Dijon - Epinal (Ligue Magnus, 26e journée)

Les Dijonnais ne s'attendent pas à un grand match pour cette dernière journée, l'absence d'enjeu aidant depuis que la troisième place a été assurée. Les Spinaliens, a contrario, ont encore gros à gagner, en témoignent les supporters venus en nombre, même un vendredi, soir de Saint Valentin.

Il est au moins une chose sur laquelle les deux équipes sont à égalité cependant : entre la sélection d'Hocevar aux JO avec la Slovénie et la blessure de Buysse, les voisins et rivaux démarreront tous deux le match avec le gardien numéro 2.

Si le premier tir est spinalien, comme on pourrait s'y attendre de la deuxième attaque du championnat, le premier but est dijonnais, par Ahsberg, après seulement 29 secondes de jeu. Autant vous dire qu'il ne fallait, encore une fois, pas arriver en retard à Trimolet (1-0, 0'29''). Confirmation est donnée une minute plus tard par son compère Eriksson, en forme ces derniers temps avec entre autre deux buts dans le match de la 3e place face à Villard de Lans (2-0, 1'44'').

Epinal tente de répondre par Perna à la 3e minute, mais son échappée ne peut aboutir. Dijon subit alors une première infériorité, clairement dangereuse pour les Ducs compte tenu de l'équipe en face. La circulation de palet spinalienne est fluide dans la zone dijonnaise, jusqu'à ce que Chauvière perde le puck. Dijon en profite pour gagner du temps, mais n'a pas encore lâché la bride à son attaque. À quelques secondes de la fin du power-play vosgien, Ouimet se trouve seul devant la cage, mais Barrier-Heyligen prouve à Tolvanen qu'il mérite amplement la confiance que celui-ci a avoué lui accorder dans l'article du matin du journal local. Epinal montre à son tour que l'absence d'Hocevar ne l'effraie pas

Dijon se lâche, y compris par Korenko qui y va lui aussi de son tir, sans succès. C'est encore lui qui permettra aux Spinaliens de revenir à la marque en leur offrant un nouveau power-play que Petrak exploite sans vergogne (2-1, 7'0''). Dijon garde son calme et Decock - lui aussi en forme depuis un moment - montre le chemin aux siens à peine 18 secondes plus tard (3-1, 7'18''). Pis, la défense dijonnaise, habituée à... défendre, justement, se lâche elle aussi, à l'image de Robichaud qui augmente encore l'avance (4-1, 7'48'').

Epinal change de gardien, et dans la foulée Petrak trompe Barrier pour réduire la marque (4-2, 8'50''). Perna, malheureux sur sa première tentative, ne se rate pas cette fois, et vient relancer toute la partie (4-3, 10'02''). L'année passée à Trimolet, les deux équipes avaient déjà accouché d'une avalanche de buts ; les choses ne semblent pas beaucoup changer, à fortiori si les défenses y vont de leurs erreurs.

Steven Cacciotti, oublié au coin de la cage de Barrier, profite de l'occasion ; ne serait-ce que pour l'honneur, les Ducs veulent gagner ce match, et commettre ce genre d'oublis ne saurait les aider à y parvenir face à une des toutes meilleures attaques (4-4, 14'35'').

Eriksson démontre cependant que les locaux ont du mordant, et inscrit son deuxième but de la soirée (5-4, 15'03''). Dijon bénéficie alors de sa première supériorité numérique, un avantage à relativiser quand on connait les difficultés des Ducs en power-play. D'ailleurs, si les grandes passes dijonnaises circulent bien, les bleu et jaune ont du mal à tirer. Ahsberg gâche une occasion, Ritz ne parvient pas à enfoncer le clou. Dijon conserve le palet mais la défense d'Epinal fait le taff pour soutenir son gardien quand la cage se retrouve grande ouverte. Le premier tiers se termine avec une très courte avance locale, alors que pas moins de 9 buts ont été inscrits.

Le jeu reprend alors que Dijon tue une pénalité sans trop de dommages. Trois minutes de jeu vont ramener le danger devant la cage de Barrier, mais celui-ci se jette sur le palet pour le geler. À Dijon comme à Epinal, une étrange vague de maladresse s'est abattue sur les joueurs. Gauthier fait même la passe à ses anciens coéquipiers ! Plusieurs minutes d'un jeu stérile et à l'intérêt très limité permettent au public de souffler - sans pour autant faire taire les kops. C'est Eriksson, omniprésent ce soir, qui remet les siens sur la route de l'efficacité en temporisant pendant de longues secondes dans la zone spinalienne. Son effort est récompensé d'une assistance sur la passe qu'il délivre à Decock, qui ne laisse aucune chance au gardien spinalien (6-4, 31'50'').

Dans la foulée, Ritz se fend d'un joli tir dans la lucarne, arrêté de la plus belle des manière. Un engagement remet tout le monde à sa place, Epinal repart à l'attaque mais manque une belle occasion de réduire l'écart. La première ligne dijonnaise est opportuniste, les Suédois en particulier cherchant à rattraper leur relative apathie des derniers temps. À 3 minutes de la fin, Barrier stoppe une série de tirs, mais finit par caler, sur un shoot plein axe de Susanj (6-5, 37'32'').

Dijon se retrouve en prison une nouvelle fois, l'occasion pour Epinal de revenir au score, mais ce sont les locaux qui partent en contre dès les premières secondes. Les Spinaliens ne doivent leur salut qu'à un bel arrêt de leur gardien. Dans ce match fou, le danger survient n'importe quand, par n'importe qui, mais le deuxième tiers se révèlera tout de même moins intense que le premier, la maladresse des deux équipes ayant quelque peu gâché la fête. Il se termine sur une nouvelle infériorité de Dijon, laissant les supporters des deux équipes sur leur faim.

À la reprise, Eriksson est toujours là qui force l'arrêt, alors que la défense dijonnaise empêche Epinal de se créer de réelles occasions. Les Dauphins se créent même involontairement des difficultés, à l'image de Meilleur qui bloque un tir ami. La pénalité se termine, et c'est finalement Dijon qui se sera procuré le plus d'occasions. 

Epinal domine pourtant dans la zone neutre, mais l'entrée en zone dijonnaise leur pose de gros problèmes. Les Ducs ne se posent pas tant de questions, et même les buts casquette rentrent, offrant un triplé à Eriksson (7-5, 45'02''). Exactement 4 minutes plus tard, le shoot de Boudreau passe dans un trou de souris (8-5, 49'02''). Epinal est en difficulté, et les Dijonnais, pas décidé à offrir de cadeau de Saint-Valentin à leurs meilleurs ennemis, en rajoutent encore une couche quelques secondes plus tard (9-5, 49'29'').

Epinal a subi un gros coup, et même les supporters spinaliens - pourtant impeccables jusque-là - commencent à flancher, à fortiori après la série d'arrêt de Barrier et de sa défense, dans une cage pourtant bien ouverte. Les passes sont moins précises, révélant un manque de lucidité tout neuf. Epinal attaque pourtant toujours, et redonne par là même de l'énergie à son public - juste retour des choses. Offret sort après un palet dans le visage, Valier obtient une pénalité avantageuse pour Dijon, alors qu'Offret en profite pour rejoindre le banc de son équipe sous les applaudissements des 2 kops.

Plch part seul en échappée mais manque de réalisme, Epinal échange un moment des passes intéressantes devant la cage dijonnaise, mais alors que le décalage a été crée, le palet atterrit malencontreusement dans la palette d'un local. Un dernier but spinalien à 57'19'' ramène les Dauphins à trois encablures, mais le cœur n'y est plus et les joueurs célèbrent à peine (9-6, 57'19''). On peut néanmoins saluer leur volonté, eux qui repartent inlassablement à l'attaque, même à moins de 2 minutes de la fin du match. Seul problème : Dijon en a fait autant ce soir, et avec une défense un cran au-dessus. Epinal est donc condamné à la 8e place, alors que les Ducs peuvent savourer pleinement ce dernier match sans enjeu avant les play-offs, où il faudra enfin passer un tour.

 

Dijon - Epinal 9-6 (5-4, 1-1, 3-1)

Vendredi 14 février 2014 à la patinoire de Trimolet. 942 spectateurs.

Arbitrage de A. Bourreau assisté de G.Margry et Y.Furet.

Pénalités : Dijon 8' (4x2'), Epinal 6' (3x2').

Tirs : Dijon 48 (24, 9, 15), Brest 34 (12, 10, 12).


Évolution du score :

1-0 à 0'29'' : Ahsberg assisté de Ritz

2-0 à 1'44 : Eriksson assisté de Decock et Quessandier

2-1 à 7'00'' : Petrak assisté de Hordelalay

3-1 à 7'18'' : Decock assisté de Gauthier

4-1 à 7'58'' : Robichaud assisté de Andersson et Ritz

4-2 à 8'50'' : Petrak assisté de Plch et Hordelalay

4-3 à 10'02'' : Perna assisté de Cacciotti et Breault

4-4 à 14'35'' : Cacciotti assisté de Perna et Breault

5-4 à 15'03'' : Eriksson assisté de Gauthier et Decock

6-4 à 31'50'' : Decock assisté de Eriksson

6-5 à 37'32'' : Susanj assisté de Plch et Slovak

7-5 à 45'02'' : Eriksson assisté de Gauthier

8-5 à 49'02'' : Boudreau assisté de Kevorkian

9-5 à 49'29'' : Andersson assisté de Ritz et Ahsberg

9-6 à 57'19'' : Plch assisté de Meilleur et Petrak