États-Unis - Canada (Jeux olympiques 2014, demi-finale)

Place au grand choc que toute l'Amérique du nord attend : les États-Unis, meilleure attaque du tournoi olympique, affrontent le Canada, la meilleure défense.
 
Les États-Unis ont été l'équipe la plus impressionnante du tournoi en dominant leur adversaire avec leur vitesse et leur dynamisme. Phil Kessel - décidé à venger la défaite de sa soeur Amanda en finale hier - est le meilleur marqueur du tournoi. Le Canada, au contraire, a peiné pour pénétrer les défenses très compactes de la Finlande et de la Lettonie, et son attaque n'a guère brillé. La majorité de ses buts (7 sur 13) ont été inscrits par... deux défenseurs, Shea Weber et Drew Doughty. Ceci dit, ses lignes arrières se sont avérées très solides, bien plus que toutes celles que l'attaque américaine a affrontées jusqu'ici.
 
Matt DucheneL'heure n'est plus aux tâtonnements. Le coach canadien Mike Babcock a gardé ses lignes intactes, Duchene prenant poste pour poste le blessé Tavares. Son homologue américain Dan Bylsma est confronté au forfait de son défenseur Paul Martin, blessé à la main. Justin Faulk, qui a jusqu'ici passé tout le tournoi en tribune, peut enfin s'habiller et prendre place sur le banc, en tant que septième défenseur.
 
Le match démarre et on retrouve déjà les hommes en forme du tournoi : Phil Kessel prend de vitesse Duncan Keith, puis c'est Drew Doughty qui répond en montant à l'offensive. Jeff Carter, seul attaquant canadien avec plus d'un but au compteur, élimine Drew Doughty en 1 contre 1. Kessel est de retour et délivre une passe à John Carlson, dont le tir est capté par la mitaine de Carey Price. Le jeu est intense et va d'une cage à l'autre, les deux équipes tirant au but dès que l'opportunité se présente.
 
Au bout de onze minutes, Ryan Suter prend la première pénalité en retenant la crosse de Jeff Carter. En supériorité numérique, Sidney Crosby se présente à droite du but et tire du revers dans le masque de Jonathan Quick, qui reste néanmoins bien positionné sur le rebond de Carter dans l'axe. La domination canadienne se poursuit à 5 contre 5, avec un tour de cage de Corey Perry sur son revers et une percée de Crosby et Kunitz.
 
La quatrième ligne américaine, celle de Stastny, met fin à ce temps fort canadien en ramenant le palet en zone offensive. Et lorsque Patrick Marleau retient Pavelski, c'est au tour des États-Unis de jouer en supériorité numérique. Ils ne parviennent cependant pas à s'installer.
 
Cette première période n'a pas manqué d'action, mais elle a manqué de buts. Un petit défaut réparé dès le début du deuxième tiers-temps. Après un engagement remporté par Getzlaf en zone offensive, Jay Bouwmeesteer trouve intelligemment la crosse de Jamie Benn qui se présente au milieu des défenseurs américains pour une déviation imparable (0-1, 21'41").
 
La partie jusque là équilibrée semble basculer peu à peu en faveur du Canada. Les Américains n'arrivent plus à mettre de la vitesse dans leurs attaques face à une défense plus solide. Ils bénéficient de deux supériorités numériques, pour une crosse haute peu évidente de Getzlaf sur Kane et un coup de crosse de Kunitz au gardien, mais ils n'en font rien. Ils sont maintenus dans le périmètre ou privés de palet par des Canadiens très solides en infériorité numérique.
 
Le plus bel arrêt de la deuxième période est pour Jonathan Quick, en grand écart, quand Patrice Bergeron décale Jamie Benn dans le cercle droit. Carey Price préserve ses cages inviolées, et se fait une seule frayeur, après un tir de Pacioretty, quand Stastny glisse le rebond entre ses bottes... mais à côté du poteau.
 
Le Canada réussit un début de troisième tiers-temps fantastique : les Américains sont acculés dans leur camp pendant quatre minutes, étouffés présence après présence. Jonathan Quick les garde dans le match, notamment en arrêtant de la plaque un tir de Drew Doughty.
 
Max PaciorettyLes États-Unis ont encore du talent, et Patrick Kane le prouve en dribblant à travers les lignes adverses avant de donner une passe-abandon à Zach Parisé... qui tire en plein milieu du plastron de Price.
 
La ligne dominante, ce soir, c'est celle de Sidney Crosby, qui met le feu à chaque présence. Elle provoque aussi la dernière pénalité de Phil Kessel, qui accroche Kunitz bien décalé par Bergeron. Les Américains, à l'instar de Callahan, continuent de se jeter devant les lancers et pressent bien le jeu de puissance canadien : cette pénalité tuée peut-elle leur servir à changer le cours de la la partie ?
 
Pour l'instant, le Canada a le dessus, mais n'arrive à porter le coup de grâce : encore bien servi par Bergeron, Chris Kunitz bute sur Quick puis rate la cible du revers sur le rebond. Le buteur de Pittsburgh n'arrive tout simplement pas à mettre le palet au fond des filets. Peu importe : la possession est la meilleure des défenses, et les États-Unis n'arriveront jamais à se procurer une occasion jusqu'à la sirène, exactement comme les Finlandais contre la Suède plus tôt dans l'après-midi.
 
Ce match n'a pas du tout ressemblé aux précédentes rencontres des États-Unis. Il a ressemblé aux prestations antérieures du Canada, avec un palet monopolisé par les rouges et une défense de fer. Après quelques alertes en début de match, les meilleurs arrières du monde n'ont plus laissé aucune occasion à l'adversaire, et une fois le 1-0 acquis, ils ont totalement étouffé les Américains. Les 31 tirs de ceux-ci étaient rarement en position dangereuse, et ont été bien maîtrisés par un Carey Price solide. Les arrêts les plus difficiles, c'est Jonathan Quick qui a eu à les faire.
 
Le Canada n'avait encore pas affronté une attaque de ce niveau ? La question n'était pas là. Ce sont les États-Unis qui n'avaient pas encore rencontré une défense de ce niveau.
 
Pour toutes les critiques qu'a reçues Sidney Crosby, qui n'a toujours qu'une assistance au compteur, il faut rendre hommage à sa ligne. À chaque présence, elle a porté le danger en zone offensive et s'est créé un nombre incalculable d'occasions, emmenée par un excellent Partrice Bergeron. D'accord, ni Crosby ni Kunitz n'ont concrétisé, mais leur contribution à la domination canadienne a été importante car ils ont pesé sur le jeu.
 
Commentaires d'après-match
 
Ryan Suter (défenseur des États-Unis) : "Nous avons mal joué. On ne peut pas gagner quand on n'a pas la possession du palet en zone offensive."
 
 
États-Unis - Canada 0-1 (0-0, 0-1, 0-0)
Vendredi 21 février 2014 à 21h00 au palais des glaces Bolchoï de Sotchi. 11172 spectateurs.
Arbitrage de Brad Meier (USA) et Kelly Sutherland (CAN) assistés d'Ivan Dedioulia (BLR) et Greg Devorski (CAN).
Pénalités : États-Unis 4' (2', 0', 2'), Canada 6' (2', 4', 0').
Tirs : États-Unis 31 (11, 11, 9), Canada 37 (16, 12, 9).
 
Évolution du score :
0-1 à 21'41" : Benn assisté de Bouwmeester
 
 
États-Unis
 
Gardien : Jonathan Quick [sorti à 59'06"].
 
Défenseurs : Ryan Suter (A, 2') - Ryan McDonagh ; Brooks Orpik (-1) - John Carlson (-1) ; Cam Fowler - Kevin Shattenkirk ; Justin Faulk [2 présences].
 
Attaquants : Zach Parisé (C) - Ryan Kesler - Patrick Kane ; James van Riemsdyk - Joe Pavelski - Phil Kessel (2') ; Dustin Brown (A, -1) - David Backes (-1) - Ryan Callahan (-1) ; Max Pacioretty - Paul Stastny - T.J. Oshie ; Blake Wheeler [3 présences].
 
Remplaçant : Ryan Miller (G). En réserve : Jimmy Howard (G), Paul Martin (main), Derek Stepan.
 
Canada
 
Gardien : Carey Price.
 
Défenseurs : Duncan Keith - Shea Weber (A) ; Marc-Édouard Vlasic - Drew Doughty ; Jay Bouwmeester (+1) - Alex Pietrangelo (+1).
 
Attaquants : Chris Kunitz (2') - Sidney Crosby (C) - Patrice Bergeron ; Jamie Benn (+1) - Ryan Getzlaf (+1, 2') - Corey Perry (+1) ; Patrick Marleau (2') - Jonathan Toews (A) - Jeff Carter ; Patrick Sharp - Matt Duchene - Rick Nash.
 
Remplaçant : Roberto Luongo (G), Dan Hamhuis, Martin Saint-Louis. En tribune : Mike Smith (G), P.K. Subban, John Tavares (ligaments du genou).