Brest - Caen (Ligue Magnus, Play-down, Match 1)

Comme on se retrouve ! Adversaires déjà six fois cette saison (2 amicaux, 4 matchs officiels), Brestois et Caennais se retrouvent une nouvelle fois. Deux équipes qui se connaissent par cœur et qui entretiennent de bonnes relations… en dehors de la glace. Sur la patinoire il n’y a plus de connaissances, plus d’amis.

Il est clair que la plupart des joueurs composants les deux formations auraient aimé éviter de se retrouver dans cette série pour le maintien. Imaginez le casse tête émotionnel d’un Jonathan Avenel qui doit se battre contre son club formateur avec « son club de cœur ».

Ce contexte hors-glace promet beaucoup de charge émotionnelle et de tension dans un format inhabituel dans notre hexagone au meilleur des sept matchs. De ce côté, les Drakkars ont un petit avantage puisque à deux reprises (en trois saisons) ils ont disputé et remporté les play-down au meilleur des cinq matchs. Mais leur médiocre bilan à l’extérieur cette saison (zéro victoire) joue en leur défaveur puisque Brest a l’avantage de la glace.

La première grosse occasion est incontestablement caennaise. Le capitaine Thibault Geffroy centre idéalement pour Udo Marie qui est volé par un plongeon miracle de Michael Dupont (3’26’’). De quoi s’en mordre les doigts puisque sur leurs deux premières occasions Brest plante deux buts par Nicolas Motreff et Jaroslav Prosvic (1-0 à 4’21’’ et 2-0 à 5’10’’).

Pas le départ idéal pour les Drakkars qui ont du mal à jeter l’ancre et jouent un cran en dessous de leur adversaire. Des pénalités de Jérémie Romand puis Geffroy offrent même un cinq contre trois de 25 secondes non-exploité par Brest (5’40’’ et 7’15’’ voir photo). Brest a clairement l’emprise sur le match et ne semble jamais en panique y compris sur leur seule infériorité numérique de la période parfaitement gérée (13’41’’).

Les Normands sont littéralement avalés par le pressing adverse dans leur propre zone défensive ce qui leur fait perdre beaucoup de duels. Le bloc emmené par Thierry Poudrier - J.C Gauthier connaît un temps fort en fin de période (17’), profitant d’une ligne adverse en fin de shift, mais les tirs sont imprécis et Brest s’en sort sans mal.

La fusée Nicholas Pard s’offre un tête-à-tête avec Normandon après avoir laissé Nicolas Deshaies sur place par son bon coup de patins. Malheureusement pour le Canadien, son tir passe largement au-dessus (22’30’’). Les Drakkars sont prompts à lui répondre puisque sur la contre-attaque c’est le poteau qui sauve Dupont. En l’espace d’une poignée de seconde, on a frôlé un 3-0 et un 2-1.

Le match peut donc encore être relancé mais Prosvic joue le bourreau pour son ancienne équipe. Sur un palet perdu par Caen en sortie de zone, Rambelo transmet le disque à Dian devant le but qui patiente et sert son compatriote qui marque à bout portant (3-0 à 23’46’’). Puis en supériorité numérique, Prosvic est bien placé sur un rebond laissé par Normandon et ne laisse pas passer sa chance (4-0 à 31’26’’). Deux nouvelles réalisations qui portent à trois son total de buts accumulés ce soir. Un beau coup du chapeau.

À part leur poteau en début de période, les Caennais sont largement dépassés par la technique brestoise. Ils ne sont que spectateurs sur plusieurs séquences collectives bretonnes où le palet circule très bien. Tout cela semble « facile » pour Brest qui maîtrise parfaitement son sujet ce soir. Les sept dernières minutes du tiers sont différentes avec enfin un sursaut des visiteurs mais Dupont s’avère imperturbable. Il dégaine deux arrêts magnifiques sur Jérémie Romand qui venait frapper à la porte (35’45’’). Caen pousse et est récompensé par un tir de pénalité suite à une faute d’Hennebert transformé par Poudrier d’un tir côté bouclier (4-1 à 39’22’’).

Hélas pour les Normands et leur poignée de supporters présents au Rïnkla Stadium, ce sursaut n’est qu’éphémère et l’emprise bretonne reprend son cours pour l’ultime période. David Croteau porte l’estocade à 5-1 sur un lancer du poignet après avoir contourné Alexandre Palis qui commet une mauvaise charge du genou sur le buteur en pleine action (5-1 à 44’04’’). Si on s’attendait à de la tension, on appréhendait aussi les coups vicieux dans cette rencontre. Palis, déjà remarqué en début de saison pour un coup de patin qui lui avait valu une suspension, ne déroge pas à la règle.

Mais il n’est pas le seul. Bien sûr, les Brestois ne sont pas des enfants de chœur, mais se sont les Caennais qui dominent en la matière. Rien de bien méchant, mais suffisamment vicieux et agaçant pour provoquer plus tôt dans le match l’ire d’un Erwan Pain régulièrement cible de mauvais coups de la part de ses anciens partenaires (26’). Le Brestois a le mérite de ne pas répondre mais simplement de hurler vers son banc. Non pas qu’il en ait après ses coéquipiers, mais cela permet d’exprimer sa frustration envers l’arbitre juste à côté de l’action tout en ne prenant pas de méconduite pour incorrection envers les officiels. Charles Geslain, lui, n’y échappe pas après une mauvaise charge avec la crosse (45’26’’).

Thibault Geffroy se rend ensuite coupable d’une charge à retardement sur Prosvic (52’30’’). La réponse du Slovaque est la meilleure qui soit : dans un trou de souris derrière le but de Normandon, il parvient à trouver Pard qui marque le sixième et dernier but de son équipe (6-1 à 52’30’’). La cause est entendue et Sébastien Oprandi en profite pour faire tourner son effectif. Cannizzo, Dumélié et Berthon ont du temps de jeu. L’occasion pour ce dernier de se frictionner avec Poudrier. Seul le Caennais sera sanctionné (54’45’’).

Les cinq dernières minutes sont un défilé de pénalités pour Brest. L’occasion pour Caen de rendre le score un peu moins lourd tourne au vinaigre y compris à cinq contre trois. Dupont, dominant dans ses buts, ne laisse rien passer. Il est l’auteur d’arrêts spectaculaires qui semble si facile pour lui (59’30’’).

Brest obtient donc largement son premier succès. Parfaitement en place et au point stratégiquement, ils n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. N’existant que par de courtes séquences, les Caennais n’ont pas proposé beaucoup de belles choses. Dépassés dans la vitesse et la technique ce soir, ils ont souvent été auteurs de fautes pas toujours sanctionnées. Il est clair qu’ils peuvent jouer mieux et ils ont l’occasion de montrer un autre visage dès le lendemain pour la manche numéro 2. La série est encore longue et rien n’est joué.


Brest – Caen 6-1 (2-0, 2-1, 2-0)
Vendredi 21 février 2014 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1010 spectateurs
Arbitrage de Alexandre Bourreau et Laurent Garbay assisté de Pierre Dehaen et Jeremy Poulain.
Pénalités : Brest 10' (2', 2', 6'), Caen 24' (4', 2', 8'+10').

Évolution du score :
1-0 à 04'21" : Motreff assisté de Croteau et Pard
2-0 à 05'10" : Prosvic assisté de Dian et Holik
3-0 à 23'46" : Prosvic assisté de Dian et Rambelo
4-0 à 31'25" : Prosvic assisté de Pard et Evans (sup. num)
4-1 à 39'22" : Poudrier (tir de pénalité)
5-1 à 44'04" : Croteau assisté de Greverend
6-1 à 53'39" : Pard assisté de Prosvic et Dian


Brest

Gardien : Michael Dupont.

Défenseurs  : Thomas Evans – Vladimir Holik ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A) ; David Poulin  – Aurélien Gréverend.

Attaquants : Aïna Rambelo – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian ; Jonathan Avenel – Erwan Pain – Graham Avenel ; Nicolas Motreff – David Croteau – Nicholas Pard ; Gaëtan Cannizzo – Quentin Berthon – Valentin Dumélié.

Remplaçant : Arnaud Goetz (G).

Caen

Gardien : Lucas Normandon.

Défenseurs : Jordan Dewey – Shawn Stuart ; Nicolas Deshaies – Alexis Gomane (A) ; Vadim Gyesbreghs – Alexis Birolini.

Attaquants : Jean-Christophe Gauthier – Thierry Poudrier (A) – Jérémie Romand ; Udo Marie – Thibault Geffroy (C) – Fabien Métais ; Charles Geslain – Kevin Da Costa – Brice Chauvel ; Alexandre Palis.

Remplaçants : Quentin Kello, Damien Grendka, Hugo Damy, Martin Ropert et Yohann Robert.