Épinal - Chamonix (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 2)

Dure, dure, la vie sans Andrej...

En blanchissant (4-0) leurs voisins autrichiens mardi, en tout début d'après-midi (heure de Sotchi), les Slovènes n'ont pas seulement accompli l'exploit de leur vie. Ils ont également fait le malheur des Dauphins, qui comptaient sur leur élimination pour rapatrier Anže Kuralt et Andrej Hočevar, histoire de les aligner ce soir face aux Chamoniards.

RAVEL

Ce scenario "catastrophe" prive donc à nouveau l'ICE de ses internationaux (réservistes dans la sélection dirigée par Matjaž Kopitar) pour cette deuxième manche d'importance côté spinalien, où l'on serait bien inspiré de resserrer les boulons et d'afficher un état d'esprit plus "guerrier" pour remettre les compteurs à zéro... sous peine d'avoir à jouer sa saison, vendredi, à Richard-Bozon !

L'emporter apparaît donc comme une absolue nécessité. Mais voilà, les Chamois ne l'entendent pas de cette oreille... et comptent bien le faire savoir à Nicolas Ravel, chargé de succéder à Pierre Mauffrey devant le filet. Une mission délicate pour ce gardien rompu aux joutes de la Division 3, dont les premiers arrêts s'avèrent souvent déterminants pour la suite des événements. L'intéressé, pas spécialement réputé pour son mental d'acier, pouvant totalement s'effondrer en laissant les buts s'accumuler.

Autant dire qu'avec une telle "bombe à retardement", ses coéquipiers n'ont d'autres choix que de s'appliquer défensivement pour restreindre les espaces et limiter la marge de manœuvre des Chamois, qui affichent complet avec le retour de Kevin Gadoury (forcé de renoncer mardi suite à un coup reçu à la cuisse en début de partie).

Un p'tit tiers...

Animés de bien meilleures intentions que la veille, les Dauphins vont ainsi prendre le match par le bon bout, ce qui n'était pourtant pas gagné d'avance avec l'absence de Pierre-Charles Hordelalay, contraint de déclarer forfait (des béquilles à répétition ayant eu raison de sa participation). Un désistement contrariant, mais relativisé par l'adaptabilité d'un élément polyvalent capable d'évoluer derrière ou devant selon lesGADOURY besoins du moment. En l'occurrence Yoann Chauvière, qui ne tardera pas à trouver ses marques aux côtés de Michal Petrák et d'un Ján Plch adressant le premier tir cadré de la soirée (00'18"). Une frappe excentrée parée du bouclier par un Fouquerel moyennement rassurant en ces premiers instants (avec ce "chaud" rebond convoité par Cacciotti). Et sûrement soulagé de voir le slap de Chauvière s'envoler (02'58")...

Entre deux formations très proches l'une de l'autre et cherchant à se neutraliser, on recense naturellement plus d'actions que de véritables occasions. Quelques enchaînements, de rares combinaisons et de nombreux lancers (le plus souvent déclenchés de loin) qui mettent en confiance les deux portiers. Tout aurait pourtant pu basculer sur cette entrée en zone d'un Julien Tremblay remisant, derrière lui, sur Kevin Gadoury. Lequel transmet aussitôt à ce diable de Kyle Hardy, qui crochète pour éliminer Benjamin Breault, dans l'enclave, avant de faire parler ses poignets. Sans succès : Ravel étant sur la trajectoire de ce lancer (11'48")...

Mais il était dit qu'Épinal serait récompensé de ses efforts en ouvrant le score. Peter Slovák récupérant le palet en zone neutre avant de le transmettre à Ján Plch, qui décale Michal Petrák à l'opposé. Le centre tchèque se charge de désorienter Clément Fouquerel en contournant sa cage pour mieux remiser au centre, vers un Yoann Chauvière opportunément placé devant le filet (1-0 à 13'10").

Ce but redonne espoir à toute une patinoire, qui sonne un peu le creux (avec la plus faible affluence enregistrée depuis l'automne) mais se rassure comme elle peut en constatant que ses Dauphins soutiennent largement la comparaison. Ils s'en sortent même plutôt bien. Mais les visiteurs, s'ils n'ont rien d'un "rouleau compresseur", savent se montrer dangereux. Gadoury bataille dans l'arrondi pour ressortir le palet vers l'enclave, sur un Julien Tremblay dégainant instantanément. Une reprise détournée par Ravel, bien dans son match (14'55") et surtout mieux secondé que Mauffrey, trop souvent abandonné la veille.

Habitué à marquer sous les couleurs de l'ICE-Amateur (qui affole souvent les compteurs en D3, sous l'impulsion de Guillaume Chassard, son top-scoreur), Maxime Martin l'est en revanche beaucoup moins à l'étage supérieur. Surpris de se retrouver en si bonne position, le jeune ailier spinalien gâche ainsi une belle opportunité, Petrák s'étant joué de Silvennoinen pour contourner le filet et délivrer un véritable caviar à Martin qui aura eu le 2-0 au bout de la crosse. CACCIOTTIL'intéressé parvient néanmoins à se rattraper pour lancer du revers (mais Fouquerel, entre temps, a pu se replacer, 16'14").

Sans le savoir, les Dauphins ont laissé passer leur chance. La première pénalité de la soirée, qui tombe sur une intervention rugueuse de Gašper Sušanj à l'encontre de Matthias Terrier (16'44"), permettant au CHC d'établir un premier temps fort. Reprenant sitôt l'engagement effectué, Brent Patry en profite pour expédier un bon lancer détourné du bouclier (16'47") avant que Laurent Gras ne trouve Alexandre Audibert, bien placé devant la cage... mais servi trop près du gardien (17'05"). La menace se précise... et se concrétise. Clément Masson, sur la trajectoire d'un tir de Brent Patry, s'emparant du rebond pour lever la rondelle dans le haut du filet, en deux temps trois mouvements (1-1 à 17'26").

Déçus, mais loin d'être abattus, les joueurs de la Cité des Images repartent aussitôt à l'abordage. Sur la lancée d'un bon tour de cage (signé Benchabane), Charpentier est d'ailleurs tout près de s'inscrire sur la feuille de pointage (17'51"), imité peu après par un Benjamin Breault tentant d'y aller en solo (18'16"). Michal Petrák, parvenu à s'engouffrer dans la brèche, se voit quant à lui freiné illicitement par Arthur Cocar, aussitôt sanctionné d'un "accrocher" (19'08"). Une bonne occasion pense t-on, mais le jeu de puissance spinalien se réduit à un slap de Petrák (plastron, 20'33") et à une nouvelle tentative du Tchèque, qui force Fouquerel à s'étaler de tout son long pour geler le rebond (21'21").

... et puis s'en vont !

Puis arrive le tournant la soirée. Une longue ouverture de Brent Patry à destination de Laurent Gras, libre de tout marquage côté droit, qui voit son centre tendu être coupé au premier poteau par Alexandre Audibert (1-2 à 22'42"). Une action sonnant comme le début de la fin pour les Dauphins, qui voit ce match leur échapper. S'éteignant à petit feu, ils laissent Kyle Hardy, le virevoltant canadien, profiter d'une grande liberté de mFOUQUERELouvement pour se hisser aux avant-postes et parfaitement décaler Vincent Kara à l'opposé (1-3 à 24'02").

Nicolas Ravel, visiblement pas remis de ses émotions, s'incline une nouvelle fois dans la foulée, sur un tir (pas franchement puissant) d'un Brent Patry très excentré côté droit. La rondelle expédiée par le défenseur canadien s'enfile côté mitaine, dans le haut d'un filet ouvert à tous vents (1-4 à 25'04"). Et dire qu'auparavant, Steven Cacciotti avait raté la cible à bout portant (24'33")...

Il n'en fallait pas davantage pour gripper les rouages d'un ensemble devenu grinçant après les promesses (non tenues) du premier tiers-temps. L'édifice vosgien, fragilisé par un gardien chancelant, s'étant totalement effondré, comme anéanti par ces trois buts successivement encaissés. Trois coups de poignard assénés par des Chamoniards pouvant maintenant laisser venir, sans pour autant s'endormir sur leurs lauriers. Fouquerel doit toujours s'employer, sur des tirs présentant, il est vrai, un faible degré de difficulté (pour un gardien de sa trempe). Les Dauphins, dans le creux de la vague, manquent pourtant de refaire surface sur le rebond d'un Cacciotti glissant le palet au ras du montant (31'59")...

L'efficacité, qui fuit les Spinaliens, fait également défaut à Kyle Hardy, dont le slap puissant fait poteau sortant (32'30"). Mais l'ex-Dijonnais, s'il ne trouve pas le chemin des filets, va démontrer qu'il excelle dans l'art de faire marquer en se fendant d'un tour de cage lui permettant de libérer le puck au premier poteau, au profit de Julien Tremblay (1-5 à 32'55").

Gadoury en break

Touchés, les Dauphins sont presque coulés. Mais par la grâce d'une supériorité (provoquée par Petrák, 33'50"), ils font encore illusion. Une bonne séquence du bloc canadien permet à Ouimet d'imparablement décaler Breault, qui a la cage grande ouverte... mais tire sur le poteau (34'41") ! Cacciotti, démarqué sur la droite de Fouquerel, voit ensuite Veydarier couper le bon centre de Breault (34'52"). Un mauvais contrôle de Chauvière, à la pointe, permettant à Gadoury de s'échapper... sans que le Canadien n'arrive à ses fins ! Le cadre se dérobe devant l'ancien mulhousien, parti en quête d'une belle lucarne (35'45")...

Ainsi s'achève un deuxième tiers fatal aux Dauphins, qui semblent perdus corps et biens. Mais font renaître un semblant d'espoir en réduisant l'écart. Sušanj "attaquant" la cage, en supériorité, pour générer un rebond favorable à l'inévitable Cacciotti (2-5 à 44'36"). Le silence de cathédrale, qui avait envahi Poissompré, est alors brisé par un engouement timidement retrouvé. Et s'ils nous faisaient le coup d'une impossible remontée ?

L'incarcération de Torfou, coupable d'une obstruction sur Petrák (45'05"), donne d'autant plus de corps à cette idée qu'un tir d'Ouimet engendre un rebond "brûlant" que Cacciotti passe tout près d'exploiter (46e). Mais c'était sans compter sur la réactivité d'un Fouquerel sortant le grand jeu pour enrayer le break-away de Petrák, parfaitement mis sur orbite par Chauvière (46'33").

PETRAK

Il n'est pas donné à tous les gardiens de mettre en échec le centre tchèque et Fouquerel, en sortant cet arrêt, entérine définitivement le succès de ses coéquipiers. Une victoire amplifiée dans foulée. Silvennoinen profitant d'un raté de Perna pour s'émanciper dans le couloir droit. Le Finlandais transmettant la rondelle à Kara, qui va poursuivre l'action en contournant la cage, histoire de servir Gadoury, qui fait parler ses poignets au rond d'engagement droit. Le Québécois adressant un lancer à mi-hauteur, qui surprend Ravel côté mitaine (2-6 à 48'11").

Hočevar... et ça repart ?

Abattus, les Spinaliens n'y sont plus et rivalisent d'impuissance dans cette partie devenue sans intérêt. Ils concèdent même une énième pénalité (51'48") que le CHC rentabilise en toute fin de supériorité. Arnaud Hascoët, à la pointe, s'essayant d'un lancer dévié de près par Julien Tremblay (2-7 à 53'43").

Le point final d'une soirée à oublier pour les habitués de Poissompré, qui n'enterrent pas encore les Dauphins et se raccrochent au maigre espoir de voir cette série relancée par les retours d'Anže Kuralt et Andrej Hočevar. Car avec ces deux-là, ce ne sera peut-être pas la même histoire...

Réactions d'après-match (dans Vosges Matin) :

Steven Cacciotti (capitaine d'Épinal) : "Je suis très déçu car à 1-1 nous étions bien dans le rythme. On n'a pas réussi à marquer et derrière on a pris des buts, cela nous a coupé les jambes."

 

Épinal - Chamonix 2-7 (1-1, 0-4, 1-2)
Mercredi 19 février à 20h30 à la patinoire de Poissompré. 1 200 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Thomas Caillot et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 20' (2', 2'+10', 6') ; Chamonix 12' (2', 2', 8').
Tirs : Épinal 33 (15, 9, 9) ; Chamonix 31 (11, 8, 12).

Évolution du score :
1-0 à 13'10" : Chauvière assisté de Petrák et Plch
1-1 à 17'26" : Masson assisté de Patry et Gras (sup. num.)
1-2 à 22'42" : Audibert assisté de Gras et Patry
1-3 à 24'02" : Kara assisté d'Hardy et Arès
1-4 à 25'04" : Patry assisté d'Audibert
1-5 à 32'55" : Tremblay assisté d'Hardy
2-5 à 44'36" : Cacciotti assisté de Sušanj et Perna (sup. num.)
2-6 à 48'11" : Gadoury assisté de Kara et Silvennoinen
2-7 à 53'43" : Tremblay assisté d'Hascoët et Terrier (sup. num.)

Épinal

Gardien : Nicolas Ravel.

Défenseurs : Gašper Sušanj - Martin Charpentier ; Maxime Ouimet (A) - Francis Meilleur ; Peter Slovák.

Attaquants : Yoann Chauvière - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Steven Cacciotti (C) - Benjamin Breault - Dominic Perna ;  Maxime Martin - Yannick Offret - Kevin Benchabane.

Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Anthony Rapenne, Kevin Pernot, Boris Dunand. Absents : Andrej Hočevar et Anže Kuralt (en instance de retour), Pierre-Charles Hordelalay (cuisse), Fabien Leroy (écarté du groupe).

Chamonix

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Brent Patry - Arthur Cocar ; Fabien Veydarier - Kyle Shearer-Hardy ; Riku Silvennoinen - Damien Torfou ; Clément Colombin [à partir de 57'].

Attaquants : Alexandre Audibert (C) - Clément Masson (A) - Laurent Gras (A) ; Julien Tremblay - Kevin Gadoury - Vincent Kara ; Jérémy Arès - Matthias Terrier - Arnaud Hascoët ; Patxi Biscard - [Masson] - Benjamin Rubin [à partir de 57'].

Remplaçant : Victor Goy (G).