donc prévalu sur la jeunesse tricolore.
 
Désignés joueurs du match : Yorick Treille pour la France et Roman Starchenko pour le Kazakhstan.
 
Commentaires d'après-match
 
Vladimir Grebenschikov (défenseur débutant du Kazakhstan) : "Les impressions ne sont que positives. Je suis très heureux de représenter mon équipe nationale ! J'ai joué deux championnats du monde en moins de 18 ans, et deux en moins de 20 ans. La différence est, bien sûr, palpable. Le hockey ici est plus intelligent, et la plus petite erreur peut être sanctionnée. Le hockey international est différent de la KHL, il est très dynamique et difficile. Le hockey, ce n'est pas du ballet. Sur la glace, il y a toujours des émotions et des conflits. Tout le monde a essayé de prendre le contrôle de l'enclave, c'est ce qui s'est passé."
 
Evgeni Gasnikov (attaquant débutant du Kazakhstan) : "Inoubliable ! Le premier match de l'équipe nationale et immédiatement un but, c'est génial. Mon rêve est devenu réalité. Fyodor Polishchuk m'a immédiatement donné le palet. Je n'avais jamais travaillé sous la direction d'entraîneurs étrangers. Ils ont essayé d'expliquer comment agir et quoi faire pour gagner. Le coach a été très exigeant sur les tâches à accomplir dans le match. J'ai vraiment apprécié de travailler sous la direction d'Ari-Pekka Selin. En outre, parmi les assistants, il y a un célèbre joueur de hockey, Raimo Helminen."
 
 
 
France - Kazakhstan 2-4 (1-2, 0-0, 1-2)
Jeudi 6 février 2014 à 20h00 à la Patinoire René-Froger de Briançon. 804 spectateurs
Arbitrage d'Alexandre Bourreau et Geoffrey Barcelo assistés de Matthieu Loos et Gwilherm Margry.
Pénalités : France 10' (2', 4', 4'), Kazakhstan 22' (8', 12', 2'). 
Tirs : France 31 (12, 10, 9), Kazakhstan 26 (11, 6, 9).
 
Évolution du score :
1-0 à 02'45" : Janil assisté de Raux (sup. num.)
1-1 à 08'52" : Gasnikov assisté de Polishchuk et Grebenshchikov (sup. num.)
1-2 à 17'55" : Starchenko assisté de Panshin et Antropov
2-2 à 40'26" : Y. Treille assisté de Manavian et Raux (sup. num.)
2-3 à 57'27" : Litvinenko assisté d'Antropov et Panshin (sup. num.)
2-4 à 58'42" : Savchenko assisté de Starchenko
 
 
France
 
Gardien : Florian Hardy.
 
Défenseurs : Aziz Baazi (-2) - Antonin Manavian (-2, 2') ; Nicolas Besch (-1) - Jonathan Janil (-1) ; Kévin Dusseau (2') - Maxime Moisand ; Florian Chakiachvilli.
 
Attaquants : Luc Tardif (-1, 2') - Damien Raux (-1) - Yorick Treille (C, -1) ; Anthony Rech (-2) - Nicolas Ritz (-2) - Damien Fleury (A, -2) ; Eliot Berthon (2') - Loïc Lampérier - Nicolas Arrossamena ; Mathias Terrier (2') - Valentin Claireaux - Robin Gaborit ; Julien Albert.
 
Remplaçant : Ronan Quemener (G).
 
Kazakhstan
 
Gardien : Vitali Kolesnik.
 
Défenseurs : Aleksei Litvinenko (+2, 2') - Roman Savchenko (+2) ; Aleksei Vassilchenko (2') - Evgeni Blokhin (2') ; Vladislav Kolesnikov (+1) - Vladimir Grebenshchikov (+1, 4') ; Maksim Semyonov (6') - Artyom Lakiza.
 
Attaquants : Roman Starchenko (+2) - Nikolaï Antropov (C, +2, 2') - Mikhaïl Panshin (+2) ; Evgeni Gasnikov (+1, 2') - Fyodor Polishchuk (+1, 2') - Konstantin Romanov (+1) ; Andrei Spiridonov - Andrei Gavrilin - Aleksei Vorontsov ; Aleksei Antsiferov - Nursultan Belgibayev - Mikhaïl Rakhmanov.
 
En réserve : Dmitri Malgin (G). En réserve : Rodion Zharkikh, Evgeni Fadeyev, Dmitri Upper, Talgat Zhailaulov.