Brest - Caen (Ligue Magnus, Play-down, Match 2)

Le jour et la nuit.

Ce titre d’un mauvais film signé BHL l’est aussi d’un match manqué par les Albatros de Brest, incapables de réitérer leur performance de la veille. Retour sur le match numéro deux de ces play-down de Ligue Magnus.

Le ton est donné au bout de huit petites secondes avec Nicolas Motreff qui met par terre un adversaire. Les frictions sont immédiates avec l’habituel Nicolas Deshaies puis Alexis Gomane. Indisciplinés les Caennais sont sanctionnés par deux fois, d’abord Alexis Birolini (1’51’’) puis Kevin Da Costa (3’36’’). Lucas Normandon est dans son match et repousse les tentatives de Vladimir Holik et Jaroslav Prosvic (5’27’’).

Les deux équipes se provoquent et se cherchent avec encore des amabilités entre Graham Avenel et Nicolas Deshaies. Le Brestois lui fait justement remarquer la belle grille qu’arbore le défenseur normand, un équipement mal vu dans le monde des joueurs (7’18’’).

Complètement à l’ouest hier, les Drakkars sont bien plus dynamiques ce soir. Ils arrivent enfin à mettre de la vitesse dans leur jeu et leur envie se ressent sur le pressing qu’ils imposent. Romand et Gauthier rodent devant Dupont et ne sont pas loin d’exploiter un rebond laissé après un bon tir de Shawn Stewart (7’45’’). C’est au tour des Normands de bénéficier de deux supériorités numériques sur lesquelles il faut un grand Dupont pour empêcher les visiteurs de prendre les commandes.

Les décisions arbitrales sont à l’image de ce début de match entre deux équipes indisciplinées. Kevin Da Costa, peu avare de mauvais coups depuis le coup d’envoi, est sanctionné d’une crosse haute (14’21’’). Le jeu de puissance local est inefficace et David Poulin commet même une grosse bévue qui permet à Gauthier de partir en échappée. Le Canadien loupe le cadre mais obtient une prison (16’24’’).

Sur le jeu de puissance Jordan Dewey commet un cinglage non-sanctionné qui ôte la crosse des mains d’Erwan Pain. L’adversaire réduit à « trois et demi », cela facilite la tâche de Gauthier qui ouvre la marque d’un tir croisé dans le haut du but (0-1 à 16’53’’). Sur l’action, l’arbitre accorde une nouvelle pénalité contre Brest. Les Drakkars ont jeté l’ancre dans le camp adverse qui est assiégé mais Dupont tient bon.

La prison est tuée et les Brestois pensent avoir laissé passer l’orage. Un rush rageur de Udo Marie les fait mentir. Il parvient à se faufiler entre deux défenseurs bleus avant de glisser le palet entre les jambières du gardien brestois. (0-2 à 19’40’’). Un but qui fait très mal à Brest si près de la fin du tiers-temps; mais il n’y a pas grand chose à redire. Les mauvais coups ont fait peu à peu place au jeu, et ce sont les Caennais qui sont meilleurs ce soir. Pour eux, c’est la nuit et le jour par contraste avec leur médiocre prestation de la veille.

Dès l’entame du tiers médian, Michal Dian a l’occasion de ramener les siens à une petite longueur. Seul face à Normandon, il expédie son tir largement au-dessus (21’20’’). Rien ne va pour Brest, sanctionné d’un surnombre, le palet ayant touché les patins de Dian qui sortait vers son banc (21’55’’). Revenus à cinq, les Albatros ne jouent pourtant pas encore mieux. À vouloir trop bien faire et à se jeter sur le palet, des joueurs brestois coupent des passes qui ne leur sont pas destinées ou se jettent à deux sur le même palet. Est-ce un manque de communication sur la glace ? Toujours est-il que cela anéantit leur construction offensive bien en peine ce soir.

Quel contraste par rapport à la veille. Les rôles sont inversés. les Drakkars qui n’avaient quasi-rien montré offensivement dans la manche 1, marquent un troisième but par Da Costa sur une frappe pleine lucarne (26’27’’ à 0-3). Ce but est le début d’un vent de révolte pour les Albatros qui vont outrageusement dominer la fin de tiers mais de manière complètement stérile. L’entraîneur Sébastien Oprandi décide vers la mi-match de permuter Rambelo et Pard, associant ce dernier avec Dian et Prosvic. Une ligne qui avait fait très mal aux Caennais en championnat.

Les Drakkars sont sanctionnés à trois reprises en dix minutes. Brest a beau pousser, c’est un festival de ratés avec un nombre ahurissant d’occasions franches vendangées devant Normandon qui a la baraka ce soir. Le tir de David Croteau s’écrase sur le poteau (34’58’’). Le roseau caennais plie mais ne rompt pas encore. C’est finalement un but-gag qui a raison de lui. Un tir du milieu de terrain de Daniel Carlsson tape le plexi derrière le but. Normandon ne voit pas l’énorme rebond qui revient sur Berthon. Ce dernier loupe son tir, le palet revient sur Jonathan Avenel qui marque dans un but vide (1-3 à 39’07’’).

Ce but récompense enfin la domination des Albatros et peut servir de déclic pour un improbable retour. La réussite n’est toujours pas avec eux dans le dernier tiers-temps, c’est cette fois la transversale qui sauve Caen sur un tir de Hennebert (43’08’’). Les Drakkars reculent et ne procèdent désormais que par contre-attaque. Gauthier a trois belles occasions (45’40’’, 52’20’’ et 55’39’’) mais n’en conclut aucune. Charles Geslain, auteur d’un bon match, manque de peu le quatrième but après un tour de cage. Le tir est repoussé sur sa ligne par Dupont qui était couché (58’20’’).


Mis à part ces occasions caennaises, le reste du tiers est sous l’emprise brestoise. Bien lancé par Motreff, Croteau échoue de peu du revers face à Normandon (55’13’’). Les minutes s’égrènent mais la marque n’évolue pas. Brest prend son temps mort (58’40’’) et fait sortir Dupont. Tactique payante puisque Erwan Pain marque le deuxième but de Brest à 19 secondes de la fin (2-3 à 59’41’’). Mais il est trop tard. Une manche partout dans ces play-down.

Caen décroche ainsi sa première victoire à l’extérieur de la saison avant d’accueillir les deux prochains matchs de ces barrages. Bien meilleurs qu’hier, ils n’ont pas payé cher leur indiscipline et ont pris les devants en étant plus convaincants lors de la première moitié de match. Ils montrent ainsi que, lorsque les mauvais gestes laissent place au jeu, ils sont capables de produire de bonnes choses, ce qui ne s’était absolument pas vu la veille.

Pour Brest c’est un revers mal venu. Les Albatros perdent le match sur leur incapacité à conclure les supériorités numériques. Les occasions n’ont pas manqué mais leur domination dans la deuxième moitié de match fut complètement stérile. Trop brouillons et pas efficaces dans le dernier geste, les Albatros ont rendu une copie bien terne par rapport au match 1 où on sentait une grande maîtrise et une sérénité. Il va falloir pour eux réagir le week-end prochain à Caen où ils se sont déjà imposés cette saison en Coupe de la Ligue (7-4). Ils seront accompagnés par un gros contingents de supporters brestois pour les aider dans leur tâche.


Brest – Caen 2-3 (0-2, 1-1, 1-0)
Samedi 22 février 2014 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1213 spectateurs
Arbitrage d'Alexandre Bourreau et Laurent Garbay assisté de Pierre Dehaen et Matthieu Loos.
Pénalités : Brest 10' (8’, 2’, 0’), Caen 14' (6’, 6’, 2’).

Évolution du score :
0-1 à 16’53’’ : Gauthier assisté de Romand et Poudrier (sup. num.)
0-2 à 19’40’’ : Marie assisté de Geffroy et Deshaies
0-3 à 26’27’’ : Da Costa assisté de Geslain et Chauvel
1-3 à 39’07’’ : J. Avenel assisté de Berthon et Carlsson
2-3 à 59’41’’ : Pain assisté de Holik et Dian (joueur supplémentaire)


Brest

Gardien : Michael Dupont (sorti à 58'40'').

Défenseurs  : Aurélien Gréverend – David Poulin ; Vladimir Holik – Thomas Evans ; Daniel Carlsson (C) – David Hennebert (A).

Attaquants : Nicolas Motreff (Rambelo vers 30’) – David Croteau – Nicholas Pard (Motreff vers 30’) ; Aïna Rambelo (Dian vers 30’) – Jaroslav Prosvic (A) – Michal Dian (Pard vers 30’) ; Jonathan Avenel – Erwan Pain – Graham Avenel ; Gaëtan Cannizzo – Quentin Berthon – Valentin Dumélié.  

Remplaçant : Arnaud Goetz (G).  

Caen

Gardien : Lucas Normandon.

Défenseurs : Nicolas Deshaies – Alexis Gomane (A) ; Shawn Stuart – Jordan Dewey ; Alexis Birolini – Vadim Gyesbreghs.

Attaquants : Udo Marie – Thibault Geffroy (C) – Alexandre Palis (puis Fabien Métais vers 10’) ; Jérémie Romand – Thierry Poudrier (A) – Jean-Christophe Gauthier ; Brice Chauvel – Kevin Da Costa – Charles Geslain.

Remplaçants : Quentin Kello, Damien Grendka, Hugo Damy, Martin Ropert et Yohann Robert.