République Tchèque - Lettonie (Jeux olympiques 2014, groupe C)

PAVELEC Ondrej-110513-079Après sa frustrante défaite dans les dernières secondes contre la Suisse, la Lettonie poursuit sa quête presque désespérée d'une première victoire dans un tournoi olympique. Elle pense avoir une chance contre cette équipe tchèque qu'elle avait poussée en prolongation aux derniers JO dans un match à élimination directe.

La République Tchèque se cherche encore, et a aussi perdu en ouverture face aux Suédois. Alois Hadamczik a réagi à son habitude à la défaite, par des modifications à tout va. Hormis l'intouchable trio de Plekanec, toutes les autres lignes ont été modifiées. Elles intègrent dorénavant Martin Hanzal, au centre de la quatrième ligne, et promeuvent Ales Hemsky sur la deuxième ligne aux côtés de son complice Krejci, comme à la fin du match précédent. Le jeune Palat, aux débuts décevants, est laissé sur le banc. En défense, Lukas Krajicek, qui a commis une erreur coupable, est cloué sur le banc. Ladislav Smid est incorporé directement en première ligne avec Zidlicky. Enfin, Plekanec est titularisé comme annoncé dans les cages.

Les Tchèques rassurent leurs fans car ils disposent du palet à leur guise. Ils s'installent déjà à cinq contre cinq, avec l'apport offensif de Marek Zidlicky. Un bon entraînement pour leur jeu de puissance. Celui-ci intervient pour une faute du capitaine letton Ozolins. Si le but n'arrive pas en action placée, il est inscrit sur une entrée en zone rapide : deux passes-abandons de Hemsky et Krejci, et Martin Erat tire entre les jambières de Masalskis (1-0, 10'10"). Et oui, Erat, ce joueur qui a connu une longue disette de filets puisqu'il n'a marqué le premier but de sa saison NHL qu'au dernier match avant la trêve olympique !

La Lettonie, qui n'a tiré qu'une fois au but, va devoir trouver un moyen de revenir. Compter sur les pénalités tchèques est une valeur assez sûre. Le nouvel entrant Martin Hanzal accroche Darzins en zone neutre. À défaut d'être disciplinés, les Tchèques ont des éléments doués pour les infériorités numériques : Milan Michalek subtilise un rebond goûtu à Karsums, et son partenaire Tomas Plekanec se procure deux contre-attaques. Dans l'intervalle, cependant, sur un jeu en triangle, Janis Sprukts a la cage ouverte au poteau gauche et frappe... la caméra à l'intérieur du but. Le jeu se poursuit, jusqu'à ce que Hanzal fasse trébucher Pavlovs. Le but est alors validé après coup (1-1, 13'05").

SPRUKTS Janis-130210-353Le chronomètre part en arrière, mais la pénalité de Hanzal, survenue dans un temps de jeu qui n'aurait jamais dû exister, est maintenue. C'est étrange... mais c'est la règle, et elle est motivée comme suit : un joueur ayant vu le but rentrer pourrait se permettre n'importe quoi s'il savait que cela ne comptait pas. On pourrait quand même différencier la gravité de la faute... De ce fait, en lisant littéralement la feuille de match, on pourrait déduire que Hanzal a réussi l'exploit de faire trébucher un adversaire en étant en prison !

En fin de tiers-temps, Mikelis Redlihs blesse Kaberle au visage avec sa crosse : 2'+2'. La première des deux pénalités mineures est immédiatement convertie par la star Jaromir Jagr, qui contrôle un rebond du patin à mi-distance et décoche un tir précis à mi-hauteur au poteau opposé (2-1, 19'29").

La Lettonie tue la seconde pénalité à la reprise. Mieux, elle égalise peu après : Ronalds Kenins prend le dessus sur Ladislav Smid dans le coin et sort le palet pour Herberts Vasiljevs dans le cercle droit. L'ex-retraité international naturalisé allemand, revenu en équipe nationale à la faveur de la loi sur la double nationalité, prouve qu'il n'a rien à envier à Jagr pour ce qui est de la précision de tir : lui aussi tire à mi-hauteur, poteau rentrant (2-2, 22'45").

La course-poursuite continue. Un lancer de la ligne bleue de Zbynek Michalek est rabattu par la crosse tendue à une main dans l'enclave par Jakub Voracek (3-2, 27'06").

Il s'agit maintenant de préserver cet avantage, ce que les Tchèques n'ont pas su faire jusqu'ici. Ils placent des offensives régulières, mais paraissent aussi tout autant susceptibles d'encaisser un but à tout moment. Le défenseur qui donne peu de gages de sécurité dans sa zone - Marek Zidlicky - est aussi celui qui marque un but par match : alors que Hanzal a manqué la cible au rebond d'un tir de Nedved, l'arrière des New Jersey Devils récupère le palet sur le côté du filet et le ramène au bon endroit, sans que Bartulis n'intervienne (4-2, 37'02").

OZOLINS Sandis-130210-206Pour se rattraper de ses deux pénalités, Hanzal en provoque une lors de la troisième période, lorsqu'il tient la crosse d'Ozolins qui est pris à le faire trébucher. Après un lancer de Zidlicky, Jagr a un beau rebond au côté gauche, mais le palet roule par-dessus Masalskis. Coupable sur l'ouverture du score, le gardien letton fait un bon match depuis lors, avec encore un bel arrêt-mitaine sur Cervenka. Il est aussi un peu verni quand un lancer de Zidlicky heurte l'extérieur du poteau.

La Lettonie obtient une dernière chance de revenir quand Cervenka et Zidlicky partent en prison pour des "accrocher" : une minute à 5 contre 3. Malheureusement, elle ne fait strictement rien de cette grande opportunité. Zbynek Michalek se sacrifie et bloque plusieurs tirs. Revenu sur la glace, Roman Cervenka contre le palet et part en contre avec son capitaine Tomas Plekanec, toujours le pilier de l'infériorité numérique tchèque, qui a donc passé vingt minutes sur la glace.

Ces Jeux olympiques sont-ils ceux des vieilles gloires ? On a pu se le demander à la lecture des compositions, et ce match le confirme : les deux meilleurs joueurs sur la glace sont quarantenaires. Jaromir Jagr irradie toujours ce charisme qui peut passer pour de la suffisance, et sait toujours être décisif quand il le faut. Le capitaine letton Sandis Ozolins n'a cessé quant à lui de mettre de l'impact physique pour prêcher par l'exemple.

Commentaires d'après-match

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "La Lettonie n'est pas un adversaire facile, elle s'est appuyée en fait uniquement sur les contre-attaques. J'ai, et d'autres entraîneurs ont, vécu des moments de nervosité contre elle dans le passé. Aujourd'hui, nous ne nous sommes pas inquiétés sur l'issue du match. [...] Si le but [du 1-1] est conforme, il est normal de l'accorder. Ce qui nous a frappés, c'est de remonter l'horloge et de conserver la pénalité. Si Plekanec avait marqué un but en infériorité entre-temps, ça n'aurait pas compté. Absurde, mais conforme aux règles. [...] Je suis satisfait de la formation des lignes. Hanzal a bien senti le jeu. Pavelec a été excellent, il sera titulaire contre la Suisse. Ce sera un défi pour la condition physique, les Suisses patinent bien, nous devrons nous y préparer."

 

République Tchèque - Lettonie 4-2 (2-1, 2-1, 0-0)
Vendredi 14 février 2014 à 12h00 au Palais des glaces Bolchoï de Sotchi. 5831 spectateurs.
Arbitrage de Tim Peel (USA) et Jyri Rönn (FIN) assistés d'André Schrader (ALL) et Mark Wheeler (CAN).
Pénalités : République Tchèque 8' (4', 0', 4'), Lettonie 8' (6', 0', 2').
Tirs : République Tchèque 39 (16, 15, 8), Lettonie 20 (8, 8, 4).

Évolution du score :
1-0 à 10'10" : Erat assisté de Krejci et Hemsky
1-1 à 13'05" : Sprukts assisté de K. Redlihs et Darzins (sup. num.)
2-1 à 19'29" : Jagr assisté de Zidlicky et Plekanec (sup. num.)
2-2 à 22'45" : Vasiljevs assisté de Pujacs
3-2 à 27'06" : Voracek assisté de Michalek
4-2 à 37'02" : Zidlicky assisté de Hanzal et Nedved


République Tchèque

Gardien : Ondřej Pavelec.

Défenseurs : Ladislav Šmíd - Marek Židlický (2') ; Tomáš Kaberle - Michal Rozsíval ; Michal Barinka (+2) - Zbynek Michálek (+2).

Attaquants : Roman Cervenka (2') - Tomáš Plekanec (C) - Jaromír Jágr (A) ; Milan Michálek - David Krejcí - Aleš Hemský (+1) ; Martin Erat (+1) - Patrik Eliáš (A, +1) - Jakub Vorácek ; Michael Frolík (+1) - Martin Hanzal (+1, 4') - Petr Nedved (+1).

Remplaçants : Alexander Salák (G), Lukáš Krajícek, Ondrej Palát. En réserve : Jakub Kovár (G), Radko Gudas (malade), Jirí Novotný.

Lettonie

Gardien : Edgars Masaļskis.

Défenseurs : Sandis Ozoliņš (C, -1, 4') - Arvīds Reķis ; Artūrs Kulda (-3) - Oskars Bārtulis (A, -3) ; Kristaps Sotnieks (+1) - Georgijs Pujacs (+1) ; Krišjānis Rēdlihs (en supériorité).

Attaquants : Lauris Dārziņš (A, -1) - Jānis Sprukts (-1) - Miķelis Rēdlihs (-1, 4') ; Mārtiņš Karsums (-1) - Zemgus Girgensons (-1) - Kaspars Daugaviņš ; Ronalds Ķēniņš (+1) - Herberts Vasiļjevs - Miks Indrašis (-1) ; Vitālijs Pavlovs - Juris Štāls - Mārtiņš Cipulis.

Remplaçant : Kristers Gudļevskis (G), Ralfs Freibergs. En réserve : Ervīns Muštukovs (G), Armands Bērziņš, Koba Jass.