France - Allemagne (Tournoi EIHC de Briançon)

Les Allemands sont en position favorable pour remporter ce tournoi, eux qui alignent une équipe susceptible de jouer un championnat du monde, renforcé par des joueurs très expérimentés.

Le coup dur côté allemand demeure le cas de Christoph Ullmann. Le centre de 30 ans, qui a disputé les huit derniers championnats du monde avec la Nationalmannschaft, a déjà fini sa saison, blessé au ligament du genou, l'opération est donc inéluctable. Malheureusement, quelques jours plus tôt, la même infortune est arrivé à l'équipe de France avec Sacha Treille. Le comble, c'est que le Grenoblois - déjà ennuyé par son dos en cours d'exercice - connaissait la meilleure saison de sa carrière, meilleur buteur de Kladno avant sa blessure. Rageant...

L'expérience est donc justement intéressante pour les jeunes bleus et sera, en tout état de cause, enrichissante. Effet olympique ? Alors que la cérémonie d'ouverture des Jeux de Sotchi a lancé la quinzaine sportive, les échauffements résonnent quelque peu dans le vide. Mais cela s'explique surtout par les fortes chutes de neige sur la cité des Hautes-Alpes. Pour les quelques spectateurs présents, ils sont toutefois récompensés par la présence devant le but de leur protégé, Ronan Quemener, ainsi qu'un capitanat délivré à Damien Raux.

RAUX Damien-120506-021Cela démarre bien pour la France qui se procure une première occasion nette dès les premières secondes. Luc Tardif fait le forcing dans le coin droit, le palet est libre pour Damien Fleury qui tire en pivot devant le demi-cercle. Autre occasion nette des Bleus après cinq minutes de jeu. Julien Albert, après un bon appel, s'échappe couloir droit, néanmoins couvert par Moritz Müller, mais il offre un excellent lancer du revers, repoussé de la mitaine par Dennis Endras.

L'Allemagne va cependant imposer son rythme. Hospelt touche la plaque de Ronan, Seidenberg est proche de se faire aider par le patin de Moisand, slap de Braun, nouvelle reprise appuyée aile gauche de Marcel Müller, lancer plein axe d'Oppenheimer et reprise de volée à la ligne bleue de Kohl, Quemener est clairement dans son match. Une pénalité de Kink ne permettra pas aux Français de prendre les devants, les hommes de Pat Cortina affichant beaucoup d'énergie et d'agressivité en infériorité.

À la 17e, tandis que les équipes sont de nouveau à 5 contre 5, les visiteurs se créent un contre à 3 contre 2. Ebner centre fort pour Kink qui dévie, c'est arrêté de justesse par l'épaule de Quemener. La France parvient avant la pause à tuer une pénalité malgré quelques essais de Barta. Fleury reprend même de volée devant le but allemand en désavantage numérique. Le score demeure vierge après vingt minutes de jeu.

Une fois de plus, la France démarre bien la période. Eliot Berthon tente de donner, dans le dos de la défense, à Arrossamena mais il effectue finalement lui-même un tir parfaitement croisé, le rebond est repoussé. Par la suite, Julien Albert effectue un tir vicieux face à un Endras masqué. Puis un tir de Lampérier est capté de la mitaine. Claireaux, enfin, prend de vitesse tout le monde couloir gauche, Endras verrouille totalement l'angle.

Comme en première période, bousculée, l'Allemagne repasse la vitesse supérieure. Quemener s'interpose brillamment du gant sur un tir lointain de Barta. En infériorité avant la mi-match, la France résiste mais cède. Sur un tir lointain, Sinan Akdag récupère le rebond et trompe le portier briançonnais du revers (0-1, 28'38"). Ses adversaires en réussite en jeu de puissance, la jeune troupe de Dave Henderson et Pierre Pousse ne réussit pas à en faire de même, totalement déstabilisée par le bloc en mouvement des Allemands malgré tout de même une bonne déviation de Fleury devant l'enclave après une diagonale de Raux.

Avant le retour aux vestiaires, Loïc Lampérier se crée une nouvelle opportunité. Longue et sublime relance de Kévin Dusseau, l'attaquant des Dragons effectue un appel parfait, vise entre les jambières de Dennis Endras qui ne se laisse pas surprendre. La France reste à un but d'écart en dépit d'un puissant slap de Greilinger et d'un double tir de Hospelt.

FLEURY Damien-130503-277Dans le troisième tiers-temps, les Français repartent à l'assaut via de bons lancers de Janil, Manavian. Le tir de ce dernier aurait pu d'ailleurs être profitable à Tardif, devant un rebond flagrant, mais sa crosse est retenu par Justin Krueger. Alors qu'un lancer de Ritz, qui freine à la bleue, aurait pu surprendre Endras, l'Allemagne continue de pousser pour doubler la mise.

Reprise de volée de Moritz Müller, Marcel Müller qui tape plusieurs fois à la porte, Marcel Müller qui dévie devant le but, reprise de Maurer en avantage numérique, Quemener tient bon. A la 54e minute, Damien Fleury offre une action de grande classe circulant d'un côté à l'autre de la glace, l'ailier de Lausanne frappe, c'est dévié dans les airs par un arrêt-réflexe de la mitaine du portier allemand.

Malheureusement, après un mauvais changement de ligne français, et tandis que Besch avait quitté le banc des pénalités, l'Allemagne parviendra à doubler la mise. Baazzi cafouille, Frank Mauer l'élimine sans difficulté et bat en deux temps Quemener (0-2, 54'32"). Un dernier lancer plein axe de Maurer et une dernière pénalité de Wurm ne seront pas profitables ni à l'une, ni à l'autre équipe.

Malgré la vaillance des Bleus, l'Allemagne, en patron, a fait parler son expérience, très appliquée et sereine malgré de bonnes phases françaises, quoique trop irrégulières, et un excellent Ronan Quemener malgré les 53 tentatives allemandes. L'Allemagne jouera la finale du tournoi contre le Kazakhstan. La France tentera d'éviter la dernière place à domicile face au Danemark pour un troisième match en trois soirs.

Désignés joueurs du match : Nicolas Ritz pour la France et Sinan Akdag pour l'Allemagne.

Commentaires d'après-match

Pat Cortina (entraîneur de l'Allemagne) : "Nous avons effectué une très bonne performance sur le plan défensif. Malgré les nombreuses opportunités concédées, nous en avons obtenu davantage même si nous n'avons pu réellement en profiter. Mais je suis tout de même satisfait."

Pierre Pousse (entraîneur-adjoint de la France) : "Il y a du bon à prendre dans cette défaite. Nous sommes là pour préparer les Championnats du monde et nous n'étions pas focalisés sur le score."

 

France - Allemagne 0-2 (0-0, 0-1, 0-1)
Vendredi 7 février 2014 à 20h00 à la Patinoire René-Froger de Briançon. 1236 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Geoffrey Barcelo assistés de Mathieu Barbey et Matthieu Loos.
Pénalités : France 10' (2', 2', 2'+4'), Allemagne 18' (2', 4', 2'+10').
Tirs : France 30 (9, 12, 9), Allemagne 53 (21, 16, 16).

Évolution du score :
0-1 à 28'38" : Akdag assisté de Barta et Kohl (sup. num.)
0-2 à 54'32" : Mauer assisté de Kink


France

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Florian Chakiachvilli - Antonin Manavian (-1, 2') ; Nicolas Besch (2'+4') - Jonathan Janil ; Kévin Dusseau - Maxime Moisand ; Aziz Baazzi (-1).

Attaquants : Luc Tardif - Damien Raux (C) - Damien Fleury (A, 2') ; Anthony Rech - Nicolas Ritz - Nicolas Arrossamena (-1) ; Eliot Berthon (-1) - Loïc Lampérier (-1) - Julien Albert ; Mathias Terrier - Valentin Claireaux - Robin Gaborit.

Remplaçant : Florian Hardy (G). En tribune : Yorick Treille.

Allemagne

Gardien : Dennis Endras.

Défenseurs : Justin Krueger - Constantin Braun ; Sinan Akdag (2') - Moritz Müller (+1) ; Benedikt Kohl - Armin Wurm (2'+10') ; Bernhard Ebner - Nikolaï Goc (+1).

Attaquants : Frank Mauer (+1, 2') - Kai Hospelt - Thomas Oppenheimer ; Philip Gogulla - Alexander Barta - Marcel Müller ; Yannic Seidenberg - Marcus Kink (+1, 2') - Ulrich Maurer (+1) ; Yasin Ehliz - Alexander Weiss - Thomas Greilinger.

Remplaçant : Jochen Reimer (G). En tribune : Danny aus den Birken (G), Peter Lindlbauer, Patrick Hager, John Tripp.